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Full text of "Bulletin de la Société zoologique de France"

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BULLETIN 


DE   LA 


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SOCIETE    ZOOLOGIQUE 

DE     FRANGE 

POUR     L'ANNÉE     1910 


AVIS 


Les  Membres  de  la  Société  sont  instamment  priés  d'adresser, 
d'une  façon  impersonnelle,  tous  les  envois  d'argent  et  les    mandats 

à  Monsieur  le  Trésorier 

de   la.  Société  zoologique  de  France 

28,  rue  Serpente,  Paris  (VIe). 


BULLETIN 


DE   LA 


SOCIÉTÉ  ZOO LOGIQUE 


DE  FRANCK 


RECONNUE     D'UTILITE     PUBLIQUE 


TRENTE -CINQUIÈME    VOLUME 

ANNÉE    1910 


PARIS 

AU    SIÈGE    DE    LA    SOCIÉTÉ    ZOOLOGIQUE    DE    FRANCE 
28,  rue  Serpente  (Hôtel  des  Sociétés  savantes) 

1910 


Extrait  dl  règlement  de  la  Société  zoologique  de  France 


Art.  3.  —  Les  membres  titulaires  doivent  payer  un  droit 
fixe  d'entrée  de  10  francs 

Les  membres  titulaires  se  divisent  en  trois  catégories  : 

1°  Membres  ordinaires,  qui  doivent  payer  une  cotisation 
annuelle  de  20  francs  ; 

2°  Membres  à  vie,  qui  s'affranchissent  du  paiement  de  la 
cotisation  annuelle  par  le  versement,  en  une  seule  fois,  ou  au 
moyen  de  trois  annuités  consécutives,  d'une  somme  de  300  francs. 
Les  sommes  versées  à  ce  titre  restent,  en  tous  cas,  définitive- 
ment acquises  à  la  Société  ; 

3°  Membres  donateurs,  ayant  versé  une  somme  d'au  moins 
500  francs 

Art.  10.  —  La  cotisation  annuelle  est  due  et  se  perçoit  à 
partir  du  1er  janvier  ;  elle  devra  être  transmise  sans  frais  au 
Trésorier;  toutefois,  la  Société  pourra  faire  toucher,  à  domicile, 
aux  frais  du  débiteur. 

Les  membres  démissionnaires  ne  seront  dégagés  de  la  coti- 
sation que  pour  les  années  qui  suivront  celle  de  leur  démis- 
sion (1). 

Art.  11.  —  Tout  membre  qui  n'aura  pas  payé  sa  cotisation 
cessera  de  recevoir  les  publications  de  l'année  courante.  Après 
trois  années  de  non-paiement,  il  sera  considéré  comme  démis- 
sionnaire. 


(1)  Art.  4  de  la  loi  de  i901  sur  les  Associations.  —  Tout  membre  d'une  Asso- 
ciation qui  n'est  pas  fondée  pour  un  temps  déterminé  peut  s'en  retirer  en  tout  temps, 
après  paiement  des  cotisations  échues  el  de  l'année  courante,  nonobstant  toute 
clause  contraire. 


LISTE 


DES 


MEMBRES    DE     LA    SOCIÉTÉ 

AU    1er    FÉVRIER     1910 

Avec    la    dale    do    leur    admission 


Le   nom  des  Membres  fondateurs   est  précédé  de  la   lettre   F. 


SECRÉTAIRE    GÉNÉRAL    HONORAIRE 

F     Blanchard  (Prof.  Raphaël),  élu  le  18  décembre  1900. 

MEMBRES    HONORAIRES 

1894.  Agassiz  (Alexander),  directeur  du  Musée  de  zoologie  com- 

parée de  Harvard  Collège,  à  Cambridge,  Mass.  (Etats- 
Unis). 

1895.  Beneden  (Edouard  van),  membre  de  l'Académie  royale 

de  Belgique,  professeur  à  l'Université  de  Liège 
(Belgique). 

1901.  Fabre  (.).  H.),  membre  correspondant  de  l'Institut,  à 
Sérignan  (Vaucluse). 

1909.  Francotte  (P.),  membre  de  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique, professeur  à  l'Université,  72,  rue  Gillon,  à 
Bruxelles  (Belgique). 

1909.  Graff  (L.  von),  professeur  à  l'Université,  2,  Universi- 
tâtsplatz,  à  Graz  (Autriche). 

1901.  Grassi,  professeur  d'anatomie  comparée  à  l'Université, 
92,  via  Agostino  Depretis,  à  Rome  (Italie). 

1878.  Gù'nther  (Dr  Albert),  F.  R.  S.,  directeur  de  la  section 
zoologique  du  British  Muséum,  à  Londres  (Angle- 
terre). 

1909.  Hubrecht  (A.  A.  W.),  professeur  à  l'Université,  à 
Utrecht  (Hollande). 

1901  .  Ijima  (Isao),  professeur  de  zoologie  à  l'Université  (Col- 
lège of  science),  à  Tokio  (Japon). 

1901  .  Laveran  (A.),  membre  de  l'Institut,  membre  de  l'Acadé- 
mie de  médecine,  25,  rue  du  Montparnasse,  à  Paris  (6e). 

1897.  Murray  (Sir  John),  Ph.  D.,  directeur  des  publications 
de  l'expédition  du  Challenger,  Challenger  lodge, 
Wardie,  à  Edimbourg  (Ecosse). 


VI 

1897.    Nansen   (prof.    Fridtjof),    professeur    d'océanographie   à 

l'Université  de  Christiania  (Norvège). 
1909.    Perroncito    (D1    Edoardo),    membre    correspondant    de 

l'Académie  de  médecine  et  de  la  Société  de    biologie, 

professeur  à  l'Université  et  à  l'École   vétérinaire,  40, 

corso  Valentino,  à  Turin  (Italie). 
1909.   Sars   (G.    0.),    professeur    à  l'Université,   à   Christiania 

(Norvège). 
1901.    Schulze  (F.  E.),  directeur  de    l'Institut   zoologique,    43, 

Invalidenstrasse,  à  Berlin  (Allemagne). 

1903.  Zograf  (Dr  Nicolas  de),  professeur  à  l'Université  (Musée 

polytechnique),  à  Moscou  (Russie). 

MEMBRES    CORRESPONDANTS 

1886.    Dugès    (l)r    Alfred),    consul    de    France    à    Guanajuato 

(Mexique). 
1888.    Fritch  (Dr  Anton),  professeur  à  l'Université  de  Bohème, 

à  Prague  (Bohême). 

1890.  Horst  (Dr  R.),  conservateur  au    Musée   d'histoire  natu- 

relle, à  Leyde  (Hollande). 
1897.    Sluiter  (C.  Ph.),  professeur  à  l'Université,  à  Amsterdam 
(Hollande). 

1904.  Strerel  (Hermann),  au  Musée  zoologique,  à  Hambourg 

(Allemagne). 

1891.  Vejdovsky  (Franz),  professeur  à  l'Université  de  Bohème, 

à  Prague  (Bohême). 

MEMBRES    DONATEURS    DÉCÉDÉS  (1) 

F  Branicki  (comte  Constantin),  décédé  en  1884. 
1888.    Chancel  (M110  Aline),  décédée  en  1889. 
1888.    Guerne  (baron  Frédéric  de),  décédé  en  1888. 

F  Uamonville  (baron  d'),  décédé  en  1899. 

F  Hugo  (comte  Léopold),  décédé  eu  1895. 
1886.    Schlumberger  (Charles),  décédé  en  1905. 
1876.    Semallé  (vicomte  René  de),  décédé  en  1894. 

F  Vian  (Jules),  décédé  en  1904. 


(1)  Par  une  délibération  en  date  du  25  janvier  1885,  le  Conseil  a  décidé  de  main- 
tenir perpétuellement  en  tète  du  Bulletin  la  liste  des  Membres  donateurs  décédés. 


VII 


MEMBRES    TITULAIRES  (1) 

1903.  Abeuc  (Paul),  licencié  ès-sciences,  46,  quai  Debilly,  à 
Paris  (16e). 

1897.  Aconin  (Georges),  avocat,  8,  rue  Sophie-Germain,  à 
Paris  (14e). 

1890.  Albert  Ier  (S.  A.  S.),  prince  de  Monaco  [membre  dona- 
teur), correspondant  de  l'Institut,  10,  avenue  du  Tro- 
cadéro,  à  Paris  (16e). 

1889.   Alluaud  (Charles),  3,  rue  du  Dragon,  à  Paris  (6e). 

1892.  André  (E.).  notaire  honoraire,  17,  rue  des  Promenades, 
à  Gray  (Haute-Saône). 

1906.  Anfrie  (Emile),  naturaliste,  3,  rue  de  Paris,  à  Lisieux 
(Calvados). 

1905.  Anthony   (Dr  Kaoul),  préparateur   au   Muséum,  12,    rue 

Chevert,  à  Paris  (7e). 

1896.  Arkchavaleta    (Dr  José),   directeur  général  du  Muséum 

national,  369,  calle  Uruguay,  à  Montevideo  (Uruguay). 

1906 .  Arenberg  (Prince  Ernest  d'),  10,  rue  d'Astorg,  à  Paris  (8e). 
10.   1893.   Arrigoni  degli  Oddi  (comte),  professeur  à  l'Université,  à 

Padoue  (Italie). 

1897.  Artault  (Dr  Stéphen),  2,  rue  Boutarel,  à  Paris  (4e  . 
1895.    Aubert  (Marius),  aide-naturaliste    au   Muséum  d'histoire 

naturelle,  palais  de  Longchamp,à  Marseille  (Bouches- 
du-Rhône). 

1880.  Bamreke  (Dr  Charles  van),  professeur  A  l'Université,  7, 
rue  Haute,  à  Gand  (Belgique). 

1880.  Barrois  (Dr  Théodore),  professeur  à  la  Faculté  de  méde- 
cine, 51,  rue  Nicolas-Leblanc,  à  Lille  (Nord). 

1879.  Bavay  (Arthur),  pharmacien  en  chef  de  la  marine,  en 
retraite,  82,  rue  Lauriston,  à  Paris  (16e). 

1903.  Beauchamp  (Dr  Paul  Marais  de),  docteur  ès-sciences.  pré- 

parateur à  la  Sorbonne,  16,  rue  de  Bagneux,  à  Paris  (6°  . 

1901.  Beauclair  (Henri),  vétérinaire  à  Cherré,  commune  de  la 
Ferté-Bernard  (Sarthe). 

1889.  Brdot  (Dr  Maurice),  directeur  du  Musée  d'histoire  natu- 
relle, professeur  à  l'Université,  à  Genève  (Suisse). 

1904.  Bellard  (Dr  E.  P.   de),  médecin-chirurgien,  à  La  Ceïba 

(Honduras). 

(lj  La  Société  s'est  vue  dans  la  nécessité  de  rayer  de  la  liste  des  membres  un 
certain  nombre  de  personnes  qui  avaient  négligé  de  payer  leur  cotisation  [Art.  11 
du  règlement). 


VIII  MEMBRES    TITULAIRES 

20.   1909.    Benoist  (René),    licencié   ès-sciences,  rue   du   Donjon,  à 
Rouen  (Seine-Inférieure). 

1908.  Benoit-Bazille  (Henri),  6,  rue  Poulet,  à  Paris  (18u). 
1906.    Berner   (Paul),   directeur   de    l'Ecole  d'horlogerie,  à  La 

Chaux  de  Fonds  (Suisse). 

1 904.  Best  (Dr  W.  H.  G.  IL),  98,  rue  de  Longchamp,  à  Paris  (16e). 
1884.    Bibliothèque  de   l'Université  et  de  l'État,  à  Strasbourg 

(Alsace). 

1889.    Bibliothèque  de  l'Université,  à  Grenoble  (Isère). 

1910.   Bibliothèque  de  l'Université  royale,  à  Leipzig  (Allemagne). 

1889.  Bibliothèque  du  Muséum  d'histoire  naturelle,  2,  rue  de 
Bufion,  à  Paris  (5e). 

1892.  Bibliothèque  du  Musée  des  Invertébrés,  19,  via  Romana, 
à  Florence  (Italie). 

1892.  Bibliothèque  de  l'Université,  à  Rennes  (Ille-et-Vilaine). 
30.  1884.  Bignon  (Mlle  Fanny),  docteur  ès-sciences,  professeur  à 
l'École  Edgar-Quinet,  162,  rue  du  faubourg  Poisson- 
nière, à  Paris  (10e). 

1909.  Billiard    (G.),  assistant   de   bactériologie  à  la  fondation 

ophthalmologique  A.  de  Rothschild,   10,  rue  Charles- 

Divry,  à  Paris  (14e). 
1906.    Blaizot  (Ludovic),  préparateur  à  la  Faculté  de  médecine, 

4,  rue  Flatters,  à  Paris  (5e). 
1891  .    Blanc  (Edouard),  {membre  à  vie),  explorateur,  à  la  Société 

de    Géographie,    184,    boulevard    Saint-Germain,    à 

Paris  (6e). 

1909.  Blanc  (Georges),  préparateur  à  la  Faculté  de  médecine, 

11,  rue  Bonaparte,  à  Paris  (6°). 

1892.   Blanchard  (Mmr  Raphaël),  (?nembre  donateur),  226,  bou- 
levard Saint-Germain,  à  Paris  (7e). 
F   Blanchard  (Dr  Raphaël),  {membre  donateur),  professeur 
à  l'Université,  membre  de   l'Académie    de    médecine, 
226,  boulevard  Saint-Germain,  à  Paris  (7e). 

1889.  Blasius  (professeur  Wilhelm),  directeur  du  musée  d'his- 
toire naturelle,  7,  Gausstrasse,  à  Brunswick  (Alle- 
magne). 

1905.  Blatin  (Dr  Marc),  château  de  Saint-Angoulin,  par  Aigue- 

perse  (Puy-de-Dôme). 

1910.  Blin  (Dr  Emmery),    médecin   en   chef  des   asiles   de   la 

Seine,  30,  rue  Vauquelin,  à  Paris  (5e). 
40.  1881 .    Blonay  (Roger  de),  23,  rue  de  Larochefoucauld,à  Paris  (9e). 


MEMBRES    TITULAIRES  IX 

1883.  Bolivar  (Ignacio),  professeur  d'entomologie  à  l'Univer- 
sité, 17,  paseo  del  Obelisco,  à  Madrid  (Espagne). 

1882 .  Bonaparte  (le  prince  Roland),  (membre  donateur),  membre 
de  l'Institut,  10,  avenue  d'Iéna,  à  Paris  (16e). 

1898.  Boindouy  (Th.),  préparateur  à  la  Faculté  des  sciences, 
à  Rennes  (llle-et- Vilaine). 

1907.  Bonnet  (Alexandre),  54,  boulevard  Bineau,  Neuilly-sur- 
Seine  (Seine). 

1903.  Bonnet  (Amédée),  (membre   donateur),  préparateur  à  la 

Faculté  des  sciences,  1,  quai  de  la  Guillotière,  à 
Lyon  (Rhône). 

1904.  Borcéa  (Ioan),  docteur  ès-sciences,  maître  de  conférences 

à  l'Université,  à  Jassy  (Roumanie). 
1906.    Bordas  (Dr  L.),  maître  de  conférences  à  la   Faculté  des 
sciences,  à  Rennes  (llle-et- Vilaine). 

1904.  Boubéë  (Ernest),    naturaliste,    3,  place   Saint-André-des- 

Arts,  à  Paris  (6e). 

1905.  Bourgeois  (Jules),  à  Sainte-Marie-aux-Mines  (Alsace). 
)0.  1897.    Boutan  (Dr  Louis),  professeur  à  l'Université,  à  Bordeaux 

(Gironde). 

1890.  Bouvier  (E.    L.),    membre   de   l'Institut,    professeur    au 

Muséum  d'histoire  naturelle,  7,  boulevard  Arago, 
Paris  (13°). 

1893.  Brabant  (Edouard),  au  château  de  l'Alouette,  près  Cam- 
brai (Nord). 

1889.  Branicki  (comte  Xavier),  [membre  à  vie),  10,  rue  Wiejska, 
à  Varsovie  (Russie). 

1892  Brian  (Alfred),  {membre  donateur),  6,  via  San  Sebastiano, 
à  Gènes  (Italie). 

1891.  Brôlemann  (Henri),  (membre  à  vie),  directeur  de  la  suc- 

cursale du  Comptoir  national  d'Escompte,  à  Pau 
(Basses-Pyi'énées). 

1896.  Brumpt  (Dr  Emile),  docteur  ès-sciences,  professeur 
agrégé  à  la  Faculté  de  médecine,  1,  rue  Dupuytren, 
à  Paris  (6e). 

1896.  Bruyant,  professeur  suppléant  à  l'École  de  médecine. 
26,  rue  Gaultier- de -Biauzat,  à  Clermont-Ferrand 
(Puy-de-Dôme). 

1905.  Buen  (Odôn  de),  (membre  donateur),  sénateur,  profes- 
seur à  l'Univeisité  de  Barcelone,  directeur  du  labo- 
ratoire de  biologie  marine  des  Baléares,  à  Palma-de- 
Mallorca  (Espagne). 


X  MEMBRES    TITULAIRES 

1904.    Bugnion   (Dr    Edouard),   professeur  d'embryologie   à    la 

Faculté  de  médecine,  Blonay-sur-Vevey  (Suisse). 
60.  1897.   Bujor  (Dr  Paul),  professeur  de  zoologie  à  la  Faculté  des 

sciences  de  l'Université,  à  Jassy  (Roumanie). 
F    Bureau  (Dr  Louis),  [membre  à  vie),  directeur  du  Musée, 

professeur   à   l'École  de  médecine,  15,  rue  Gresset,  à 

Nantes  (Loire-Inférieure). 
1910.    Calkins  (Gary  N.),   Ph.   D.,   professor  of  Protozoology, 

Columbia  University,  New-York  City  (États-Unis). 
1902.   Calvet  (Louis),  sous-directeur   de  la  station  zoologique 

de  Cette,    chargé   d'un  cours  de  zoologie    (P.  C.  N.), 

à  la  Faculté  des  sciences  de  Montpellier  (Hérault). 
1889.    Camerano  (Dr  Lorenzo),  professeur  à  l'Université,  palazzo 

Carignano,  à  Turin  (Italie). 
1900.    Canizares   (Dr    Felipe    Garcia),    catedratico   de    historia 

natural  del  Instituto,  Salud  55,  Habana  (Cuba). 

1902.  Carié    (Paul),    (membre   donateur),    40,    boulevard    de 

Courcelles,  à  Paris  (17e). 
1909.    C\ullery  (Maurice),  professeur  de  zoologie,  évolution  des 

êtres  organisés,  à  la  Sorbonne,  6,  rue  Mizon,  à  Paris  (1 5e;. 
1895.    Caustier  (Eugène),  professeur  aux  lycées  Saint-Louis  et 

Henri  IV,  1,  boulevard  Henri  IV,  à  Paris  (4e). 

1903.  Caziot  (Commandant  E),  24,  quai  Lunel,  à  Nice  (Alpes- 

Maritimes). 
70.  1903.   Certes  (Mme  Adrien),  53,   rue  de  Varenne,  à  Paris  (7e) 

1907.   Chabot  (Fernand),  ingénieur-architecte,  à  Ault  (Somme). 

1891.    Chancel   (Mmo   Marius),  (membre  donateur),  226,  boule- 
vard Saint-Germain,  à  Paris  (7°). 

1906.  Chappellier  (A.),    préparateur   à   la    Sorbonne,  6,    place 

Saint-Michel,  à  Paris  (6e). 
1900.    Cbarlot  (Mlle  Julie),  14,  rue  de  l'Abbaye,  à  Paris  (6e). 

1907.  Chatelet  (C),  greffier  du  Conseil  de  préfecture,  32,  rue 

du  Vieux-Sextier,  à  Avignon  (Vaucluse). 

1904.  Chatton  (Edouard),  préparateur  à  l'Institut  Pasteur,  17, 

rue  Froidevaux,  à  Paris  (15e). 
1891 .    Chaves  (Francisco  Alfonso),  directeur  de  l'Observatoire 

météorologique,    à    Ponta    Delgada,   île    Sâo    Miguel 

(Açores).^ 
1884.   Chevreux  (Edouard),  (membre  donateur),  route  du  Cap, 

à  Bône  (Algérie). 

1908.  Chmielewski  (Paul),    18,    boulevard   du   Midi,  au  Raincy 

(Seine). 


MEMBRES    TITULAIRES  XI 

80.   1907.    Chopard  (Lucien),  98,  boulevard  St-Germain,  à  Paris  (58). 

1888.    Claybrooke  (Jean  de),  5,  rue  de  Sontay,  à  Paris  (16°). 

1881.  Clément  (A.  L.),  {membre  à  vie),  dessinateur.  34,  rue 
Lacépède,  à  Paris  (5e). 

1908.  Coez  (Edouard),  licencié  ès-sciences,  à  Bièvres  (Seine- 
et-Oise). 

1887.  Cosmovici  (Dr  Léon  C.),  professeur  à  l'Université,  11, 
strada  Codrescu,  à  Jassy  (Roumanie). 

1900  Coutière  (Dr  H.),  professeur  à  l'Ecole  supérieure  de  phar- 
macie, 118,  avenue  d'Orléans,  à  Paris  (14e). 

1905.  Cratunesco  (Mme  Eugénie),  1,  avenue  de  l'Observatoire, 
à  Paris  (6e). 

1905.  Darija  (Mlle),  35,  avenue  Friedland,  à  Paris  (8°). 

1906.  Dalmon  (Dr  Henri),  à  Bourron-Marlotte  (Seine-et-Marne). 
1904.    Dambeza,  {membre  à  vie),  avocat  au  Conseil  d'Etat  et  à 

la  Cour  de  cassation,  5,  rue  de  Villersexel,  à  Paris  (7e). 
90.  1907  Danois  (Edouard),  licencié  ès-sciences  naturelles,  à  la 
Faculté  des  sciences,  à  Rennes  (Ule-et-Vilaine). 

1902.  Darboux  (G.),  {membre  donateur),  chargé  de  cours  à  la 
Faculté  des  sciences,  53,  boulevard  Périer,  à  Mar- 
seille (Bouches-du-Rhône). 

1884.  Dautzenberg  (Philippe),  {membre  donateur),  209,  rue  de 
l'Université,  à  Paris  (7°). 

1904.  Davenport  (Charles),  director  of  the  Station  for  expéri- 
mental Evolution  of  Cold  spring-  Harbor,  Carnegie 
Institution,  New  York  (États-Unis). 

1898.  Davenière  (Dr  Emile),  licencié  ès-sciences,  36,  boulevard 
de  La  Tour-Maubourg,  à  Paris  (7e). 

1904.  Debreuil  (Charles),  avocat  à  la  Cour  d'appel,  25,  rue  de 
Châteaudun,  à  Paris  (9e). 

1907.  Debaut  (Georges),  65,  rue  de  la  Boétie,  à  Paris  (8e). 
1887.    Delage   (Dr    Yves),    membre   de   l'Institut,    professeur   à 

l'Université,  à  la  Sorbonne,  Paris  (5e). 
1876.   Demaison   (Louis),   archiviste,  21,   rue  iNicolas-Perseval, 
à  Reims  (Marne). 
F    Dollfus  (Adrien),  directeur  de  la  Feuille  des  jeunes  natu- 
ralistes,  35,  rue  Pierre-Charron,  à  Paris  (8e). 
100.   1892.    Dollfus  (Gustave),  [membre  à  vie),  45,  rue  de  Chabrol,  à 
Paris  (10e). 
1897.    Domet  de  Vorges  (Albert),  licencié  ès-sciences  naturelles, 
4,  avenue  Thiers,  à  Compiègne  (Oise). 


XII  MEMBRES    TITULAIRES 


1887.  Dominici  (Dr  Henri),  licencié  ès-sciences,  directeur  du 
Sanatorium  du  Mont  des  Oiseaux,  à  Hyères  (Var). 

1877.  Douvillé  (H.),  membre  de  l'Institut,  professeur  à  l'École 
des  mines,  207,  boulevard  Saint-Germain,  à  Paris  (7e) 

1902.    Dubar,  docteur  en  médecine, 73,  rue  Caumartin,  à Paris(9n). 

1876.  Dubois  (Alphonse),  docteur  ès-sciences,  conservateur  ho- 
noraire du  Musée  royal  d'histoire  naturelle,  42,  rue 
des  Chalets,  à  Uccle,  Brabant  (Belgique). 

1897.  Duboscq  (Dr  O.j,  professeur  de  zoologie  à  la  Faculté  des 
sciences,  à  Montpellier  (Hérault). 

1905.  Dufubmier  (Mmc  A.),  4,  rue  de  Stockholm,  à   Paris  (8e). 
1902.    Dyé  (Dr  Léon),  {membre  à  vie),  123,  avenue  de  Wagram, 

à  Paris  (17e). 
1895.   Ellingsen  (Edvard),  à  Kragei0  (Norvège). 
110.   1905.   Fage  (Louis),  docteur  ès-sciences,  naturaliste  du  service 

scientifique  des  pêches  maritimes, au  laboratoire  Arago, 

à  Banyuls-sur-Mer  (Pyrénées-Orientales). 
19<>7     Falguière  (Willie),  instituteur  public,  92,  rue  Gambetta, 

à  Suresne  (Seine). 

1908.  Fauré-Fremiet  (Emmanuel),  artiste  peintre,  154.  boule- 

vard Malesherbes,  à  Paris  (8e). 
1884.  Faurot   (Dr   Lionel),    {membre  à  vie),   7,    rue   Gustave- 

Nadaud,  à  Paris  (16e). 
1902.    Ferdinand  Ier (S.  M.),  tsar  de  Bulgarie  {membre  donateur), 

à  Sophia  (Bulgarie).  Direction  de  la  Bibliothèque  royale. 

1906.  Fiault  (Léon),  29,  avenue  de  Ségur,  à  Paris  (15e). 

1893.  Field   (Dr   Herbert   Haviland),    directeur  du    Concilium 

bibliographicum,   9,    Kollikerstrasse,    à    Zurich-Neu- 
munster  (Suisse). 

1894.  Fischer   (Henri),  docteur  ès-sciences,   maître  de   confé- 

rences adjoint  à  la  Faculté  des   sciences,    51,    boule- 
vard Saint-Michel,  à  Paris  (5e). 

1895.  Focreu  (Dr  Henri),  professeur  à  la  Faculté  de  médecine, 

34,  rue  Barthélemy-Delespaul,  à  Lille  (Nord). 
1 905 .    Fouad  (Izzet,  Salah  el  Din),  104,  r.  de  la  Tour,  à  Paris  (16e) . 
120.    1897.    Freyssinge  (Louis),  licencié  ès-sciences,   pharmacien,    9, 
rue  Parrot,  à  Paris  (12°). 
1890     Friedlander  (R.)  et  fils,  libraires,  1 1 .  Carlstrasse,  à  Berlin 
(Allemagne). 

1909.  Fuset-Tubia  (José),  docteur  ès-sciences  naturelles,  assis- 

tant du  laboratoire  de  biologie  maritime  des  Baléares, 
professeur  à  l'Institut,  à  Palma  de  Mallorca  (Espagne). 


MEMBRES    TITULAIRES  XIII 

1881.  Gadeau  de  Kerville  (Henri),  {membre  donateur),  7,  rue 
Dupont,  à  Rouen  (Seine-Inférieure). 

1880.  Garman  (Samuel),  assistant  of  Ichthyology  and  Herpe- 
tology  at  the  Muséum  of  Comparative  Zoology,  at 
Harvard  Collège,  à  Cambridge,  Mass.  (Etats-Unis). 

1909.    Garreta  (Léon),  29,  avenue  Rapp,  à  Paris  (7e). 

1895.    Gaulle  (Jules  de),  41,  rue  de  Vaugirard,  à  Paris  (6e). 

1879.  Gazagnaire  (Joseph),  29,  rue  Centrale,  à  Cannes  (Alpes- 

Maritimes). 
1907  .    Gedoelst  (Louis),  professeur  à  l'École  vétérinaire,  23,  rue 

David  Desvachez,  à  Bruxelles  (Belgique). 
1905.    George  (E.),  étudiant,  91,  bould  Beaumarchais,  àParis(3e). 
130.   1899.    Georgevitch  (Jivoïn),  professeur  de  zoologie  et  d'anatomie 

comparée  à  l'Université,  à  Belgrade  (Serbie). 

1905.  Germain    (Louis),    docteur    ès-sciences,    préparateur    au 

Muséum,  20,  rue  Coypel,  à  Paris  (13e). 

1906.  Glandaz  (Albert),  greffier  en   chef  au   Tribunal  de  com- 

merce, 87,  rue  Ampère,  à  Paris  (17e). 

1903.  Goeldi  (prof.  Emile  A.),  {membre  à  vie),  36,  Ziegler- 
strasse,  à  Berne  (Suisse). 

1900.  Grandidier  (Guillaume),  chargé  de  missions  scientifiques 
à  Madagascar,  2,  rue  Gœthe,  à  Paris  (16°). 

1902.  Gréban  (membre  à  vie),  notaire,  rue  de  Paris,  à  Saint- 
Germain-en-Laye  (Seine-et-Oise). 

1905.  Grobon  (D.),  médecin-vétérinaire,  7,  rue  des  Filles- 
Saint-Thomas,  à  Paris  (2e). 

1891-  Gruvel  (A.),  directeur  des  Pêcheries  de  la  côte  occi- 
dentale d'Afrique,  4,  rue  Lagarde,  à  Paris  (5e). 

1900.  Guérin-Ganivet  (J.),  docteur  ès-sciences,  naturaliste  atta- 
ché au  service  scientifique  des  pêches  maritimes,  au 
laboratoire  maritime,  à  Concarneau  (Finistère). 

1880.  Guerxe  (baron  Jules   de),  [membre  donateur),  6,  rue   de 

Tournon,  à  Paris  (6e). 
140.   1895 .   Guiart  (Dr  Jules),  [membre  donateur),  docteur  es  -sciences^ 
professeur  à  la  Faculté  de  médecine,  36,  quai  Gaille- 
ton,  à  Lyon  (Rhône). 

1886.  Guitel  (Frédéric),  professeur  à  la  Faculté  des  sciences, 
32,  rue  Gurvand,  à  Rennes  (llle-et- Vilaine). 

1908.   Gulia  (Dr  Giovanni),  Vittoria,  à  Gozo,  île  de  Malte. 

1894.  Hakki  (Ismaïl),  professeur  aux  Ecoles  vétérinaires  mili- 
taire et  civile,  vétérinaire  de  la  Société  des  tramways, 
à  Constantinople  (Turquie). 


XIV  MEMBRES    TITULAIRES 

1891.    Hallez    (Dr    Paul),    professeur    à    l'Université,    à    Lille 

(Nord). 
1900.    Hamonville  (baron   d'),  [membre  à  vie),  au   château   de 

Manonville,  par  Noviant-aux-Prés  (Meurthe-et-Moselle). 

1888.  Hecht  (Dr    Emile),   chef  de   travaux   à   la    Faculté    des 

sciences,  10,  rue  de  Lorraine,  à  Nancy  (Meurthe-et- 
Moselle). 

1902.    Henry,  répétiteur  à  l'École  vétérinaire,  à  Alfort  (Seine). 

1886.  Hérouard  (Edgard),  [membre  à  vie),  professeur  adjoint 
de  zoologie  à  l'Université,  sous-directeur  du  labora- 
toire de  Roscofif,  9,  rue  de  l'Eperon,  à  Paris  (6°). 

1889.  Hertwig  (Dr  Richard),  professeur  de  zoologie  à  l'Univer- 

sité, à  Munich  (Bavière). 
150.  1900.   Hérubel  (Marcel),  docteur  ès-sciences,  préparateur  à  la 
Sorbonne,  112,  rue  Monge,  à  Paris  (5°). 
1896.   Houssaye  (Emile),  pharmacien   de  l'Assistance  publique, 

5,  rue  de  l'Épée-de-Bois,  à  Paris  (58). 

1906.  Hugues  (Albert),  à  Saint-Geniès-de-Malgoires  (Gard). 

1907.  Iches  (Lucien),  [membre  à  vie),  naturaliste  du  laboratoire 

de  zoologie  appliquée  du  ministère  de  l'Agriculture, 
57,  Casilla  Gorreo,  à  Buenos-Aires  (République  Argen- 
tine). 

1906.  Innès-Bey    (D1    Walter    Francis),   square    Halem-Pacha, 

Esbekieh,  Le  Gaire  (Egypte). 

1907.  Institut  Pasteur  de  Tunis  (Tunisie). 

1895.   Jammes  (D'L.),  professeur  adjoint  à  la  Faculté  des  sciences, 

6,  place  Saint-Sernin,  à  Toulouse  (Haute-Garonne). 
1893     Janet  (Armand),  {membre  à  vie),  ancien  ingénieur  delà 

marine,  29,  rue  des  Volontaires,  à  Paris  (15e). 

1890.  Janet   (Charles),    {membre   à   vie),    docteur    ès-sciences, 

ingénieur  des   arts   et  manufactures,  villa   des  Roses, 

près  Beauvais  (Oise),  et  57,  rue  Réaumur,  à  Paris  (2e). 
1906.   Janin  (Dr  Francisque),  à  Kourousa  (Guinée  française). 
160.  1907.   Jauregui  (Francisco),  docteur  en    médecine,  Aleina  654, 

à  Buenos-Aires  (République  Argentine). 
1882.   Joubin  (D1'  Louis),  {membre  à  vie),  professeur  au  Muséum 

d'histoire   naturelle,  21,  rue  de   l'Odéon,  à  Paris  (6e) 
1882.   Jourdan  (Etienne),  professeur  adjoint   à  l'Université,  6, 

rue  de  la  Bibliothèque,  à  Marseille  (Bouches-du-Rhône. 
F    Jousseaume  (Dr   Félix),  {membre  à  vie),  29,  rue  de  Ger- 

govie,  à  Paris  (14e). 


MEMBRES    TITULAIRES  XV 

1883.   Joyeux-Laffuie  (J.),    député,    professeur    de    zoologie   à 
l'Université  de  Caen,  70,  rue  d'Assas,  à  Paris  (6e). 

1900.   Jumentié  (Joseph),  iuterne  des   hôpitaux,  126,  rue  de  la 
Pompe,  à  Paris  (16°). 

1879.   Kempen   (Ch.  van),   12,  rue  Saint-Bertin,   à   Saint-Omer 
(Pas-de-Calais). 

1888.   Kerhervé   (J.   B.    de),  licencié   ès-sciences  naturelles,  à 
Lacres,  par  Samer  (Pas-de-Calais). 

1S94.   Koehler  (R.),  professeur  à  l'Université.  29,  rue  Guilloud, 
à  Lyon  (Rhône). 

1909.    KollmAiNN   (Max),  agrégé,  docteur   ès-sciences,  prépara- 
teur de   mammalogie   au    Muséum,    15,   rue    Nicolas- 
Charlet,  à  Paris  (15e). 
170.  1893.    Krasilshtshik  (Isaac),  82,  Leovskaïa,  à  Kishinev  (Russie 
méridionale). 

1903.  Krempf   Armand),  attaché  à   la   Mission   scientifique    de 

l'Indo-Chine,  à  Hanoï  (Tonkin). 
1881.   Kunstler  (Jules),  professeur  à  l'Université,  à  Bordeaux, 
(Gironde). 

1904.  La  Barre  (Gaston  de),  10,  rue  de  Phalsbourg,  à  Paris  (17°). 

1891.  Labbé   (Dr    Alphonse),    docteur    ès-sciences,  chargé    de 

cours  à  l'Ecole  de  médecine,  à  Nantes  (Loire-Inférieure). 

1905.  Laboratoire  de  biologie  générale  de  l'Université,  à  Dijon 

(Côte-d'Or). 

1903.  Laboratoire  de  malacologie  du  Muséum  d'histoire  natu- 

relle, 55,  rue  de  BufFon,  à  Paris  (5e). 

1892.  Laboratoire    de    zoologie     de     l'Université,    à     Nancy 

(Meurthe-et-Moselle). 

1904.  Lamy  (Edouard),  préparateur  de  malacologie  au  Muséum, 

47,  rue  Claude-Bernard,  à.  Paris  (5e). 
1904.    Landrieu    (Marcel),  llbis,  rue   Lacépède,   à  Paris  (5e),  et 

21,  rue  de  la  Ferme,  au  Havre  (Seine-Inférieure). 
180.  1883.    Larcher  (Dr  Oscar),  membre  de  la  Société  de  biologie, 

97,  rue  de  Passy,  à  Paris  (16*). 
1907.   Lavagna  (Dr  Joseph),  directeur  de  l'Institut  ophthalmo- 

logique  «  Princesse  Alice  »,  à  Monaco. 
1909.   Lavauden  (Louis),  garde  général  des  Eaux  et  Forêts,  à 

Grenoble  (Isère). 
1906.   Lebailly  (Dr   Charles),    préparateur   à   la   Faculté    des 

sciences,  rue  Pasteur  à.  Caen  (Calvados). 
1891  .    Lignières  (Joseph),  professeur,  directeur  de  l'Institut  de 

bactériologie,  582   Bartholome   Mitre,  à  Buenos-Aires 

(République  Argentine). 


XVI  MEMBRES    TITULAIRES 

1908.  Liouville  (Dr  Jacques),  médecin  de  la   mission  Charcot, 

35,  rue  de  l'Université,  à  Paris  (7e). 

1897.    Loyez  (MUe  Marie),  docteur  ès-sciences  naturelles,  profes- 
seur à  l'école  Edgar-Quinet,  16,  rue  Cuvier,  à  Paris  (5°). 

1909.  Lozano  (Luis),  docteur  ès-sciences  naturelles,  conserva- 

teur du  Musée  de  Madrid  (Espagne). 
1889.   Lucet  (Adrien),  assistant  au  Muséum,  2,  rue  des  Arènes, 

à  Paris  (5e). 
1893.    Maës   (Albert),    164,   rue   du  faubourg  Saint-Honoré,   à 

Paris  (8e). 
190.   1889.    Magalhàes    (Dr    Petro    Severiano    de),    professeur    à    la 

Faculté  de   médecine,  rua  do  Ilospicio,  3a,  à  Rio-de- 

Janeiro  (Brésil). 

1908.  Magaud  d'Aubusson,  18,  rue  Erlanger,  à  Paris  (16e). 

1886.  Magne  (Alexandre),  (membre  donateur),  37,  rue  Etienne- 

Marcel,  à  Pantin  (Seine). 

1889.  Magretti  (Dr  Paolo),  Cassina  Amata  di  PadernoDugnano, 

linea  Nord-Milano-Erba  (Italie). 
1897.    Malaquin   (Dr  A.),  professeur    de    zoologie    générale    et 
appliquée  à  la  Faculté  des  sciences,   159,  rue   Brûle- 
Maison,  à  Lille  (Nord). 

1884.  Man  (Dr  J.-G.  de),  à  lerseke,  Zélande  (Hollande). 
1905.   Mantell  (MUe  Lydie),  30,  rue  Dutot,  à  Paris  (15e). 

1909.  Maranne   (Isidore),  pharmacien-chimiste  de  l'Université 

de  Paris,  à  Allanche  (Cantal). 

1887.  xMarchal  (Paul),  directeur  de  la  Station  entomologique  de 

Paris,  professeur  de  zoologie  à  l'Institut  national  agro- 
nomique, 30,  rue  des  Toulouses,  à  Fontenay-aux-Roses 
(Seine),  l'hiver,  142,  boul.  Saint-Germain,  à  Paris  (6e). 
F    Marmottais  (Dr),  51,  rue  Desbordes-Valmore,  à  Paris  (16e). 
200.   1892.    Martin  (Dr  Henri),  50,  rue  Singer,  à  Paris  (16°). 

1885.  Martin  (René),  avocat,  au  Blanc  (Indre). 

1893.   Maupas   (E.),  conservateur-administrateur   de   la  Biblio- 
thèque nationale,  rue  de  FEtat-Major,  à  Alger  (Algérie). 

1890.  Maurice    (Charles),    docteur    ès-sciences,    professeur    à 

l'Université  catholique  de  Lille,  à  Attiches,  par  Pont- 

à-Marcq  (Nord). 
1904.   Meillassoux  (Jean-Baptiste),  (membre  donateur) ,§,  place 

Malesherbes,  à  Paris  (17e). 
1907.   Menegaux  (A.),  assistant  au  Muséum,  55,  rue  de  Buflbu, 

à  Paris  (5e). 


MEMBRES    TITULAIRES  XVII 

1906.  Meraz  (A.),    professeur   assistant    à    la    Commission   de 

parasitologie    agricole,     8,     calle     de     Betlemitas,    à 

Mexico  (Mexique). 
1889.   Minchin   (Dr  Edward   A.),   professeur   A    l'Université   de 

Londres,    53,    Cheyne    court,    Royal    Hospital    road, 

à  Londres  S.-W.  (Angleterre). 
1884.    Moniez   (Dr   Romain),    recteur   de    l'Université,    à    Caen 

(Calvados). 

1907.  Montezumà  (Mme).  19,  boulevard   de  l'Ouest,  au    Vésinet 

(Seine-et-Oise). 
210.   1007.    Montezumà.,  19,  boulevard  de  l'Ouest,  au  Vésinet  (Seine- 
et-Oise). 

1895.    Moore  (J.    Percy),  instructor  in   Zoology,  University  of 
Pennsylvania,  à  Philadelphie,  Penn.  (Etats-Unis). 

1897.  Moreau  (Dr  Louis),  11,  place  de  la  République,  à  Eper- 
nay  (Marne). 

190o.    Mottaz  (Charles),  39,  Grand-Pré,  à  Genève  (Suisse). 

1892.  Moulé  (Léon),  vétérinaire  délégué  de  Paris  et  du  dépar- 
tement de  la  Seine,  27,  rue  de  la  Tour,  à  Vitry-le- 
François  (Marne). 

1892.    Musée  d'histoire  naturelle,  à  Genève  (Suisse). 

1888.  Musée  zoologique,  43,  Invalidenstrasse,  à  Berlin  (Alle- 
magne). 

1892.   Musée  zoologique  de  l'Université,,  à  Pavie  (Italie). 

1883.   Musée  national  zoologique,  à  Agram  (Croatie). 

1888.   Nadar  (Paul),  photographe,  51,  rue  d'Anjou,  à  Paris  (8e). 
220.   1891.   Nerville  (Ferdinand  de),  ingénieur  des  télégraphes,  59, 
rue  de  Ponthieu,  à  Paris  (8e). 

1891.  Neumann  (Georges),  professeur  à   l'Ecole  vétérinaire    de 

Toulouse  (Haute-Garonne). 
1896.    Neveu-Lemaire    (Dr    Maurice),    professeur    agrégé    à    la 

Faculté  de  médecine,  à  Lyon  (Rhône). 
1903.    Nibelle  (Maurice),  {membre  à  vie),  9,  rue  des  Aisins,   à 

Rouen  (Seine-Inférieure). 
1876.    Oberthïïr     (Charles),    imprimeur,     à     Rennes    (Ille-et- 

Vilaine). 

1892.  Odin  (Amédée),  directeur  du  Laboratoire   maritime,  23, 

quai  de  Franqueville,  aux  Sables-d'Olonne  (Vendée). 
1896.    Oka  (Dr  Asajiro),  au  laboratoire  de  zoologie  de  lu  Koto- 
Shihan  Gakko  (Ecole  normale  supérieure),   à   Tokyo 
(Japon). 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.   1910.  xxxv  —  2 


XVIII  MEMBRES   TITULAIRES 

1892.  Olivier  (Ernest),  directeur   de   la  Bévue  scientifique  du 

Bourbo?inais,   10,  cours  de    la   Préfecture,   à  Moulins 
(Allier). 

1909.   Ollivikr  (Mme  F.  M.),  5,  rue  Littré,  à  Paris  (6e). 

1907.    Osorio  (Balthazar),  a  l'Ecole  Polytechnique,  à  Lisbonne 
(Portugal). 
230.  1879.    Oudri  (général  Emile),    commandant    de   la  9°  division 
d'infanterie,  à  Orléans  (Loiret)  et  à  Durtal  (Maine-et- 
Loire). 

1907.   Paquet  (René),  34,  rue  de  Vaugirard,  à  Paris  (G°). 

1903.   Paris  (Paul),  préparateur  à   la  Faculté  des  sciences   de 
Dijon  (Côte-d'Or). 

1890.    Paszlavszky    (Joseph),    professeur    à   la    Réaliskola,    II, 
Szilfa-utcza,  7,  à  Budapest  (Hongrie). 

1902.    Pas  (comtesse  du),  [membre   à  vie),  97,    rue    Rovale,    à 
Lille  (Nord). 

1884.    Pavlov   (Mmc   Marie),    Dolgoroukovsky    pereoulok,    Uni- 
versité, à  Moscou  (Russie). 

1905.    Peignon    (Eugène),    naturaliste,    22,    rue    des    Grandes- 
Écoles,  à  Poitiers  (Vienne). 

1 900 .  Pellegrin  (Dr  Jacques),  docteur ès-sciences,  assistant  d'her- 
pétologie  au  Muséum  d'histoire  naturelle,  143,  rue  de 
Rennes,  à  Paris  (6e). 
F  Pennetier  (Dr  Georges),  directeur  du  Musée  d'histoire 
naturelle,  professeur  à  l'Ecole  de  médecine,  impasse 
de  la  Corderie,  Mont  Saint-Aignan -lès-Rouen  (Seine- 
Inférieure). 

1905.   Pérez  (Charles),  maître  de  conférences   à  la  Faculté  des 
sciences,  à  Paris  (5e). 
240.   1887.   Perrier  (Edmond),  membre  de   l'Institut,   directeur   du 
Muséum  d'histoire  naturelle,  57,  rue  Guvier,  à  Paris  (5e). 

1909.    Perroncito  (Dr  Aldo),  assistant  d'histologie  à   l'Univer- 
sité de  Pavie  (Italie). 
F    Petit  (Louis)  aîné,  [membre  à  vie),  naturaliste,  21,  rue 
du  Caire,  à  Paris  (2e). 

1897.   Philippson  (Maurice),  docteur  en  sciences,  27,  rue  de  la 
Loi,  à  Bruxelles  (Belgique). 

1893.  Pic  (Maurice),  {membre  à  vie),  correspondant  du  Muséum, 

Les  Guerreaux,  par  Saint-Agnan  (Saône-et-Lôire). 
1879.   Pierson  (Henri),  {membre  à  vie),  à  Brunoy  (Seine-et-Oise). 
1900.    Pinoy  (Dr  Ernest),  30,  rue  de  Versailles,  à  Ville-d'Avray 

(Seine-et-Oise). 


MEMBRES    TITULAIRES  XIX 

1901.  Pizon  (Antoine),  docteur  ès-sciences  naturelles,  profes- 
seur au  lycée  Janson  de  Sailly,  92,  rue  de  la  Pompe, 
à  Paris  (16e). 

1899.  Plate  (Dr  Ludwig),  professeur  de  zoologie  à  la  Land- 
wirtschaftliche  Hochschule,  13,  Beethovenstrasse,  à 
Berlin  (Allemagne). 

1879.    Plateau  (Félix),  professeur  à  lUniversité,  148,  chaussée 
de  Conrtrai,  à  Gand  (Belgique). 
250.   1902.    Polaillon  (Dr  Henri),  229,  boul.  St-Germain,  à  Paris  (7e). 

1910.  Policard  (A.),  chef  de  laboratoire  à  la  Faculté  de 
médecine,  1,  place  Raspail,  à  Lyon  (Rhône). 

1896.    Portier  (Dr  Paul),  préparateur  à  la  Sorhonne,  à  Paris  (5e). 

1905.  Pruvot  (Mme  G.),  90,  rue  d'Assas,  à  Paris  (6e). 

1895.  Pruvot  (professeur  Georges),  directeur  du  laboratoire 
Arago,  à  Banyuls-sur-Mer  (Pyrénées-Orientales),  au 
laboratoire  d'auatomie  comparée,  à  la  Sorbonne,  à 
Paris  (5°). 

1907.  Quidor  (Auguste),  licencié  ès-sciences,  82,  rue  Michel- 
Auge,  à  Paris  (16e). 

1893.  RACOviTZA(Emile-G.),  {membre  à  vie),  docteur  ès-sciences, 
directeur  adjoint  du  laboratoire  Arago  (Banyuls-sur- 
Mer),  112,  boulevard  Raspail,  à  Paris  (6°). 

1882.  Railliet  (A.),  membre  de  l'Académie  de  médecine, 
professeur  d'histoire  naturelle  à  l'ucole  vétérinaire,  à 
Alfort  (Seine). 

1906.  Raspail  (Mme  Xavier),   {membre   donateur),    à   Gouvieux 

(Oise). 
260.   1886.    Raspail  (Xavier),  a  Gouvieux  (Oise). 

1896  Ratz  (Dr  Stephan  von),  professeur  à  l'Académie  vétéri- 
naire, 23,  Rottenbiller   uteza,  à   Budapest   (Hongrie). 

1879.  Regnard  (Dr  Paul),  membre  de  l'Académie  de  médecine, 
directeur  de  l'Institut  national  agronomique,  224,  bou- 
levard Saint-Germain,  à  Paris  (7e). 

1905  Renesse  de  Duivenbode  (G.  de),  45,  rue  de  Trévise,  à 
Paris  (9e). 

1895.  Reyckaert  (J.),  agent  de  la  Société  zoologique.  85,  rue 
du  Cherche-Midi,  à  Paris  (6e). 

1887.  Richard  (Dr  Jules),  directeur  du  Musée  océanographique, 
à  Monaco. 

1877.  Richet  (Dr  Charles),  professeur  à  l'Université,  15,  rue 
de  l'Université,  à  Paris  (7e). 


X^  MEMBRES    TITULAIRES 

1903.    Rivera    (Dr    Manuel    P.),    {membre    à    vie),     professeur 
d'entomologie  appliquée  à  l'Institut  agricole  du  Chili, 
à  Santiago  (Chili). 
1897.    Robert  (Adrien),  chef  de  travaux  à  la  Sorbonne,  18.  rue 

du  Pré-aux-Clercs,  à  Paris  (7°). 
1893.    Roche  (Georges),    docteur   ès-sciences,   4,   rue    Dante,  à 

Paris  (5e). 
1901.    Rodriguez  (Jean),  directeur  du  Musée  national  d'histoire 
naturelle,  à  Guatemala  (Amérique  centrale). 
270     1888.    Rollinat  (Raymond),  {membre  àvie),  à  Argenton  (Indre). 
F    Rothschild    (baron    Edmond    de),    {membre    donateur), 
19,  rue  Laffîte,  à  Paris  (9e). 
1895.    Roule  (Dr   Louis),   professeur   à    l'Université,    10bls,   rue 

Périgord,  à  Toulouse  (Haute-Garonne). 
1906.   Royer  (Dr  Maurice),  secrétaire   de  la   Société  entomolo- 
gique  de  France,  11,  rue  du  Four,  à  Paris  (6e). 

1895.  Saint-Joseph  (baron  de),  23,  rue  François  Ie,\,  à  Paris  (8e). 
1897.  SAND(René),  45,  rue  desMinimes,  à  Bruxelles  (Belgique). 
1884.    Sauvage  (D'  Emile),    directeur  honoraire  de   la   Station 

aquicole,    directeur  du   Musée,  39bis,  rue   Tour-Notre- 
Dame,  à  Boulogue-sur-Mer  (Pas-de-Calais). 

1881.  Sauvinet  (L. -Ernest),  assistant  au  Muséum,  57,  rue 
Cuvier,  à  Paris  (5°). 

1902.  Savouré  (P.),  licencié  ès-sciences  naturelles,  chargé  de 
travaux  pratiques  à  la  Faculté  des  sciences,  7bis,  im- 
passe Sainte-Marie,  à  Rennes  (Ille-et- Vilaine). 

1909.    Schlegel  (Christian),  naturaliste   du   service   des   pêches 
maritimes,  au  laboratoire  de  Roscoff  (Finistère). 
280.   1909.    Schlesch  (lians),  Strandagervey,  24,  à  Hellerûp  (Dane- 
mark). 

1896.  Scott   (Thomas),    naturalist  to    the   Fishery   Board    for 

Scotland,  280,  Victoria  Road,  à  Aberdeen  (Ecosse). 
1889.    Secoues  (François),    pharmacien    de  lre  classe,    14,    rue 

Saint-Louis-en-1'Ile,  à  Paris  (4e). 
1902     Semichon  (Louis),  {membre  à  vie),   docteur  ès-sciences, 

stagiaire  au  Muséum,  27,  rue  Cassette,  à  Paris  (6e). 
1876.    Shelley    (captain    George-Ernest),    {membre    à    vie),    7, 

Princes    street,    Cavendish    square,    W.,    à    Londres 

(Angleterre). 
F    Simon  (Eugène),  correspondant  de  l'Académie  des  sciences, 

16,  villa  Saïd,  à  Paris  (16e). 


MEMBRES    TITULAIRES  XXI 

1 90 1 .    Simroth  (Heinrich),  professeur  à  l'Université,  à  Leipzig 

(Allemagne). 
1905.    Sirvent    (Louis),    [membre    à    vie),   assistant  au    Musée 

océanographique,  à  Monaco. 
1899.    Société  scientifique  et  Station  zoologiqle  d'Arcachon,  à 

Arcachon  (Gironde). 
1893.    Spengel  (Dr  J.  W.),  professeur  à  l'Université,  à  Giessen 

(Allemagne). 
290.    1877.    Steindachner  (Hofrath   Dr  Frautz),    Director  des    natur- 

historischen  Hofmuseums,  I,    Burgring,   7,    à    Vienne 

(Autriche). 
1891.    Stiles    (Dr'  Charles    Wardell),    Chief    of  the    Division 

of  Zoology,  llygienic  Laboratory,   Public  Health   and 

Marine  Hospital  service  of  the  U.  S.,    à  Washington, 

D.  C.  (États-Unis). 
1889.    Studer  (Dr  Th.),  professeur  à  l'Université,  directeur  du 

Musée,  rue  des  Orphelins,  à  Berne  (Suisse). 

1895.  Suard  (Dr  Paul),    ex-professeur  aux  Ecoles  de  médecine 

navale,   U,    boulevard  Félix-Marlin,  à  Saint-Raphaël 
(Var). 
1898.    Ternier  (Louis),  avocat  à  Ronfleur  (Calvados). 

1893.  Théry    (André),    à    Saint -Charles,     près    Philippeville 

(Algérie). 

1896.  Thézée    (Dr  Henri),    professeur   à   l'École   de   médecine, 

70,  rue  de  Paris,  à  Angers  (Maine-et-Loire). 

1895.  Thompson  (\V.  d'Arcy),  professeur  à  l'Université,  direc- 
teur du  Musée  zoologique,  à  Dundee  (Ecosse). 

1901.  ïillier  (J.-B.),  chef  du  transit  du  canal  de  Suez,  83, 
rue  de  la  Tour,  à  Paris  (16e). 

1887.    Topsent  (Emile),  docteur  es   sciences,   chargé   de   cours 

de  zoologie  à  la  Faculté  des   sciences,   correspondant 

du  Muséum,  40,  rue  Saint-Gabriel,  à  Caen  (Calvados). 

300.   1878.    Tourneux  (Dr  Frédéric),  professeur  à  l'Université,  14,  rue 

Sainte-Philomène,  à  Toulouse  (Haute-Garonne). 

1894.  Traizet  (Emile),  (membre  à  vie),  7,  avenue  Laumière,  à 

Paris  (19e). 
1887     Trapet,    pharmacien-major    de    lro    classe    en    retraite, 
8,  rue  Valentin-Haûy,  à  Paris  (15e). 

1895.  Trouessart  (Dr  Edouard),  professeur  au  Muséum   d'his- 

toire naturelle,  61,  rue  Cuvier,  à  Paris  (5    . 
1889.    Vaillant    (Léon),     professeur     au     Muséum     d'histoire 
naturelle,  8,  rue  de  Buffon,  à  Paris  (5e). 


XXII  MEMBRES    TITULAIRES 

1903.   Yaney    (C),    maitre   de    conférences    à    la  Faculté    des 

sciences,  à  Lyon  (Rhône). 
1894.   Vaudremer    (Dr    Albert),    50,    rue    Centrale,     à   Cannes 

(Alpes-Maritimes). 
1898.    Versluys  (Dr  J.),  Privat-Dozent  à  l'Université,  à  Giessen, 

Hesse  (Allemagne). 
1876.    Vian  (Paul),  notaire,  9,  rue  Boissy-d'Anglas,  à  Paris  (8e). 
1894.   Yignal  (Louis),  28,  avenue  Duquesne,  à  Paris  (7e). 
310.   1888.    Yilledieux  (Léopold),   à  Saint-Didier-en-Rollat  (Allier). 

1902.  Yisard  de  Bocarmé  (comte  Ferdinand),  6,  rue  du  Grand- 

gagnage,  à  Namur  (Belgique). 

1903.  Ylès  (Fred),  licencié  ès-sciences,  préparateur  du   labo- 

ratoire  de   Roscoff  (Finistère),   46,    boulevard    Saint- 
Michel,  à  Paris  (5°). 

1905.  Ylès  (Mmc  Nela),  46,  boulevard  Saint- Michel,  à  Paris  (5e). 
1897.    Ward    (Henry-Baldwin),    professeur    à    l'Université   de 

INebraska,  à  Lincoln.  Nebr.  (Etats-Unis). 
1880.   Wavrin  (marquis  de),  3,  place  du  Comte  de  Flandres,  à 

Gand  (Belgique). 
1880.    Weber  (Dr  Max),   professeur  à   l'Université,   à  Eerbeek 

(Hollande). 
1909.    Weinberg  (Dr  M.),  assistant  à  l'Institut  Pasteur,  25,  rue 

Dutot,  à  Paris  (15e). 
1890.   Wierzejsky.  professeur  à  l'Université,  6,    Wielopole,    à 

Cracovie  (Autriche). 

1906.  Wintrebert  (Dr),  (membre  à  vie),   préparateur   d'anato- 

mie  comparée  à  la  Faculté  des  sciences,  à  Paris  (5e). 
320.    1900.  Yung  (Dr  Emile),  professeur  de  zoologie  à   l'Université, 
6,  boulevard  Helvétique,  à  Genève  (Suisse). 
1909.   Zulueta  (Antonio  de),  32,  rue  des  Ecoles,  à   Paris   (5e). 


LISTE  GÉOGRAPHIQUE  DES  MEMBRES  DE  LA  SOCIÉTÉ 


MH  =  Membre  honoraire  ;  MC  =  Membre  correspondant. 


FRANCE  (231) 


Olivier 
Villedieux 


ALLIBR  (2) 


Alpes-Maritimes  (3) 
Caziot 
Gazagnaire 
Vaudremer 

Basses-Pyrénées  (1) 
Brôlemann 

Bouchbs-du-Rhône  (3) 

Aubert 

Darboux 

Jour dan 

Calvados  (5) 
Anfrie 

Lebailly 

Moniez 

Ternier 

Topsent 


Maranne 


Cantal  (L 


Côtb-d'Or  (2) 


Dijon  (Laboratoire  de  biologie) 
Paris 

Finistère  (2) 
Guérin-Ganivet 
Schlegel 

Gard  (1) 
Hugues 

Gironde  (3) 

Arcachon  (Station* 

Boutan 

Kùnstler 


Haute-Garonne  (4) 


J  animes 
Neumann 
Roule 
Tourneux 

André 


Haute-Saône  (1) 


HÉRAULT  (2) 

Calvet 
Duboscq 

Illk-bt- Vilaine  (7) 
Bondouy 
Bordas 
Danois 
Guitel 
Oberthiir 

Rennes  (Bibliothèque) 
Savouré 

Indre  (2) 
Martin  (R.) 
Rollinat 

Isère  (2) 
Grenoble  (Bibliothèque) 
Lavauden 


Loire-Inférieure  (2) 


Bureau 
Labbé 

Oudri 
Thézée 


Maine-et-Loire  (2) 


Marne  (3) 


Deinaison 

Moreau 

Moulé 


XXIV 


LISTE    GEOGRAPHIQUE 


MRURTHB-ET-MOSELLB  (3) 

Hamonville  (Baron  d') 

Hecht 

Nancy  (Laboratoire  de  zoologie) 

NORD  <J) 
Barrois  (Th.) 

Brabant 

Fockeu 

Hallez 

Malaquin 

Maurice 

Pas  (Comtesse  du) 

Oise  (4) 

Domet  de  Vorges 
Janet  (Ch.) 
Raspail  (Mmt;) 
Raspail 

Pas-de-Calais  (3) 

Kempen  (Ch.  van). 
Kerhervé  (L.-B.  de) 
Sauvage 

Puy-de-Dôme  (-2) 

Blatin 
Bruyant. 

Pyrénées-Orientales  (1) 
Fage 

KhÔne  (6) 

Bonnet  (Amédée) 

Guiart 

Ko'hler 

Neveu-Leinaire 

Policard. 

Vaney 

Saône-et-Loire  (I) 
Pic 

Sarthe  (1) 
Beauclair 

Seine  (7) 

Bonnet  (Alexandre) 

Chmielewski 

Falguière 

Henry 

Magne 

Marchai 

Railliet 


Paris  (130) 
Abric 
Aconin 
Alluaud 
Anthony 

Arenberg  (Prince  d') 
Artault 
Bavay 

Beauchamp  (P.  de> 
Benoit-Bazille 
Best 

Bignon  (M11") 
Biiliard 
Blaizot 
Blanc  (E.) 
Blanc  (G.) 
Blanchard  (Mme) 
Blanchard 
Blln 

Blonay  (R.  de) 
Bonaparte  (Prince  R.) 
Boubée 
Bouvier 
Brumpt 
Carié 
Caullery 
Caustier 
Certes  (Mme) 
Chancel(M'ne) 
Chappellier 
Chariot  (M11") 
Chatton 
Chopard 

Claybrooke  (J.  de) 
Clément 
Coutière 

Cratunesco  (Mme) 
Dabija  (M»e) 
Dambeza 
Dautzenberg 
Davenière 
Debreuil 
Dehaut 
Delage 
Dollfus  (A.) 
Dollfus  (G.) 
Douvillé 
Dubar 

Dufurmier  [Mmc) 
Dyé 
Fauré-Fremiet 


LISTE    GÉOGRAPHIQUE 


XXV 


Faurot 

Pruvot  (M10*) 

Fiault 

Pruvot 

Fischer 

Quidor 

Fouad 

Racovitza 

Freyssii  ge 

Regnard 

Garreta 

Henesse  de  Duivenbode 

Gaulle  ^J.  de) 

Reyckaert 

George 

Richet 

Germain 

Robert 

Glandaz 

Roche 

Grandidier 

Rothschild  (Baron  Edm.  de) 

Grobon 

Royer 

Gruvel 

Saint- Joseph  (Baron  de) 

Guerne  (Baron  J.  de) 

Sauvinet 

Hérouard 

Secques 

Ilérubel 

Semichon 

Houssaye 

Simon 

Janet  (A.) 

Tillier 

Joubin 

Traizet 

Jousseaume 

Trapet 

Joyeux-Latfuie 

Trouessart 

Jumentié 

Vaillant 

Kollmann 

Vian 

La  Barre  (G.  de) 

Vignal 

Lamy 

Vlès  (M^o) 

Laudrieu 

VI  es 

Larcher 

Weinberg 

Laveran,  M. H. 

Wintrebert 

Liou  ville 

Zulueta  (A.  de; 

Loyez  (âl"e) 

Lucet 
Maës 

Seine  rt-Marne  ( 

Magaud-d'Aubusson 

Dalmon 

Mantell  (M"« 

iUarmottan 

Seine- et -Oise  (6) 

Martin  (D'  H 

Goëz 

Meillassoux 

Gréban 

Menegaux 

Montezuma    Mmr 

Muséum  (Bibliothèque) 

Montezuma 

Muséum  (Lab.  de  malacologie) 

Pierson 

Nadar 

Nerville  (F.  de) 

Pinoy 

Ollivier  (M"«) 

Seine-Inférieure  ( 

Paquet 

Pellegrin 

Pérez 

Benoist  (R.) 
Gadeau  de  Kerville 

Perrier 

Nibelle 

Petit 

Penuetier 

Pizon 
Polaillou 

Somme   t 

Portier 

Chabot 

XXVI 


LISTE    GÉOGRAPHIQUE 


Dominici 
Suard 

Chatelet 
Fabre,  M. H. 


Var  (2) 


VAUCLUSE  (2) 


Odin 


l'eignon 


Vendée  (1) 
Vienne  (1) 


ÉTRANGER     (112) 


EUROPE    (84) 


Allemagne  (111 


Berlin  (Musée; 

Blasius  (W.) 

Friedlànder 

Hertwig  (R.) 

Leipzig  (Bibliothèque  de  l'Université) 

Plate 

Schulze,  M. H. 

Simroth 

Spengel 

Strebel,  M.C. 

Versluys 

Alsace  (2) 

Bourgeois 

Strasbourg  (Bibliothèque) 

Autriche-Hongrie  (8) 

Agram  (Musée) 
Fritch,  M.C. 
Graff(L.  von),  M. H. 
Paszlavszky 
Ratz  (S.  von) 
Steindachner 
Vejdovsky,  M.C. 
Wierzejsky 

Belgique  (10) 

Bambeke  (Ch.  van) 
Beneden  (Ed.  van),  M. H. 


Dubois  (Alph.) 

Francotte,  M. H. 

Gedoelst 

Philippson 

Plateau 

Sand 

Visard  de  Bocarmé  (Comte) 

Wavrin  (Marquis  de) 

Bulgarie  (1) 
Ferdinand  1er  (S.  M.) 

Danemark  (1) 
Schlesch 

Espagne  (4) 

Bolivar 

Buen  (Odôn  de) 

Fuset-Tubia 

Lozano 

Grande-Bretagne  (6) 

Gunther,  M. H. 

Minchin 

Murray  (Sir  John),  M. H. 

Scott 

Shelley 

Thompson  (W.  d'Arcy) 


LISTE    GÉOGRAPHIQUE 


XXVII 


Hollande  (3) 

1 

Portugal  (1) 

Horst,  M.C. 

Osorio 

Hubrecht,  M. H. 

Man  (J.  G.  Je) 

Roumanie  (3) 

Sluiter,  M.C. 

Borcea 

Weber 

Bujor 
Cosmovici 

Italie  (9) 

Arrigoni  degli  Oddi  (Comte) 

Russie  (4) 

Brian 

Branicki  (comte  X .  | 

Camerano 

Krasilshtshik 

Florence     (Bibliothèque     des 

Inverté- 

Pavlov  (Mme  M.) 

brés) 

Zograf,  M. H. 

Grassi,  M. H. 

Magretti 

Serbie  (1) 

Pavie  (Musée) 

Perroncito  (A.) 

Georgevitch  (J.) 

Perroncito  (E.),  M. H. 

Suisse  (9) 

Malte  (1) 

Bedot 

Gulia 

Berner 

Monaco  (4) 

Bugnion 
Field 

Albert  Ier  (S.  A.  S.  le  Prince) 

Genève  (Musée) 

Lavagna 

Gœldi 

Richard 

Mottaz 

Sirvent 

Studer 

Norvège  (3) 

Yung 

Ellingsen 

Nanseu,  M. H. 

Turquie  (1) 

Sars,  M. H. 

ÂS1 

Hakki 
E  (3) 

Japon  (2) 


Oka 

Ijima,  M. H. 


TONK1N   (1) 


Krenipi 


AFRIQUE  (7) 


EGYPTE  (1) 
Innès-Bey 

Guinée  Française  (1) 
Janin 

Tunisie  (1) 
Institut  Pasteur  de  Tunis 


Chaves 


Acores  (Iles)  (1) 


Algérie  (3) 


Chevreux 

Maupas 

Théry 


XXVIII 


LISÏ'K    GEOGRAPHIQUE 


AMERIQUE  (18) 


Brésil  (l) 

Guatemala  (1) 

Magalhâes 

Rodriguez 

Chili  (1) 

Honduras  (I) 

Rivera 

Bellard 

Caiiizares 

Cuba.  (1) 

Mexique  (2) 
Dugès,  M. G. 

États-Unis 

(7) 

Meraz 

Agassiz,  M. H. 

Galkins 

Davenport 

Garman 

Moore 

Stiles 

République  Argentine  (3) 
Iches 
Jauregui 
Lignières 

Uruguay  (1) 

Ward 

Arechavaleta 

MEMBRES  DÉCÉDÉS  PENDANT  L'ANNÉE  1909 


F.         Besnard  (Auguste) 
1884.    Binot  (Dr  Jean) 
1892.   Buchet  (Gaston) 
1894.   Lilljeborg  (W.),  M. il 


1886.    Nabias  (B.  de) 
1880.    Rotrou  (Alexandre) 
F.         Sharpe     (R.    Bowdler), 
M. H. 


Commission  de  Publication  pour  1910 

Le  Président,  le  Trésorier,  le  Secrétaire  général  ; 
MM.    Blanchard,    Clément,    Dautzenberg,    Jourin,    Hérouard, 
Trouessart. 


Commission  de  la  Bibliothèque  pour   1910 

Le    Président,    le    Trésorier,    l' Archiviste-bibliothécaire,    le 
Secrétaire  général  ; 

MM.  Bavay,  le  prince  Roland  Bonaparte,  G.  Dollfus,  Simon. 


XXIX 


BUREAU  ET  CONSEIL  POUR  L'ANNÉE  1910 


Membres  du  Bureau  : 
Président H.  Coutière. 

,r        n     ,-,       ,  \   R.    KOEHLER. 

vice-Présidents ,  t     ,-. 

'.  A.  Dollfus. 

Secrétaire  général A.   Robert. 

Secrétaires    (  P.  de  Beauchamp. 

/  E.  Chatton. 
Trésorier L.    Vignal. 

A  rchiviste-Bibliothécaire .  ...    L.   Germain. 


Membres  du  Conseil 


1°  Membres  donateurs 
Albert  Ier  (S.  A.  S.  le  prince) 

de  Monaco. 
Blanchard  (Mme  R.) 
Blanchard  (professeur  R  ). 
Bonaparte  (prince  R.) 
Bonnet  (A.). 
Brian  (A). 
Buen  (Odôn  de). 
Carié  (P.). 
Chancel  (Mmc  M.)- 
Chevreux  (Ed.). 
Darboux  (G.). 
Dautzenberg  (Ph.). 
Ferdinand  Ier  (S.  M.),  tsar  de 

Bulgarie. 
Gadeau  de  Kerville  (H.). 

GUERNE  (Bon   J.    DE). 
GU1ART   (Dr  J.). 

Magne  (A.). 
Meillassoux  (J.-B.). 
Raspail  (Mmo  X.). 
Rothschild  (Bon  E.  de). 


ç2'  Anciens  Présidents 

L.   JOUBIN. 

X.  Raspail. 
G.  Pruvot. 
P.  Marchal. 
C  Alluaud. 

3°  Membres  élus 

A.  Bava  y. 
Pour    1908  H'  J*™»™- 

I  J.    KUNSTLER. 

E.  Trouessart. 


Pour    1909 


A.-L.  Clément 
Y.  Delage. 

F.  JOUSSEAUME. 

J.  Richard. 


H.  Dou VILLE. 

Pour    1910   \  f   Hérouard. 
j  L.  Petit. 
L.  Vaillant. 


XXX 

PRÉSIDENTS  D'HONNEUR 

1894.  A.    Milne-Edwards,  membre    de    l'Institut,  directeur   du 

Muséum  d'histoire  naturelle  de  Paris  (f  1900). 

1895.  A.  Gaudry,  membre  de  l'Institut,  professeur  au  Muséum 

d'histoire  naturelle  de  Paris  (f  1908). 

1896.  A.   Saratier,  professeur  à   l'Université   de   Montpellier, 

directeur  et  fondateur  de  la  Station  zoologique  de  Cette. 

1897.  C.    van  Bamreke,  professeur  à  l'Université  de  Gand. 

1898.  L.   Bureau,  directeur  du  Musée  d'histoire  naturelle  de 

Nantes. 

1899.  V.  Fatio,  de  Genève  (f  1906). 

1900.  P.  Hallez,  professeur  à  l'Université  de  Lille. 

1901.  R.    Blancrard,   membre    de    l'Académie    de    médecine, 

professeur  à  l'Université  de  Paris. 

1902.  E.  Perroncito,  professeur  à  l'Université  de  Turin. 

1903.  Ch.   Schlumrerger,   ingénieur  en   chef  de   la   Marine   en 

retraite  (f  1905). 

1904.  E    Yung,  professeur  à  l'Université  de  Genève. 

1905.  G.  Neumann,  professeur  à  l'Université  de  Toulouse. 

1906.  R.-B.  Sharpe,  directeur  de  la  section  ornithologique  au 

Musée  d'histoire  naturelle  de  Londres  (f  1909). 

1907.  L.  Vaillant,  professeur  au  Muséum  d'histoire  naturelle 

de  Paris. 
1908     Odôn  de  Buen,  professeur  à  l'Université  de  Barcelone. 
1909.    A.  Railliet,  professeur  à  l'heole  d'AIfort. 

LISTE  DES  PRÉSIDENTS 


DEPUIS    LA    FONDATION    DE    LA    SOCIETE 


1876. 

1877. 
1878. 
1879. 
1880. 
1881. 
1882. 
1883. 
1884. 
1885. 
1886. 
1887. 
1888. 
1889. 
1890. 
1891. 
1892. 


.1. 

Vian  (f  1904). 

1893. 

E. 

Oustalet  (f  1905) 

J. 

Vian  (f  1904). 

1894. 

L. 

Faurot. 

F. 

JOUSSEAUME. 

1895. 

L. 

Vaillant. 

E. 

Perrier. 

1896. 

E. 

-L.  Bouvier. 

J. 

Vian  (f  1904). 

1897. 

R. 

Moniez. 

F. 

Lataste. 

1898. 

H. 

Filhol  (f  1902). 

E. 

Simon. 

1899. 

Cl] 

.  Janet. 

J. 

KÙNCKEL    d'HeRCULAIS. 

1900. 

Y. 

Delage. 

M. 

Cbaper  (f  1896). 

1901. 

E. 

Trouessart. 

P. 

Mégnin  (f  1905). 

1902. 

A. 

Bavay. 

P. 

Fischer  (f  1893). 

1903. 

J. 

Richard. 

A. 

Certes  (f  1903). 

1904. 

F. 

Hérouard. 

J. 

Jullien  (f  1897). 

1905 

L. 

Jourin. 

G. 

Cotteau  (f  1894). 

1906. 

X. 

Raspail. 

J. 

de  Guerne. 

1907. 

G. 

Pruvot. 

A. 

Railliet. 

1908. 

P. 

Marchal. 

Ph.  Dautzenrerg. 

1909. 

C. 

Alluaud. 

PRIX  MAlOTAU  DE  GUERNE,  Frédéric  Jules 

(à  décerner  en  1910) 


RÈGLEMENT 

Article  premier. 

La  valeur  du  prix  est  de  600  francs.  Il  est  triennal  et  décerné 
par  la  Société  dans  son  Assemblée  générale  annuelle.  Il  est 
attribué  successivement: 

1°  A  des  travaux  de  zoologie  portant  sur  les  animaux  ter- 
restres ou  d'eau  douce  ; 

2°  A  un  voyageur  français,  qui  aura  contribué  à  augmenter 
nos  connaissances  sur  la  zoologie,  particulièrement  sur  celle 
des  colonies  françaises.  Il  devra  s'être  tenu  en  rapports  avec  la 
Société  au  cours  de  ses  voyages  et  avoir  rapporté  des  collec- 
tions zoologiques  destinées  aux  Musées  ou  établissements 
publics  français  : 

3°  A  des  travaux  de  zoologie  concernant  les  animaux  marins. 

Article  2. 

Sont  appelés  à  concourir  pour  les  deux  prix  spécifiés  aux 
paragraphes  1  et  3  de  l'article  précédent,  tous  les  zoologistes, 
à  quelque  nationalité  qu'ils  appartiennent.  Ils  devront  avoir 
moins  de  35  ans  au  1C1  janvier  de  Tannée  dans  laquelle  le  prix 
sera  décerné. 

Article  3. 

Les  travaux  présentés  au  concours  seront  manuscrits  ou 
imprimés  ;  ils  devront  être  en  langue  française.  Les  travaux 
imprimés  devront  avoir  été  publiés  à  une  date  postérieure  au 
précédent  concours  de  même  nature.  Les  thèses,  dissertations 
inaugurales  et  travaux  analogues  destinés  à  obtenir  un  titre 
universitaire  ou  professionnel  sont  exclus  du  concours. 

Article  4. 

Les  travaux  présentés  ou  proposés  seront  examinés  par  une 
Commission  composée  de  trois  membres  désignés  par  le  Conseil. 
En  outre  des  trois  membres  élus,  M.  le  baron  Jules  de  Guerne, 
fondateur  du  prix,  le  Président  et  le  Secrétaire  général  de  la 
Société  font  partie  de  droit  de  cette  Commission.  Ses  pouvoirs 
expirent  avec  l'Assemblée  générale  dans  laquelle  elle  aura 
déposé  son  rapport.  Elle  statue  en  dernier  ressort. 


XXXII  PRIX    MUOTAll    DE    CUERNE. 

Article  5. 

Dans  le  cas  où  la  Commission  déciderait  de  ne  pas  décerner 
le  prix,  les  600  francs  seront  reportés  à  une  période  triennale 
ultérieure  et  ajoutés  de  préférence  au  prix  à  décerner  à  un 
voyageur.  Dans  ce  cas,  le  prix  pourra  être  divisé. 

Article  6. 

Les  travaux  présentés  au  concours  devront  être  adressés  à  la 
Société  avant  le  1er  novembre  qui  précédera  l'échéance  du 
prix  ;  la  Commission  compétente  sera  nommée  par  le  Conseil 
dans  la  première  quinzaine  de  novembre. 

Article  7. 

La  Société  se  réserve  le  droit  de  faire  paraître  dans  ses 
Mémoires  les  travaux  manuscrits  qui  seraient  couronnés.  Dans 
le  cas  où  cette  publication  aurait  lieu,  l'auteur  ne  pourrait 
publier  ailleurs  son  travail  sans  l'assentiment  de  la  Société. 

Article  8. 

Le  prix  sera  décerné  pour  la  première  fois  par  la  Société 
zoologique  de  France  dans  son  Assemblée  générale  de  1901. 
Il  le  sera  ensuite  tous  les  trois  ans  à  la  même  époque. 

Article  9. 

En  cas  de  désaccord  au  sein  de  la  Commission  sur  l'inter- 
prétation du  présent  règlement,  il  en  est  référé  au  Conseil, 
qui  statue  en  dernier  ressort. 

Liste  des  Lauréats. 

1901.    Raymond  Rollinat,  à  Argenton  (Indre). 

1904.    Dr  Emile  Brumpt,  préparateur  à  la  Faculté  de  médecine 

de  Paris. 
1907.   Dr  J.  Versluys,  à  Amsterdam  (Hollande). 

Eu  1910,  le  prix  sera  décerné  pour  des  travaux  de  zoologie 
terrestre  ou  d'eau  douce.  Envoyer  les  travaux  avant  le  1er  no- 
vembre 1909. 


PRIX  François  SECQUES 

(à  décerner  en  1910) 


REGLEM ENT 

La  rente  de  cette  somme  est  de  6  francs  par  an.  Elle  servira 
à  Tachât  d'une  médaille  qui  sera  décernée  tous  les  trois  ans  à 
la  séance  générale. 

Elle  pourra  être  attribuée  à  un  fonctionnaire  colonial  (civil 
ou  militaire)  qui  aura  le  plus  contribué  à  augmenter  nos  con- 
naissances zoologiques  par  l'envoi  de  collections,  soit  à  la  Société 
zoologique  de  France,  soit  au  Muséum  d'histoire  naturelle  de 
Paris,  à  condition  que  l'étude  de  ces  collections  ait  été  publiée 
dans  les  recueils  de  la  Société  zoologique  de  France. 

Pourront  aussi  concourir  les  instituteurs  qui  auront  adressé 
à  notre  Société  les  notes  les  plus  importantes  sur  la  faune 
française. 

Vu  la  modicité  de  la  récompense,  les  voyageurs  naturalistes 
à  l'étranger,  pourvus  de  missions  officielles,  à  qui  d'autres 
Compagnies  réservent  de  plus  grands  avantages,  ne  pourront 
prendre  part  au  Concours. 


Liste  des  Lauréats. 

1904.   Louis  Blaise,  lieutenant  de  vaisseau. 
1907.    Louis  Germain,  licencié  ès-sciences. 


Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  —  U 


PROCÈS-VERBAUX    DES   SÉANCES 


Séance  du  11  Janvier  1910. 
PHÉSIDENCE  DE  MM.  ALLUAUD  ET  COUTIÈRE. 

Mme  F.  Ollivier  écrit  :  «  Le  grand  ornithologiste  R.  Bowd- 
ler  Sharpe  L.  L.  D.  est  mort.  Je  ne  me  croirais  nullement 
autorisée  à  rendre  hommage  à  cet  illustre  savant,  s'il  ne  m'avait 
été  donné  de  le  voir  et  de  converser  avec  lui,  il  y  a  quelques 
mois  à  peine,  dans  son  domaine  scientifique  du  South-Ken- 
sington,  entouré  des  plus  grands  ornithologistes  des  Unions  et 
des  Clubs,  qui  venaient  à  ses  lumières,  et  assisté  de  son  fidèle 
M.  Chubb,  si  complaisant  et  la  courtoisie  faite  homme.  L'Eter- 
nité lui  est  ouverte  et  la  renommée  universelle  couronne  une 
carrière  si  remplie,  si  utile  et  si  féconde.  L'Angleterre  perd 
un  de  ses  plus  illustres  enfants  et  la  science  une  de  ses 
gloires.  » 

Le  Dr  G.  Gulia  adresse  le  numéro  du  30  décembre  1909  du 
journal  «  Malta  »,  où  il  a  fait  paraître  un  article  nécrologique 
sur  le  professeur  Giglioli. 

La  direction  des  «  Annales  de  l'Institut  océanographique  », 
fondées  par  S.  A.  S.  le  prince  de  Monaco,  adresse  les  premiers 
fascicules  de  cette  belle  publication,  dont  elle  se  propose  de 
faire  gracieusement  le  service  à  la  Société.  M.  le  Président 
adresse  les  plus  vifs  remercîments  à  la  direction  des  Annales 
et  à  leur  généreux  fondateur. 

Avant  de  quitter  le  fauteuil  présidentiel,  M.  C.  Alluaud  pro- 
nonce l'allocution  suivante  : 


«  Mes  chers  collègues, 

Parvenu  au  terme  des  hautes   fonctions  que  vous   avez   bien 
voulu  me  confier  en  1909,   je  ne  vous   cacherai  pas  ma  joie  et 


2  SÉANCE    DU    11     JANVIER    1910 

mon  orgueil  de  voir  désormais  mon  nom  figurer  sur  la  liste 
des  anciens  présidents  de  notre  Société  où  je  me  trouve  en 
fort  honorable  compagnie. 

Ma  présidence  a  été  courte  —  je  dirai  même  «  courte  et 
bonne  »  ;  courte  en  raison  de  mon  éloignement  de  France 
pendant  les  cinq  premiers  mois  de  l'année  ;  bonne,  à  cause  de 
la  sympathique  bienveillance  dont  je  me  suis  toujours  senti 
entouré  ici  et  grâce  aussi  à  l'intarissable  obligeance  de  notre 
zélé  secrétaire  général.  Vous  me  permettrez  d'associer  à 
M.  Robert,  dans  notre  juste  reconnaissance,  les  noms  de  notre 
sympathique  trésorier,  M.  Vignal,  et  de  notre  bibliothécaire 
M.  Germain,  qui  s'est  chargé,  avec  le  dévouement  modeste  et 
persévérant  qui  le  caractérise,  de  la  tache  ingrate,  mais  si  utile, 
du  rangement  de  notre  bibliothèque  et  de  son  catalogue. 

L'année  1909,  hélas,  n'a  pas  fait  exception  à  la  règle  fatale 
qui  veut  que  tous  les  ans  nous  ayons  à  déplorer  la  disparition 
d'éminents  collègues  et  d'excellents  amis,  dont  voici  la  trop 
longue  liste  : 

Auguste  Besnard,  conducteur  des  Ponts  et  Chaussées  au 
Mans,  membre  fondateur  de  notre  Société. 

W.  Lilltkborg,  l'émment  professeur  de  TCuiversité  d'Upsal, 
un  de  nos  membres  honoraires  (I),  de  même  que  le  suivant. 

Bowdler  Sharpe,  le  célèbre  ornithologiste  du  British  Muséum, 
qui  avait  été  en  1906  notre  président  d'honneur. 

Le  D1  B.  de  Nabias,  professeur  à  la  Faculté  de  médecine  de 
Bordeaux. 

Alexandre  Rotrou,  pharmacien  à  La  Ferté-Bcrnard. 

Gaston  Buchet,  l'excellent  voyageur  naturaliste,  mort  à 
Tanger  au  cours  d'une  expédition  zoologique. 

Et  pour  terminer  cette  triste  nomenclature,  permettez-moi 
de  faire  une  mention  spéciale  de  l'un  des  derniers  en  date  de 
nos  disparus  :  le  Dr  Jean  Binot,  chef  de  laboratoire  à  l'Institut 
Pasteur,  qui  comptait  ici  tant  de  véritables  amis,  et  dont  la  fin 
si  soudaine,  en  pleine  force  de  l'âge  et  au  milieu  de  tous  les 
éléments  de  bonheur  qui  l'entouraient,  nous  a  frappés  de  stu- 
peur. 


(1)  La  Société    n'a   pas  été  avisée    du    décès   du  professeur  Lilljeborg,  survenu 
en  1908. 


séance  du   11   janvier  1910  3 

Messieurs, 

En  1909,  la  vie  de  noire  Société  n'a  pas  été  moins  active 
que  par  le  passé.  Je  ne  referai  pas  rénumération  des  nombreux 
travaux  publiés  dans  l'année,  je  signalerai  toutefois  la  très 
importante  publication  sur  Lamarck,  due  à  l'érudition  de  notre 
collègue  M.  Marcel  Landrieu.  Le  monument  élevé  au  Muséum 
d'histoire  naturelle  à  la  gloire  du  fondateur  de  la  doctrine 
transformiste  a  été  l'occasion  de  distinctions  honorifiques  dont, 
à  juste  titre,  notre  Société  a  largement  profité. 

M.  Edmond  Perrier,  le  sympathique  directeur  du  Muséum, 
a  été  promu  commandeur;  MM.  les  professeurs  Yves  Delage 
et  Léon  Vaillant,  officiers;  et  MM.  Koehler,  Maupas,  Roule  et 
Trouessart,  chevaliers  de  la  Légion  d'honneur.  M.  Pellegrin  a 
reçu  la  rosette  d'officier  de  l'Instruction  publique,  et  MM.  Ger- 
main, Groron  et  Petit  ont  été  faits  chevaliers  du  Mérite  agri- 
cole. 

Nous  devons  en  outre  renouveler  nos  félicitations  à  MM.  Caul- 
lery,  nommé  professeur  à  la  Sorbonne;  Hérouard,  profes- 
seur adjoint,  et  Ch.  Pérez,  maitre  de  conférences,  également 
à  la  Sorbonne;  à  M.  Boutan,  chargé  de  cours  à  la  Faculté  des 
sciences  de  Bordeaux;  enfin,  à  M.  Eugène  Simon,  président 
honoraire  de  la  Société  entomologique  de  France,  nommé 
membre  correspondant  de  l'Académie  des  sciences. 

Les  échos  du  succès  qu'a  obtenu  notre  collègue  le  baron 
J.  de  Guerne,  voyageur  naturaliste  aussi  émérite  que  brillant 
conférencier,  sont  parvenus  jusqu'à  moi  au  cœur  de  l'Afrique, 
de  même  que  les  félicitations  du  jury  pour  la  thèse  remarquable 
de  M.  de  Beauchamp,  dont  l'assidui-té  au  travail  n'a  d'égale  que 
celle  dont  il  fait  preuve  à  nos  réunions. 

Et  maintenant,  Messieurs,  il  ne  me  reste  plus  que  l'agréable 
devoir  de  céder  mon  fauteuil  à  notre  éminent  ami  le  Dr  Cou- 
tière.  Je  ne  me  doutais  guère,  à  l'époque  déjà  lointaine  où, 
au  cours  d'une  trop  courte  escale,  j'allais  le  réveiller  à  trois 
heures  du  matin,  au  «  Grand  Hôtel  »  de  Djibouti  vavec  mille 
précautions,  de  peur  d'éveiller  le  Dr  Jousseaume  qui  reposait  à 
coté),  pour  aller  ensemble  faire  à  pied  l'excursion  du  jardin 
d'Ambouli  —  je  ne  me  doutais  guère  que  les  deux  fervents 
des  tropiques  que  nous  sommes  se  succéderaient  un  jour  à  cette 
place  d'honneur. 

Le  brûlant  soleil  de  la  baie  de  ïadjoura,  sous  lequel  1<' 
Dr  Coutière   a   fait   de   si    intéressantes   recherches,    n'éclairera 


4  SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910 

pas  cette  scène;  mais  il  sera  remplacé  ici  par  notre  plus  cha- 
leureuse sympathie  et  nos  vœux  les  plus  ardents  pour  son 
année  de  présidence.    » 

M.  11.  Coutière,  président  pour  1910,  prend  place  au  fauteuil 
et  prononce  le  discours  suivant  : 

«   Messieurs, 

Ce  n'est  pas  sans  une  émotion  réelle  que  je  prends  la  place 
de  notre  distingué  président.  Ma  tâche  m'est  facilitée  par  votre 
bienveillance,  dans  un  milieu  où  la  courtoisie  est  comme  la 
sœur  ainée  du  travail,  et  aussi  par  l'honneur  que  j'ai  eu  de 
présider  déjà,  au  cours  de  Tannée  écoulée,  quelques-unes  de 
nos  séances.  M.  Alluaud,  en  eflet,  n'est  pas  un  président  de 
tout  repos.  Alors  qu'on  croit  le  trouver  à  cette  place,  on  est 
exposé  à  s'entendre  dire  qu'il  vient  de  nous  quitter  pour  quelque 
sourcilleux  Ruvvenzori.  Il  revient  souriant  et  tranquille,  nous 
racontant  :  «  J'étais  là,  telle  chose  m'avint,  »  mais  oubliant  de 
nous  dire  de  combien  de  journées  et  de  nuits  anxieuses,  de 
responsabilités  et  de  périls  il  a  payé  ce  pèlerinage  passionné, 
vers  la  solitude  et  l'inconnu  de  la  «  darkest  Africa  »  et  autres 
lieux. 

Je  ne  saurais  trop  vivement  m'associer  aux  éloges  qu'adressait 
notre  président  au  secrétaire  général,  au  bibliothécaire,  au  tré- 
sorier de  notre  Société.  Toutes  nos  richesse»  sont  en  bonnes 
mains,  et  nous  ne  commençons  pas  sous  de  mauvais  auspices  l'an- 
née 1910.  Peut-être  notre  vigilant  trésorier  voudrait-il  nous  faire 
entendre  la  note  discordante  des  dépenses  accrues.  Nous  lui 
répondrons  que  notre  budget  a  d'illustres  exemples,  et,  qu'en- 
suite, notre  prodigalité  accidentelle  a  bien  une  excuse,  puis- 
qu'elle est  pour  Lamarck.  Nous  lui  avons  élevé  notre  monument 
aussi,  par  la  plume  érudite  de  M.  Landrieu,  et  chacun  sait 
qu'en  bronze  ou  en  papier,  ces  choses- là  sont  hors  de  prix. 

Sa  statue  à  peine  refroidie  m'encourage  à  me  risquer  sur  le 
sujet  tyrannique  qu'elle  symbolise,  l'origine  et  la  diversité  des 
êtres  vivants.  De  quelque  point  que  l'on  essaie  de  pénétrer 
dans  le  domaine  des  sciences  naturelles,  toujours  on  l'aperçoit 
«  qui  fume  à  l'horizon  ». 

11  est  toujours  curieux,  mais  très  humain,  de  voir  un  homme 
honoré,  de  par  le  consentement  universel,  pour  ce  qui  l'avait 
fait  honnir  cinquante    ans    plus    tôt.  Ces   lentes   oscillations  du 


SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910  5 

pendule,  celte  contrainte  pour  le  vieil  esclave  aveuglé  de 
repasser  périodiquement  aux  mêmes  points,  seraient  des  argu- 
ments pour  ceux  qui  veulent  une  loi  de  constance  intellectuelle 
et  affirment,  non  sans  vraisemblance,  que  le  Primate  qui 
découvrit  le  secret  du  feu,  mis  en  balance  avec  les  plus  auda- 
cieux génies  actuels,  ne  serait  pas  trouvé  trop  léger. 

Il  n'y  a  pas  d'idées  méconnues,  il  n'y  a  que  des  idées  pré- 
maturées, qui  ont  payé  de  l'obscurité  dédaigneuse  et  cruelle 
la  méconnaissance  de  l'heure  propice.  Les  esprits  endossent 
les  idées  reçues  comme  un  vêtement  ample  et  commode  qu'on  ne 
quitte  qu'à  regret.  Ils  se  meuvent  dans  les  conceptions  familières, 
et  les  variations  de  la  pensée  n'existent  pas  plus  pour  leur 
moindre  effort  que  la  pesanteur  pour  le  gyroscope  en  mouve- 
ment. Il  semble  que  cette  manière  d'être  soit  universelle  et 
profonde,  au  point  que,  si  elle  explique  la  répugnance  des 
esprits  à  se  plier  au  nouveau,  elle  pourrait  aussi  bien  entrer 
dans  la  définition  de  la  matière  vivante.  Ce  qui  a  préservé  la 
vie  de  l'anéantissement,  au  cours  de  sa  durée  aventureuse  et 
précaire  daus  des  milieux  hostiles,  c'est,  pourrait-on  dire,  son 
incuriosité.  Elle  est  conservatrice,  et  c'est  sans  surprise  que 
l'on  retrouve  cette  tenace  prédilection  pour  l'ordre  antérieur 
dans  les  substances  qui  se  caractérisent  comme  femelles. 

Peut-être  est-ce  là  aussi  la  vraie  difficulté  d'expliquer  de 
façon  cohérente  les  faits  d'évolution,  et  les  tentatives  dans  ce 
sens  peuvent  s'en  déduire  a  priori.  Il  y  aura  l'explication  selon 
le  moindre  effort,  qui  s'en  remet  à  un  caprice  supérieur  et 
caché.  Et  quand  l'esprit  avide  de  savoir  a  voulu  repousser  les 
tentations  de  cet  oreiller  commode,  il  a  trouvé,  selon  son 
humeur,  selon  les  circonstances  qui  conditionnaient  son  activité 
mentale,  l'explication  darwinienne  et  l'explication  lamarckienne, 
cette  dernière  infiniment  plus  hardie,  plus  détachée  des  con- 
tingences, moins  animale  et  moins  humaine.  Bien  qu'il  n'y  ait 
pas  grand  mérite  à  prophétiser  après  coup,  il  eût  été  vraiment 
illogique  qu'elle  triomphât  la  première. 

La  glorification  de  Lamarck  apparaît  ainsi,  à  la  réflexion,  être 
un  changement  notable  dans  la  manière  de  penser  coutumière, 
et  sa  statue  mélancolique,  étonnée  de  se  voir  dans  ses  parterres 
lointains,  tel  le  doge  à  Versailles,  prend  le  sens  de  quelque 
terme  symbolique,  où  l'axe  de  rotation  du  gyroscope  aurait  été 
dévie  de  sa  position  antérieure. 

C'est  un  lieu  commun  de  dire  que  le  crédit  du  grand  biolo- 
giste a  grandi  parallèlement  aux  progrès  des  sciences  physico- 


6  SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910 

chimiques.  Celles-ci  ont  créé  le  langage  et  aussi  l'atmosphère, 
si  l'on  peut  dire,  où  il  convient  de  se  placer  pour  être  pleine- 
ment avec  Lamarck.  La  remarque  en  a  été  faite  ainsi  que  beau- 
coup d'autres,  avec  la  plus  grande  pénétration,  par  M.  Le 
Dantec  :  Lamarck  est  avant  tout  un  physicien  et  s'exprime 
comme  tel.  Si  son  œuvre  n'a  pas  été  beaucoup  lue  des  natura- 
listes, c'est  qu'à  part  sa  difficulté  et  son  peu  d'attrait  littéraire, 
elle  n'est  pas  écrite  pour  eux.  Ils  en  sont  séparés  par  le  rideau 
inextricable  et  mouvant  des  espèces  vivantes,  en  un  mot  par 
toute  la  nomenclature.  Les  arbres  empêchent  vraiment  de  voir 
la  forêt. 

On  pourrait  séparer  dans  son  œuvre,  au  moius  théoriquement, 
deux  parties  très  inégales,  celle  de  l'origine  et  de  la  destinée 
des  corps  vivants,  celle  où  il  justifie  par  des  exemples  ses  vues 
spéculatives.  Cette  dernière  ne  tient  pas  beaucoup  de  place  et 
Lamarck  la  donne  comme  à  regret,  il  condescend  à  servir  cette 
pâture  aux  esprits  positifs  et  rudes,  qui  ont  «  l'horrible  manie  de 
la  certitude  »  et  disent  comme  Harpagon  :  «  Encore  faut-il  que 
je  louche  quelque  chose.  »  Ses  exemples  n'ont  convaincu  per- 
sonne, ils  sont  même  la  cause  principale  de  son  discrédit,  au 
besoin  de  son  ridicule.  Mais  ses  vues  théoriques  restent  l'har- 
monieux édifice,  plein  de  simplicité,  de  grandeur  et  de  har- 
diesse. L'avenir,  peut-être,  dira  dans  quelle  mesure  peut  s'y 
loger  la  multitude  des  formes  de  la  vie. 

Dans  son  livre  «  Espèces  et  variétés  »  —  qui  évoque  un  peu 
quelque  lent  convoi  de  marchandises  précieuses  dans  une  plaine 
euténébrée,  —  de  Vries  oppose  à  cette  parole  de  Lamarck  : 
«l'origine  des  espèces  est  un  phénomène  naturel»,  cette  autre 
forte  maxime  :  «  l'origine  des  espèces  est  un  sujet  d'études  expé- 
rimentales ».  Je  me  permets  d'avoir  de  la  méfiance. 

Ce  n'est  pas  seulement  parce  que,  descendue  de  la  science  à 
la  vulgarisation,  et  de  là...  chez  la  portière,  l'expression  «  science 
expérimentale  »  atteint  une  banalité,  un  pouvoir  d'exaspé- 
ration égalé  seulement  par  les  deux  autres  lieux  communs, 
«  lutte  pour  la  vie  »,  «  iniluence  du  milieu  ».  C'est  parce  que  l'ex- 
périence se  fait  devant  nos  yeux  depuis  toujours,  avec  une  telle 
ampleur,  de  telles  conditions  de  temps,  d'espace  et  de  variété 
qu'il  est  douteux  que  nous  puissions  en  réaliser  de  plus  décisi- 
ves. Il  est  à  craindre  que  nos  essais  n'atteignent  jamais  le 
caractère  crucial  indispensable.  Un  million  de  présomptions  ne 
font  pas  une  certitude,  ce  supplice  de  Tantale  des  sciences 
naturelles,  de  toute  science.  A  la  réflexion,  tout  le  succès  de  la 


SÉANCE    DU    11    JANV1KR    1910  ~ 

doctrine  des  mutations  est  1A.  On  nous  cria  :  des  espèces 
nouvelles  nous  sont  nées,  sans  bruit  ni  révolution  du  globe.  Et 
chacun  de  se  diriger  vers  le  divin  enfant.  On  a,  depuis,  accu- 
mulé les  preuves  qu'il  était  bien  tel,  mais  il  semble  que  déjà 
fléchisse  la  troupe  des  fidèles.  Trop  de  Heurs. 

Je  me  garderais,  dans  cette  entrée  en  relations  familière, 
de  vous  lasser  par  l'exposé  de  telles  ou  telles  additions,  correc- 
tions, refontes,  que  d'éminents  esprits  ont  apportées  aux  doctrines 
de  l'évolution,  et  je  n'en  tirerai  qu'une  conclusion  de  modestie. 
S'il  est  réconfortant  d'avoir  toujours  devant  les  yeux  la  noble 
ordonnance  de  la  forêt  enchantée,  d'admirer  la  profondeur  de 
ses  avenues  et  d'avoir  la  crainte  religieuse  de  son  mystère,  il 
faut  se  dire  aussi  que  nous  sommes,  même  les  plus  grands,  les 
ouvriers  d'une  œuvre  qui  nous  dépassera  toujours.  Faisons 
comme  le  vigneron  dans  sa  vigne,  défrichons  patiemment  notre 
coin  de  prédilection,  et  la  tâche  de  chaque  jour  terminée, 
sachons  estimer  à  sa  pleine  valeur  notre  modeste  repas,  le  pain 
noir  de  la  recherche  et  le  vin  commun,  mais  grisant,  de  la 
découverte  partielle. 

Il  me  souvient  d'une  anecdote  qui  dit  la  même  chose  en  termes 
plus  badins.  Il  y  avait  une  fois  un  puissant  souverain  qui  visi- 
tait Paris.  On  sait  que  la  capitale,  belle  fille  un  peu  négligée, 
mais  si  jolie  et  de  si  bonne  famille,  n'a  pas  assez  de  sourires 
pour  ces  augustes  visiteurs,  dont  elle  s'est  séparée  naguère  pour 
des  brouilles  d'amoureux.  L'atmosphère  était  si  chargée  d'al- 
légresse qu'au  passage  de  l'hôte  illustre,  la  clameur  populaire 
soulevait  toute  la  poussière  glorieuse  du  passé,  et  que  beaucoup, 
soudainement  graves,  voyaient  s'évoquer  dans  leur  esprit  on  ne 
sait  quelles  grandes  pensées.  Quand  soudain  une  petite  midi- 
nette, vivement  pressée  dans  une  embrasure  par  quelques  ma- 
nœuvres peut-être  intéressées,  résuma  la  situation  en  s'écriant  : 
«  Tout  cela  est  très  bien,  mais  n'empêche  que  l'on  me  pince 
le  bas  du  dos  »... 

L'image  n'est  pas  très  élevée  au-dessus  du  sol,  mais  la 
réflexion  de  l'aimable  enfant,  toutes  proportions  gardées  et 
sauf  votre  respect,  matérialise  fort  justement  la  dislance  qui 
séparera  toujours  l'imaginaire  du  réel.  Je  m'excuse  d'avoir  ainsi 
côtoyé  une  offense  à  la  morale  eu  songeant  qu7il  arrive  aux 
plus  graves  de  dire  avec  La  Fontalne  :  «  si  Peau- d'Ane  m'était 
conté,  j'y  prendrais  un  plaisir  extrême.  » 

La  «  Kœnigliche  Universitàtsbibliothek  in  Leipzig  »  est 
présentée  comme  membre  par  MM.  Coutière  et  Robert. 


8  SÉANCK    DU    1  l    JANVIER    1910 

«  M.  de  Beauchamp  annonce  à  la  Société  que,  dans  le  but 
d'éviter  aux  personnes  qui  veulent  faire  des  démonstrations 
d'avoir  à  apporter  un  microscope,  il  laissera  désormais  en 
dépôt  dans  la  salle  des  séances  une  petite  monture  lui  appar- 
tenant, qui  permet  l'usage  de  tous  les  objectifs  à  sec  et  pour 
laquelle  l'achat  d'un  oculaire  a  été  fait  par  la  Société.  11 
suffira  donc  aux  démonstrateurs  d'apporter  avec  eux  leurs 
objectifs  (munis  du  pas  de  vis  universel).  » 

«  M.  de  Beauchamp  profite  de  cette  occasion  pour  montrer 
une  préparation  de  Boveria  subcylindrica  Stevens,  Infusoire 
parasite  du  poumon  de  Cucumaria  Planci  Braudt,  sur  lequel  il 
a  fait  une  communication  l'année  dernière.  » 

M.  Fau  ré -F  remi  et  veut  bien  mettre  aussi  à  la  disposition  de 
la  Société  une  monture  de  microscope. 

M.  le  Président  remercie  vivement  nos  deux  collègues. 


LE   TENTACULE    DE   LA    NOCTILUCA   MILIAR1S 

PAR 

E.  FAURÉ-FREMIET 

Vignal  a  décrit  à  côté  du  cordon  strié  de  ce  tentacule  un 
cordon  granuleux;  j'ai  pu  constater  que  ces  granulations  sont 
des  mitochondries,  plus  ou  moins  disposées  en  chainette.  On 
sait  que  la  présence  de  mitocliondries  à  côté  des  éléments 
contractiles  est  un  fait  assez  général:  sarcosomes  des  fibrilles 
musculaires  de  Métazoaires,  cordon  mitochoudrial  du  pédon- 
cule de  la  Vorticelle,  cordon  mitochondrial  de  la  queue  du 
spermatozoïde  ;  à  ce  point  de  vue,  le  tentacule  de  la  INocti- 
luque  rentre  donc  tout  à  fait  dans  le  schéma  général  ;  la  struc- 
ture de  la  partie  contractile  est  plus  difficile  à  interpréter,  car 
elle  est  constituée  par  un  ensemble  de  lamelles  plus  ou  moins 
anastomosées,  dont  le  rôle  dans  la  contraction  n'a  pas  été 
étudié. 


SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910 


A  PROPOS  D  UNE  NOTE  DE  M.  ALDO  PERRONCITO 
SUR  LE  RÉSEAU  DE  GOLGI  DES  CELLULES  SPERMATIQUES. 

PAR 

E.   FAURÉ-FREMIET 

M.  Aldo  Perroncito  reproche  avec  raison  â  quelques  auteurs 
allemands,  tels  que  Goldschmidt,  de  confondre  une  quantité  de 
formations  cellulaires  peut-être  différentes  :  mitochondries, 
chromidies,  sphère,  réseau  interne  de  Golgi,  etc.  Pour  lui,  le 
réseau  de  Golgi  en  particulier,  et  les  mitochondries,  sont  deux 
formations  distinctes,  et  la  preuve,  c'est  qu'il  les  colore  Tune  à 
côté  de  l'autre  dans  les  cellules  spermatiques,  d'un  seul  orga- 
nisme d'ailleurs,  la  Paludine.  Cela  serait  très  bien,  à  condition 
que  l'on  s'entendit  sur  la  nature  de  ce  réseau;  or,  il  faut  bien 
le  dire,  les  méthodes  d'imprégnation  utilisées  par  les  neurolo- 
gistes,  outre  qu'elles  sont  inconstantes,  n'ont  pas  encore  une 
grande  signification  microchimique.  Et  justement,  M.  Perron- 
cito écrit  ceci  en  parlant  des  mitochondries  :  «  essi  di  colorano 
constantemente  in  nero  col  nuovo  metodo  di  Golgi  ad  un 
momento  délia  reazione  ».  C'est  donc  plutôt  sur  un  aspect 
morphologique  que  M.  Perroncito  devra  se  fonder  pour  distin- 
guer les  mitochondries  et  le  réseau  interne.  En  effet,  il  montre 
que  ces  deux  formations  ont  une  évolution  différente.  Le  réseau, 
après  s'être  développé  et  compliqué,  se  coupe  en  bâtonnets 
arqués  qu'il  nomme  dicti/osomes;  ceux-ci  se  disposent  aux  en- 
virons du  noyau  en  une  sorte  d'aster,  qu'il  nomme  la  couronne; 
tout  ceci  dans  le  spermatocyte  de  premier  ordre  au  repos.  Au 
moment  de  la  division,  les  dictyosomes  s'amassent  auprès  des 
corps  polaires;  ils  forment  donc  une  figure  de  division.  On 
retrouve  ces  bâtonnets  dans  le  plasma  de  la  spermatide  où  ils 
reconstituent  un  appareil  réticulaire;  ou  les  retrouve  encore 
dans  le  spermatozoïde  en  formation  ;  mais  ils  cessent  d'être 
nettement  visibles,  et  forment  une  sorte  de  résidu,  colorable 
par  le  rouge  neutre  ou  le  bleu  de  crésyl  brillant.  Meves  n'a 
pas  figuré  ces  aspects  si  curieux  dans  les  cellules  mâles  de  la 
Paludine  ;  mais  cet  animal  est  un  Mollusque,  et  je  reste  surpris 


10  SÉANCE    DU    11     JANVIER    1910 

du  Fait  que  M.  Perroncito  ne  cite  les  travaux  ni  de  Platner,  ni 
de  Prenant,  ni  de  Boum,  ni  de  Bolles  Lee,  ni  de  Koref,  ni  de 
IIenschen,  ni  de  Benda,  ni  de  Tschassownikow,  ni  de  Popow  qui 
ont  décrit  le  Nehenkern  des  Gastéropodes.  Et  le  malheur  veut 
que  ce  Nebenkern,  dont  l'origine  mitochondriale  est  à  peu  près 
démontrée  aujourd'hui,  soit  identique,  par  son  aspect,  ses  trans- 
formations et  sa  fin,  au  réseau  décrit  par  notre  collègue. 

Peut-être  est-il  dangereux,  au  moment  où  les  neurologistes 
discutent  âprement  sur  les  rapports  du  réseau  interne  de  Golgi 
avec  les  corps  de  Nissl  par  exemple,  de  venir  affirmer  son 
existence  dans  les  cellules  sexuelles,  sans  démontrer  qu'il  est 
indépendant,  non  seulement  des  mitochondries  (ce  qu'il  n'a 
pas  prouvé),  mais  encore  du  Nebenkern  (ce  que  M.  Perroncito 
n'a  pas  même  discuté). 


QUELQUES  REMARQUES  SUR  LA  LOCOMOTION 
DES  GASTÉROPODES 


H.     SIMROTH 

Retardé  par  des  circonstances,  je  demande  enfin  la  per- 
mission de  dire  quelques  mots  sur  la  locomotion  des  Gasté- 
ropodes, en  addition  aux  travaux  de  MM.  Rorert  et  Vlès, 
pour  éviter  la  conséquence  :  Qui  tacet,  consentira  videtur. 

Plus  de  trente  ans  sont  passés  depuis  le  temps  où  je 
m'occupais  du  problème.  En  me  restreignant  aux  Gastéro- 
podes terrestres,  j'espérais  que  ces  études  seraient  continuées 
dans  une  station  zoologique  marine,  surtout  celle  de  Naples. 
laquelle  était  en  ce  temps-là  presque  unique.  En  vain  !  Là  il 
ne  fut  examiné  qu'un  seul  Opisthobranche,  par  Jordan.  Je 
suis  d'autant  plus  satisfait,  que  la  question  soit  reprise  avec 
tant  de  zèle  et  de  discrimination  aux  bords  de  la  mer  de 
France. 

Pour  ne  pas  perdre  du  temps  en  spéculations  qui  se 
montreraient  peut-être  mal  basées  dans  le  futur,  je  veux 
exposer  les  points  qui  me  semblent  exiger  de  l'attention  en 
première  ligne. 

L'interprétation   ingénieuse    des  ondes   locomotrices  donnée 


SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910  11 

par  M.  Robert  me  parait  bien  démontrer  la  possibilité  méca- 
nique, mais  il  y  reste  quelques  difticultés.  M.  Robert  vient 
d'expliquer  la  reptation  par  l'action  commune  des  muscles  des 
différentes  directions.  Mais  ce  n'est  pas  en  harmonie  avec  la 
distribution  des  diverses  catégories  de  fibrilles  dans  le  pied 
des  Aulacopodes,  p.  ex.  Limax,  peudant  que  les  Holopodes 
manquent  de  la  différenciation  documentaire.  Chez  Limax,  les 
muscles  sont  les  mêmes  dans  les  parties  latérales  et  la  partie 
médiane  du  pied,  sauf  les  faisceaux  longitudinaux,  qui  se 
multiplient  dans  la  partie  médiane.  De  la  même  manière,  la 
distribution  des  nerfs  s'attache  dans  le  pied  à  la  distribution 
de  la  musculature,  car  il  s'est  formé  une  régulière  Strickleiter 
dans  la  partie  médiane.  De  plus,  chez  Limax  agreslis,  Bieder- 
mann  (1)  a  démontré  que  les  muscles  longitudinaux  sont  arran- 
gés en  deux  faisceaux,  un  faisceau  dans  chaque  moitié  de  la 
partie  médiane  ou  disque  locomoteur,  et  que  la  distribution  du 
système  nerveux  s'est  changée  avec  cette  variation.  Car  les 
anastomoses  longitudinales  entre  les  nerfs  transversaux  sont  res- 
treintes aux  deux  faisceaux  longitudinaux.  Ici,  le  parallélisme 
entre  le  développement  des  nerfs  et  de  la  musculature  longi- 
tudinale locomotrice  est  absolu.  Par  cela,  il  n'est  pas  vraisem- 
blable que  les  faisceaux  musculaires  d'autres  directions  par- 
ticipent à  l'effet,  et  d'autant  moius  que  ces  faisceaux  sont  faibles 
dans  la  partie  moyenne  du  pied  et  les  faisceaux  perpendicu- 
laires manquent  presque  ici. 

Dans  le  même  sens  s'expliquent  les  expériences  de  Kunkrl, 
d'après  lesquelles  un  petit  morceau  du  disque  médian  mis  sous 
le  microscope  exerce  de  nouveau  ses  ondulations  locomotrices 
aussitôt  qu'il  est  frappé  par  un  rayon  de  la  lumière  directe  (2). 
Ici,  il  est  clair  que  l'irritation  est  traduite  par  le  réseau  gan- 
glionnaire sous-cutané  aux  muscles,  qui  sont  en  liaison  avec  ce 
réseau,  cela  veut  dire  aux  muscles  longitudinaux. 

Un  bon  argument  nous  fournissent  les  Triclades  d'après 
Wilhelmi(3),  argument  de  valeur  presque  décidante,  parce  que 
le  tégument  et  surtout  la  musculature  de  ces  Vers  sont  compo- 
sés d'après  le  même  plan.  Ici,  on  s'était  demandé  si  la  locomo- 
tion glissante  était  produite  seulement  par  les  cils  vibratiles  ou 

(1)  Biedermann.  Studien  zur  vergleichenden  Physiologie  der  peristaltischen 
Bewegungen.  III.  Die  Innervation  der  Schneckensohle.  (Arch.  ges.  Physiol.,  111. 
1906.) 

(2)  KiiNKEL.  Zur  Locomotion  unserer  Nacktschnecken.  (Zool.  Anz.  XXVI.  190M). 
(3    Wilhelvii.  Zur  Biologie  der  Seetricladen  (Verfi.  Deutsch.  Zool.  Ges.  1909). 


12  SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910 

non.  Wilhelmi  répond  que  les  cils  ne  sont  pas  les  seuls  agents, 
mais  aussi  les  ondulations  musculaires.  Car  les  préparations 
microscopiques  de  sections  de  Vers,  tués  justement  au  moment 
de  la  locomotion  ondulatoire,  montrent  la  contraction  des 
muscles  longitudinaux  de  distance  en  distance.  Ces  objets  très 
clairs  étaient  exposés  à  l'occasion  de  l'assemblée  de  la  Société 
zoologique  allemande,  à  Francfort.  Wilhelmi  ne  discute  pas  la 
possibilité  que  les  muscles  longitudinaux  puissent  effectuer  la 
locomotion,  il  constate  seulement  le  fait.  Ce  fait  est  d'autant 
plus  intéressant  pour  les  Gastéropodes,  que  les  Platodes  sont 
probablement  les  ancêtres  des  Mollusques.  Les  Turbellariés 
terrestres  possèdent  le  même  disque  locomoteur,  ou  large  ou 
étroit,  comme  les  Stylommatophores  aulacopodes  et  holopodes. 

Mais  ce  n'est  pas  tout.  La  musculature  locomotrice  a  besoin 
d'une  augmentation  de  nourriture.  Avec  le  développement  de 
l'appareil  circulatoire,  la  musculature  s'est  chargée  de  trans- 
porter régulièrement  le  sang  aux  parties  qui  se  trouvent  en 
action.  M.  Robert  vient  de  démontrer  une  pulsation  accélérée 
du  cœur  pendant  la  reptation,  observation  d'un  grand  intérêt. 
Cependant  la  distribution  du  sang  dans  le  pied  n'est  pas  pro- 
duite par  les  pulsations  de  l'organe  central,  mais  par  des  pul- 
sations indépendantes  des  faisceaux  musculaires  du  tégument, 
qui  ne  sont  pas  employés  à  la  locomotion  même,  de  pareille 
manière  que,  p.  ex.  dans  les  cœurs  lymphatiques  {Lymphherzen) 
des  Grenouilles.  Cela  me  semble  être  la  signification  de  l'onde 
observée  par  M.  Robert.  L'onde  s'écoule  dans  la  direction 
d'avant  en  arrière,  direction  opposée  à  celle  de  l'onde  locomo- 
trice des  muscles  locomoteurs  longitudinaux.  On  observe  de 
telles  pulsations  dans  la  peau  dorsale  d'une  Limace  irritée  par 
la  fumée  légère  d'un  cigare  p.  ex.  Dans  ce  cas,  les  pulsations 
restent  souvent  localisées.  Elles  semblent  être  produites  par 
les  fibrilles  musculaires  de  directions  différentes.  C'est  la  même 
chose  avec  les  muscles  qui  produisent  l'onde  pulsatoire  dans  le 
pied. 

Ainsi  la  locomotion  d'une  Hélix  ou  d'une  Limax  est  effectuée 
par  deux  actions  combinées,  l'onde  des  muscles  longitudinaux 
allant  d'arrière  en  avant  et  celle  de  pulsations,  qui  apportent 
le  sang  ou  l'hémolymphe,  allant  dans  la  direction  opposée. 

Chez  les  ancêtres  (Turbellariés),  l'onde  des  muscles  longitudi- 
naux était  seule  active.  On  peut  se  demander  si  l'autre  onde  pulsa- 
toire, seule,  peut  aussi  produire  la  locomotion.  Nous  connaissons 
l'utilisation  du  sang  pour  la  locomotion  de  côté  des   Lamelli- 


SÉANCE    DU    11    JANVIER    1910  13 

branches.  Chez  ceux-ci,  Nucula  et  Trigonia  ont  un  disque  loco- 
moteur ou  reptateur  (Kriechsohlc),  les  autres  produisent  la 
locomotion  par  le  transport  du  sang-  dans  le  pied  Sctnrpllgeivebe). 
Cette  manière  de  fixer  et  d'élever  la  pointe  du  pied  ne  semble 
pas  exister  chez  les  Gastéropodes.  Mais  les  pulsations  du  pied 
semblent  être  la  seule  force  locomotrice  chez  beaucoup  d'entre 
eux,  p.  ex.  les  ondes  locomotrices  de  YAplysia  allant  d'avant  en 
arrière,  décrites  par  Jordan  (1).  Jordan  a  démontré  qu'il  s'agit 
d'un  gonflement  {Schwellnng).  Moi-même  j'ai  supposé  une  telle 
action  beaucoup  plus  tôt  pour  Pomatias  tessellatus(2).  Ici  des 
ondes  irrégulières  glissent  très  vite  dans  la  même  direction. 
J'apercevais  aussitôt  la  différence  entre  ces  ondes  et  les  ondes 
locomotrices  régulières  des  Stylommatophores. 

J'ose  supposer  que  la  division  du  pied  en  plus  de  deux  parties 
longitudinales  de  quelques  Prosobrancb.es,  observée  et  décrite 
par  M.  Vlès,  est  en  rapport  avec  une  telle  division  fonctionnelle 
ou  physiologique.  Dans  une  partie,  les  ondes  locomotrices  des 
muscles  longitudinaux  pourraient  glisser  pendant  que  la  partie 
voisine  servirait  au  transport  du  sang  en  direction  opposée. 
Pour  le  moment,  ce  n'est  qu'une  hypothèse  causée  par  les  des- 
criptions intéressantes  de  M.  Vlès. 

J'étais  bien  loin  de  douter  de  l'exactitude  des  observations 
de  M.  Korert  à  l'égard  des  ondes  locomotrices  du  Trochus.  Si 
je  doutais  que  le  Trochus  pourrait  servir  à  démontrer  la  théorie 
très  habile  de  M.  Rorert,  la  cause  en  était  toute  différente, 
c'était  la  différence  de  la  réfraction  de  la  lumière  clans  l'eau  et 
clans  l'air.  Supposé  l'exactitude  de  cette  théorie,  il  me  semble 
que  les  points  du  pied  saisis  par  les  ondes  toucheraient  le  sol 
ou  le  verre,  mais  les  points  interstitiels  seraient  élevés.  Entre 
ces  points  interstitiels  et  le  verre  chez  Trochus  se  trouverait  de 
l'eau,  chez  un  Stylommatophore  terrestre  de  l'air.  L'eau  ne 
serait  pas  visible,  l'air  le  serait  bien  à  cause  du  différent 
coefficient  de  réfraction  entre  l'eau  et  l'air.  Une  bulle  d'air, 
qui  se  trouve  quelquefois  par  hasard  entre  le  pied  d'une  Hélix 
et  le  verre,  s'observe  tout  de  suite.  Le  fait  qu'on  n'observe  pas 
d'air  entre  le  verre  et  le  pied  du  Colimaçon  rampant  me  semble 
être  en  opposition  avec  la  théorie  de  M.  Robert,  sauf  les  autres 
observations  discutées  plus  haut. 


(1  Jordan.  Die  Physiologie  der  Locomotion  bei  Aplysia  limacina.  (Miinchen  1901. 
(2)  Simroth.  Einige  Bemerkungen  iiber  die  Neurobranchier,  insbesondere  Poma- 
tias tessellatus.  (Zool.  An:.  VIII,  1885.) 


14  SÉANCE    DU    11    JANVIKR   1910 

En  vous  soumettant  ces  remarques,  je  sais  bien  que  je  suis 
l'oit  éloigné  de  la  solution  définitive  du  problème.  Celle-là  ne 
sera  possible  qu'à  une  époque  dans  laquelle  l'action  de  la 
fibrille  musculaire  sera  éclaircie. 

P.  S.  —  M.  Robert  a  eu  la  bonté  de  m'écrire  que  la  distance 
entre  le  verre  et  le  disque  locomoteur  de  quelques  Proso- 
brauches  marins  rampant  est  très  grande.  Pendant  que  les 
oncles  locomotrices  d'une  Haliotis  adulte  touchent  le  plan  du 
verre,  les  points  interstitiels  s'en  écartent  presque  de  1  cen- 
timètre. Cela  m'était  inconnu.  Mais  il  me  semble  que  cela 
n'est  pas  nécessairement  en  désharmonie  avec  la  théorie.  Au 
contraire,  dans  un  de  mes  premiers  traités  sur  le  problème  (1), 
j'ai  déjà  tenu  compte  dans  mes  figures  schématiques  de  la 
circonstance,  que  les  parties  antérieures  des  fibrilles  muscu- 
laires longitudinales  se  dirigent  obliquement  vers  Fépithélium. 
C'est  par  cette  terminaison  que  s'explique  la  forme  saillante 
des  ondes  d'un  Colimaçon  glissant  dans  l'air  sans  toucher  le 
verre.  La  division  du  pied  des  Soléolifères  (Vagiimla,  Ra- 
thouisia)  en  petites  soleolœ  transversales  est  fondée  sur  la 
même  terminaison.  Chez  tous  les  Pulmonés,  dont  l'origine  ter- 
restre est  presque  sûre,  tout  le  pied  touche  le  sol  ou  le  verre. 
Si  chez  certains  Prosobranches  aquatiques,  Trochus  et  Haliotis, 
les  ondes  locomotrices  seules  sont  en  contact  avec  le  sol,  c'est 
peut-être  la  conséquence  du  milieu,  car  la  plus  grande  partie 
du  poids  de  l'animal  est  portée  par  l'eau.  Par  cela  il  me  semble 
possible  aussi  que  les  ondes  locomotrices  de  ces  Gastéropodes 
ne  soient  produites  que  par  la  musculature  longitudinale.  Mais 
pour  démontrer  cela  il  faudra  de  nouvelles  recherches. 

(Il  H.  Simroth.  Ueber  die  Bewegung  und  das  Bewegungsorgan  des  Cyclosloma,  etc. 
rieitschr.  wiss.  ZooL,  XXXVI,  1881,  p.  61). 
(2)  H.  Simroth    Ueber  einige  Vaginula-Kvtèa.  \Zool.  Jahrb.  Syst.,  V,  1890). 


Séance  du  25  janvier  1910, 

PRÉSIDENCE    DE    M.    MARCHAL,   ANCIEN    PRÉSIDENT. 

M.  Iches  annonce  qu'il  a  fait  inviter  la  Société  à  participer 
à  l'Exposition  internationale  du  Centenaire,  qui  aura  lieu  à 
Buenos-Aires  de  mai  à  octobre  1910. 

La  «  kônigliche  Universitutsbibliothek  in  Leipzig-  »,  pré- 
sentée à  la  précédente  séance,  est  élue  membre  de  la  Société. 

Le  Dr  E.  Blin,  médecin  des  asiles  de  la  Seine,  demeurant 
30,  rue  Vauquelin,  à  Paris  (5e),  est  présenté  par  MM.  de  Beau- 
champ  et  Hérouard. 

M.  Gary  N.  Calkins  (Ph.  D.),  Professor  of  Protozoology,  Co- 
lumbia  University,  New  York  City  (États-Unis),  est  présenté 
par  MM.  Caullery  et  Chatton. 

Le  Dr  A.  Policard,  chef  de  laboratoire  à  la  Faculté  de  mé- 
decine, \,  place  Raspail,  à  Lyon  (Rhône),  est  présenté  par 
MM.  Chatton  et  Fauré-Fremiet. 

M.  Chatton  expose  ses  recherches  sur  une  Trichodine  et  une 
Amibe  parasites  des  branchies  des  Labres  et  décrit  en  détail 
la  division  nucléaire  très  spéciale  de  cette  Amibe. 


Ouvrages  offerts. 


Gulia  (G.).  Elenco  délie  Pteridofite  maltesi  [Boll.  Soc.  bot.  italiana, 
1909,  p.  220-222). 

Plateau  (F.).  La  pollination  d'une  Orchidée  à  fleurs  vertes,  Listera 
ovata,  par  les  Insectes  (Bull  Soc.  bol.  Belgique,  XLVI,  1909,  p.  339-369). 


ttull.  de  la  Soe.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxjv  -  i 


16  SÉANCE    DU    25    JANVIER    1910 


AC1DALBUMINES  ET  RÉACTIFS  FIXATEURS 

PAR 

E.     FAURÉ-FREMIET. 

MM.   A.   Maykr   et    G.  Sch.effer  ont  publié    récemment    les 
résultats  de  leurs  recherches  sur  les  acidalbumines  (I).  Ils  ont 
montré   que  si  l'on   fait  tomber  goutte  à  goutte   un   acide  mi- 
néral   tel   que   HCI,    en    solution    décinormale,    dans    quelques 
centimètres  cubes  d'albumine  diluée  à  1/6  et  privée  de  globu- 
lines  par  filtration,  on  voit  apparaître  le  bleu  Tyudall,  puis  un 
précipité  qui  se  redissout  bientôt;  pour  53  gouttes  d'acide,   on 
obtient  une  liqueur  limpide  et  coagulable  par  la  chaleur  ;  pour 
58  gouttes,    on  obtient    l'incoagulabilité  ;    puis,    si  Ton   ajoute 
alors  de   l'HCi   10  fois  normal,   on  obtient  de    nouveau,  avec 
35  gouttes,  un    précipité  qui  se   redissout  lui-même   dans   une 
forte  proportion   d'acide.    Avec  les   acides  gras    saturés   infé- 
rieurs :  formique,  acétique  et  propionique,  on   obtient  d'abord 
un  précipité,  puis  une  dissolution  de  celui-ci,  et  enfin  l'acidal- 
bumine  incoagulable  par   la  chaleur.   Ces  faits  sont  très  inté- 
ressants à  mettre  en  parallèle  avec  les  résultats  que  Ton  obtient 
sur  des   protoplasmas   traités  par  ces    mêmes  acides.   Un  Infu- 
soire  vivant,  traité  par  une  solution  très  faible  d'acide  acétique, 
montre  tout  d'abord  une  légère   précipitation    superficielle   (la 
vésicule  excrétrice  ne  se  vide  plus  à  l'extérieur,  le  pore   étant 
obturé),  puis  une  liquéfaction,  qui  se  traduit  par  des  courants 
internes  et  finalement  par  l'éclatement  de   l'Iufusoire.    Quant 
aux  acides   minéraux,  tels   que    HCI,    on  sait  qu'ils  précipitent 
le  protoplasma  pour  de  faibles  concentrations  et   qu'ils  le  dis- 
solvent par  des  concentrations  supérieures. 

M.  de  Beauchamp  rappelle  à  ce  sujet  les  expériences  de 
M.  Loeb  et  de  M.  Delage  sur  l'action  des  acides  dans  la  for- 
mation de  la  membrane  de  l'œuf  et  le  développement  parthéuo- 
génétique. 

(1)  Contribution  à  l'étude  des  acidalbumines,  particulièrement  des  acidalb umines 
d'aeiHes  gras.  (Arc/i.  Fisiol.,  VII,  1909.) 


Séance  du  15  février  1910. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  COUTIËRE,  PRÉSIDENT 

M.  Bavay  s'excuse  de  ne  pouvoir  assister  à  la  séance. 

La  Société  entomologique  de  Russie,  à  Saint-Pétersbourg, 
annonce  que  sou  jubilé  semi-centenaire  aura  lieu  le  10  mars 
prochain.  Le  lendemain,  11  mars  1910  (nouveau  style),  à 
une  heure  après  midi,  se  tiendra  une  séance  solennelle  au 
palais  du  Ministère  de  l'agriculture,  près  du  Pont  Bleu  à  Saint- 
Pétersbourg'.  La  Société  zoologique  de  France  est  invitée  à  s'y 
faire  représenter  par  un  délégué. 

M.  le  Président  exprime  les  regrets  de  la  Société  à  l'occasion 
de  la  mort  de  M.  Alt'redo  Dugès,  originaire  de  Montpellier, 
agent  consulaire  de  France  à  Guauajuato  (Mexique),  membre 
correspondant  de  la  Société  depuis  1886,  décédé  à  Guanajuato 
le  7  janvier  1910,  à  l'âge  de  83  ans. 

M.  le  Président  adresse  les  félicitations  de  la  Société  à 
M.  Trouessart,  récemment  nommé  chevalier  du  Mérite  agricole. 

MM.  Blin,  Calkins  et  Policard,  présentés  à  la  précédente 
séance,  sont  élus  membres. 

MM.  Joubin  et  Trouessart  sont  délégués  pour  représenter  la 
Société  au  Congrès  des  Sociétés  savantes,  qui  se  tiendra  à  la 
Sorbonne  du  29  mars  au  2  avril  1910. 

MM.  Bavay  et  Semichon  sont  nommés  membres  de  la  Com- 
mission pour  la  vérification  des  comptes  du  Trésorier. 


Ouvrages  offerts. 


Pebroncito   Doit.  E.;.  La  malaltia  dei  minatori  'Turin,  1909,  in-8°, 
VIII-:^35  p.,  6  pi.). 


18  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 


SUR    LA  PRÉSENCE    D'UN   HEMOCŒLE    CHEZ    DJNOPHILUS 


pau 


P.  de  BEAUCHAMP, 

Préparateur  à  la  Faculté  des  sciences  de  Paris. 

Les  travaux  déjà  nombreux  que  nous  possédons  sur  l'ana- 
toinie  du  genre  Dinophilus,  y  compris  le  dernier  en  date,  la 
soigneuse  monographie  du  D.  Conklini  par  Nelson  (1907),  ne 
l'ont  aucune  mention  de  la  présence  chez  cette  forme  d'un  ap- 
pareil circulatoire,  si  rudimentaire  qu'il  soit.  Aussi  ai-je  été 
très  surpris  de  constater  sur  mes  coupes  d'une  espèce  qui  me 
paraît  identique  à  celle  de  Nelson  (d'ailleurs  très  voisine  du 
D.  apatris  de  Korschelt  et  du  D.  gyrociliatus  0.  Schmidt 
étudié  par  Repiachov),  l'existence  d'un  tel  appareil.  La  chose 
ayant  quelque  intérêt  au  point  de  vue  théorique,  j'en  donnerai 
dès  à  présent  une  brève  description. 

Sur  une  coupe  transversale  du  D.  Conklini  passant  très  bas, 
au-dessous  de  l'ovaire,  on  trouve  comme  d'habitude  l'inter- 
valle entre  l'épiderme  et  l'épithélium  intestinal  rempli  d'un 
parenchyme  à  larges  mailles  qui  paraissent  ne  rien  renfermer 
du  tout  ;  mais  l'espace  qui  entoure  directement  l'intestin  pré- 
sente un  aspect  différent  :  c'est  un  espace  annulaire  à  contours 
irréguliers,  car  ils  sont  formés  par  la  paroi  même  des  alvéoles 
voisines,  mais  qui  est,  lui,  rempli  d'un  précipité  finement  gra- 
nuleux prenant  plus  ou  moins  les  colorants,  surtout  le  licht- 
grun,  d'un  aspect  très  caractéristique.  Visiblement,  il  y  a  là  un 
liquide  différent  par  sa  composition  de  celui  qui  remplit  la 
cavité  spongieuse  du  corps,  et  donc  parfaitement  endigué  par 
rapport  à  lui.  Cette  réaction  histologique  est  d'ailleurs  celle 
que  présentent  sur  les  coupes  d'autres  cavités  sanguines 
endiguées,  notamment  les  deux  vaisseaux  pré-  et  rétro-intes- 
tinal que  je  viens  de  décrire  (1910)  chez  Nerilla  anteunata 
0.  Schmidt.  Elle  est  surtout  nette  après  fixation  aux  liqueurs 
osmiques. 

A  ce  niveau,  l'espace  sanguin  présente  un  diamètre  relati- 
vement   énorme    (fig.  1,1).    Une  coupe   passant  au  niveau  de 


SÉANCE    DU     15    FÉVRIER    1910 


19 


l'ovaire  (//)  montre  quelque  chose  de  plus  :  un  vaisseau  ven- 
tral individualisé,  à  parois  minces,  que  cet  organe  sépare  du 
sinus  péri-intestinal ;  on  constate,  en  suivant  la  série,  qu'il  s'y 
réunit  à  ses  deux  extrémités  (l).  Au-dessus,  dans  la  région 
moyenne  du  corps  où  l'estomac  atteint  sa  plus  grande  largeur, 
le  sinus  apparaît  en  général  peu  développé  :  il  peut  se  ré- 
duire à  quelques  petits   décollements   entre   l'endoderme   et  le 


Vf 


Fie.  I.  — 3  coupes  transversales  de  Dinoph'dus  Conklini,{rè^  légèrement  schéma- 
tisées, X  280  environ,  au  niveau  :  /,  de  la  partie  inférieure  de  l'ovaire,  II,  de  sa 
partie  supérieure,  ///,  des  glandes  œsophagiennes  ;  si,  sinus  péri-intestinal  ; 
vv,  vaisseau  ventral  ;  pr,  parenchyme  ;  ov,  ovaire  ;  gg,  glandes  œsophagiennes. 

parenchyme,  et  même  être  complètement  invisible,  ce  qui 
explique  sans  doute  sa  méconnaissance  par  les  auteurs  anté- 
rieurs ;  sa  réplétion  est  évidemment  très  variable,  suivant 
l'état  fonctionnel  de  l'intestin  sans  doute  (de  même  pour  le 
vaisseau  ventral,  que  l'ovaire,  quand  il  est  très  développé, 
comprime  et  vide).  Il  reprend  de  l'importance  dans  la  partie 
supérieure,  près  de  l'œsophage,   et   on  le  voit   alors   se  déta- 

1.  La  présence  du  sinus  autour  de  l'intestin  dans  la  région  ovarique  exclut 
bien  entendu  l'origine  des  oogonies  dans  son  épithélium,  erreur  de  von  Mal- 
sen  due  à  un  défaut  de  fixation,  comme  l'a  soupçonné  Nelson. 


20  8ÉANCK    IUJ    15   FÉVRIKK    1910 

cher  de  celui-ci  au  niveau  des  deux  glandes  qui  s'y  jettent  et 
continuer  dorsalement  à  lui  pour  se  terminer  en  cul-de-sac  un 
peu  plus  haut  (III).  La  disposition  découverte  sur  les  coupes 
peut  être  retrouvée  sur  le  vivant  :  il  suffît  pour  cela  de 
s'adresser  non  à  un  animal  eu  pleine  maturité,  qui  est  fort 
opaque,  comme  l'ont  noté  tous  les  auteurs,  mais  à  un  vieil 
individu  ayant  cessé  de  pondre.  Chez  ceux-ci,  en  etiet,  non 
seulement  l'ovaire  régresse,  mais  le  corps  subit  de  façon 
constante  un  gonflement,  un  véritable  ballonnement,  qui  ar- 
rive à  lui  faire  prendre  les  formes  les  pins  bizarres  et  aug- 
mente beaucoup  sa  transparence.  Ce  gonflement  porte  à  la  fois 
sur  les  cavités  du  parenchyme,  qui  peuvent  faire  hernie  laté- 
ralement, en  distendant  l'épiderme,  et  surtout  sur  la  cavité 
sanguine  qu'on  suit  alors  facilement  tout  le  long  du  tube 
digestif  et  qui  peut  être  assez  développée  pour  simuler  un 
véritable  cœlome.  On  voit  autour  de  l'intestin  les  deux  ca- 
vités concentriques,  dont  le  liquide  est  également  hyalin  sur 
le  vivant  ;  mais  tandis  que  l'externe  est  subdivisée  par  les 
nombreuses  brides  du  parenchyme,  l'interne  n'est  traversée 
que  par  quelques  filaments  très  ténus,  assez  régulièrement 
espacés,  qui  rattachent  l'intestin  à  la  mince  paroi  de  sépara- 
tion. On  retrouve  aisément  aussi  le  vaisseau  ventral,  séparé 
du  précédent  par  l'ovaire  qui  n'est  plus  qu'un  sac  à  peu 
près  vide. 

Enfin,  une  observation  attentive  ne  tarde  pas  à  démontrer 
l'existence  de  véritables  contractions,  très  lentes  et  très  espa- 
cées, presque  localisées  dans  la  partie  inférieure  du  sinus  et 
se  propageant  de  bas  en  haut,  comme  il  arrive  toujours  dans 
le  sinus  péri-intestinal  des  Annélides,  ou  dans  le  vaisseau 
dorsal  qui  n'en  est  qu'une  partie;  ce  ne  sont  point  par  consé- 
quent des  mouvements  péristaltiques  transmis  au  tube  digestif, 
dont  les  parois  semblent  rester  parfaitement  immobiles,  les  cils 
qui  le  tapissent  assurant  seuls  la  propulsion  des  aliments  (voir 
à  ce  sujet  Làisg,  1904). 

Au  point  de  vue  histologique,  la  paroi  interne  du  sinus  est 
formée  bien  entendu  par  la  base  des  cellules  intestinales, 
limitées  par  leur  membrane  propre  (sans  qu'on  puisse  pourtant 
parler  de  basale  à  double  contour)  ;  l'externe  n'est  pas  sensi- 
blement plus  épaisse  que  les  autres  parois  des  alvéoles  du 
parenchyme;  par  endroits,  on  y  distingue  des  grains  alignés 
qui  représentent  peut-être  une  striation  en  rapport  avec  sa 
contractilité  ;    ils    se    rencontrent    de    même    dans   les    tractus 


SK AMI      1)1      15    FÉVRILR     1910 


21 


interalvéolaires,  dont  beaucoup  paraissent  contractiles.  En 
quelques  points,  on  voit  saillir  dans  sa  cavité  (tig\  J,  /)  une 
cellule  qui  ne  paraît  point  différente  de  celles  qui  se  trouvent 
aux  nœuds  des  mailles  du  parenchyme. 

Comparons  maintenant  cette  disposition  à  la  disposition  nor- 
male de  l'appareil  circula- 
toire chez  les  Annélides, 
qu'on  trouvera  résumée  et 
systématisée  dans  Lang (  1 904) 
et  Fuchs  (1907).  Nous  y  trou- 
vons en  général  comme  vais- 
seaux principaux  un  vaisseau 
dorsal  et  un  ventral;  le  pre- 
mier est  étroitement  accolé 
à  l'intestin,  compris  entre  le 
péritoine  et  l'épilhélium  di- 
gestif ;  c'est  en  réalité  un  vais- 
seau rétro-intestinal,  auquel 
fait  souvent  pendant  un  pré- 
intestinal plus  petit,  qui  lui 
est  réuni  par  un  plexus  intra- 
pariétal ,  dernier  reste  du 
sinus.  Le  ventral,  au  contraire, 
est  éloigné  de  l'intestin  et 
compris  entre  les  deux  feuil- 
lets du  mésentère  ventral, 
là  où  il  existe  (1).  Il  s'ensuit 
que  dans  les  formes  les  moins 
différenciées,  où  existe  un 
sinus  péri-intestinal  au  moins 
dans  une  région  du  corps,  le 
vaisseau  dorsal  est  forcément 

confondu     avec    lui    à    ce    ni-  Fig.  2.  —  Schéma  d'un  Dinophilus  vu  de 

veau,     tandis    que    le   Ventral  profil,  montrant  la  disposition  des  cavités 

1      ,     .              .  sanguines.    Mêmes     lettres     que    precé- 

peut      et     doit     Subsister     lU-  demment. 

dépendamment  :  il  assure  le 

retour  de  haut  en  bas  du  sang  chassé  de  bas  en  haut   dans  le 

sinus  ou  le   vaisseau   dorsal    (les   auteurs   cités   plus   haut   ont 


SC- 


1  Chez  Nerilla,  le  vaisseau  ventral  est  lui  aussi  accolé  à  l'intestin;  mais  il  est 
très  grand,  évidemment  limité  par  l'écartement  des  deux  feuillets  du  mésentère,  ei 
représente  en  même  temps  le  pré -intestinal. 


22  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 

bien  noté  que  le  vaisseau  ventral  est  le  plus  constant  dans  la 
série).  C'est  précisément  cette  disposition,  la  plus  simple  qui 
soit  compatible  avec  une  ébauche  de  circulation,  que  nous 
trouvons  chez  Dinophilus,  et  c'est  pour  cela  que  chez  lui  il  n'y 
a  de  contractilité  bien  accusée  du  sinus  que  dans  la  partie 
inférieure,  la  seule  où  existe  le  vaisseau. 

Comme  nous  l'avons  dit,  on  ne  trouve  ni  dans  la  description 
de  Nelson  portant  sur  D.  Conklini,  ni  dans  celle  de  Korschelt 
(1882),  de  D.  apatris,  aucune  mention  de  la  cavité  sanguine, 
et  leurs  figures  ne  laissent  pas  soupçonner  qu'ils  l'aient  aucu- 
nement aperçue;  elles  montrent  le  parenchyme  entourant  direc- 
tement le  tube  digestif  ;  Repiachov  (1886)  figure  chez  D.  gyro- 
ciliatus  une  condensation  du  parenchyme  autour  de  l'intestin, 
qu'il  interprète  improprement  comme  une  splanchnopleure,  et 
qui  n'est  peut-être  qu'un  aspect  du  sinus.  Il  n'est  question  jus- 
qu'ici de  cavités  distinctes  que  chez  les  Dinophilus  sans  dimor- 
phisme  sexuel  qui  semblent  s'opposer  aux  autres  par  plusieurs 
caractères.  La  cavité  ventrale,  sans  rapport  immédiat  avec 
l'intestin,  décrite  par  Harmer  (1887)  chez  son  D.  taeniatus,  qui 
renferme  l'extrémité  interne  des  néphridies  et  sert  de  réservoir 
séminal  et  d'oviducte,  parait  plutôt  de  par  ces  caractères  être 
une  cavité  creusée  dans  le  mésoderme,  sinon  celle  même  de 
l'ovaire,  comme  le  pense  Nelson.  Au  contraire,  la  cavité  indi- 
quée par  ScHiMKEViTSCH  (1895)  autour  de  l'intestin  de  D.  vorti- 
coides  0.  Schmidt  paraît  bien  identique  à  la  nôtre,  et  la  chose 
est  d'autant  plus  intéressante  que  le  développement  a  pu  en 
être  suivi:  d'après  les  figures  64-67  de  sa  planche  vu,  il  semble 
bien  qu'elle  représente  un  reste  de  la  cavité  embryonnaire 
primitive,  du  blastocœle,  laissé  libre  par  les  masses  mésoder- 
miques qui  l'envahissent  progressivement. 

Ceci  nous  amène  à  examiner  la  portée  des  faits  que  nous 
venons  d'énoncer  au  double  point  de  vue  de  la  position  systé- 
matique de  Dinophilus  et  des  conceptions  relatives  à  la  nature 
et  à  l'origine  des  diverses  cavités  du  corps  des  Métazoaires, 
réunies  et  systématisées  en  1904  sous  le  nom  de  théorie  du 
trophocœle  par  Lang,  dont  les  vues  ont  été  diversement  cri- 
tiquées depuis. 

Le  premier  point  à  considérer  est  la  nature  du  troisième 
feuillet  chez  Dinophilus.  Si  nous  adoptons  la  classification 
de  Salensky  (1907)  qui  a  résumé  les  données  antérieures', 
nous  distinguerons  dans  les  formations  mésodermiques  le  mé- 
senchyme  né  de  bonne  heure  de  l'ectoderme  et  répandu  dans 


SÉANCE    DU     15    FÉVRIER     1910  23 

la  cavité  blastocœlienue,  du  mêsoblaste,  né  d'une  des  cellules 
du  quatrième  quartette  qui  forment  l'endoderme  chez  les 
Mollusques  et  la  plupart  des  Vers  (je  laisse  de  côté  les  formes 
où  son  origine  est  entérocœlienne).  Or,  dans  toutes  les  formes 
où  le  premier  existe  seul  chez  l'adulte  (Cténaires,  Platodes, 
sans  doute  Rotifères),  il  est  immédiatement  au  contact  de 
l'intestin,  sans  cavité  interposée  —  à  moins  que,  comme  dans 
le  dernier  groupe  cité,  il  ne  laisse  par  sa  raréfaction  une  vaste 
cavité  entre  l'ectoderme  et  l'endoderme,  qui  est  le  blastocœle  lui- 
même.  Quand  apparaît  le  mêsoblaste,  il  refoule  le  mésenchyme 
et  de  la  cavité  de  segmentation  que  celui-ci  encombrait  plus  ou 
moins  il  ne  laisse  précisément,  à  son  point  de  contact  avec  les 
autres  feuillets,  surtout  l'endoderme,  que  la  lumière  des  vaisseaux 
ou  sinus  sanguins,  qualifiée  alors  à' hémocœle  (1).  La  découverte 
d'une  semblable  cavité  chez  Dinophilus  l'éloigné  des  Rotifères 
avec  lesquels  il  a  beaucoup  de  points  de  convergence  et  con- 
firme que  le  mésoderme  spongieux  qui  remplit  la  plus  grande 
partie  du  corps  est  un  véritable  mêsoblaste,  ce  que  rendaient 
d'ailleurs  très  probable  les  données  embryologiques  de  Nelson 
et  de  Schimkevitsch.  La  différence  avec  les  Annélides  est  que  ce 
mêsoblaste  ne  se  creuse  pas  d'une  cavité  générale  revêtue  d'un 
épithélium  :  c'est  un  cœlenchyme  sans  cœlothèle,  toujours  pour 
employer  la  nomenclature  de  Salensky  qui  a  d'ailleurs  soutenu 
ces  idées  relativement  au  mésoderme  de  Dinophilus  (bien  qu'il 
qualifie  à  tort  la  cavité  mésoblastique  de  blastocœle),  et  l'a 
considéré,  à  juste  titre  semble-t-il,  comme  une  Annélide 
régressée  et  non  une  forme  primitive. 

D'autre  part,  la  disposition  de  l'hémocœle  chez  Dinophilus 
me  paraît  apporter  un  appui  assez  sérieux  à  deux  des  vues  de 
Lang  qui  ont  fait  l'objet  dernièrement  de  vives  critiques  ; 
d'abord  cet  hémocœle,  réduit  à  sa  plus  simple  expression,  est 
de  toute   évidence  un   simple   décollement   entre   l'endoderme 

(1)  On  pose  en  général  à  ce  propos  la  question  de  savoir  si  l'hémocœle  est  bien 
le  blastocœle  lui-même,  ou  plutôt  une  cavité  réapparue  secondairement  après  son 
oblitération  au  point  d'accolement  des  feuillets,  un  «  schizocœle  »,  et  on  la  résout 
en  général  par  la  seconde  affirmative.  Je  la  considère  comme  oiseuse  car  le  blas- 
tocœle lui-même  n'est  pas  dans  un-  œuf  hétéroblastique,  comme  tous  ceux  dont  il 
est  ici  question,  une  cavité  primitive  de  segmentation,  mais  n'apparait  que  tardive- 
ment par  un  décollement  lui  aussi,  et  Tliémocœle  peut  devenir  virtuel  ou  réappa- 
raître à  plusieurs  reprises  chez  l'adulte,  comme  nous  l'avons  vu.  Je  préfère  pour 
ma  part  le  terme  de  blastocœle,  car  il  implique,  et  c'est  là  le  point  important,  une 
cavité  située  au  point  de  contact  de  deux  feuillets,  tandis  que  le  terme  de  schizo- 
cœle  a  été  pris  dans  beaucoup  de  sens  et  notamment  dans  celui  de  cavité  se  creusant 
dans  l'intérieur  même  du  feuillet  moyen. 


24  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 

(en  dehors  de  la  base  de  ses  cellules)  et  le  parenchyme  raéso- 
blastique  qui  tient  la  place  de  l'épithéliura  péritonéal  muni  de 
sa  basale  chez  les  formes  à  cœlothèle.  Il  est  impossible  de 
dire,  comme  l'a  soutenu  Vejdovsky,  d'après  ses  études  sur  les 
Oligochètes,  que  c'est  une  cavité  limitée  par  un  épithélium 
plus  ou  moins  continu  dérivant  des  cellules  endodermiques  et 
sans  doute  creusée  primitivement  dans  la  base  de  celles-ci. 

De  plus,  le  vaisseau  ventral,  qui  existe  dans  toute  la  longueur 
du  corps  chez  les  Annélides,  n'existe  ici  qu'au  niveau  des 
organes  génitaux,  et  ceci  est  en  faveur  de  l'idée  maîtresse  de 
Lang  et  de  Meyer,  qu'a  vivement  combattue  Salujnsry,  l'idée 
que  le  cœlome  est  homologue  de  la  simple  cavité  des  organes 
génitaux  chez  les  formes  qui  n'en  ont  pas,  qu'il  est  un  gonocœle. 
Il  est  impossible,  en  effet,  en  considérant  des  coupes  comme 
celle  de  la  fig.  1,  /,  de  se  défendre  de  l'idée  que  c'est,  au  moins 
au  cours  de  la  phylogénie,  le  développement  des  sacs  génitaux 
qui  a  pincé  la  portion  antérieure  du  sinus  et.  leur  accolement  qui 
l'a  isolé  du  reste  sous  forme  du  vaisseau  ventral  (I),  de  même 
que  les  deux  sacs  cœlomiques  de  chaque  métamère  l'ont  pincé, 
séparé  et  inclus  entre  eux  chez  les  Annélides.  I/épithélîum  gé- 
nital représenterait  donc  le  véritable  cœlothèle  comme,  réuni 
au  péricarde,  il  le  représente  chez  les  Mollusques,  où  il  a  été 
également  refoulé  par  le  développement  du  cœlenchyme. 


OUVRAGES   CITÉS 


1910.  Beauchamp  (P.  de).  —  Sur  l'organisation  delà  Nerilla (note  pré- 
liminaire) {Bull.  sci.  France  Belgique,  Paris,  XLIV,  p.  11-22). 

1906.  Fuchs  (K.).  —  Die  Topographie  des  Blutgefâssystems  der  Gha- 
topoden  (Jena.  Zeitschr.,  XLIX,  p.  375-484,  pi.  xxvt  xxvni). 

1889.  Harmer  (S.  F.),  —  Notes  on  the  anatomy  of  Dinophilus  {J.  Mar. 
Biol.  Ass.,  I,  p.  119-142,  pi.  ix-x). 

1882.  Korsghelt  (E.).  —  Ueber  Bau  und  Entwicklung  des  Dinophilus 
apalris  [Zeitschr.  wiss.  ZooL,  XXXVII,  p.  31o-S3,  pi.  xxi-xxn). 

1904.  Lang  (A.). —  Beitrage  zueiner  Trophocoltheorie  IJena.  Zeitschr., 
XXXIV,  p.  1-376,  pi.  i-vi). 

(1)  Comme  on  le  sait  (voirie  schéma  de  Nelson),  les  glandes  génitales  sont  paires 
et  étendues  dans  toute  la  caviié  du  corps  chez  D.  vorticoides,  se  fusionnent  et  se 
raccourcissent  graduellement  dans  les  autres  espèces.  Il  m'a  paru  d'ailleurs  que 
même  chez  D.  Conklini,  où  cet  auteur  indique  l'ovaire  comme  complètement  im- 
pair et  médian,  la  duplicité  persiste  nettement  dans  la  partie  inférieure  (voir  la 
fig  1,  /)  et  que  l'orifice  de  ponte  est,  comme  l'a  bien  indiqué  Prowazek,  asymé- 
trique et  en  rapport  avec  le  lobe  drort. 


SÉANCE    DU     15    FÉVRIER     1910  25 

1906.  Malsen  (H.  F.  von,.  —  (je^cûlechtsbestiiuuiende  Eintlùsse  and 

Eibildung  voq  Dinophilus  apalris  (Arch.   mikr.  Anat.,  LXIX, 
p.  63-99,  pi.  il). 

1907 .  Nelson  (J.  A.).  —  The  morphology  oi'  Dinophilus  Conklini  n.  sp. 

[P.  Ac.  Philad.,  L1X,  82-143,  2  pi.). 

1000.  Prowazek.  —  Zur  EnLwickluntïSgeschichte  dos  "Wurmes  Dino- 
philus apalris  [Natuno.  Wochenschr.,  XV,  p.  397  99). 

1886.  Repiachov  (V.).  —  Sur  l'anatornie  et  l'embryologie  de  Dinophi- 
lus gyrociliatus  O.  Schinidt  (en  russe)  (Mém.  Soc.  nouv.  Russ. 
Odessa  X,  p.  1-77,  pi.  i-rv). 

1907.  Salensky  (W.).  —  Morphogenetische  Studiea  an  "Wuruiern,  If, 
III  et  IV  [Mem.  Ac.  Sl-Peïersb.  (8). XIX.  p.  103-451,  pi.  xi-xxii). 

1895.  Sghimkewiïsch  (W.).  —  Zur  Kenntniss  des  Baues  tind  der 
Entwicklung  des  Dinophilus  vom  Weissen  Meere  [Zeitschr. 
wiss.  Zool.,  LIX,  p.  46-79,  pi.  v-vn). 


NOTES   SUR  LES   FONCTIONS  DE  LA   GLANDE    LYMPHATIQUE 

DES  SC0RPI0NIDES 


l'Ait 

Max  KOLLMANN 


Les  Arachnides  forment  un  groupe  dont  l'étude  anatoinique 
a  été  longtemps  négligée.  Seuls,  quelques  organes  ont  fait 
l'objet  de  recherches  précises.  De  ce  nombre  est  la  glande 
lymphatique  des  Scorpionides  qui,  depuis  sa  découverte  par 
Blanchard  (1852)  (1),  a  été  examinée  par  Houssay  (1880),  Kowa- 
levsky  (1893),  Cuénot  (1897),  Sokoloff  (1908)  et  moi-même 
(1908).  Ces  travaux,  eu  même  temps  qu'ils  faisaient  connaître 
la  structure  de  l'organe,  mettaient  en  évidence  son  pouvoir 
phagocytaire.  Par  contre,  son  rôle  lymphogène,  c'est-à-dire  la 
propriété  qu'il  aurait  de  donner  naissance  à  des  leucocytes,  est 
resté  un  peu  douteux.  La  présente  note  a  pour  but  d'apporter 
quelques  précisions  sur  différents  points  de  détail. 

Rappelons  tout  d'abord  la  constitution  de  la  glande  lympha- 
tique des  Scorpions.  Dans  Buthus  occltanus  Aun.,  chez  qui  j'ai 
fait  les  observations  que  je  rapporte  ici,  elle  consiste  en  une 
série  de  masses  appendues  le  long  de  la  chaîne  nerveuse,  dans 
la  région  préabdominale  et  céphalothoracique.  Chaque  masse 
est  pénétrée  par  des  ramifications   de  la  lacune  sns-nervienne 

il    La  glande  lymphatique   des  Scorpions   est  souvent    désignée  sous  le  nom  de 
glande  de  Blanchar.u. 


26  SÉANCE    DU     15    FÉVRIER    1910 

qui  la  divisent  en  nodules,  séparés  les  uns  des  autres  par  des 
espaces  irréguliers  remplis  de  sang.  Chaque  nodule  est  cons- 
titué par  un  stroma  cellulaire  assez  serré,  enfermant  dans 
ses  mailles  des  cellules  de  diverses  catégories,  tout  à  fait  iden- 
tiques à  celles  qu'on  rencontre  à  l'état  libre  dans  le  sang 
(Kollmann,  1908).  Ce  sont  :  des  leucocytes  hyalins  stade  1, 
(éléments  germinatifs  de  Cuénot  qui,  d'après  cet  auteur,  se  mul- 
tiplient par  karyokinèse)  ;  des  leucocytes  hyalins  stade  II 
(éléments  phagocytaires  de  Cuénot)  ;  enfin  des  cellules  granu- 
leuses et  des  cellules  sphéruleuses.  J'ai  fait  remarquer  (1908) 
que  les  premiers  éléments,  de  beaucoup  les  plus  nombreux, 
les  leucocytes  hyalins  au  stade  I,  sont  les  seuls  éléments  propres 
de  la  glande  ;  les  autres  sont  d'importation  sanguine. 

Kowalevskv  a  montré  le  premier  que,  dans  son  ensemble,  la 
glande  de  Blanchard  est  un  organe  phagocytaire  qui  absorbe 
l'encre  de  Chine  injectée  dans  la  cavité  générale.  Cuénot  a 
précisé  en  décrivant  des  éléments  plus  spécialement  phagocy- 
taires, qui  ne  sont  autres  que  nos  leucocytes  hyalins  stade  H. 
Si  on  fait  une  injection  d'encre  dans  la  cavité  générale  d'un 
Scorpion,  les  leucocytes  libres  du  sang  se  chargent  plus  ou 
moins  tous,  mais  particulièrement  les  leucocytes  hyalins  stade  II, 
de  particules  phagocytées.  La  glande  paraît  noire  dans  toute 
sa  masse.  En  coupe,  cependant,  les  nodules  apparaissent 
comme  parfaitement  délimités,  car  l'encre  s'est  surtout  localisée 
dans  leurs  interstices,  c'est-à-dire  dans  les  ramifications  de  la 
lacune  sus-nervienne.  Ces  espaces  sont  en  effet  remplis  par  des 
leucocytes  de  la  cavité  générale,  eux-mêmes  chargés  de  parti- 
cules phagocytées.  Dans  les  nodules,  les  leucocytes  hyalins 
stade  I  ne  renferment  que  très  exceptionnellement  des  granulos 
d'encre  et  en  très  petite  quantité.  Par  contre,  les  éléments 
phagocytaires  en  contiennent  beaucoup  et  on  en  rencontre  aussi 
parfois  dans  les  granulés. 

Or,  nous  venons  de  dire  crue  seuls  les  leucocytes  stade  I 
sont  éléments  propres  de  la  glande,  et  que  les  autres  sont 
d'importation  sanguine.  Nous  devons  donc  conclure  qu'en 
réalité,  la  glande  lymphatique  des  Scorpions  n'est  pas  un 
organe  phagocytaire,  ou,  si  l'on  préfère,  qu'elle  n'est  phago- 
cytaire que  dans  la  mesure  où  elle  contient  des  éléments 
empruntés  au  sang. 

Nous  abordons  une  question  plus  essentielle.  La  nature 
lymphatique  de  la  glande  de  Blanchard  ne  peut  faire  aucun 
doute  ;    mais    cet   organe    est-il    lymphogène  ?    Cuénot    (1897) 


SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910  27 

conclut  par  la  négative.  Cependant,  il  a  observé  des  karyo- 
kinèses  dans  les  éléments  germinatifs.  Or  ces  éléments  sont 
identiques  aux  leucocytes  stade  I  de  la  cavité  générale.  De 
mon  côté,  je  n'avais,  jusqu'à  ces  derniers  temps,  jamais  observé 
de  mitoses.  Par  conséquent,  il  me  restait  un  doute. 

La  preuve  directe  était  donc  à  faire.  Dans  des  conditions  où 
les  éléments  libres  du  sang  sont  manifestement  en  voie  de 
multiplication,  rencontre-t-on  des  mitoses  dans  la  glande  de 
Blanchard  ?  Voilà  la  question  précise  à  laquelle  il  faut  répondre. 

Pour  provoquer  la  régénération  des  globules  du  sang,  j'ai 
employé  soit  la  saignée,  soit  les  injections  de  matières  inertes 
comme  l'encre  de  Chine.  Pour  saigner  un  Scorpion,  le  meilleur 
procédé  consiste  à  sectionner  largement  le  dard.  Appliquant 
ensuite  la  blessure  sur  une  feuille  de  papier  buvard  et  com- 
primant entre  les  doigts  la  région  préabdominale,  on  peut 
extraire  une  assez  grande  quantité  de  sang.  Dans  de  telles 
conditions,  le  sang  ne  se  régénère  pas,  sinon  avec  une  extrême 
lenteur.  Je  n'ai  obtenu  de  résultats  positifs  et  indiscutables  qu'à 
la  condition  de  remplacer  le  liquide  sanguin  éliminé  par  une 
quantité  à  peu  près  équivalente  de  sérum  physiologique  (NaCI 
à  0,75  °/0)  ou  d'eau  de  mer  étendue  de  trois  fois  son  volume 
d'eau  distillée.  Ou  peut  donc  supposer  que  le  facteur  essentiel 
dans  la  régénération  des  globules  du  sang,  c'est  beaucoup 
moins  la  soustraction  d'un  certain  uombre  de  leucocytes,  que 
l'existence  d'un  rapport  anormal  entre  le  nombre  des  globules 
et  le  volume  total  du  sang.  On  sait  d'ailleurs  que  chez  les 
Mammifères  le  volume  total  du  sang  se  reconstitue  très  vite 
après  saignée,  et  qu'on  aide  à  ce  processus,  après  de  grandes 
pertes  de  sang,  par  injection  de  sérum. 

On  peut  aussi  provoquer  la  régénération  sanguine  chez  les 
Scorpions  par  injection  d'encre  de  Chine  en  quantité  massive. 
Cette  encre  est  capturée  par  les  leucocytes.  Or,  on  sait  que  les 
globules  blancs,  chargés  de  matières  inertes,  ont  tendance  à 
s'agglomérer  en  amas  et  à  se  fixer  dans  les  tissus.  On  provoque 
donc  ainsi  par  voie  détournée  l'élimination  d'une  quantité  plus 
ou  moins  grande  de  leucocytes.  Les  choses  se  passent-elles  bien 
ainsi  dans  le  cas  qui  nous  occupe  ?  Des  numérations  directes 
pourraient  seules  le  démontrer  d'une  manière  certaine.  Mais 
je  n'ai  pu  les  pratiquer  avec  une  précision  suffisante.  Cependant, 
il  y  a  lieu  de  remarquer  que  le  nombre  des  leucocytes  chargés 
d'encre,  très  grand  dans  les  premières  heures  après  l'injection, 
diminue  assez  rapidement  dans  les  jours  qui  suivent,  par  suite 


28  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 

de  leur  agglomération  en  amas  volumineux,  qui  semblent  s'ar- 
rêter çà  et  là  dans  le  tissu  conjonctif.  Les  résultats  obtenus  par 
cette  méthode  sont  moins  constants  que  ceux  qui  sont  donnés 
par  la  saignée.  Il  est  en  effet  difficile  de  déterminer  a  priori  la 
quantité  d'encre  nécessaire  pour  un  individu  donné.  Or  cette 
quantité  parait  ne  pouvoir  varier  que  dans  des  limites  assez 
étroites. Trop  tue  l'animal,  trop  peu  ne  produit  pas  l'effet  attendu. 

Enfin,  on  peut  combiner  les  deux  procédés,  et  faire  suivre 
la  saignée  d'une  injection  d'encre  de  Chine  légèrement  étendue. 
Cette  manière  de  taire  ne  m'a  pas  paru  présenter  d'avantage 
sensible. 

Quoi  qu'il  en  soit,  voici  les  résultats  des  quelques  expé- 
riences que  j'ai  tentées. 

Après  une  saignée  aussi  complète  que  possible,  suivie  d'une 
injection  d'eau  salée  à.  0,75  °/0,  opérations  que  les  Scorpions 
supportent  fort  bien,  on  n'observe  rien  pendant  les  12  ou  15 
premiers  jours,  au  moins.  Plus  tard,  il  semble  que  les  leucocytes 
hyalins  stade  I  augmentent  de  nombre  dans  le  sang.  Mais 
surtout  des  mitoses  commencent  y  se  montrer  dans  la  glande  lym- 
phatique. Dans  sept  Buthus  occiiamts  préparés  et  successivement 
sacrifiés  du  15e  au  37p  jour,  j'en  ai  constamment  observé.  Elles 
étaient  particulièrement  nombreuses  dans  deux  individus 
examinés  l'un  le  17e,  l'autre  le  37e  jour.  Dans  un  seul  cas,  les 
mitoses  étaient  relativement  rares  (25°  jour).  Dans  la  glande  de 
Blanchard  de  tous  ces  Scorpions,  on  voyait  également  quelques 
noyaux  pyknotiques,  comme  on  en  rencontre  constamment 
dans  les  organes  lymphoïdes  en  voie  de  fonctionnement  actif. 
La  présence  constante  de  karyokinèses  chez  nos  animaux  en 
expérience  est  assez  significative,  si  l'on  veut  bien  considérer 
leur  extrême  rareté  dans  les  Scorpions  récoltés  au  hasard  de  la 
chasse  et  examinés  aussitôt. 

Il  reste  à  voir  si  la  multiplication  des  éléments  de  la  glande 
lymphatique  coïncide  effectivement  avec  une  augmentation  du 
nombre  des  globules  du  sang'.  A  défaut  d'une  démonstration 
directe  que  je  n'apporte  pas,  faute  d'avoir  pu  faire  des  numé- 
rations exactes,  il  convient  de  remarquer  que  les  leucocytes 
hyalins  stade  I,  les  plus  jeunes  éléments  du  sang,  sont,  com- 
parativement aux  autres  formes,  beaucoup  plus  abondants  qu'à 
l'ordinaire,  particulièrement  dans  les  deux  individus  de  17  et 
de  37  jours  signalés  ci-dessus. 

Ainsi  à  une  saignée  succède  une  régénération  sanguine  et 
une   prolifération    des    éléments    fondamentaux    de    la    glande 


SÉANCE    DC    15    FÉVRIER    1  9 1  0  29 

lymphoïde.  Il  est  à  remarquer  que  ce  processus  parait  se  pro- 
duire avec  une  vitesse  variable,  soit  par  suite  d'une  saignée  plus 
ou  moins  complète,  soit  pour  toute  autre  cause. 

Les  résultais  obtenus  après  injection  d'encre  de  Chine  sont 
comparables  aux  précédents.  J'ai  injecté  cinq  individus  que 
j'ai  sacrifiés  15,  20,  25,  30  et  35  jours  après  l'opération. 
Les  observations  de  la  glande  furent  positives  dans  tous  les 
cas,  quoique  peu  nettes  pour  les  individus  de  15  et  de 35  jours, 
qui  d'ailleurs  paraissaient  être  malades.  Chez  tous,  les  leucocytes 
chargés  de  granules  d'encre  s'étaient  agglomérés  en  très  nom- 
breux petits  amas,  d'autres  s'étaient  localisés  dans  les  interstices 
de  la  glande  de  Blanchard  et  dans  les  lamelles  des  poumons.  Au 
sujet  de  ce  dernier  organe,  signalons  une  irrégularité  singu- 
lière. Deux  des  individus  précédents  (30  et  35  jours),  avaient 
des  poumons  parfaitement  dépourvus  d'encre,  sans  que  rien 
par  ailleurs  pût  expliquer  cette  anomalie.  L'examen  du  sang 
trois  ou  quatre  jours  après  l'injection  permet  de  constater  une 
disproportion  évidente  entre  le  nombre  des  granulés  et  celui 
des  leucocytes  hyalins,  conséquence  de  l'élimination  d'un  cer- 
tain nombre  de  ces  derniers.  Enfin,  et  surtout,  des  karyoki- 
nèses  plus  ou  moins  nombreuses  se  montraient  dans  la  glande 
lymphoïde. 

Nous  pouvons  donc  conclure  sans  restrictions  :  la  glande  de 
Blanchard  est  un  organe  lymphogèue. 

En  résumé,  nous  pouvons  définir  la  glande  de  Blanchard 
des  Scorpionides  comme  un  organe  lymphogène,  non  phagocy- 
taire.  Il  est  à  remarquer  que  cette  définition  s'applique  très 
exactement  aux  organes  lymphogènes  des  Crustacés,  groupe 
qui  semble  étroitement  allié  au  précédent.  Daus  les  deux  cas, 
la  structure  est  identiquement  la  même.  La  seule  différence 
consiste  dans  le  fonctionnement,  qui  est  à  peu  près  continu 
dans  les  organes  lymphogènes  des  Crustacés  et  au  contraire 
essentiellement  paroxysmal  dans  la  glande  de  Blanchard. 


OUVRAGES  CITÉS 


1852-64.  Blanchard  (E.).  —  Organisation  du  règne  animal.  Paris. 
1897.  Cuénot  (L.).  —  Les  globules  sanguins  et  les  organes  lyniphoïdes 
<\es  Invertébrés  (Arch.  Anat.  micr.,  I). 


30  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 

1908.  Kollmann  (Max).  —  Recherches  sur  les  leucocytes  et  le  tissu 
lymphoïde  des  Invertébrés  (Ann.  Sri.  Nat.  (9),  VIII,  p.  1). 

1N93.  Kowalevsky  (A.).  —  Sur  les  organes  excréteurs  des  Arthro- 
podes terrestres  (Trav.  Congr.  int.  Zool.  Moscou,  1892). 

1908.  Sokoloff  (L).  —  Zur  Kenntniss  der  phagocylàren  Organe  von 
Scorpio  indiens  (Zool.  Ans.  XXXIII,  p.  499). 

1886.  Houssay  (F.).  —  Sur  la  lacune  sanguine  périnerveuse  dite 
artère  spinale  chez  les  Scorpions  et  sur  l'organe  glandulaire 
annexe  (C.  B.  Ac.  Se*.,  CIV,  p.  120). 


DESCRIPTION  D'UNE  VARIÉTÉ  NOUVELLE  DE 
L'OLIGODON  HERBE R Tl  BOULENGER,  PROVENANT  DU  TONKIN 


PAR 


Le  D'  Jacques  PELLEGRIN. 

Les  Oligodon  sont  des  Colubridés  aglyphes  dont  on  connaît 
à  l'heure  actuelle  vingt-deux  espèces  répandues  dans  le  sud 
de  l'Asie,  principalement  dans  la  région  indienne  et  dans  la 
Malaisie;  Tune  d'elles  habite  même  la  Syrie  et  la  Basse-Egypte. 

Parmi  les  très  intéressantes  collections  de  Reptiles  et  Batra- 
ciens adressées  du  Tonkin  au  Muséum  par  M.  P.  Eberbardt, 
inspecteur  de  l'agriculture  en  Indo-Chine  et  actuellement 
précepteur  de  l'empereur  d'Annam,  se  trouve  un  Oligodon 
capturé  dans  la  région  d'Hanoï,  pour  lequel  il  y  a  lieu, 
semble-t-il,  d'établir  une  variété  nouvelle  qui  se  rapporterait 
à  YOligodon  Herberti  Boulenger. 

C'est,  d'après  les  dires  de  M.  le  Dl  Mocquard,  auquel  on 
doit  une  étude  des  plus  complètes  sur  les  Reptiles  de  l'Indo- 
Chine(l),  la  première  fois  que  le  genre  est  rencontré  au  Tonkin. 

Oligodon  Herberti  Boulenger,  var.  Eberhardti  nov.  var. 

La  portion  de  la  plaque  rostrale  visible  au-dessus  est  égale 
à  sa  distance  de  la  frontale.  La  plaque  nasale  n'est  pas  divisée. 
Il  n'y  a  pas  d'internasales,  la  rostrale  étant  placée  entre  les 
nasales  et  en  contact  en  arrière  avec  les  préfrontales.  La  fron- 
tale est  notablement   plus   longue  que   sa  distance  au  bout  du 

(1)  F.  Mocquard.  —  Les  Reptiles  de  l'Indo-Chine.  Conférence  faite  au  Muséum 
d'histoire  naturelle  (Revue  coloniale,  1907). 


SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910  31 

museau,  sa  longueur  égalant  celle  des  pariétales.  La  préfron- 
tale est  en  contact  latéralement  avec  la  seconde  labiale.  Il 
existe  une  préoculaire  et  une  postoculaire,  une  temporale 
allongée,  suivie  de  deux  autres  plus  comtes.  On  compte 
6  labiales  supérieures,  la  seconde  et  la  troisième  en  contact 
avec  l'œil;  il  y  a  aussi  6  labiales  inférieures  de  chaque  côté, 
la  première  seule  s'unit  à  l'opposée  par  une  suture  médiane, 
la  quatrième  est  de  beaucoup  la  plus  développée.  On  distingue 
deux  paires  de  plaques  mentonnières  ;  les  antérieures,  près  de 
deux  fois  plus  longues  que  les  postérieures,  sont  en  contact  en 
avant  avec  les  premières  et  secondes  labiales  inférieures  et 
latéralement  avec  les  troisièmes  et  une  partie  des  quatrièmes. 
Les  écailles  sont  en  13  rangées  transversales  sur  le  corps.  On 
compte  169  plaques  ventrales,  37  sous-caudales  doubles. 
L'anale  est  divisée. 

La  coloration  est  des  plus  caractéristiques  :  la  teinte  générale 
du  dessus  du  corps  est  brun  grisâtre,  avec  de  chaque  côté  une 
ligne  longitudinale  brun  foncé  pointillée  en  haut  de  clair,  et  à 
la  partie  médiane  une  série  longitudinale  de  taches  losangiques, 
gris  clair,  bordées  de  parties  sombres  brun  noirâtre,  formant 
des  X  bien  marqués.  Un  collier  blanchâtre,  oblique,  de  chaque 
côté  du  cou,  se  dirige  en  avant  sur  les  pariétales.  La  tète  est 
brun  foncé,  avec  deux  taches  claires,  l'une  en  avant,  l'autre  en 
arrière  de  l'œil.  Sur  la  queue,  les  taches  médianes  se  con- 
fondent pour  former  une  ligne  vertébrale  claire,  bordée  de  noi- 
râtre. Les  plaques  ventrales  du  dessous  du  corps  sont  tantôt 
rouge  corail,  tantôt  mi-partie  rouge  corail,  mi-partie  noires, 
tantôt  complètement  noires,  formant  ainsi  un  dessin  alterné 
fort  agréable  ;  la  teinte  rouge  prédomine  sur  les  plaques  sous- 
caudales. 

N°  08-13.  Tana  Dao,  au  nord-ouest  de  Hanoï  (Tonkin)  :  P.  Eberhardt. 
Longueur  :  372  +  66  =  438  millimètres. 

Cet  Ophidien  est  tout  à  fait  remarquable  parmi  les  Oligodon, 
par  ses  écailles  sur  13  rangées  transversales  (au  lieu  de  15  ou 
17  comme  chiffre  habitue!)  et  par  l'absence  de  plaques  inter- 
nasales, double  caractère  qu'il  partage  seulement  avec  une 
forme  récemment  décrite,  X Oligodon  Herberti  Boulenger  (1), 
de  Mogok  (H,e  Birmanie).  Il  constituerait  donc  une  variété  de 
cette   dernière  espèce,  dont  il    se  distinguerait  principalement 

(1)  J.,  Bombay  Soc,  XVI,  1905,  p.  235,  pi.  i,  fig.  1. 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  -  .". 


32  séance  nu   15  février  1910 

par  le  moindre  nombre  de  ses  gastrostèges  (V.  169  au  lieu  de 
189-190)  et  par  sa  coloration  fort  difiérente. 


RICHARD  BOWDLER  SHARPE 

PAR 

Françoise-Marie  OLLIVIER 

Il  n'est  plus,  le  grand  savant  si  bon,  si  souriant  qu'il  m'a 
été  donné  d'approcher,  en  juin  dernier,  dans  son  domaine  du 
South  Kensington  Muséum  (Natural  History)  de  Londres  ;  il  a 
fallu  moins  d'une  semaine  de  maladie  pour  réduire  à  néant 
cette  extraordinaire  vitalité  faite  homme,  pour  l'éloigner  à  tout 
jamais  de  son  merveilleux  royaume  ailé  et  de  ses  collabora- 
teurs, ses  amis,  qui  pleurent  ce  travailleur  acharné. 

Mais  son  œuvre  le  rend  immortel,  car  le  Muséum  lui  doit 
une  grande  part  de  sa  splendeur,  de  sa  richesse,  et  ses  écrits, 
dont  la  liste  est  longue  et  qui  en  font  un  des  écrivains  les 
plus  féconds  de  son  temps,  rempliraient  à  eux  seuls  une  bi- 
bliothèque. 

A  16  ans,  il  commençait  son  premier  ouvrage  qu'il  donnait 
à  22  :  u  Étude  sur  les  Martins-Pêcheurs  »,  4  volumes  illustrés 
de  121  planches  coloriées. 

Cette  œuvre  remarquable  lui  valut,  à  cette  époque  de  sa 
touie  jeunesse,  les  éloges  d'un  grand  naturaliste,  lequel  a  salué 
à  l'apparition  de  l'ouvrage  une  ère  nouvelle  dans  l'histoire  de 
l'ornithologie  —  cette  prédiction  s'est  bien  confirmée  dans  la 
suite. 

On  doit  à  R.  Bowdler  Sharpe  le  Grand  catalogue  des  Oiseaux, 
fait  en  collaboration  avec  M.  Ogilvie  Grand,  son  collègue,  et 
deux  autres  naturalistes. 

Cet  ouvrage  se  compose  de  27  volumes  qui  passent  en  revue 
11.548  espèces;  pour  sa  part,  Shaupe  écrivit  11  volumes  qui 
comprennent  5.181  espèces  :  c'est  dire  quelle  était  sa  puissance 
de  travail. 

Une  autre  publication  officielle  que  l'on  doit  à  Sharpe  est  le 
«  Hand  List  of  Birds  »  en  5  volumes  —  le  dernier  a  été  achevé 
quelques  semaines  seulement  avant  sa  mort. 


R.    BOWDLER    SHARFE 

PRÉSIDENT    d"hONNFUH    DE    LA.    SOCIÉTÉ    ZOOLOGIQUE    DE    FRANCE    EN    I906 

(Cli:hé  publié  avec  l'autorisation  de  MM.  Withekby  and  Co.  éditeurs. 


SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1010  33 

Mais  il  faudrait  des  pages  pour  énumérer  tous  ses  ouvrages, 
pour  relater  tous  ses  écrits,  et  la  place  m'est  mesurée  ici. 

En  1872,  à  l'âge  de  25  ans,  R.  Bow.ller  Sharpe  quittait  les 
grandes  librairies  où  il  satisfaisait  à  loisir  sa  passion  des  livres 
traitant  les  questions  ornilhologiques,  pour  entrer  au  Muséum 
où,  depuis  cette  époque  de  sa  vie  jusqu'à  sa  dernière  heure,  il 
s'occupa  des  Oiseaux  et  travailla  à  enrichir  la  collection  dont 
il  avait  la  charge. 

Gai,  séduisant,  spirituel,  il  mettait  en  action  tous  ses  talents 
de  persuasion,  d'adresse,  pour  obtenir  du  collectionneur  le  trésor 
qu'il  convoitait,  ou  de  l'explorateur  les  spécimens  que  celui-ci 
gardait  précieusement  comme  souvenirs  de  voyages  et  le  Muséum 
qui,  à  son  arrivée,  comptait  36.000  spécimens  ornithologiques, 
en  possède  plus  d'un  demi-million  maintenant. 

Car  des  collections  entières  furent  incorporées  dans  la 
collection  nationale,  la  plus  belle  du  monde  :  qui  n'a  admiré 
celle  des  Oiseaux- Mouches,  si  variée,  où  toutes  ces  petites 
merveilles  de  la  Nature  sont  offertes  aux  regards  dans  leurs 
attitudes  familières  et  familiales? 

Le  colonel  Wardlavv  Ramsay,  en  faisant  don  de  sa  magni- 
fique collection  d'Oiseaux  d'Asie  formée  par  le  marquis  de 
Tweedale,  écrivait  à  Sharpe  :  «  Je  ne  )a  donne  au  Muséum  que 
parce  que  vous  y  êtes  et  que  je  suis  certain  qu'il  lui  sera  fait 
justice.   » 

R.  Bowdler  Sharpe  fut  vivement  remarqué  au  Congrès  de 
Budapest  en  1891  ;  il  en  fut  une  des  lumières  :  l'Empereur 
d'Autriche  lui  décerna  la  Médaille  d'or  des  Arts  et  de  la 
Science  ;  l'Université  d'Aberdeen,  à  son  retour,  avec  une 
adresse,  lui  conféra  le  degré  de  L.  L.  D. 

En  1895,  Bowdler  Sharpe  fut  promu  au  poste  nouvellement 
créé  d'  «  Assistant-Keeper  »  de  la  section  des  Vertébrés,  laquelle 
embrasse  les  Mammifères,  les  Reptiles  et  les  Poissons.  Cette 
même  année,  se  tint  à  Leyde  un  Congrès  ornithologique  où 
Sharpe  fut  gracieusement  invité  par  les  reines  à  faire  une 
conférence,  en  présence  de  Leurs  Majestés.  Le  sujet  était  : 
«  Curiosités  de  la  vie  des  Oiseaux.  » 

Il  vint  à  Paris  au  Congrès  de  1900  et  présida  celui  de  1905, 
qui  fut  un  véritable  succès  et  qui  se  tint  à  Londres  :  hélas,  la 
plus  populaire  des  physionomies  de  savant  ne  rayonnera  pas 
sur  l'Assemblée  internationale  de  cette  année  1910. 

Bowdler  Shakpe  fonda,  en  1892,  le  «  Biitish  Ornithoiogist 
Club  »  dont  il  sut  faire  un  des  centres  les  plus  actifs  du  monde 


:)\  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1010 

scientifique,  où  l'on  travaille  et  où  l'on  se  divertit  également  et 
de  tout  cœur  :  Sharpe  y  avait  apporté  ses  deux  notes  person- 
nelles de  traveil  et  de  gaieté  qui  étaient  sa  caractéristique. 

En  1906,  Sharpe  fut  nommé  président  d'honneur  de  la  Société 
zoologique  de  France,  où  il  ne  comptait  que  des  amis. 

Mais,  comme  le  dit  si  bien  M.  C.  E.  Fagan,  Assistant- 
Secretary  au  Muséum,  l'auteur  d'un  véritable  monument  litté- 
raire à  la  mémoire  de  Bowdler  Sharpiî,  son  ami,  qu'il  a  fait 
paraître  dans  le  «  British  Birds  Magazine  illustrated  »  comme 
cadre  à  une  superbe  photographie  du  savant  ornithologiste, 
Magazine  à  qui  j'ai  emprunté  une  grande  part  de  ce  qui 
précède,  avec  la  permission  de  M.  Witherry,  l'éditeur  de  cette 
intéressante  revue  où  le  lecteur  pourra  lire  tout  ce  que  je  n'ai 
pas  la  place  de  reproduire,  la  merveilleuse  collection  que 
Sharpe  aimait  tant  et  qui  était  son  œuvre  restera  pour  la 
postérité  le  plus  beau  monument  de  sa  vie  de  travail. 

R.  Bowdler  Sharpe  meurt  à  62  ans  dans  la  matinée  de  cette 
fête  de  Noël  «  Christmas  »,  si  chère  à  nos  amis  d'Angleterre, 
laissant  une  veuve  et  dix  filles  qui  consoleront  leur  mère,  des 
suites  d'un  refroidissement  pris  le  16  décembre,  et  cette  mort 
est  un  deuil  pour  la  Nation  anglaise  et  pour  la  Science  qui  n'a 
pas  de  frontière. 


UN   NOUVEAU   TRÉMATODE 

CEPHALOGONTMUS  EUROPE  US,  PARASITE  INTESTINAL 

DE  RANA  ESC  U  LE  N  TA  L. 

PAR 

L.     BLAIZOT 

Diagnose.  —Corps  aplati,  très  transparent  dans  la  partie  antérieure, 
brun  jaunâtre  dans  la  partie  postérieure  à  cause  de  la  présence  des 
œufs.  — Tégument  recouvert  de  piquants  dans  les  deux  tiers  antérieurs 
du  corps.  —  Ventouse  antérieure  sub-terminale,  plus  grande  que  la 
ventouse  ventrale.— Pharynx  peu  développé,  oesophage  se  bifurquant 
en  avaut  de  la  ventouse  ventrale,  a  distance  de  celle-ci  ;  caecums  intes- 
tinaux simples,  droits,  se  terminant  un  peu  en  arrière  du  milieu  du 
corps.— Testicules  arrondis,  médians,  situés  l'un  derrière  l'autre,  l'an- 
térieur affrontant  en  avant  le  bord  postérieur  de  la  ventouse  ventrale  ; 
grosse  vésicule  séminale,  située  au  niveau  de  la  bifurcation  de  l'oeso- 
phage ;  prostate  développée,  canal  éjaculateur  pointant  en  avant  vers 
la  ventouse  buccale  — Ovaire  arrondi,  situé  à  droite  et  en  arrière  de  la 
ventouse  ventrale  ;  receptuculum  seminis  présent  ;  les  deux  vitellogènes, 
diffus  et  allongés,  surtout  développés  à  leur  partie  antérieure,  occupent 


SÉANCE    DU     lo    FÉVRIER    1910 


35 


a 

Vi 


l'espace  compris  entre  les  caecums  intestinaux  et  les  bords  de  l'animal  ; 
ils  n'atteignent  pas  en  arrière  l'extrémité  des  caecums;  utérus  situé 
principalement  dans  l'extrémité  pos- 
térieure du  corps,  fondamentale  - 
ment  constitué  par  deux  branches  à 
trajet  longitudinal,  très  sinueu>es, 
qui  s'entrecroisent  en  arrière  du 
testicule  postérieur  et  se  jettent 
l'une  dans  l'autre  par  une  branche 
transversale  en  avant  de  la  vésicule 
excrétrice;  il  se  termine  en  avant, 
près  de  la  ventouse  buccale,  après 
avoir  longé  le  bord  interne  du  canal 
éjaculateur.  —  Vésicule  excrétrice 
subterminale,  très  développée,  pro- 
longée latéralement  par  trois  ou 
quatre  branches  divisées. 

Dimensions.  —  Longueur  totale, 
2llim.  iù;  largeur,  0mm,60. 

Diamètre  de  la  ventouse  buccale, 
0mm,  30  ;  diamètre  de  la  ventouse 
ventrale,  0mm,20. 

Longueur  des  ceecums  intestinaux, 
à  partir  de  la  bifurcation  de  l'oeso- 
phage. 0m,n,85  ;  distance  de  l'extré- 
mité des  ceecums  à  l'extrémité  pos- 
térieure du  corps,  0mm,  fc>5. 

Œufs,  39  (x  x  22  n. 

Comme  points  non  élucidés 
dans  cette  description,  il  y  a  : 
la  présence  du  canal  de  Laurer, 
que  je  n'ai  pas  pu  voir,  et  la 
situation  exacte  du  pore  génital 
que  je  ne  peux  pas  préciser;  mais 
d'après  la  direction  du  canal 
éjaculateur  et  par  comparaison 
avec  ce  qu'on  connaît  de  Cepha- 
lor/onimus  americanus  St.,  dont 
il  va  être  question,  il  doit  être 
placé  au  niveau  du  centre  de  la 
ventouse  buccale. 

J'ai   trouvé    ce   Trématode    au 


Ceplialogonimus  europœus 
n.  sp.  (X  45). 

C,  caecum  intestinal  ;  Œ.  œsophage  ; 
Ov,  ovaire  ;  F' h,  pharynx  ;  Pr, 
prostate  :  Fts,  rectptaculum  semi- 
nis  ;  T.  testicules  ;  Ut,  utérus  ;  Va, 
vagin  ;  Vb,  ventouse  buccale  ;  Ve, 
vésicule  excrétrice  ;  Vi,  vitellogè- 
nes  ;  Vs,  vésicule  séminale  ;  Vv 
ventouse  ventrale. 


mois    de    février,    dans    le   duo- 
dénum de  plusieurs  Rana  esculenta  L.  provenant   du  Jura.  Il 
vit  dans  l'intestin  à  la  manière  des  Pleurogenes  ou  de  Distomum 
endolobum  D u j . ,  par  exemple,  simplement  fixé  à  la  muqueuse 


36  SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 

par  sa  ventouse  buccale,  et  sans  produire  de  lésions  appré- 
ciables à  l'examen  direct. 

C'est  un  parasite  qui  doit  être  très  rare  en  Europe,  et  qui 
doit  vivre  dans  des  foyers  bien  localisés  ;  c'est  du  moins  l'idée 
qu'on  s'en  fait,  si  on  songe  au  nombre  considérable  de  recherches 
qui  ont  porté  sur  les  Trématodes  des  Amphibiens  dans  nos 
pays,  et  surtout  aux  récentes  statistiques  faites  par  Mlhlii^g  (1) 
en  Allemagne. 

J'ai  été  naturellement  amené  à  me  demander  s'il  s'agissait 
là  d'une  espèce  nouvelle,  ou  bien  si  ce  Trématode  n'était  autre 
que  Cephalogonimus  americanus,  découvert  récemment  par 
Stafford  (2)  au  Canada,  et  qu'on  rencontrerait  pour  la  première 
fois  en  Europe.  C'est  surtout  sur  les  caractères  distinctifs 
suivants  que  j'ai  basé  mon  opinion  : 

G.  europœus  n.  sp.  |        C.  americanus  St.  1902. 

Rapport  du  diamètre  des  ventouses  : 

B       30 

V  ~~  20 


H       0,26x0,24        0,25 

V  =  0,21  X  0,23  =  ÔT2  (m°yenne) 


Longueur  des  caicums 


*^ 


0n 


Distance  de  l'extrémité  du  ca3cuni  à  l'extrémité  postérieure 

du  corps  : 


0mm,  85 
(pour  un  Ver  long  de  2mm,  4b) 


0»"",  80 
(pour  un  Ver  long  de  2mm  78) 


Dimension  des  œufs  : 
39p.  X  22ri  |  ;j2[A  x  27{i 

Branches  utérines  : 

non  croisées 


croisées 

(dessin  de  Stafford) 

Il  ressort  de  ce  tableau  que  C.  americanus,  entre  autres  carac- 
tères différentiels,  a  les  caecums  intestinaux  proportionnelle- 
ment plus  longs  et  les  œufs  de  plus  grande  dimension  que 
C.  européens.  D'ailleurs  la  forme  des  vitellogènes  ne  parait  pas 
être  absolument  la  même  dans  les  deux  espèces  (dessin  de 
Stafford). 

(1)  Miim.iNG.    flelminthen   Fauoa    der    Wiibeltiere   Ostpreussens  [Arch.    Nalurg. 
1898.  LX1V,  p.  93). 

(2)  Stafkord.    Cephalogonimus    americanus    (new    species)    (Central.    Bakter. 
Original,  1902,  XXXII,  p.  719). 


SÉANCE    DU    15    FÉVRIER    1910 


37 


La  sous-famille  des  Céphalogonines,  telle  que  Looss  Ta  fon- 
dée en  1899  (1),  est  encore  peu  nombreuse  ;  elle  comprend  a 
l'heure  actuelle  les  espèces  suivantes  : 

Chez  les  Reptiles  :  Cephalogonimus  Lenoiri  Poirier  1886  (2), 
intestin  du  Tetrathyra  Vailland  Roch  ;  Sénégal. 

Chez  les  Amphibiens  :  C.  americanus  Stafl'ord  1902,  intestin 
de  Rana  virescens  et  R.  clamata;  Canada. 

C.  européens,  n.sp.,  intestin  de  Rana  esculenta  L.  ;  France. 

Chez  les  Poissons  :  Leptalea  exilis  Looss  1899(3),  intestin  de 
Bagrus  bayad  C.  V.  ;  Egypte. 

Le  genre  Cephalogonimus  a  contenu  pendant  quelque  temps 
des  espèces  qui  en  ont  été  retranchées  dans  la  suite.  En  ne 
tenant  compte  que  de  la  situation  du  pore  génital,  Sonsino  (4)  y 
avait  fait  rentrer  Distomum  ovation  Rud.,et  Railliet  (5)  y  avait 
également  annexé  D.  pellucidum  v.  Linst.  Cette  manière  de 
comprendre  le  genre  Cephalogonimus  dans  un  sens  extensif,  a 
été  acceptée  par  Monticklli  (6),  puis  par  Stiles  et  Hassall  (7). 
Mais  en  1899,  indépendamment  l'un  de  l'autre  et  presque  en 
même  temps,  M.  Luhe  (8)  et  Looss  (9)  ont  exclu  du  genre 
Cephalogonimus  les  deux  espèces  précédentes  et  ont  créé  pour 
elles  un  nouveau  genre  :  Prosthogonimus  Lûhe  =  Prypnoprion 
Looss.  Voici  les  caractères  distinctifs  invoqués  par  Looss  pour 
établir  cette  division  : 


Genre  Cephalogonimus  Poirier. 

Ventouse  ventrale  très  petite, 
Vésicule  séminale  renflée  , 
Testicules  médians, 
Ovaire  non  lobé. 


Genre  Prymnoprion  (10)  Looss. 

Ventouse  ventiale  développée, 
Vésicule  séminale  grêle, 
Testicules  latéraux, 
Ovaire  profondément  lobé. 


(1)  A.  Looss.  Weiter©  Beitrâge  zur  Kenntnis  der  Trematoden-Fauua  ^Egyp- 
tens,  etc..  (Zool.  Jahrb.  Syst.  1899.  XII,  p.  521). 

(2.  J.  Poirikr.  Trématodes  nouveaux  ou  peu  connus  [Bull.  Soc.  philom.  1886,  (7', 
X,  p.  2V. 

(3)  A.  Looss,  hc.  cit. 

(4)  Sonsino.  Un  nuovo  Distoma  del  sottog.  Polyorchis  St.  [Proc.  verb.  Soc. 
tosc.  Sci.  nat.  1890). 

(5)  Railliet    Traité  de  zoologie  médicale  et  agricole.  2»  édition.   1895,  p.  369. 

(6)  Monticelli.  Stud.  s.  Trematod.  endop.  Prim.  contrib.  Distoiu.  [Zool.  Jahrb. 
1893,  p.  157). 

(7)  Stiles  and  Hassall.  Au  inventory  on  the  gênera,  etc..  {Arc h.  Parasit.  1898, 
I,  p.  85). 

(8)  M.  Luhe.  Z.  Kennt.  einig.  Distom.  [Zool.  Ans.  1899.  XX,  p.  539). 
'9)  A   Looss,  loc.  cil. 

(iCTi  J'emploie  ici  le  terme  Prymnoprion,  parce  qu'il  s'agit  des  caractères  donnés 
par  Looss  ;  mais  c'est  Prosthogonimus  qui  a  la  priorité. 


38  SÉANCE    DU     15    FÉVRIER    1910 

Au  moment  où  cette  distinction  a  été  fondée,  le  genre 
Gephalogonimus  au  sens  de  Looss  ne  comprenait  qu'une  seule 
espèce,  celle  de  Poirier.  Il  est  remarquable  de  constater  que 
les  deux  espèces  découvertes  dans  la  suite  ont  donné  raison  à 
Looss,  car  elles  ne  montrent  pas  de  fluctuation  des  caractères 
que  Looss  avait  considérés  comme  fondamentaux  du  genre.  11 
faut  également  remarquer,  maintenant  que  les  deux  groupes 
sont  suffisamment  étendus,  que  Céphalogonimines  et  Prostho- 
gonimines  se  distinguent  également  par  leur  habitat  ;  les 
seconds  sont  exclusivement  parasites  des  Oiseaux;  les  premiers 
sont  parasites  des  Vertébrés  à  sang  froid,  et  on  en  connaît 
maintenant  dans  les  trois  classes  ;  mais  on  ignore  encore  com- 
plètement leur  évolution. 


XVII0  ASSEMBLÉE  GENERALE  ANNUELLE 


Séance  du  22  février  1910. 

PRÉSIDENCE   DE   MM.   N.    DE   ZOGRAF,   PRÉSIDENT    D'HONNEUR, 
ET   H.    COUTIÈRE,    PRÉSIDENT. 

Sont  présents  :  MM.  Alluaud,  de  Beauchamp,  Benoit-Bazille, 
M"0  Bignon,  MM.  R.  Blanchard,  Brément,  Mmr  Chatton, 
MM.  Chatton,  Clément,  Cou  itère.  Cuénot,  Derreuil,  A.  Dollfus, 
Dyé,  Fauré-Fremiet,  Cadeau  de  Kerville,  Germain.  Grobon, 
Dr  Gromier.  Gromier,  Hallez.  Hérouard.  Joubin,  Lamy,  Loyer, 
Lucet,  Marchal,  Menegaux,  Neveu-Lemaire,  Mme  Ollivier, 
MM.  Pellegrin,  Pérez,  Mmo  Petit,  Mlle  Petit,  MM.  Petit,  Pic, 
Policard,  Reyckaert,  Mmc  Rorert,,  MM.  Robert,  Semichon  , 
Trouessart,  Vignal,  Vlès,   A.  de  Zograf,  N.   de  Zograf.  A.  de 

ZULUETA. 

M.  H.  Coutière,  président,  souhaite  la  bienvenue  à  M.  le 
professeur  Nicolas  de  Zograf,  de  l'Université  de  Moscou,  direc- 
teur de  la  section  zoologique  du  Musée  polytechnique,  président 
d'honneur  de  l'Assemblée  générale  de  1910. 

M.  le  professeur  N.  de  Zograf,  président  d'honneur,  prononce 
le  discours  suivant  : 

«   Mesdames,  Messieurs, 

Je  regrette  infiniment  de  ne  pas  pouvoir  parler  en  bon  fran- 
çais, cette  laugue  si  musicale,  si  élaborée,  la  langue  des  Balzac, 
Flaubert,  Victor  Hugo,  Daudet.  Mais  cela  ne  m'empêche  pas 
de  vous  exprimer  les  sentiments  de  ma  plus  profonde  gratitude 
pour  ce  grand  honneur  que  vous  m'avez  fait,  pour  ce  grand 
plaisir  que  vous  m'avez  offert  en  me  permettant  de  visiter 
encore  une  fois  Paris,  cette  capitale  du  génie  et  de  la  science. 


40  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

C'est  à  Paris  que  j'ai  suivi  les  cours  de  Claude  Bernard,  de 
Quatrefages,  Paul  Broca,  Alphonse  Milne-Edwards  ;  c'est  à 
Paris  qu'a  fait  ses  études  mou  regretté  maître,  le  professeur 
Anatole  Bûgdanov,  disciple  d'Isidore  Geoffroy-Saint-Hilaire, 
de  Flourens  et  de  Gratiolet. 

Et  c'est  à  Paris,  en  présence  des  savants  français,  que  je 
désire  rendre  compte,  pour  ainsi  dire,  de  ce  que  nous,  qui 
comptons  parmi  nos  maîtres  les  noms  glorieux  de  la  France, 
avons  fait  en  zoologie  à  Moscou. 

Les  sciences  naturelles  sont  venues  en  Russie  par  l'intermé- 
diaire des  Allemands.  La  Russie  n'avait  jusqu'au  xvuie  siècle 
que  des  savants  théologiens  gréco-byzantins,  et  les  premiers 
fondateurs  de  l'Académie  des  sciences  de  Saint-Pétersbourg, 
ouverte  par  l'Impératrice  Catherine  F",  sont  venus  d'Allemagne. 

Il  en  est  de  même  pour  les  premiers  professeurs  de  la  plus 
ancienne  des  Universités  russes,  celle  de  Moscou,  fondée  en 
1755  par  l'Impératrice  Elisabeth.  Quoiqu'il  y  ait  eu  parmi  les 
savants  russes  d'origine  allemande  de  grands  savants,  des 
noms  glorieux,  comme  ceux  des  Pallas,  Caspar-Frédéric  Wolf, 
Charles-Ernest  de  Baer,  Pander  et  autres,  la  science  ne  se 
répandait  pas  dans  le  pays,  restait  loin  du  peuple,  ne  devenait 
pas  nationale. 

C'est  surtout  à  l'aide  d'un  Français  qu'elle  a  commencé  à 
devenir  un  trésor  national,  et  en  vous  rappelant  ce  fait  je  me 
permets  encore  une  fois  d'exprimer  les  remerclments  d'un 
grand  groupe  de  savants  russes  aux  savants  français. 

Ce  Français,  c'était  Charles-François  Rouillet,  professeur  à 
l'Université  de  Moscou,  homme  d'un  grand  talent  et  d'une 
érudition  exceptionnelle.  C'estlui  qui  a  fondé  la  première  école  de 
zoologie  russe,  et  c'est  le  premier  pionnier  qui  a  dirigé  les 
forces  savantes  russes  pour  secouer  le  joug  de  nos  confrères 
allemands.  Ses  disciples,  principalement  le  professeur 
Bogdanov,  continuèrent  cette  lutte,  et  l'ont  finie  avec  un  succès 
si  décisif,  que  nous  ne  nous  souvenons  plus  à  présent  de  cette 
période  de  lutte  pour  la  nationalisation  de  la  zoologie,  quoi- 
qu'elle ne  soit  pas  très  éloignée. 

Rouillet  enseig-nait  dans  un  temps  où  on  se  souciait  encore 
peu  des  musées,  des  laboratoires.  Ce  sont  ses  disciples  qui 
ont  été  les  premiers  fondateurs  de  ces  établissements  :  Bogda- 
nov, du  Laboratoire  zoologique;  le  même  et  Oussov,  du  Jardin 
zoologique  ;  Borsenkow,  de  l'Institut  d'anatomie  comparée. 


N  DE   ZOGRAF 


J3ro/i:i\r,-/u'  a  l'Université  de-Moscou 

Président  d'Jïo7meur 

ae  faSociete  Zooloaiaue  </<■  France  en  ffllO 

.;   Scîratzpnberger.Pans. 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1010  41 

A  présent,  notre  ville  possède  déjà  un  nombre  assez  grand 
d'institutions  zoologiques,  et  je  vais  avoir  le  plaisir  de  vous  faire 
connaître  quelques-unes  d'entre  elles. 

Il  y  a  huit  ans,  les  institutions  zoologiques  de  l'Université 
de  Moscou  ont  été  transférées  dans  un  nouveau  grand  bâtiment. 
Cet  édifice  renferme  l'Institut  d'anatomie  comparée,  dirigé  par 
le  professeur  de  Menzbier,  le  laboratoire  de  zoologie  dirigé 
par  moi,  et  le  Musée  zoologique  avec  un  laboratoire  dirigé 
par  le  professeur  Kojévnikov.  Cet  édifice  renferme  les  salles 
pour  les  travaux  pratiques  de  zoologie  et  d'anatomie  comparée, 
les  laboratoires  pour  les  études  spéciales,  ainsi  que  deux  am- 
phithéâtres, un  pour  300,  l'autre  pour  100  étudiants. 

La  zoologie  et  l'anatomie  comparée  sont  enseignées  par  trois 
professeurs,  M.  de  Menzbier,  moi  et  M.  Kojévmkov,  et  par  neuf 
professeurs  agrégés.  M.  de  Menzbier  est  aidé  par  un  chef  de  labo- 
ratoire et  deux  assistants,  moi  de  même;  M.  Kojévnikov  a 
deux  conservateurs  pour  le  musée  et  deux  assistants  pour  le 
laboratoire.  M.  de  Menzbier  fait  les  cours  d'introduction  à  la 
zoologie,  de  zoologie  des  Vertébrés  et  d'anatomie  comparée 
des  Vertébrés  ;  j'enseigne  l'embryogénie  générale,  la  zoologie 
expérimentale,  l'histoire  de  la  zoologie  et  la  zoologie  pour  les 
médecins;  M.  Kojévnikov,  la  zoologie  des  Invertébrés,  la  zoo- 
géographie et  la  théorie  darwinienne.  Les  professeurs  agrégés 
ou  privat-docents  font  pour  la  plupart  des  cours  spéciaux.  Les 
leçons  pratiques  sont  très  abondantes.  Les  salles  du  nouveau 
bâtiment  ne  sont  pas  assez  vastes;  c'est  pourquoi  on  doit  former 
des  groupes  ne  dépassant  pas  25  étudiants.  Grâce  à  cet  obs- 
tacle fâcheux,  nos  chefs  de  travaux  et  assistants  sont  encombrés 
de  travail,  et  nous  faisons  tous  les  efforts  possibles  pour  rendre 
leur  tâche  moins  difficile. 

En  mon  laboratoire,  les  leçons  pratiques  comprennent  des 
leçons  primaires  pour  les  commençants,  durant  un  an,  pour 
faire  connaître  les  formes  typiques  du  règne  animal.  Une  autre 
année  est  employée  pour  apprendre  la  zoologie  des  Invertébrés 
et  l'embryologie.  Les  étudiants  qui  se  spécialisent  en  zoologie 
suivent  un  cours  au  laboratoire  spécial,  qui  dure  deux  ans.  Le 
plus  souvent  ils  choisissent  quelque  thème  spécial,  et  quelque- 
fois leurs  travaux  présentent  un  intérêt  particulier  et  viennent  à 
être  publiés  dans  quelque  journal  spécial. 

Outre  cela,  les  étudiants  se  rassemblent  environ  deux  fois 
par  mois  dans  des  séances   pour  entendre  une  communication 


42  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

lue  par  leur  collègue  et  discuter  la  question   soulevée    par    le 
rapporteur. 

Mon  laboratoire  pour  les  études  spéciales  est  approprié  pour 
12  spécialistes,  mais  à  présent  il  y  a  25  étudiants.  Les  autres 
laboratoires  éprouvent  les  mêmes  difficultés,  qui  s'expliquent 
par  le  nombre  immense  des  étudiants  à  l'Université.  Les  quatre 
Facultés  de  l'Université  de  Moscou  comptent,  au  1er  janvier  de 
Tannée  1910,  plus  de  10.000  étudiants. 

Le  Musée  polytechnique  est  un  autre  établissement  de  Moscou, 
où  la  zoologie  joue  un  rôle  très  important.  Le  Musée  a  été 
fondé  en  1874  et  Bogdanov  était  parmi  ses  fondateurs.  Le  Musée 
est  dirigé  par  un  comité  sous  la  présidence  d'honneur  du 
grand-duc  Constantin,  présidé  par  le  prince  Golitzine.  Il  em- 
brasse six  sections  :  technologie,  physique  appliquée,  économie 
rurale,  zoologie  appliquée,  art  des  ingénieurs  et  pédagogie 
technique.  Sou  bâtiment  est  long  de  197  mètres  et  large  de  51. 
Nos  collections  zoologiques  occupent  une  surface  dépassant 
1.200  mètres  carrés. 

Quoique  la  section  zoologique  renferme  principalement  des 
collections  de  caractère  appliqué,  elle  possède  quelques  col- 
lections purement  scientifiques.  Telle  est,  par  exemple,  la  belle 
collection  des  Oiseaux  de  la  Russie  centrale,  achetée  chez  les 
héritiers  du  défunt  Martens.  Les  collections  se  divisent  en 
groupes  suivants  :  chasse,  animaux  domestiques  avec  les  beaux 
ossements  lacustres  de  Suisse  achetés  chez  le  défunt  Rutimeyer. 
pêche,  pisciculture,  aquiculture,  sériciculture,  apiculture, 
parasitologie,  entomologie  pratique,  etc.  Le  voisinage  des  col- 
lections de  zootechnie  et  de  sylviculture  de  la  section  d'éco- 
nomie rurale  permet  une  transition  naturelle  dune  section  à 
l'autre. 

A  présent  la  section  zoologique  est  sous  ma  direction.  J'ai 
été  aussi  le  premier  conservateur  de  la  section. 

Le  Musée  possède  sept  amphithéâtres,  un  pour  1 .000,  un  pour 
450,  deux  pour  200,  un  pour  150  et  deux  pour  70  auditeurs. 
Dans  ces  amphithéâtres  se  fout  les  cours  de  l'Université  popu- 
laire de  la  municipalité,  d'une  autre  Université  populaire,  de 
l'Ecole  des  hautes  études  pour  les  dames,  du  Musée  polytech- 
nique. C'est  ici  aussi  qu'est  le  siège  de  plusieurs  Sociétés 
scientifiques  de  la  vieille  capitale. 

Le  nombre  des  visiteurs  du  Musée  dépasse  160.000  par  an. 
Si  on  compte  aussi  les  auditeurs  des  cours  et  des  séances,  ce 
chiffre  va  monter  jusqu'à  400.000. 


séance  ni:  22  février  1910  43 

Le  Musée  polytechnique  est  une  entreprise  tout  à  fait  démo- 
cratique, indépendante  de  l'Etat  et  subventionnée  par  ce  dernier 
et  par  la  ville  1res  médiocrement.  Il  montre  ce  qu'on  peul 
l'aire  à  Moscou  avec  assez  d'énergie  et  le  talent  qui  distinguait 
ses  premiers  fondateurs. 

L'Ecole  des  hautes  études  pour  les  dames,  qui  compte  à 
présent  plus  de  4.000  étudiantes,  est  devenue  une  vraie  Uni- 
versité féminine.  Elle  commence  seulement  de  bâtir  ses  nou- 
veaux édifices  et  possède  de  précieux  laboratoires  pour  la 
chimie  et  la  physique,  un  admirable  institut  anatomique,  mais 
ses  laboratoires  zoologiques  se  trouvent  encore  dans  une  mai- 
son louée  et  sont  placés  assez  lamentablement.  Mais  ces  labo- 
ratoires travaillent  intensivement  et  assidûment.  La  zoologie 
est  enseignée  à  l'Ecole  par  quatre,  l'embryologie  et  l'anatomie 
comparée  par  trois  professeurs.  Les  collections,  quoique  encore 
modestes,  sont  très  intéressantes,  surtout  la  belle  collection  du 
darwinisme,  la  meilleure  en  Russie.  Les  professeurs  et  les 
assistants  sont  principalement  les  jeunes  professeurs  agrégés 
de  l'Université  de  Moscou,  et  leur  verve  pour  le  travail  est 
hors  de  concours. 

La  zoologie  est  encore  enseignée  à  l'Université  populaire,  à 
TEcole  de  médecine  pour  les  dames,  mais  ces  institutions  sont 
encore  si  jeunes,  que  nous  ne  pouvons  pas  encore  donner  un 
rapport  de  leurs  travaux. 

L'Institut  d'économie  rurale  de  Pétrovskoïé  Razoumovskoïé, 
près  de  Moscou,  possède  un  bon  et  riche  laboratoire  zoologique, 
accompagné  par  un  musée  de  zoologie  agronomique,  dirigés 
par  le  professeur  Koulaguine.  Il  est  aidé  par  un  conservateur 
et  deux  assistants. 

Moscou  possède  une  série  de  Sociétés  savantes,  qui  ont  dans 
leur  programme  les  études  et  les  investigations  de  zoologie. 

L'aînée  de  ces  Sociétés,  la  Société  impériale  des  natura- 
listes, âgée  de  plus  de  cent  ans,  célèbre  dans  le  monde  entier, 
possède  de  belles  collections  entomologiques  et  malacologiques, 
et  publie  beaucoup  de  travaux  zoologiques  et  paléontologiques. 
Ses  publications,  écrites  principalement  en  allemand  et  en 
français,  dans  ces  derniers  temps  aussi  en  russe,  sont  très 
importantes,  et  les  «  Bulletins  »  de  la  Société  sont  très  recher- 
chés par  tous  les  savants  du  monde  entier.  Ces  «  Bulletins  »  ,  ainsi 
que  les  «  Mémoires  »  de  la  Société,  sont  à  présent  rédigés  par 
le  professeur  m:  Menzrier. 


44  SÉANCE    I>U    22    FÉVRIER    1910 

En  1863.  quand  la  Société  impériale  des  naturalistes  se 
trouvait  encore  dans  les  mains  des  savants  allemands  et  ne 
publiait  pas  des  publications  russes,  un  groupe  de  savants 
naturalistes,  ayant  à  leur  tète  les  professeurs  de  l'Université  de 
Moscou  Bogdanov,  Davidov  et  Stchourovsky,  fonda  une  nouvelle 
Société  scientifique,  la  Société  impériale  des  amis  des  sciences 
naturelles,  d'anthropologie  et  d'ethnographie.  Les  fondateurs 
de  la  Société  soutenaient  le  principe,  que  la  science  ne  peut 
devenir  nationale  que  si  ses  œuvres  se  publient  en  langue 
nationale,  et  ce  principe,  au  moment  d'un  grand  mouvement 
patriotique  dans  le  pays,  a  apporté  à  la  Société  un  grand 
succès. 

En  une  vingtaine  d'années,  la  Société  est  devenue  une  vraie 
Académie  avec  des  sections  :  anthropologie,  ethnographie, 
chimie,  physique,  zoologie,  botanique,  géographie,  géodésie, 
bactériologie.  Outre  ses  mémoires  qui  ont  dépassé  le  chiffre  d'une 
centaine  de  volumes,  elle  publie  des  publications  périodiques. 
Tels  sont  la  «  Revue  d'ethnographie  »,  la  «  Revue  d'anthropolo- 
gie »,  le  «  Journal  de  géographie  ».  Le  Ie'  janvier  de  cette  année 
a  paru  la  première  livraison  d'une  nouvelle  publication  pério- 
dique. C'est  le  «  Journal  biologique  »  publié  par  la  section 
zoologique  de  la  Société.  C'est  cette  section  que  j'ai  l'honneur 
de  présider.  Mais  ce  journal  est  en  dissonance  avec  les  autres 
publications  de  la  Société.  Les  articles  qu'il  publie  peuvent 
être  écrits  en  français,  allemand  ou  anglais,  pourvu  qu'ils 
soient  suivis  d'un  résumé  en  russe.  Les  articles  écrits  en  russe 
doivent  aussi  être  suivis  d'un  résumé  écrit  dans  une  des  sus- 
dites langues. 

A  présent,  nous  n'avons  plus  besoin  de  lutter  pour  la  natio- 
nalisation de  notre  science,  et  le  nombre  de  nos  naturalistes 
est  devenu  si  grand  que  le  dernier  Congrès  des  naturalistes 
russes  qui  a  eu  lieu  à  Moscou,  pendant  les  dernières  fêtes  de 
Noël,  comptait  5.338  membres. 

J'ai  l'honneur  de  vous  présenter  cette  livraison  et  vous  y 
trouverez  des  articles  russes,  suivis  de  résumés  français  et 
allemands,  et  des  articles  français  et  allemands,  suivis  de  ré- 
sumés russes. 

La  troisième  grande  Société  naturaliste  de  Moscou,  c'est  la 
Société  impériale  russe  d'acclimatation  des  animaux  et  des 
plantes.  Elle  compte  déjà  plus  de  cinquante  ans  et  peut  être 
considérée  comme  une  Académie  des  sciences  naturelles  ap- 
pliquées. Elle  est  composée  des  sections  de  zootechnie,  orni- 


SÉANCE   Dl'    22   FÉVRIER    1910  45 

thologie,  ichthyologie,  apiculture,  botanique  appliquée,  bacté- 
riologie agronomique.  C'est  cette  Société  qui  a  fondé  en  1864 
le  premier  et  l'unique  Jardin  zoologique  de  Russie.  Dans  ce 
jardin  se  trouvent  les  principaux  établissements  et  l'hôtel  de 
la  Société. 

Le  Jardin  zoologique,  quoique  modeste  et  peu  riche,  ren- 
ferme quelques  animaux  très  rares,  principalement  ceux  qui 
proviennent  de  la  Sibérie,  de  l'Asie  centrale  russe,  de  la  Mon- 
golie et  de  la  Chine  septentrionale.  Tels  sont,  par  exemple,  les 
Cerfs  de  Sibérie,  le  Léopard  neigeux  et  le  «  Tour»  du  Caucase, 
l'Irbis  de  Transcaucasie,  le  Cheval  sauvage  de  la  Mongolie, 
le  Cheval  nu  d'Afghanistan,  les  Loups  noirs,  les  Renards 
blancs,  etc.  Le  Jardin  fait  beaucoup  d'expériences  de  métissage, 
surtout  pour  suivre  les  célèbres  lois  de  MeiNDEL  ;  il  entreprend 
aussi  des  expériences  pour  acclimater  les  animaux  et  les  plantes. 
Notre  climat  rude,  surtout  les  brusques  changements  de  la 
température,  souvent  impossibles  à  prévoir,  forment  un  obstacle 
qui  empêche  l'élevage  des  animaux  et  leur  acclimatement. 
Ainsi,  l'année  passée,  le  24  décembre,  après  un  changement 
brusque  de  la  température,  qui,  de  —  4°  au  matin,  a  baissé 
jusqu'à  — 29°  l'après-midi,  nous  avons  perdu  un  Chameau 
nouveau  né,  une  Antilope,  et  notre  intéressant  Cheval  nu  a  été 
à  grand'peine  sauvé  d'une  pneumonie  aiguë. 

La  Société  d'acclimation  possède,  outre  le  Jardin  zoologique, 
le  laboratoire  zootechnique,  le  laboratoire  de  bactériologie  agro- 
nomique, le  rucher  modèle  dans  la  forêt  d'Ismaïlovo,  le  labora- 
toire ichthyobiologique  avec  un  aquarium.  Ce  dernier  labora- 
toire, bombardé  et  brûlé  pendant  l'insurrection  de  Moscou, 
en  1903,  fut  reconstruit  grâce  à  la  protection  de  Sa  Majesté 
l'Empereur  et  à  la  générosité  du  Parlement  russe,  la  Douma, 
sur  une  autre  place  et  présente  un  grand  bâtiment  très  bien 
installé.  La  Société  possède  aussi  à  la  distance  de  presque 
100  kilomètres  de  Moscou,  près  de  la  petite  ville  de  Rouza, 
une  station  hydrobiologique  sur  les  bords  d'un  lac  résiduel  de 
Vàge  des  glaciers,  le  Lac  profond,  en  russe  Gloubocoïé  Ozero. 
C'est  la  plus  ancienne  des  stations  lacustres  de  la  Russie. 

Je  ne  veux  pas  passer  sous  silence  une  Société  très  modeste, 
la  Société  des  étudiants  naturalistes  de  Moscou,  qui  travaille 
beaucoup  en  zoologie  en  organisant  principalement  des  excur- 
sions dans  les  parties  de  la  Russie  les  plus  intéressantes.  Ainsi 
elle  a  visité  les  marais  presque  impraticables  de  la  Russie 
blanche  et  la  Lithuanie.  le  plateau  de  Karss  en  Transcaucasie, 


rlf>  SÉANCE   DU    22    FÉVRIER    1910 

les  monts  Oural,  les  steppes  des  cosaques  du  Don,  etc.  Ses 
collections  sont  déterminées  par  les  meilleurs  spécialistes  russes 
et  présentent  un  grand  intérêt  scientifique.  J'ai  l'honneur  de 
présider  cette  Société  et  elle  m'a  prié  d'offrir  à  la  Société  zoo- 
logique de  France  ses  modestes  publications. 

La  Société  impériale  russe  d'acclimatation  des  animaux  et 
des  plantes  m'a  chargé  aussi,  comme  vice-président  de  la  dite 
Société,  d'offrir  à  la  Société  zoologique  de  France  ses  dernières 
publications  et  de  remettre  à  son  éminent  président,  M.  le 
professeur  Coutière,  le  diplôme  de  membre  d'honneur  et  à 
son  savant  secrétaire  général,  le  docteur  Rorert,  le  diplôme  de 
membre  perpétuel. 

C'est  en  remplissant  cette  mission  de  la  Société  que  je  ter- 
mine ce  petit  rapport  et  en  finissant  je  prie  la  Société  zoolo- 
gique de  France  d'agréer  encore  une  fois  mes  sentiments  de 
la  plus  sincère  gratitude  et  du  plus  profond  respect.  » 

M.  le  Président  d'honneur  remet  à  M.  R.  Blanchard  le 
diplôme  de  membre  d'honneur  de  la  Société  impériale  d'accli- 
matation de  Moscou  et  dépose  des  diplômes  semblables  pour 
MM.  Y.  Delage  et  E.  Perrier. 

M.  le  professeur  L.  von  Graff  télégraphie  ses  vœux  pour  la 
XVIIe  assemblée  générale  ;  M.  Olivier  s'excuse  par  dépèche; 
M.  le  professeur  E.  Yung,  retenu  à  Genève  par  la  construction 
du  nouvel  Institut  zoologique,  adresse  ses  vœux  pour  la  Société, 
pour  M.  le  président  d'honneur  et  M. «le  président,  ainsi  que 
pour  MM    R.  Blanchard  et  Gadeau  de  Kerville. 

Conformément  à  l'article  XIV  des  Statuts,  M.  Vignal,  tréso- 
rier, rend  compte  de  sa  gestion  pendant  Tannée  1909  et  adresse 
des  remercîments  à  M.  J.  Reyckaert,  agent  de  la  Société,  pour 
son  dévoué  concours. 

En  l'absence  de  M.  Bavay,  excusé  pour  raison  de  santé, 
M.  Semichon  donne  lecture  du  rapport  suivant,  au  nom  de  la 
commission  de  vérification  des  comptes  : 

«  La  vérification  des  comptes  de  la  Société  montre  avec 
quelle  exactitude  ils  sont  tenus.  Les  écritures  sont  parfaitement 
en  règle,  sans  aucune  erreur  de  chiffre,  ni  d'imputation  et 
chaque  dépense  est  appuyée  de  la  pièce  justificative. 

«  Notre  situation  actuelle  est  satisfaisante,  bien  que  les 
dépenses,  en  1909,   aient  dépassé  de  441  francs  les  recettes.  Il 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    t9K)  47 

faut  considérer,  en  effet,  que  la  publication  des  Mémoires  de 
1908  (Lamarck,  le  fondateur  du  transformisme),  a  absorbé  à 
elle  seule  3.183  fr.  05  en  1909,  tandis  que  le  produit  de  cet 
ouvrage  n'atteignait,  au  31  décembre,  que  1.137  fr.  50.  Le 
sujet  du  livre  en  assure  la  vente  prolongée,  qui  viendra 
augmenter  les  recettes  de  1910  et  pourra  compenser  le  fléchis- 
sement actuel  de  notre  encaisse. 

«  JXous  proposons  que  des  remerclments  soient  votés  à  notre 
excellent  trésorier,  M.  Vignal.  » 

Cette  proposition  est  adoptée  a  l'unanimité  et  chaleureuse- 
ment applaudie. 

M.  Semichon  ajoute  qu'il  s'associe  à  l'éloge  que  M.  Vignal 
vient  de  faire  de  notre  agent  dévoué  M.  Reyckaert. 

M.  E.  Chatton,  rapporteur  de  la  commission  du  prix  Malo- 
tau  de  Guerne,  donne  lecture  du  rapport  suivant  : 

«  Messieurs, 

Pour  la  quatrième  fois,  vous  allez  être  appelés  à  décerner  le 
prix  triennal  Malotau  de  Guerne,  qui  doit  être  attribué  cette 
année,  selon  les  termes  mêmes  du  règlement,  «  à  des  travaux 
de  zoologie  portant  sur  les  animaux  terrestres  ou  d'eau  douce  ». 
La  Société  ayant  couronné  voici  neuf  ans,  les  travaux  herpé- 
tologiques  de  notre  collègue  M.  Raymond  Rollinat,  votre 
commission  a  pensé  se  conformer  aux  vœux  du  fondateur  du 
prix,  dont  l'absence  en  cette  occasion  nous  est  à  tous  particu- 
lièrement sensible,  en  proposant  à  vos  suffrages  un  zoo- 
logiste qui  exerce  son  activité  dans  le  domaine  des  eaux 
douces.  Elle  a  été  unanime  à  distinguer  notre  collègue  M.  Paul 
de  Beauchamp. 

M.  Paul  de  Beauchamp  est  un  fidèle  de  nos  séances  et  de  nos 
publications,  auxquelles  il  a  apporté  la  majeure  partie  de  ses 
travaux,  nous  tenant  ponctuellement  au  courant  de  ceux  qu'il 
donnait  à  d'autres  périodiques,  selon  la  coutume  familiale  qui 
s'est  implantée  dans  nos  réunions  et  qui  n'en  est  ni  la  moins 
attrayante  ni  la  moins  profitable. 

Vous  connaissez  donc  bien  les  travaux  de  notre  collègue  et 
vous  avez  assisté  à  leur  progressif  développement  depuis 
l'époque  où,  aux  premières  prises  avec  une  aride  bibliogra- 
phie, il  la  caricaturait  dans  notre  Bulletin,  sous  l'œil  paternel 
de  notre  secrétaire  général. 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.  1910.  xxxv  —  6 


48  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

Beaucoup  d'entre  nous  ont  fait  leurs  premiers  pas  dans  l'ob- 
servation de  la  nature  en  collectionnant  des  coquilles 
«  vivantes  ou  mortes  »,  en  piquant  des  Insectes,  voire  en 
séchant  des  plantes.  M.  de  Beauchamp,  lui,  jeta  son  dévolu  sur 
des  êtres  d'un  abord  moins  facile  et  d'une  conservation  peu 
aisée,  les  Rotateurs,  dont  l'étude  était  alors  quelque  peu 
délaissée  dans  notre  pays.  Lorsqu'en  1903,  il  vint  à  la  Société 
zoologique,  il  y  connut  Certes,  en  qui  il  trouva,  pour  trop  peu  de 
temps,  vous  le  savez,  un  maître  en  micrographie  et  un  ami. 

L'étude  des  Rotifères,  fût-elle  purement  morphologique, 
demande  la  pratique  des  méthodes  les  plus  délicates  d'anes- 
thésie,  de  fixation  et  de  coloration  vitale.  11  tenait  ces  der- 
nières de  Certes,  qui  en  fut  avec  Henneguy  l'initiateur.  Notre 
collègue  tira  les  autres  de  sa  propre  expérience,  et  nous  lui 
devons  une  modification  de  la  méthode  de  Rousselet  à  l'acide 
osmique  et  au  formol,  qui  permet  d'anesthésier  et  de  fixer 
avec  précision,  sur  le  lieu  môme  de  la  pêche,  toute  la  masse 
des  organismes  récoltés,  procédé  précieux,  grâce  auquel  il  est 
désormais  possible  de  recueillir  en  mission,  nombre  d'animaux 
contractiles  qui  concourent  à  caractériser  les  faciès  limnobio- 
logiques,  et  qui  jusqu'ici  se  retrouvaient  méconnaissables  dans 
les  collections  des  explorateurs.  M.  Alluaud  et  M.  Gadeau  de 
Kerville  ont  pu  ainsi  rapporter  de  leurs  voyages  de  très 
importants  échantillons  de  pèches  en  eau  douce,  actuellement 
à  l'étude. 

De  l'exploration  méthodique  des  eaux  douces  des  environs 
de  Paris  et  de  ceux  de  Roscoff,  de  la  région  des  Dombes,  des 
étangs  saumâtres  du  Languedoc,  d'excursions  aux  lacs  alpins 
et  aux  Pyrénées,  d'apports  venus  de  la  Catalogne  et  de  l'Al- 
sace françaises,  notre  collègue  a  réuni  une  série  de  documents 
qui  sont  parmi  les  contributions  récentes  les  plus  importantes 
à  la  faunistique  de  notre  pays. 

C'est  d'abord  la  découverte  au  Vaux-de-Cernay,  d'une  espèce 
nouvelle  du  genre  Drilo/jhaga,  D.delagei.  Rotifère  parasite  de 
l'Hirudinée  Herpobdella  octoculata.  L'étude  comparée  de  cette 
forme  et  d'un  autre  parasite  Pleurotrocha  parasilica,  qui  vit 
sur  l'Oligochète  Stylaria  lacustris,  révèle  des  caractères  de 
convergence  dus  à  la  similitude  d'existence  :  réduction  des 
cercles  ciliaires,  allongement  du  mastax  qui  sert  à  la  fixation 
sur  la  peau  de  l'hôte,  disparition  des  glandes  digestives,  tous 
caractères  plus  accentués  chez  Drilophaga,  plus  étroitement 
lié  à  son  hôte  que  Pleurotrocha. 


SÉANCE   DU    22   FÉVRIER    1910  49 

Du  plankton  d'un  étang  des  Dombes,  notre  collègue  étudie 
un  genre  nouveau  de  Notommatidés,  Proalides  tentaculatus  et 
une  variété  du  Rattulus  cylindricus  ;  des  marais  saumâtres  de 
Saint-Jean-de-Luz,  une  forme  nouvelle  de  Proaies,  une  autre 
du  genre  Notommata,  habitant  benthique  des  étangs  de  Cha- 
ville.  Tout  récemment,  il  découvre  dans  un  lapiaz  aux  environs 
des  grottes  de  Saint-Antoine-de-Galamus,  dans  les  Pyrénées- 
Orientales,  une  espèce  nouvelle  de  Philodine,  Philodina  inter- 
media,  qui  permet  de  comprendre  la  filiation  à  partir  des 
Philodinides,  des  Bdelloïdes  aberrants  découverts  par  Murray 
et  qui  constituent  la  famille  jusqu'alors  isolée  des  Microdinides. 

Les  mâles  des  Rotateurs  sont,  vous  le  savez,  fort  dégradés, 
de  taille  très  réduite,  d'existence  éphémère  et  sporadique,  et 
malgré  cela  d'allure  très  vive.  Pour  toutes  ces  raisons,  ils  sont 
fort  peu  connus.  Celui  d' 'Eosphora  digitata  n'avait  jamais  été 
observé.  M.  de  Beauchamp  a  constaté  qu'il  est  parmi  les  rares 
qui  ne  soient  pas  complètement  déshérités.  S'il  n'a  plus  d'anus, 
ni  de  mastax,  il  a  encore  au-dessus  du  testicule  un  estomac, 
et  sa  taille  n'est  pas  beaucoup  au-dessous  de  celle  de  sa  fe- 
melle. 

Outre  l'étude  très  soignée  de  ces  formes  nouvelles,  M.  de 
Beaucbamp  a  publié  dans  notre  Bulletin  deux  listes  de  Ro- 
tifères,  observés  en  France,  nomenclature  un  peu  morte,  que 
nous  souhaitons  voir  s'épanouir  bientôt  en  un  synopsis  illustré 
des  Rotifères  de  notre  pays,  travail  dont  l'auteur  possède  dès 
maintenant  tous  les  éléments. 

Pour  clore  cet  important  chapitre  de  faunistique,  signalons 
la  présence  à  Orsay  de  Plagiostoma  lemani,  et  dans  l'étang  de 
Trivaux,  à  Meudon,  de  Polycelis  felina,  Planaires  souvent  con- 
sidérées comme  faisant  partie  de  résidus  glaciaires,  opinion  à 
laquelle  l'auteur  n'est  pas  favorable. 

Nous  placerions  ici,  si  le  règlement  ne  nous  avait  obligé  à 
les  écarter  de  nos  préoccupations,  une  étude  sur  les  Cestodes 
des  Sélaciens  et  un  essai  sur  les  conditions  d'existence  des 
êtres  dans  la  baie  de  Saint-Jean-de-Luz. 

Il  est  beaucoup  d'animaux  dont  la  résistance,  l'opacité  et 
aussi  le  luxe  ornemental  de  leur  revêtement  sont  une  excuse 
au  taxinomiste  de  ne  pas  pénétrer  plus  loin  dans  leur  orga- 
nisation, et  même  de  ne  considérer  de  certains  d'entre  eux  que 
ce  qui  leur  sert  de  maison. 

Les  Rotateurs,  eux,  offrent  de  prime  abord  toute  leur  inti- 
mité à  celui  qui  les  recherche,  mais  ils  ont  aussi  des  exigences 


50  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1010 

supérieures.  Nous  pouvons  dire  que  M.  de  Beauchamp  y  a  sa- 
tisfait plus  complètement  que  la  plupart  de  ses  devanciers. 
Ses  descriptions  systématiques  sont  en  même  temps  de  scrupuleu- 
ses monographies  anatomiques  qui  ont  été  elles-mêmes  le  point 
de  départ  d'études  comparées.  Grâce  aux  colorants  vitaux, 
notre  collègue  décèle  chez  la  plupart  des  Rotateurs  un  appareil 
à  peine  entrevu  jusqu'alors,  «  l'organe  rétrccérébral  »,  glandes 
cutanées  particulièrement  développées  chez  les  formes  primi- 
tives. Si  le  rôle  et  les  homologies  de  ces  glandes  sont  énigma- 
tiques,  elles  offrent  par  leurs  connexions  constantes  avec  l'œil 
et  le  cerveau  et  par  la  situation  apicale  de  leurs  orifices,  un 
point  de  repère  pour  l'interprétation  morphologique  de  l'appa- 
reil ciliaire,  dont  l'étude  est  susceptible  d'éclairer  les  relations 
des  Rotifères  avec  les  autres  groupes  de  Vers. 

Des  faits  trop  peu  nombreux  et  des  spéculations  trop  rédui- 
santes avaient  fait  attribuer  aux  Rotifères  un  appareil  ciliaire 
fondamentalement  composé  de  deux  couronnes,  le  trochus  et  le 
cingulam,  exactement  comparables  à  celles  des  larves  des  Vers 
et  des  Mollusques.  Une  étude  minutieuse  de  Rotifères  de  di- 
verses familles  a  montré  à  M.  de  Beauchamp  que  ces  couronnes, 
d'ailleurs  inconstantes  et  pas  toujours  homologues,  ne  cons- 
tituent pas  une  disposition  primitive,  mais  une  différenciation 
secondaire  d'une  aire  circumapicale  uniformément  ciliée.  Les 
diverses  variations  de  cet  appareil  sont  sous  l'influence  directe 
du  mode  de  vie  des  espèces.  Ici  l'éthologie  domine  la  morpho- 
logie et  l'auteur  l'exprime  lui-même  dans  cette  conclusion  qui 
témoigne  d'une  enthousiaste  assurance  :  «  Au  lieu  de  chercher 
entre  toutes  ces  formations  des  homologies  qui  ne  sont  pas 
réelles,  car  elles  ne  dérivent  certainement  pas  toutes  d'un  type 
commun  différencié  comme  la  fameuse  «  double  couronne  », 
on  ferait  beaucoup  mieux  de  mettre  en  évidence  les  procédés 
morphologiques  et  les  conditions  mécaniques  et  biologiques 
semblables  qui  sont  arrivées  à  les  produire  analogues  aux 
dépens  d'une  ciliation  originairement  indifférenciée.  » 

Chez  les  Rotifères  comme  chez  les  Arthropodes,  les  Mol- 
lusques, les  Vertébrés,  le  régime  et  les  mœurs  d'un  animal 
se  reflètent  dans  la  conformation  de  son  armature  buccale. 
Notre  collègue  s'est  attaché  à  mettre  ces  relations  en  évidence 
dans  tous  ses  travaux,  et  l'étude  du  mastax,  associée  à  celle  de 
la  physiologie  de  la  digestion,  constitue  la  plus  grande  partie 
de  sa  thèse  de  doctorat  ès-sciences. 

Messieurs,  le  règlement  du  prix  de  Guerne  nous  commande 


SÉANCE    DU    2*2    FÉVRIER    1910  51 

de  nous  arrêter  au  seuil  de  cet  important  mémoire,  qui  a  été 
jugé  et  sanctionné  par  le  jury  de  la  Faculté  des  sciences.  Les 
travaux  que  votre  commission  vieut  d'examiner  lui  ont  paru 
justifier  pleinement  le  choix  qu'elle  soumet  à  votre  approba- 
tion.  » 

Les  conclusions  de  ce  rapport  sont  adoptées  par  acclamation. 
M.  Paul  Marais  de  Beauchamp  est  proclamé  lauréat  du  prix  de 
Guerne. 

M.  de  Beauchamp  adresse  ses  remercimenls  à  la  Société,  à  la 
commission  et  à  son  rapporteur,  et  annonce  qu'il  se  fait 
inscrire  comme  membre  à  vie. 

M.  Coutière,  rapporteur  de  la  commission  du  prix  Secques, 
donne  lecture  du  rapport  suivant  : 

«  Messieurs, 

M.  Alexandre  Mathiaux  est  géomètre  de  lro  classe  du  service 
topographique  à  Madagascar;  il  réside  à  Tananarive,  mais  les 
nécessités  de  son  service  l'obligent  à  de  continuels  déplace- 
ments et  lui  fournissent  à  chaque  instant  l'occasion  de  s'inté- 
resser aux  choses  des  sciences  naturelles. 

D'abord  commis  des  atfaires  indigènes  à  la  Côte  d'Ivoire,  en 
1894-95,  il  n'a  cessé  depuis  cette  époque  de  faire  des  envois 
au  Muséum  avec  un  zèle  et  une  persévérance  dignes  des  plus 
grands  éloges.  Non  seulement  ses  envois,  très  nombreux,  ont 
apporté  une  notable  contribution  à  la  faune  malgache,  surtout 
au  point  de  vue  entomologique,  mais  ils  sont  faits  avec  un  soin 
et  une  perfection  qui  révèlent  un  véritable  naturaliste,  et  l'on 
sait  combien  ce  sont  là  des  conditions  précieuses  pour  que 
l'on  puisse  tirer  des  matériaux  zoologiques  un  utile  parti. 

Ses  collections  ont  pu,  à  ce  titre,  figurer  à  Liège  dans  les 
sections  agricole  et  coloniale,  de  môme  qu'à  l'exposition  colo- 
niale de  Marseille,  où  elles  ont  été  très  remarquées. 

La  commission  a  pensé  qu'il  était  de  son  devoir  d'encoura- 
ger de  tels  services  dans  la  mesure  de  ses  moyens,  en  décernant 
à  M.  Mathiaux  le  prix  Secques.  Le  règlement  de  ce  prix  spécifie 
qu'il  ne  sera  pas  donné  aux  voyageurs  à  qui  leurs  missions 
réservent  de  plus  grands  avantages.  M.  Mathiaux  n'ayant  jamais 
reçu  d'autre  encouragement  à  ses  patients  efforts  que  la  satis- 
faction de  ses  goûts  de  naturaliste,  remplit  particulièrement 
cette  condition.  » 


52  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

Les  conclusions  de  ce  rapport  sont  adoptées  à  l'unanimité. 
M.  Alexandre  Mathiaux  est  proclamé  lauréat  du  prix  Secques. 
M.  le  président  annonce  que  la  médaille  qui  constitue  ce 
prix  sera  frappée  à  son  nom. 

M.  le  professeur  N.  de  Zoghaf  est  délégué  pour  représenter 
la  Société  au  jubilé  semicentenaire  de  la  Société  entomologique 
de  Russie,  qui  aura  lieu  à  Saint-Pétersbourg  le  11  mars  pro- 
chain. 

M.  le  Dr  Para,  demeurant  à  la  Ferté-Alais  (Seine-et-Oise), 
est  présenté  par  MM.  Blanchard  et  Coutière. 

Le  secrétaire  général  annonce  que  la  séance  pratique  aura 
lieu  le  23  février,  à  5  heures  après  midi,  au  laboratoire  de 
M.  Delage,  à  la  Sorbonne,  et  que  M.  le  professeur  N.  dk 
Zograf  fera  dimanche  prochain,  27  février,  à  2  heures,  dans 
l'amphithéâtre  de  la  galerie  de  zoologie,  au  Muséum,  sous  les 
auspices  de  la  Société  centrale  d'aquiculture  et  de  pèche,  de 
la  Société  nationale  d'acclimatation  de  France  et  de  la  Société 
zoologique  de  France,  une  conférence  avec  projections  sur  : 
«  L'acclimatation  en  Russie  et  le  Congrès  de  1908  à  Moscou. 
La  réforme  des  pêcheries  en  Russie  ». 

M.  Fauré-Fremiet  fait  une  communication  sur  la  permanence 
des  mitochondries,  qui  se  divisent  en  même  temps  que  le 
noyau  et  passent  ainsi  dans  les  cellules-filles. 

M.  Hallez  fait  une  communication  sur  les  Némertes  d'eau 
douce. 

M.  Joubin  décrit  une  jeune  Spirille  de  5mm  de  longueur 
provenant  du  plancton  de  3  000  m.  de  profondeur,  recueilli  par 
S.  A.  S.  le  prince  de  Monaco.  Cette  très  intéressante  larve 
présente  une  coquille  tout  entière  interne,  des  nageoires  laté- 
rales, des  yeux  non  saillants,  des  bras  tous  égaux. 


*    * 


Le  mercredi  23  février  a  lieu  dans  l'amphithéâtre  de  zoologie, 
à  la  Sorbonne,  la  séance  de  démonstration,  sous  la  présidence 
de  MM.  N.  de  Zograf  et  Coutlère. 

«  MUe  Chevroton  et  M.  Vlès  présentent  des  films  cinémato- 
graphiques du  développement  de  l'Oursin,  expériences  dont  la 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  53 

technique  et  l'interprétation  ont  été  décrites  antérieurement(l). 
Ces  films  représentent  la  segmentation  depuis  la  fécondation 
jusqu'à  la  mise  en  liberté  de  la  blastule  ;  divers  stades  de 
larves  libres  (blastule,  gastrule,  Pluteus)  ;  et  enfin  divers  points 
intéressants  de  la  fécondation  et  de  la  première  division. 
Mne  Chevroton  et  M.  Vlès  présentent  également  divers  films 
montrant  les  mouvements  d'une  Bipinnaria  et  de  Dicyémides 
de  la  néphridie  du  Poulpe  ;  ceux-ci  sont  remarquables  par  les 
ondes  ciliaires  qu'ils  offrent,  principalement  dans  la  région  de 
la  coiffe,  et  que  le  cinématographe  a  enregistrées  avec  une  grande 
netteté.   » 

M.  Fauré-Fremiet  présente  des  préparations  de  mitochon- 
dries  en  voie  de  division,  des  préparations  et  des  photographies 
d'Opercularia  notonecta. 

«  M.  E.  Chat TOiN  montre  des  préparations  de  l'Amibe  nouvelle 
découverte  par  lui  sur  les  branchies  des  Labres,  Amœba  muci- 
cola.  Il  attire  l'attention  sur  le  mode  de  division  de  cette  Amibe, 
qui  est  une  promitose  avec  centrioles  et  centrodesmose.  Il 
montre  aussi  des  préparations  de  Trypanosomides  parasites 
intestinaux  des  Drosophiles.  Leptomonas  drosophilœ  et  Trypa- 
nosoma  drosophilœ  Chatton.  » 

«  M.  Wintrebert  présente  les  dissections  qu'il  afaites  àl'aide 
du  binoculaire  de  Zeiss  sur  la  voûte  palatine  de  Salamandra 
macidosa  Laur.  11  montre  particulièrement  deux  étapes  de  la 
disparition  du  palatin  pendant  la  métamorphose  :  dans  l'une 
le  palatin,  séparé  du  ptérygoïdien,  a  la  forme  d'un  stylet  étroit, 
porteur  d'une  seule  dent  ;  clans  l'autre,  il  est  réduit  à  deux 
petits  osselets  microscopiques.  Une  autre  préparation  offre,  en 
entier  et  dégagé  sans  morcellement,  un  vomer  d'adulte,  qu'on 
avait  coutume  de  décrire,  depuis  les  travaux  deO.  Hertwig  (187  i  i, 
de  Wiedersheim  (1875),  de  Parker  (1877),  etc.,  comme  com- 
posé de  deux  fragments,  un  vomer  et  un  palatin;  le  vomer  pré- 
senté ne  montre,  à  un  fort  grossissement,  aucune  discontinuité, 
mais  un  point  de  faible  résistance,  situé  i\  l'union  du  tiers 
antérieur  et  du  tiers  postérieur  de  l'apophyse  dentée  et  carac- 
térisée par  une  échancrure  externe,  un  changement  de  direc- 
tion, et  le  passage  sur  la  face  dorsale   d'un   gros   vaisseau.  De 

(1)  L.  Chi-vroion  et  F.  Vlés.    La  cinématique  de  la   segmentation  de  l'œuf  et  la 
chronophotographie  du  développement  de  l'Oursin  [C.  R.  Ac.  Sci.,  8  nov.  1909). 


54  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

ces  recherches  et  de  celles  que  l'auteur  a  poursuivies  sur  un 
autre  type  de  Salamandridae,  Amblystoma  tigrinum,  se  dé- 
gagent les  conclusions  suivantes  :  1°  la  partie  antérieure  du 
ptérygo-palatin  larvaire,  appelée  improprement  palatin,  dis- 
parait pendant  la  métamorphose  :  son  isolement  n'est  que  la 
première  étape  de  sa  régression  ;  2°  le  voméro-palatin  de 
l'adulte  n'est  qu'un  vomer.  Chez  SaZamandra,  il  est  constitué 
par  le  vomer  larvaire,  déplacé  en  arrière  et  en  dedans  de  sa 
situation  primitive  et  s'accroissant  en  arrière  par  la  naissance 
de  dents  nouvelles,  en  avant  et  en  dehors  par  calcification  di- 
recte du  chorion  muqueux.  Chez  Amblystoma,  il  se  produit  au- 
dessus  des  dents  larvaires,  dont  on  peut  apprécier  le  recul 
durant  la  métamorphose,  une  histolyse  complète  de  la  lamelle 
osseuse  qui  les  porte  et  une  reconstruction  finale  du  vomer 
sur  un  plan  nouveau  ;  3°  le  ptérygoïde  larvaire  reste  presque 
intact;  cependant  sa  pointe  s'aifine,  se  régularise  et,  après 
l'isolement  du  palatin, se  déplace  en  dehors  du  ptérygoïde  carti- 
lagineux, qu'elle  bordait  tout  d'abord  en  dedans  ;  formé  par 
calcification  directe  du  chorion  chez  la  larve,  à  titre  de  prolon- 
gement caudal  de  la  plaquette  palatine,  il  englobe  presque 
complètement  le  ptérygoïde  cartilagineux  chez  l'adulte,  en  le 
recouvrant  d'une  couche  d'ossification  périchondrale  ;  4°  le 
rôle  de  cette  queue  ptérygoïdienne  du  palatin  larvaire  doit  être 
comparé  à  celui  que  joue  l'apophyse  montante  du  prémaxil- 
laire ;  toutes  deux,  par  leurs  connexions  intimes  avec  le  sque- 
lette cartilagineux,  s'opposent  à  l'arrachement  des  plaquettes 
dentées  auxquelles  elles  sont  adjointes,  arrachement  que,  saus 
leur  secours,  les  proies  vivantes  introduites  dans  la  bouche  ef- 
fectueraient facilement.  Le  ptérygoïde  de  l'adulte  renforce  du 
côté  interne  la  gaine  fibreuse  des  muscles  masticateurs  et  forme 
en  particulier  pour  le  muscle  fronto-pariéto-maxillaire  (tempo- 
ral) une  surface  de  glissement  utile  à  son  fonctionnement.  Il 
est  continué  vers  le  maxillaire,  et,  le  long  de  celui-ci,  vers  le 
cartilage  antéorbital  et  le  vomer,  par  de  forts  ligaments  qui 
représentent  probablement,  sur  la  tête  élargie  des  Urodèles,  la 
partie  palatine,  cartilagineuse  et  osseuse,  absente.  » 

M.  Benoit-Bazille  annonce  que,  à  sa  demande,  M.  Stiassme 
met  gracieusement  à  la  disposition  de  la  Société  un  statif 
complet  de  sa  construction ,  avec  appareil  d'éclairage  et 
revolver. 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  55 

Aux  applaudissements  de  l'assistance,  M.  le  président  adresse 
à  M.  Stiassnie  les  vifs  remerciments  de  la  Société. 

«  M.  Benoit-Bazille  présente  une  série  importante  de  pro- 
jections de  microphotographies  en  noir  et  en  couleurs,  concer- 
nant la  zoologie  eu  général  et  plus  spécialement  laparasitologie. 
Ces  microphotographies,  toutes  exécutées  par  M.  F.  Monpillard, 
comprennent  : 

1°  Un  groupe  nombreux  de  diapositives  obtenues  d'après  les 
préparations  personnelles  de  M.  Benoit-Bazille;  parmi  les- 
quelles :  un  fragment  de  colonie  de  Cœnnrusserialis,  un  scolex 
de  Cœnitrus  serialis  à  six  ventouses  vu  de  lace,  une  tète  de 
Glossina  pallidipes  montrant  le  détail  des  différentes  pièces  du 
rostre  (ces  préparations  ont  été  faites  avec  des  matériaux  pro- 
venant du  laboratoire  de  M.  le  professeur  Railliet)  ;  deux  Aca- 
riens non  encore  décrits  :  une  nymphe  hypopiale  et  une  larve 
hypopiale  à  rostre  atrophié,  recueillies  sur  Musca  domestica  ;  un 
rostre  cVArgas  reflexus  isolé;  un Argas  reflexus  vu  par  transpa- 
rence ;  la  face  ventrale,  la  face  dorsale  du  même  Ixode,  vues  en 
lumière  réfléchie,  etc.  ; 

2°  La  photographie  d'une  coupe  de  mamelon  cancéreux, 
renfermant  des  Démode x  folliculorum  ^préparation  microscopique 
de  M.  le  Dr  Borrel,  de  l'Institut  Pasteur)  ; 

3°  Une  série  de  microphotographies  concernant  YAnky lostoma 
duodenale  et  la  pénétration  des  larves  dans  l'organisme  humain 
par  la  voie  cutanée,  les  unes  exécutées  d'après  les  préparations 
originales  du  Dr  L.  Looss,  professeur  à  la  Faculté  de  médecine 
du  Caire,  les  autres  d'après  les  clichés  obtenus  avec  ses  pré- 
parations personnelles  par  M.  le  Dr  Herman,  directeur  de 
l'Institut  provincial  de  bactériologie  du  Hainaut.  Les  premières 
comprennent  des  coupes  à  divers  grossissements  de  poumon, 
de  larynx  et  de  peau,  renfermant  des  larves  d\4.  duodenale  et 
piovenaut  d'un  Chien,  infesté  par  voie  cutanée  ;  les  secondes 
montrent  :  a)  une  coupe  de  la  peau  de  l'avant-bras  gauche  du 
Dr  Herman,  passant  par  un  follicule  pileux,  à  la  base  duquel 
s'est  introduite  une  larve  à'A.  duodenale  (expérience  de  con- 
trôle dinfestation  par  voie  cutanée  exécutée  en  190o  par  l'au- 
teur sur  lui-même)  ;  b)  un  œuf  du  même  parasite,  à  quatre 
blastomères  ;  c)  des  larves  enkystées,  demi-libres,  libres. 

Les  préparations  du  Dr  Looss  ont  été  communiquées  à 
M.  Benoit-Bazille  par  M.  le  I)r  Calmette,  directeur  de  l'Institut 
Pasteur  de  Lille,  et  les  clichés  du  Dr  Herman,  par  l'auteur.   » 


56  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 


* 
*      * 


Le  jeudi  24  février  1910,  à  8  heures  du  soir,  a  lieu  au 
restaurant  Champeaux  le  banquet  annuel.  Y  assistent  : 
MM.  Alluaud,  de  Beauchamp,  Blanchard,  Brarant,  Charot, 
Mme  Cbatton,  MM.  Chatton,  Coutière,  Dautzeinrerg,  Debrei.il, 
A.  Dollfus,  Dyé,  Fauré-Fremiet,  M1u'  Fedoroff,  MM.  Fockeu, 
Gadeau  de  Kerville,  Groron,  Hallez,  Hérouari»,  Lepeschkine, 
Lucet,  Mme  Marchal,  MM.  Marchal,  Neveu-Lemaire,  Mm0  Olli- 
vier,  MM.  Paris,  Pellegrin,  Petit,  Pluche,  Mme  Policard,  M.  Poli- 
card,  M110  Reyckaert,  M.  Reyckaert,  Mme  Robert,  MM.  Rorert, 
Trouessart,  Vignal,  Vlès,  Mlle  T.  de  Zograf,  M110  V.  de  Zograf, 
MM.  A.  de  Zograf,  N.  de  Zograf. 

Au  dessert,  M.  Coutière,  président,  porte  un  toast  charmant 
au  président  d'honneur. 

M.  de  Zograf  répond  par  l'allocution  suivante  : 

«  Mesdames  et  Messieurs, 

Je  me  trouve  dans  une  position  des  plus  difficiles.  Je  désire 
vous  dire  beaucoup  de  bonnes  choses,  mais  je  suis  paralysé 
par  mon  mauvais  français.  11  n'y  a  qu'une  chose  qui  me  console, 
c'est  que  si  vous  venez  à  Moscou  et  voulez  prononcer  un  toast 
en  russe,  vous  vous  trouverez,  je  pense,  dans  une  position  en- 
core plus  difficile. 

On  appelle  mon  pays  le  pays  des  Ours.  Quant  à  moi,  je  de- 
vrais alors  me  dire  natif  de  la  contrée  des  Sur-Ours  (Uberbàr, 
selon  la  terminologie  de  Nietsche),  parce  que  ma  ville  natale, 
Lubim,  province  de  Yaroslavl,  a  dans  ses  armes  deux  Ours. 
Cette  ville,  ainsi  que  Yaroslavl,  a  été  fondée  par  le  grand-duc 
Yaroslav,  grand  chasseur  d'Ours  devant  le  bon  Dieu.  Yaroslav 
est  nommé  dans  l'histoire  russe  «  le  Sag-e  ».  Et  il  était  vrai- 
ment sage,  puisqu'il  prévoyait  l'amitié,  l'alliance  franco-russe. 
Dès  le  xic  siècle,  il  a  donné  la  main  de  sa  fille  Anne  au  roi  de 
France,  Henri  1er. La  reine  Anne  devait  être  jolie,  puisqu'elle  fut  la 
mère  de  Philippe  le  Beau  et  que,  devenue  veuve,  elle  fut  enle- 
vée par  un  vassal  des  rois  de  France,  j'ai  oublié  lequel. 

Vous  voyez  quel  rapport  il  y  a  entre  les  Ours  et  les  Français  ! 

Je  suis  sur,  Mesdames  et  Messieurs,  que  vous  vous  imaginez 
les  Ours  russes  comme  des  sortes  de  Grizzlys  américains  ou 
d'Ours  des  Pyrénées.  Mais  vous  avez  tort.  L'Ours  russe  est  un 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  57 

animal  doux.  A  présent  il  dort  dans  sa  tanière  et  suce  sa  patte 
en  sommeillant.  Nous  autres,  les  Russes,  sommes  aussi  de 
grands  dormeurs  et,  comme  pour  éveiller  les  Ours,  il  faut 
prendre  beaucoup  de  peine  pour  nous  éveiller.  Mais  quand  on 
éveille  l'Ours,  ou  le  Russe,  il  faut  prendre  garde  à  soi,  si  Ton 
réussit  à  le  réveiller. 

Je  n'ai  rencontré  l'Ours  en  liberté  qu'une  fois.  C'était  en 
Russie  septentriouale,  au  mois  de  juin.  Et  savez-vous  ce  que 
faisait  ce  féroce  Michel  Ivanovitch,  comme  le  nomme  le  paysan 
russe?  Il  mangeait  des  fraises  et  il  odorait  les  églantines. 
Comme  vous  le  voyez,  ce  n'était  pas  la  conduite  d'un  animal 
féroce. 

Et  moi,  comme  compatriote  de  l'Ours,  je  suis  venu  dans  le 
pays  des  fleurs,  des  fruits,  de  beauté,  d'esprit  ». . . 

{Et  le  président  d'honneur,  se  penchant  sur  ses  deux  voisines, 
leur  baise  la  main  en  se  comparant  à  cet  Ours,  amateur  de  choses 
délicates). 

«  Et  je  suis  venu  ici  pour  vous  dire  ces  mots,  si  chers  à  tous 
les  compatriotes  des  Ours  :  Vive  la  France!  Vive  la  science 
française  !  Vive  la  Société  zoologique  de  France  et  son  éminent 
président,  M.  Coutière.   >•>  (Vifs  applaudissements.) 

Puis  M.  R.  Blanchard  rappelle  de  façon  pittoresque  l'accueil 
inoubliable  reçu  par  les  Français  à  Moscou  lors  du  Congrès 
de  zoologie  et  porte  un  toast  en  langue  russe. 

Le  secrétaire  général  présente  les  excuses  des  absents  : 
MM.  Bavay,  Delage,  von  Graff,  Hérlbel,  C.  Janet,  Olivier, 
Itérez,  Raspail,  Royer,  Secques,  Yung;  il  exprime  les  regrets  de 
tous  au  sujet  de  l'absence  pour  raison  de  santé  de  Mmc  de 
Zograf  et  de  M110  Loyez,  remercie  les  dames  présentes  et 
adresse  de  vifs  remerciments  à  M.  de  Beauchamp,  auteur  de 
l'encadrement  du  menu  et  à  M.  Petit,  qui  a  fleuri  la  table  d'un 
essaim  d'Oiseaux  multicolores. 

Après  la  série  des  toasts,  M.  R.  Blanchard,  secrétaire  géné- 
ral honoraire,  fait  l'éloge  du  zèle  modeste  et  continu  de 
M.  J.  Reyckaert  et,  aux  applaudissements  de  tous,  lui  offre  au 
nom  de  la  Société  un  objet  d'art  sur  la  base  duquel  sont  rap- 
pelés ses  trente  ans  de  services  consciencieux  et  dévoués  comme 
agent  de  la  Société. 


58  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 


*      * 


Le  vendredi,  25  février,  à  9  heures  du  soir,  a  lieu  à  l'amphi- 
théâtre Richelieu,  à  la  Sorbonne,  la  coDl'érence  annuelle, 
M.  N.  de  Zograf  ouvre  la  séance  par  une  allocution  et  donne  la 
parole  à  M.  Gadeau  de  Kerville  qui,  dans  une  conférence  très 
applaudie,  accompagnée  de  superbes  projections,  fait  refaire  à 
ses  auditeurs  son  récent  «  voyage  zoologique  en  Syrie  ». 


Ouvrages  offerts 

PAR    M.   N.   DE   ZOGRAF 


Biologische  Zeilsr.hr if t  (Jase.  I.  1910). 

Lepeschkin  (W.  D.),  uber  einem  neuen  Vertreler  des  Wurmtypus 
mit  4  Chromosomen  (  Vortex  vindis).  (Biol.  Ze'Uschr.  1-2,  13,  p.,  1  pi.). 

Messager  du  Jardin  zoologique  de  Moscou  (fasc.  1-3,  191)8-1909,  en  russe). 

Séance  anniversaire  de  la  Société  impériale  d'acclimatation  de  Mos- 
cou, 1857-1907  (Moscou,  1909,  47  p.,  en  russe). 

Travaux  du  Congrès  anniversaire  de  la  Société  impériale  d'acclima- 
tatiou  de  Moscou  (fasc.  I-III,  1909,  en  russe). 

Travaux  de  La  Section  dHchthyologie  de  la  Société  impériale  d'acclima- 
tation de  Moscou  (fasc.  IV- VI,  1907,  en  russe). 


UN  CAS  D'HYBRIDATION  ENTRE  LOUP  ET  CHIEN 

PAR 

Paul    PARIS 

Sans  être  exceptionnels,  les  croisements  entre  Loups  et 
Chiens  à  l'état  de  liberté  sont  cependant  assez  rares  pour  que 
je  croie  utile  de  signaler  celui-ci,  à  ma  connaissance  resté 
inédit. 

Il  fut  observé  en  1879  dans  le  département  de  la  Cote -d'Or, 
où  actuellement  les  Loups  ont,  sinon  complètement  disparu,  du 
moins  ne  sont  plus  que  de  passage  irrégulier  dans  les  hivers 
rigoureux. 

Au  commencement  de  l'année,  le  mâle  d'un  couple  de  Loups 
fut  tué  près  Serrigny;  la  femelle,  qui  ne  tarda  pas  à  entrer  en 
rut,  fut  alors  rencontrée  par  un  Chien  appartenant  à  un  habi- 
tant du  hameau  de  Varennes,  près   Serrigny.  C'était  un  Chien 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  59 

d'arrêt  à  robe  tachetée,  ayant  les  yeux  vairons,  mais  sur  la  race 
duquel  je  n'ai  pu  avoir  aucun  renseignement.  Cet  animal,  cha- 
que fois  qu'on  l'emmenait  au  bois,  ne  manquait  pas  d'aller 
retrouver  la  Louve  ;  il  fit  même,  paraît-il,  plusieurs  fugues 
nocturnes. 

De  cette  union  naquirent  seulement  trois  hybrides,  qui  res- 
tèrent dans  la  région,  où  ils  furent  tués  ainsi  que  leur  mère 
dans  des  battues  dirigées  par  M.  Ligeret,  lieutenant  de  louve- 
terie  à  Nuits-Saint-Georges. 

La  Louve  et  deux  des  Louveteaux  furent  tués  le  24  no- 
vembre 1879,  c'est-à-dire  dans  la  même  année  ;  les  deux  jeunes 
ont  été  donnés  au  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Dijon,  qui 
les  possède  encore.  Ces  deux  animaux  sont  très  différents  l'un 
de  l'autre. 

Le  premier,  dont  les  formes  sont  absolument  celles  du  Loup 
ordinaire,  est  entièrement  isabelle,  le  dos  étant  légèrement 
plus  foncé. 

L'autre,  d'un  quart  environ  plus  petit,  ressemble  beaucoup 
plus  au  père.  Il  a  le  crâne  relativement  étroit  et  la  queue  peu 
fournie  ;  son  port  est  d'ailleurs  plus  élancé.  Sur  un  fond  de 
pelage  blanchâtre,  il  présente  de  nombreuses  taches  noirâtres, 
plus  petites  et  plus  serrées  sur  la  tète,  plus  larges  sur  le  dos, 
les  oreilles  étant  presque  entièrement  noires. 

L'un  de  ces  deux  hybrides  avait,  de  plus,  un  œil  comme  le 
père,  l'autre  étant  celui  du  Loup  normal.  11  est  très  probable 
que  c'était  l'échantillon  tacheté  qui  présentait  cette  particula- 
rité ;  malheureusement,  le  taxidermiste  qui  monta  ces  animaux 
n'a  pas  cru  devoir  retenir  ce  fait  et  a  pourvu  les  deux  Louve- 
teaux d'yeux  de  l'espèce  type. 

Le  dernier  hybride  ne  fut  tué  que  le  8  janvier  1881,  dans  la 
réserve  de  Serrigny  ou  à  Longret,  commune  de  Villy-le-Mou- 
tiers  (je  n'ai  pu  obtenir  à  ce  sujet  que  des  renseignements 
contradictoires,  ces  localités  sont  d'ailleurs  peu  distantes  les 
unes  des  autres).  Bien  connu  dans  tous  les  villages  voisins,  où 
il  allait  dérober  les  volailles,  cet  animal  ne  s'attaquait  nulle- 
ment aux  Chiens,  et  ceux-ci,  en  retour,  ne  le  chassèrent 
jamais.  Lors  de  sa  capture,  il  pesait  quarante  et  un  kilogrammes 
et  avait  également  un  œil  vairon,  le  gauche,  l'autre  étant, 
normal.  Il  était  la  possession  de  M.  Ligeret,  d'Argilly,  qui  Fa 
peut-être  encore  à  l'heure  actuelle. 


60  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 


DIVERS  COLÉOPTÈRES  EXOTIQUES  NOUVEAUX 
OU  PEU  CONNUS 


PAR 


Maurice   PIC 

Idgia  dimidiata  Gerst. 

Cette  espèce,  de  Zanzibar,  se  retrouve  au  Natal;  elle  diffère 
de  nigricollis  Pic,  de  Sierra-Leone,  qui  est  très  voisine,  non 
seulement  par  le  prothorax  de  coloration  claire,  mais  encore 
par  la  forme  du  corps  moins  étroite. 

Physcius  longipennis  n.  sp. 

Elongatus,  nitidus,  griseo  pubescens,  nigro-piceus,  antennis 
ad  basin  pedibusque  pro  parle  testaceis.  Capite  latissimo;  thorace 
fere  quadralo,  distincte  impresso  ;  elytris  latis,  clongatis,  pro 
parte  substriatis,  diverse  punctatis.  Long.  3,5  mill. 

Amérique  méridionale  :  ?  Bolivie  (coll.  Pic). 

Voisin  de  brasiliensis  Pic,  mais  plus  allongé,  foncé  sur  l'avant- 
corps,  etc. 

Diverses  espèces  voisines  de  Physcius  Champ.,  de  l'Amé- 
rique méridionale,  pourront  se  séparer,  et  se  reconnaître  entre 
elles,  à  l'aide  du  synopsis  suivant  : 

1.  Des  traces  de  stries  sur  les  élytres,  ces  organes  étant 
entièrement  foncés  ;  tête  bien  plus  large  que  le  prothorax  :     2. 

1'.  Pas  de  traces  de  stries  sur  les  élytres  qui  sont  au  moins 
en  majeure  partie  roussâtres  ;  tète  pas,  ou  à  peine,  plus  large 
que  le  prothorax.  Brésil  :  subdepressns  Pic. 

2.  Avant  corps  roux  et  plus  robuste  ;  tète  peu  retrécie  der- 
rière les  yeux  ;  élytres  plus  larges  et  moins  longs  ;  pattes 
entièrement  testacées.  Brésil  :  brasiliensis  Pic. 

2'.  Avant-corps  noir  et  moins  robuste  ;  tête  très  retrécie 
derrière  les  yeux;  élytres  moins  larges  et  plus  longs  ;  pattes  en 
partie  foncées.  ?  Bolivie  :  longipennis  Pic. 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  61 

Hylophilus  callanganus  n.  sp. 

Satis  e/ongatus,  nitidiis,  sparse  gnseo pubescens,  ?iiger,  elytris 
subcseruleis,  antennis  pedibusque  nigris. 

Assez  allongé,  mais  non  étroit,  brillant,  éparsément  pubes- 
cent  de  gris,  noir  avec  les  élytres  bleuâtres,  membres  foncés. 
Tête  de  la  largeur  du  prothorax,  tronquée  postérieurement, 
à  ponctuation  forte  et  écartée  ;  yeux  gris,  gros,  éloignés  entre 
eux  et  ne  touchant  pas  le  bord  postérieur  de  la  tète  ;  antennes 
assez  fortes,  noires,  à  2e  article  plus  court  que  les  3e  et  4e  qui 
sont  égaux  ;  prothorax  court,  inégal,  sinué  latéralement,  im- 
pressionné transversalement  sur  son  milieu  et  impressionné  en 
outre  à  la  base,  à  ponctuation  forte  et  écartée  ;  élytres  bien 
plus  larges  que  le  prothorax,  longs,  subparallèles,  un  peu 
rétrécis  à  l'extrémité,  à  faible  dépression  antérieure,  à  ponc- 
tuation très  forte  et  rapprochée.  Long.  3  naill.  environ.  Pérou  : 
Callanga  (coll.  Pic), 

Voisin  de  subcserideas  Pic,  de  Bolivie,  par  sa  coloration  ; 
mais  la  structure  et  la  ponctuation  du  prothorax  sont  différentes, 
les  antennes  sont  moins  grêles,  etc. 

Hylophilus  (Olotelus)  brevissimus  n.  sp. 

Brevis  et  latus,  subnitidus,  griseo  pubescens,  rufo-testaceus, 
pedibus  testaceis,  femoribus  posticis  pro  parte  nigris. 

Court  et  large,  peu  brillant,  pubescent  de  gris,  roux  testacé, 
membres  testacés  à  l'exception  de  la  moitié  basale  des  cuisses 
postérieures  qui  est  noire.  Tète  de  la  largeur  du  prothorax, 
tronquée  postérieurement,  à  ponctuation  forte  et  dense,  yeux 
grisâtres,  moyens,  éloignés  entre  eux  et  ne  touchant  pas  le  bord 
postérieur  de  la  tête  ;  antennes  testacées,  un  peu  robustes,  assez 
longues,  à  2e  article  à  peu  près  de  la  longueur  des  suivants  ; 
prothorax  fortement  et  densément  ponctué,  court,  à  angles 
antérieurs  saillants,  un  peu  rétréci  en  arrière,  avec  une  faible 
dépression  transversale  près  de  la  base;  élytres  courts  et  larges, 
à  épaules  marquées  mais  arrondies,  sans  dépression  antérieure 
nette,  à  ponctuation  forte  et  rapprochée  ;  pattes  testacées  avec 
la  moitié  des  cuisses  postérieures  foncée,  ces  dernières  un  peu 
épaissies.  Long,  près  de  2  mill.  Afrique  orientale  allemande  : 
Usambara  (coll.  Pic). 

Ressemble  beaucoup  à  pruinosus  Ksw.,  mais  le  prothorax 
possède  une  faible  dépression  près  de  sa  base  et  la  forme  du 
corps  est  plus  trapue. 


t>2  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 


LA  QUESTION 
DE  LA  NOMENCLATURE  DES  NEMERTES  D'EAU  DOUCE 

l'Ait 

Paul   HALLEZ 

Professeur  à  la  Faculté  des  sciences  de  Lille, 
Directeur    du    Laboratoire   maritime    du    Porte]. 

Le  relevé  des  diverses  localités  où  des  Némertes  d'eau  douce 
out  été  trouvées,  a  été  fait  d'une  manière  complète  notamment 
par  de  Guerne  (1892),  Joubin  (1894),  Montgomery  (1895).  Depuis 
la  publication  de  ces  travaux,  des  Némertiens  d'eau  douce  ont 
été  signalés  dans  maintes  localités,  si  bien  que  ces  animaux 
sont  aujourd'hui  connus  dans  toutes  les  parties  du  monde,  à 
l'exception  de  l'Australie,  et  qu'il  y  a  des  chances  pour  qu'on 
en  découvre  un  peu  partout  où  on  les  cherchera  avec  soin. 

En  France,  des  Némertes  d'eau  douce  ont  été  signalées  jus- 
qu'ici par  Dugès  (1828  et  1830)  dans  les  environs  de  Montpellier, 
où  elles  ont  été  revues  par  L.  Vaillant  (1889),  par  de 
Quatrefages  (1847)  dans  le  canal  Saint-Martin  à  Paris,  par 
Joubin  (1894)  dans  la  rivière  Penzée,  située  entre  Morlaix  et 
Saint-Pol-de-Léon,  par  Pérez  à  Bordeaux. 

En  général,  ces  animaux  ne  se  rencontrent  qu'en  petit  nombre 
dans  les  rivières,  fossés,  étangs  ou  lacs,  probablement  parce 
qu'ils  se  disséminent  sur  une  grande  surface  et  aussi  parce 
qu'ils  aiment  à  s'enfoncer  dans  la  vase  et  qu'on  ne  pense  pas 
toujours  à  recueillir  et  à  examiner  ces  dépôts.  En  tout  cas, 
lorsque  l'élevage  des  Némertes  d'eau  douce  se  fait  dans  un 
espace  relativement  restreint,  les  individus  se  trouvent  en 
abondance. 

C'est  dans  ces  conditions  que  Bohmig  (1892)  a  trouvé  un 
grand  nombre  de  son  Tetrastemma grœcense  dans  un  bassin  du 
Jardin  botanique  de  Graz,  que  Montgomery  (1895)  a  pu  faire 
une  étude  approfondie  de  son  Stichostemma  e  il  hardi  qu'il  a 
trouvé  dans  l'aquarium  de  l'Institut  zoologique  de  Berlin,  que 
Mrâzek  (1902)  a  recueilli,  dans  un  bassin  de  serre  chaude  du 
Jardin  botanique  de  Prague,  le  Stichostemma  grsecense  Bohmig, 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  f>3 

qui  vit  d'ailleurs  également,  d'après  cet  investigateur,  dans  un 
ruisseau  à  eau  courante,  nommé  Rotytka,  des  environs  de 
Prague. 

C'est  également  dans  un  vivier  de  l'Institut  zoologique  de 
Lille  que  j'ai  trouvé  le  Prostoma  lumbricoideum  Dugès,  et  en 
telle  quantité  qu'il  suffît  de  recueillir  un  demi-litre  de  vase 
pour  avoir  une  cinquantaine  d'exemplaires.  Je  l'ai  trouvé  aussi 
dans  les  bassins  du  jardin  botanique  de  Lille.  D'ailleurs,  cette 
même  espèce  se  rencontre  également  dans  les  ruisseaux  à  eau 
courante  des  environs  de  Lille,  mais  toujours  très  rarement. 

Les  Nemertes  d'eau  douce  me  paraissent  rechercher  les  eaux 
courantes  et  calcaires. 

Si  la  distribution  géographique  des  Némertiens  d'eau  douce 
est  très  vaste,  par  contre  le  nombre  des  espèces  parait  très 
restreint,  malgré  la  multiplicité  des  noms  qui  leur  ont  été 
attribués. 

La  plupart  des  observateurs  qui  ont  eu  l'occasion  d'en 
trouver  dans  divers  pays,  se  sont  contentés  parfois  de  signaler 
leur  présence  sans  leur  assigner  un  nom,  ou  bien  ils  se  sont 
trop  hâtés  de  créer  des  noms  nouveaux,  ou  bien  encore  ils  les 
ont  assimilés  à  des  espèces  décrites  antérieurement  sans  étu- 
dier leur  organisation  avec  suffisamment  de  soin. 

Les  auteurs  qui  ont  donné  un  nom  aux  espèces  d'eau  douce 
qu'ils  ont  découvertes,  les  ont  rangées  dans  les  genres 
Prostoma,  Tetrastemma,  Polia,  Nemertes,  Emea  et  Stichostemma. 

Un  grand  doute  existe  au  sujet  de  Nemertes  polyhopla  trouvé 
dans  le  lac  du  Nicaragua  par  Schmarda  (1859)  et  dont  Mont- 
gomery  (1895,  p.  89)  dit  qu'elle  «  ist  eine  Form,  die  von  den 
anderen  Siisswasserformen  sehr  bedeutend  abweicht  ».  Si 
l'on  écarte  cet  énigmatique  Nemertes,  on  peut  dire  que  toutes  les 
espèces  décrites  se  rapportent  excl usivement  au  genre  Prostoma 
Dugès. 

Sur  le  nom  générique  des  Nemertes  d'eau  douce. 

Dugès  (1828)  créa  le  genre  Prostoma  pour  les  premières 
espèces  de  JNémertes  d'eau  douce  qui  furent  découvertes.  Ce 
nom  de  genre  en  général  ne  prévalut  pas  ;  on  lui  préféra  celui 
de  Tetrastemma  établi  en  1831  par  Ehrenrergh  pour  des 
espèces  marines,  ou  celui  de  Stichostemma  créé  en  1895  par 
Montgomery  pour  uneNémertede  l'aquarium  de  l'Institut  zoolo- 

tiull.  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  —  7 


64  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

giquede  Berlin.  Cependant  en  1905,  dans  «  Bronn's  Klassen  und 
Ordnungen  des  Tier-Reichs  »,  Otto  Bùrger,  soucieux  de  res- 
pecter les  règles  de  la  nomenclature,  remplaça  le  nom  de 
Tetrastemma  par  celui  de  Prostoma  et  le  nom  de  la  famille 
Tetrastemmidae,  établie  par  Hubrecht  en  1879,  par  celui  de 
Prostomatidœ,  famille  dans  laquelle  il  rangea  les  trois  genres 
Prostoma  Dugès  1828,  OErstedia  Quatrefages  1846  et  Sticho- 
stemma  Montgomery  1895. 

Prostoma  (=  Tetraslemma)  et  Stichostemma  sont  si  voisins 
que  Bùrger  n'a  admis  le  genre  Stichostemma  qu'après  avoir 
hésité.  En  effet,  dans  «  Fauna  und  Flora  des  Golfes  von 
Neapel  »,  eu  1895,  il  fait  entrer  les  espèces  du  genre 
Stichostemma  dans  le  genre  Tetrastemma,  et  si,  en  1905,  dans 
«  Tier-Reich  »,  il  admet  le  genre  Stichostemma,  il  semble  le 
faire  à  regret. 

De  son  côté,  Bohmig  (1892)  n'avait  pns  éprouvé  le  besoin  de 
séparer  du  genre  Tetrastemma  son  espèce  de  Graz,  qu'il 
désigna  d'abord  sous  le  nom  de  Tetrastemma  grœcense,  nom 
qu'il  maintint  encore  dans  sa  Note  préliminaire  (1897)  sur  les 
systèmes  excréteur  et  sanguin  de  Tetrastemma  grœcense. 
Ce  n'est  que  dans  le  travail  qu'il  publia  l'année  suivante  (1898), 
qu'il  accepta  le  genre  Stichostemma. 

Lorsque  Montgomery  créa  ce  dernier  genre,  il  n'en  donna  pas 
une  diagnose  suffisante.  Les  caractères  qu'il  lui  attribua  furent  la 
disposition  des  yeux  au  nombre  desix  et  l'absence  de  corps  cal- 
caires dans  lestissus.  Or,  le  nombre  desyeuxvarie  d'une  espèce 
à  une  autre,  il  varie  avec  l'âge,  il  varie  souvent  aussi  dans  une 
même  espèce,  d'un  individu  à  un  autre,  et  sur  un  même  indi- 
vidu il  peut  ne  pas  être  le  même  à  droite  et  à  gauche.  Quant 
aux  corps  calcaires,  Bohmig  établit  plus  tard  (1898)  qu'ils 
existent  aussi  bien  chez  Stichostemma  grœcense  que  chez 
Geone.mertes  chalicophora  Graff,  qui  est  d'ailleurs  la  seule 
espèce  connue  du  genre  où  ces  corps  calcaires  ont  été  obser- 
vés. Les  hésitations  de  Burger  et  de  Bohmig,  pour  l'adoption  de 
ce  genre,  étaient  donc  bien  justifiées. 

Ce  n'est  que  deux  ans  après  avoir  créé  le  genre  Stichostemma, 
que  Montgomery  (1897)  justifia  le  démembrement  du  genre 
Tetrastemma,  en  donnant  une  diagnose  de  chacun  de  ces 
genres.  Voici  ces  diagnoses  : 

Tetrastemma  :  «  Eyes  not  variable  in  number,  either  4  single 
eyes  (the  rule),  or  A  double  eyes  (T.  falsum,  cruciatum)  ; 
lOnerves  in  the  proboscis;  rhynchocoel  extends  to  the  posterior 


SÉANCE    DU    22    FÉVHIER    1910  65 

end  of  the  body  ;  nephridia  not  extending   posteriorly  behind 
the  œsophagus,  dioecious,  oviparous.   » 

Stichostemma  :  «  Eyes  variable  in  number,  usually  more 
than  4;  9  nerves  in  the  proboscis;  rhynchocoel  does  not  extend 
to  the  posterior  end  of  the  body  :  nephridia  extending  from  in 
front  of  thebrain,  to  the  posterior  end  of  the  body  ;  protandric, 
hermaphroditic,  oviparous.  » 

Ainsi,  les  deux  genres  ne  se  distinguent  l'un  de  l'autre  que 
par  le  nombre  des  yeux,  par  le  rhynchocœlome  qui,  chez 
Tetrastemma,  s'étend  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  du  corps 
qu'il  n'atteint  pas  chez  Stichostemma,  par  les  vaisseaux  excré- 
teurs qui,  chez  Tetrastemma,  n'existent  que  dans  la  région 
antérieure,  tandis  qu'ils  s'étendent  sur  toute  la  longueur  du 
corps  chez  Stichostemma,  et  par  le  régime  sexuel,  Tetrastemma 
ayant  les  sexes  séparés  et  Stichostemma  étant  hermaphrodite 
avec  protandrie. 

Certains  de  ces  caractères  ne  sont  pas  d'une  rigueur  absolue. 
En  effet,  les  phases  sexuelles,  dans  les  diverses  espèces  de 
Stichostemma,  ne  sont  pas  suffisamment  déterminées,  pas  plus 
qu'elles  ne  le  sont,  d'après  Coe  (1904,  p.  551),  dans  les  diverses 
espèces  de  Geonemertes.  D'un  autre  côté,  Moisgomery  dit  lui- 
même  (1895,  p.  129),  à  propos  de  Stichostemma  eilhardi,  que 
le  rhynchocœlome  cv  reicht  von  der  Gehirnregion  nach  hinten 
fast  bis  zum  Korperende  »,  H  d'autre  part,  le  rynchocœlome 
de  Tetrastemma  obsciirwn,  d'après  Max  Schultze  (1851)  ne 
s'étend  pas  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  du  corps.  Malgré 
ces  légères  observations,  on  peut  considérer,  au  moins  provi- 
soirement, l'établissement  des  deux  genres  comme  étantjustifié. 
Mais  reste  à  savoir  s'il  convient  de  leur  maintenir  les  noms  qui 
leur  sont  assignés  par  Montgomery. 

Le  genre  Prostoma  a  été  établi  par  Dugès  pour  les  espèces 
d'eau  douce  et  le  genre  Tetrastemma  par  Ehrenbergh  pour  des 
espèces  marines.  Dès  lors  il  me  parait  conforme  aux  règles  éta- 
blies de  maintenir  ces  deux  noms  anciennement  créés  et  de 
supprimer  Stichostemma,  qui  fait  double  emploi  avec  Prostoma, 
tout  en  réservant  le  nom  de  Tetrastemma  aux  espèces  marines 
que,  à  la  suite  de  Burger,  les  auteurs  désignent  actuellement 
sous  le  nom  de  Prostoma.  On  ne  peut  d'ailleurs  qu'approuver 
Burger  d'avoir  substitué  le  nom  de  famille  Prostomatidse  à  celui 
de  Tetrastemmatidœ. 

Le  genre  Prostoma  n'étant  pas  représenté  dans  la  faune 
marine,     tandis     que     le    genre    Tetrastemma     Test,    d'après 


66  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

Burger  (1905)  par  63  espèces  sûres  et  8  non  sûres,  et  ces  deux 
genres  étant  évidemment  très  voisins,  on  est  en  droit  de  con- 
sidérer le  premier  comme  dérivant  du  second  par  adaptation 
à  des  conditions  éthologiques  différentes. 

Les  Prostoma  sont  en  somme  des  Tetrastemma  d'eau  douce. 
L.  Vaillant  (1892),  qui  était  porté  à  regarder  les  Nérnertcs 
d'eau  douce  comme  ne  formant  qu'une  seule  espèce,  le  Geone- 
mertes  {Prostoma)  clepsinoidea  Dugès,  a  écrit  cette  phrase  très 
juste  :  «  Il  est  même  douteux,  comme  je  l'ai  dit  ailleurs  en 
résumant  ces  mêmes  faits  (Hist.  nat.  des  Annélides  marins  et 
d'eau  douce,  111,  p.  610,  1889),  que  le  genre  Geonemertes 
Semper,  ou  mieux,  à  raison  de  l'antériorité,  Prostoma  Dugès, 
soit  distinct  du  genre  7 etrastemma  Ehrenbergh.  » 

Il  est  à  remarquer  que  les  Tetrastemma  présentent  un  déve- 
loppement direct,  comme  les  Prostoma  d'ailleurs,  ainsi  que  je 
l'ai  constaté,  et  se  trouvent  par  suite  dans  de  meilleures  con- 
ditions, pour  s'adapter  à  l'eau  douce,  que  les  types  ayant  une 
larve  Pilidium  ou  même  une  larve  de  Desor,  ces  formes  lar- 
vaires, surtout  le  Pilidium,  étant  délicates  et  ne  supportant 
pas  une  diminution  de  la  salure  de  l'eau. 

D'autre  part,  on  sait  que,  parmi  les  ISémertiens  marins,  il  n'y 
a  guère  que  les  Tetrastemma,  au  moins  quelques  espèces,  qui 
s'acclimatent  dans  les  eaux  saumâtres.  De  Guerne  (1892;  a 
rappelé  l'intéressante  observation  de  von  Kennel  relative  au 
Tetrastemma  obscurum  Max  Schultze,  dont  serait  très  voisin  le 
Némertien  recueilli  par  von  Kennel  (1889)  dans  l'Embach.  C'est, 
dit-il,  une  «  espèce  franchement  marine  dans  la  mer  du  Nord, 
mais  qui,  d'autre  part,  se  trouve  être  la  seule  capable  de  sup- 
porter l'extrême  réduction  de  salure  des  eaux  du  golfe  de 
Finlande.  On  a  rencontré  cette  espèce  jusqu'à  Revel  et  Hel- 
singfors.  Elle  vit  en  ces  parages,  dans  un  milieu  à  peine  sau- 
mâtre,  avec  des  Planaires,  des  Oligochètes  et  divers  types 
nettement  fluviatiles.  N'est-il  pas  légitime  d'en  conclure  que. 
sinon  T.  obscurum,  du  inoins  une  ou  plusieurs  formes  voisines, 
se  sont  peu  à  peu  et  définitivement  accoutumées  à  l'eau  douce, 
s'y  répandant  avec  le  temps  et  de  proche  en  proche  comme 
c'est  la  règle  pour  les  animaux  fluviatiles?  » 

Toutes  les  observations  concourent  donc  à  faire  admettre 
que  les  Némertes  d'eau  douce  connues  jusqu'à  ce  jour,  sauf 
peut-être  Némertes  polyhopla,  dérivent  du  genre  Tetrastemma. 

Cependant    je    dois  ajouter  que   ce   ne   sont   pas  seulement 


SÉANCE    DU    2'2    FÉVRIER     1910  67 

quelques  espèces  de  Tetrastemma  qui  peuvent  s'acclimater 
dans  les  eaux  douces.  Une  observation  que  j'ai  faite  montre 
que  certains  Amphiporides  sont  dans  le  même  cas  et  pourraient 
bien  un  jour  faire  partie  de  la  faune  fluviatile. 

Mon  observation  coucerne  Y  Amphiporus  lactifloreus  Johnston. 
Cette  espèce,  dont  le  développement  est  direct  comme  celui 
de  Tetrastemma  et  de  Prostoma,  est  très  répandue  dans  toutes 
nos  mers,  et  elle  vit  jusque  dans  la  première  zone,  c'est-à-dire 
celle  qui  reste  à  sec  pendant  un  à  trois  jours  consécutifs,  en 
temps  de  morte  eau.  J'ai  trouvé  plusieurs  exemplaires  de  cette 
espèce  au  Portel,  au  niveau  supérieur  du  balancement  des 
marées,  en  un  point  de  la  falaise  où  coulent,  en  toutes  sai- 
sons, les  eaux  d'un  ruisseau.  Dans  le  voisinage  de  ces  indi- 
vidus vivaient  de  très  nombreuses  larves  de  Chironomes.  Il  est 
certain  que  ces  animaux  se  trouvaient  dans  des  conditions 
telles  qu'ils  ne  pouvaient  être  atteints  par  les  eaux  de  la  mer 
que,  tout  au  plus,  pendant  quelques  heures  par  jour  et  que,  le 
reste  du  temps,  ils  vivaient  dans  l'eau  douce,  car  la  falaise,  en 
cet  endroit,  présente  une  pente  trop  forte  pour  permettre  la 
stagnation  de  l'eau  de  mer  à  marée  descendante. 

Sur  les  espèces  connues  du  genre  Prosloma. 

J'ai  dit  plus  haut  que  les  diverses  Nemertes  d'eau  douce 
avaient  été  rapportées  aux  genres  Prostoma,  Tetrastemma, 
Polia,  Nemertes,  Emea  et  Stichostemma,  et  que  toutes,  excep- 
tion faite  pour  Nemertes  polyhopla,  devaient  appartenir  au 
seul  genre  Prostoma.  C'est  en  effet  à  cette  conclusion  qu'on  est 
conduit  par  la  comparaison  des  espèces  décrites. 

Nous  avons  vu  que  Stichostemma  n'est  qu'une  synonymie  de 
Prostoma.  Mous  allons  voir  que  les  espèces  décrites  sous  les 
noms  génériques  de  Tetrastemma,  Polia  et  Emea  doivent  ren- 
trer dans  le  genre  Prostoma. 

Le  Polia  dugesi,  trouvé  dans  le  canal  Saint-Martin,  à  Paris, 
par  de  Quatrefages  (1847),  est  cité  par  Burger  (1895)  comme  une 
synonymie  de  Prostoma  ctepsinoides  Dugès  ;  les  individus  de 
Montpellier,  comme  ceux  de  Paris,  ont  trois  paires  d'yeux. 

L'Emea  rubra  Leidy  1850,  des  environs  de  Philadelphie,  a 
été  considéré  par  Burger  (1895  et  1907;  comme  une  synonymie 
de  Prostoma  ctepsinoides  Dugès  et  de  Tetrastemma  aquarum 
dulcium  Silliman  1884,  de  l'État  de  New- York.  Tout  porte  à 
croire  que  cette  espèce  doit  être  rattachée  au  genre  Prostoma. 


68  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

L'Emea  Sillimani  Girard  (1893),  du  comté  de  Monroe,  est 
considéré  par  Silliman  comme  très  voisine,  sinon  identique, 
à'Emea  rubra  Leidy.  Girard  lui-même  (1893,  p.  242)  indique 
comme  synonymie  de  son  espèce  le  Tetrastemma  aquarum 
dulcium  Silliman.  Emea  Sillimani  est  donc  un  Prostoma,  et  son 
nom  spécifique  doit  être  rayé  de  la  nomenclature. 

Quant  à  Y  Emea  lacnstris,  qui  fut  trouvé  par  du  Plessis  (1891) 
dans  le  lac  Léman,  puis  dans  le  lac  Pion  par  Zacharias,  dans 
le  lac  de  Zurich  par  Lang,  en  1896  dans  le  lac  Garda,  en 
Lombardie,  par  Garbini,  dans  les  marais  de  Bâle  par  Fuhr- 
mann,  et  enfin  dans  la  rivière  Schuylkill,  en  Amérique,  par 
Leidy,  c'est  une  espèce  que  du  Plessis  (1891)  nomma  d'abord 
Tetrastemma  lacustris  et  qu'il  débaptisa  (1893)  pour  l'appeler 
Emea  lacnstris.  Montgomery  (1895)  la  rangea  dans  le  genre 
Monopora  Salensky.  Par  tous  ses  caractères  et  son  genre  de 
vie,  cette  espèce  me  parait  identique  à  celle  de  Lille,  c'est-à- 
dire  au  Prostoma  lumbricoideum  Dugès.  En  tout  cas,  il  n'est 
pas  douteux  qu'elle  doive  rentrer  dans  le  genre  Prostoma. 

Bohmig  (1898)  a  fait  une  étude  comparée  des  espèces  du 
genre  Stichostemma{=z  Proslotna)  qui,  au  point  de  vue  de  l'or- 
ganisation, est  bien  connu  grâce  aux  beaux  travaux  de  L.  Bohmig 
(1892  et  1898),  de  du  Plessis  (1893)  et  de  Montgomery  (1895). 
Il  admet  comme  bien  établies  les  espèces  suivantes  : 

1°  Prostoma  (Stichostemma)  grœcense  (Bôhmig  1892),  qu'il 
rangea  d'abord  dans  le  genre  Tetrastemma  et  qu'il  trouva  au 
jardin  botanique  de  Graz.  Cette  espèce  fut  signalée  depuis  par 
Zykoff  (1901)  dans  le  Volga  à  Saratow,  puis  par  Mrazek  (1902) 
dans  un  bassin  de  serre  chaude  du  jardin  botanique  de  Prague 
et  dans  le  ruisseau  Rotytka  des  environs  de  Prague.  Bohmig 
(1898,  p.  481)  assigne  à  cette  espèce  la  diagnose  suivante  : 
«  Stich.  grœcense  wird  bis  12  mm.  lang  und  3/4  mm.  breît; 
der  Querschnitt  ist  rundlich  oder  oval  aber  nie  platt.  Das 
farblose  und  durchscheinende  Vorderende  des  ruhig  schwim- 
menden  Thieres  ist  etwas  verbreitert  und  abgerundet;  hinter 
den  kleinen  Kopffurchen  verschmàlert  sich  der  Kôrper  ein 
wenig,  uni  alsbald  wiederum  an  Breite  zuzunehmen,  das 
llinterende  ist  stumpf  zugespitzt.  Jungere  Thiere  sind  von 
milchweisser  Farbe  mit  einem  Stich  ins  Gelbliche  oder  Bràun- 
liche,  altère  gelbbraun  oder  rôthlichbraun;  einen  zarten  r'ôth- 
lichen  Farbton  zeigt  stets  das  vordere  Kôrperende  bis  dicht 
hinter  das  Gehirn.  Die  lntensitàt  der  Fàrbung  variirt  ausseror- 
dentlich,  sie  ist  auch  abhângig  vom    Inhalt   des    Darmes.    Ein 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  69 

specifisches  Pigment  fehlt,  tloch  bemerkte  ich  bei  einzelnen 
Individuel!  sowohl  in  den  Zellen  des  Korperepithels  als  auch 
ioi  Mesencliym  griïnliche  Kornchen,  letzteres  birgt  fernerliin 
Kalkkôrper  in  grôsserer  oder  geringerer  Menge. 

«  Altère  Thiere  besitzen  sechs  (drei  Paare)  in  einem  Rechtecke 
angeordnete  Augen,  jùngere  zumeist  înir  vier  (zvvei  Paare). 
Die  Augen  des  ersten  Paares  sind  diegrôssten,  ihre  Entfernung 
von  der  vorderen  Kôrperspitze  betriigt  130-175  u,  zwisclien 
ihnen  und  den  etwas  kleineren  des  zweiten  Paares  ist  ein 
Abstand  von  75-105  u.,  das  dritte  Paar  liegt  dicht  vor  dem 
Gehirn. 

«  Tasthaare  finden  sicbt  in  dei'  Umgebung  der  gemeinsamen 
Mund-Rhynchodaunioffnung,  des  Afters,  sowie  vereinzelt  an 
den  Seitenriindern.  Die  Kopfdruse  ist  wohl  entwickelt,  sie 
erstreckt  sich  jedoch  nicht  liber  das  Gehirn  hinaus,  ein  Fron- 
talorgan  ist  vorhanden.  Die  Thiere  sind  Zwitter  und  ovipar.   » 

2°  Prostoma  (Stichostemma)  eilhardi  trouvé  par  Montgomery 
(1895)  dans  l'aquarium  de  l'Institut  zoologique  de  Berlin.  Mont- 
gomery dit  que  les  exemplaires  recueillis  par  F.  Mùller,  en  1851.  à 
Berlin  et  à  Greifswald,  appartiennent  peut-être  à  la  même  espèce. 
Voici  la  diagnose  que  donne  Montgomery  pour  St.  eilhardi  (189», 
p.  91)  :  «  Lange  bis  14  mm.  ;  Farbe  rothlich-gelb,  bei  jiïngeren 
Individuen  braun-gelb,  das  vordere  Korperende  farblos  ;  ein 
specifisches  Pigment  im  Korperepithel,  aber  nicht  in  der 
Cutis  ;  keine  Tasthaare  im  Korperepithel  ;  Kopfdruse  reicht 
nicht  hinter  des  Gehirn  ;  Mund  mit  Rhynchodaum  vereinigt  ; 
ovipar,  zwitterig  mit  vorangehender  Protandrie.  Lebt  warhr- 
scheinlich  in  der  ISàhe  von  Berlin,  bis  jetzt  aber  nur  in  den 
Sûsswasser-Becken  der  Berliner  zoologischen  Instituts  ge- 
funden.  » 

Si  l'on  compare  la  diagnose  de  Montgomery  et  celle  de 
Bohmig,  on  se  demande  si  vraiment  Pr.  eilhardi  et  Pr.  grœ- 
cense  constituent  bien  deux  espèces  distinctes,  si  ce  ne  sont 
pas  plutôt  deux  variétés  d'une  seule  et  même  espèce,  car 
enfin  les  différences  qu'ils  présentent  sont  l'absence,  chez 
Pr.  grœcense,  d'un  pigment  épidermique  qui  ne  fait  pas  défaut 
chez  Pr.  eilhardi,  et  l'absence,  chez  ce  dernier,  des  cils  tactiles 
observés  chez  Pr.  grœcense.  Ce  sont  là  de  bien  faibles  carac- 
tères distinctifs,  aussi  suis-je  porté  à  identifier  les  exemplaires 
du  jardin  botanique  de  Graz  et  ceux  de  l'aquarium  de  Berlin. 
Peut-être  même  que  ces  formes  devront  être  rattachées  au 
Pr.  clepsinoides  de    Dugès,  lorsque  celui-ci   sera   mieux  connu. 


70  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

3°  Prostoma  (Stichostem?na)  asensoriatum  Montgomery 
(1896),  trouvé  en  Pensylvanie,  pas  très  loin  de  West  Chestei. 
A  propos  de  cette  espèce,  Montgomery  écrit  (1896,  p.  438)  : 
«  It  is  uot  improbable  that  the  «  Tetrastemma  »  aquarum 
dulcium  niay  be  closely  allied  to  the  form  which  I  hâve  be- 
scribed  hère;  but  a  re-examination  of  Silliman's  species  must  be 
niade  before  this  question  can  be  settled.  »  Dans  ces  condi- 
tions, il  eût  été  préférable  de  donner  aux  individus  de  Pensyl- 
vanie le  nom  de  l'espèce  de  Silliman,  trouvée  dans  l'Etat  de 
New-York,  ne  fut-ce  que  pour  ne  pas  créer  «  this  barbarous 
spécifie  naine  »  (1).  Cette  espèce  se  distingue  des  deux  précé- 
dentes par  l'absence  d'un  organe  frontal  et  par  le  grand  déve- 
loppement de  la  glande  céphalique. 

Les  autres  espèces  qui  ont  été  rattachées  au  genre  Prostoma, 
en  outre  de  celles  de  Dugès,  sont  :  Tetrastemma  turanicum 
Fedtschenko  1872,  de  Taschkent  (Turkestan)  et  Tetrastemma 
aquarum  dulcium  Silliman  1884,  de  l'Etat  de  New- York. 

Bohmig  incline  à  adopter  des  rapports  très  proches  entre  ces 
deux  dernières  espèces,  sans  toutefois  les  identifier  parce  qu'il 
existe,  chez  T.  turanicum,  deux  grands  caecums  intestinaux 
longitudinaux  s'étendant  jusqu'au  cerveau,  caecums  qui  man- 
quent ou  n'ont  pas  été  vus  chez  T.  aquarum  dulcium.  Nous 
avons  vu,  d'autre  part,  qu'il  est  probable,  d'après  Montgomery 
lui-même,  que  cette  dernière  espèce  est  étroitement  alliée  à 
son  S  tic  h.  asensoriatum. 

On  voit  par  cet  exposé  que,  faute  de  renseignements  anato- 
miques  précis,  il  règne  beaucoup  d'incertitude  sur  la  valeur 
de  la  plupart  des  espèces  auxquelles  on  a  attribué  un  nom.  Il 
est  possible  que,  lorsqu'on  les  connaîtra  mieux,  on  soit  amené 
à  constater  plus  d'un  double  emploi  et  que  quelques  noms 
spécifiques  soient  rayés.  Mais  dès  maintenant  on  peut  affirmer 
que  le  nombre  des  espèces  de  Némertiens  d'eau  douce  est 
assez  restreint,  que  toutes  ces  espèces  sont  fort  voisines  les 
unes  des  autres,  et  qu'elles  appartiennent  toutes  à  la  famille 
des  Piostomatides  et  au  genre  Prostoma. 

Sur  les  espèces  de  Dugès. 

Les  divers  auteurs  qui  ont  donné  un  nom  aux  espèces  d'eau 
douce   qu'ils   ont    observées,    ont    trop    négligé    le    travail    de 

(1)  /.  li.  Micr.  Hoc,  1897,  page  3S. 


SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910  71 

Dugès.  Il  n'est  pourtant  pas  admissible  qu'il  y  ait  autant  d'es- 
pèces que  de  localités  où  l'on  en  a  trouvé,  ni  que  celles  de 
Dugès  aient  disparu.  Cet  observateur  consciencieux  a  donné  les 
diagnoses  suivantes  des  deux  premières  formes  signalées  : 

Prostoma  clepsiuoides  :  «  Corps  cylindrique,  aminci  en  avant, 
obtus  aux  deux  bouts  ;  bouche  en  suçoir  exsertile  (du  moins  par 
la  compression),  6  points  oculiformes  à  la  tète  et  sur  deux 
rangs  longitudinaux  ;  couleur  jaune  d'ocre  ;  longueur  2  à  3 
lignes  ;  il  ressemble  à  une  Clepsine,  mais  il  en  diffère  par  sa 
consistance  pulpeuse,  l'absence  des  ventouses,  etc.;  on  le 
trouve  dans  les  eaux  courantes,  sous  les  pierres.  » 

Prostoma  lumbricoideum  :  «  Corps  vermiculaire,  très 
allongé,  mou,  jaune,  marbré  de  rouge  vif;  les  yeux  noirs, 
disposés  en  carré.  Habite  dans  les  ruisseaux.  Longueur  extrême 
15  lignes.  » 

A  ces  diagnoses  sont  joints  des  croquis  des  deux  espèces.  Si 
les  descriptions  de  Dugès  sont  succinctes,  elles  ne  le  sont  pas 
plus  toutefois  que  d'autres  qui  ont  été  données  à  cette  époque 
reculée  pour  nombre  d'espèces  animales  qui,  pourtant,  ont  été 
reconnues  et  dont  les  noms  ont  été  conservés  par  les  auteurs 
plus  récents.  Dans  ce  cas  se  trouvent,  par  exemple,  le  Dero- 
stoma  (Gyrator)  notops  Dugès  1828,  le  Derostoma  (Stenostoma) 
leucops  Dugès  1828,  et  tant  d'autres. 

Comme  je  l'ai  dit  plus  haut,  je  crois  que  Pr.  grseceme 
Bôhmig,  Pr.  eilhardi  Montgomery  et  Pr.  clepsiuoides  Dugès 
sont  extrêmement  voisins,  sinon  identiques,  et  que  Emea  la- 
custris  Du  Plessis  correspond  à  Prostoma  lumbricoideum 
Dugès.  C'est  peut-être  aussi  à  cette  dernière  espèce  qu'il 
faudra  rattacher  quelques  Némertes  d'eau  douce  pourvues  de 
quatre  yeux,  telles  que  celle  de  Stuhlmann  (1888)  trouvée  dans 
le  limon  de  la  rivière  Kiugami,  à  cinq  milles  de  Bagamoyo 
près  de  Zanzibar,  celle  de  Kennel  (1889)  trouvée  dans  le  fleuve 
kimbach  eu  Russie  et  que  l'auteur  a  rapprochée  de  Tetrastemma 
obscurum,  celle  de  BexXHAM  (1892)  de  la  rivière  Cherwell  en 
Angleterre  et  celle  du  lac  Pion  observée  par  Zacharias  (1886). 
Ces  formes  présentent  en  tout  cas  quatre  yeux  et  un  corps  très 
allongé  comme  Pr.  lumbricoideum. 

Quoi  qu'il  en  soit,  je  n'hésite  pas  à  rattacher  à  cette  dernière 
espèce  de  Dugès  les  exemplaires  des  environs  de  Lille. 

Je  ferai  connaître,  dans  un  travail  spécial,  l'organisation,  le 
régime  sexuel  et  le  développement  de  cette  espèce,  mais  je 
puis  dès  maintenant  eu  donner  les  caractères  généraux. 


72  séance  du  22  février  1910 

Caractères    de    la    INémerte    de    Lille 
{Prostoma  lumbricoideum  Dugès). 

Corps  très  allongé  pendant  la  reptation,  long  de  20  à  25  mm . , 
large  de  1/2  mm.,  à  section  transversale  circulaire,  générale- 
ment jaune  ou  blanchâtre  chez  les  petits  exemplaires,  ronge 
chez  les  grands,  toujours  plus  pâle  aux  deux  extrémités,  sur- 
tout à  l'extrémité  antérieure,  rouge  transparent  dans  la  région 
cervicale,  parfois  parsemé  de  taches  rouges  ou  noires  ;  quel- 
ques exemplaires  sont  d'un  beau  vert  sombre  avec  tête  rouge  ; 
couleur  variable  suivant  l'alimentation.  Pas  de  pigment.  Des 
corps  calcaires  dans  les  tissus,  même  au  moment  de  l'éclosion. 

Quatre  yeux  disposés  en  carié  ou  en  rectangle  suivant  l'ex- 
tension du  corps.  Souvent,  chez  les  grands  exemplaires,  des 
yeux  surnuméraires  toujours  disposés  en  quatre  groupes  et 
donnant,  à  l'œil  nu  ou  à  un  faible  grossissement,  l'impression 
de  quatre  gros  yeux  simples  ;  les  plus  petits  yeux  surnumé- 
raires sont  de  simples  amas  pigmentaires.  Dans  quelques 
exemplaires,  il  existe  en  outre  deux  très  petits  yeux  immédia- 
tement en  avant  du  cerveau.  A  l'éclosion,  les  jeunes  n'ont  que 
deux  yeux  qui  représentent  la  deuxième  paire  de  l'adulte. 

Une  glande  céphalique.  Pas  d'organe  frontal.  Organes  sen- 
soriels cérébraux  situés  en  avant  du  cerveau,  auquel  ils  sont 
reliés  chacun  par  un  nerf.  Pas  de  cils  tactiles. 

Un  seul  orifice  pour  la  bouche  et  la  trompe.  Rhynchocœlome 
ne  s'étendant  pas  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  du  corps. 
Organes  excréteurs  s'étendant  depuis  Je  cerveau  jusqu'à  l'anus. 
Trompe  pourvue  de  deux  sacs  de  stylets  accessoires  et  d'un 
stylet  principal  à  base  légèrement  étranglée  vers  son  milieu. 
Ovipare.  Pontes  d'été  nues  et  pontes  d'hiver  enkystées. 


OUVRAGES  CITÉS 


1828.  Dugès  (Ant.).  Recherches  sur  l'organisaiion  et  les  mœurs  des 

Planariées.  {Ann.  Sci.  Nut.  XV.) 
1830.  Dugès  (Ant.).  Aperçu  de  quelques  observations  nouvelles  sur 

les  Planaires  et  plusieurs  genres  voisins.  (Ann.  Sci.Nal.  XXI.) 


SÉANCE   DU   22   FÉVRIER    1910  73 

1847.  Quatrefages  'de).  Recherches  anatomiques  et  zoologiques  faites 

pendant  un  voyage  sur  les  côtes  de  Sicile. 
1859.  Schmarda.  Neue  wirbellose  Thiere  beobachtet  und  gesammelt 

auf  einer  Reise  uni  die  Erde.  I. 
1886.  Zacharias  (0.).  Ergebnisse  einer  geologischen  Exkursion  in  das 

Glazer-Iser  und  Riesengebirge.  (Zeitschr.  wiss.  Zool.  XL11I.) 

1888.  Stuhlmann    (F.).    Vorlâuflge   Bericbte  ùber  einer  mit   Unter- 

stûtzung  der  Kônigl.  Akad.  der   "Wissensch.  unternommene 
Reise  nacb  Ost-Africa.  (S.  B.  Ak.  Berlin.) 

1889.  Vaillant.  Hist.  nàt.  des  Annelés  marins  et  d'eau  douce.  III. 
1889.    Kennel   (von).  Fur  die  Fauna   neue  Nemertine.    (S.    B.    Ges. 

Dorpat.  VIII.) 

1891 .  Du  Plessis.  Note  sur  le  Tetrastemma  lacuslris,  espèce  nouvelle 

de  Némertien  d'eau  douce   découverte   dans   le  lac  Léman. 
(Bull.  Soc.  Vaudoise,  XXVIII.) 

1892.  Benham    (W.    B.).    Note   on  the  occurrence  of  a   Freschwater 

Nemertine  in  England.  (Nature,  XLVI.) 
1892.  Bôhmig  (L.).  Tetraslremma  grœcense[Mt.  Ver.  Steier mark.) 
1892.  Guerne  (J.  de).    L'histoire  des  Némertiens  d'eau  douce,  leur 

distribution  géographique  et  leur  origine.   (C.  B.  Soc.  Biol., 

séance  du  30  avril.) 
1892.  Du  Plessis.  Sur  les  Némertiens  du  lac  de  Genève  (Zool.  An--., 

XV,  p.  64-66.) 

1892.  Vaillant   (L.).    Remarques    sur  les  Némertiens   d'eau   douce. 

{Zool.  Anz.,  p.  125-126.) 

1893.  Girard  (Gh.).   Recherches  sur  les  Planariés  et  les  Némertiens 

de  l'Amérique  du  Nord.  (Ann.  Sci.  Nal.  (7),  XV.) 
1893.   Du  Plessis.  Organisation   et  genre  de  vie  de  ïEmea  lacustris, 

Némertien   des   environs    de  Genève.    [Bev.    Suisse  Zool.,  I, 

p.  329-357,  pi.  xn.) 
189'«.  Jouhin  (L.).  Les  Némertiens.  (Faune  française.) 
1893.  Montgomert.  Stichoslemma   Eilhardi   nov.   gen.   nov.    sp.    Fin 

Beiirag   zur  Kenntniss  der  Nemertinen.  (Zeitschr.  toiss.  Zool., 

L1X,  p.  83-146.pl.  viii-ix.) 
1893.  Burger    (Otto).  Fauna  und  Flora  des  Golfes  von  Neapel.  XXII. 

Nemertinen. 
1896.  Garbini.   Intorno  ai  Nemertini  del  lago  di  Garda   ed   alla  lore 

origine.  [Zool.  Anz.,  XIX,  p.  125-127  et  J.  B.  Micr.  Soc,  1896.  P.  4, 

p.  418.) 

1896.  Montgomert.   Stichostemma  asensorialum  n.  sp.,  a  freshwater 

Nemertean  from  Pensylvania   (Zool.  Anz.  XIX,  p.  436-458.) 

1897.  Bôhmig  (L.).  Vorlàufige  Mittheilung  ùber  die  Excretionsorgane 

und  das  Blutgefassystem   von    Tetrastemma  grœcense.    [Zool. 
Anz.  XX.) 

1897.  Montgomery.  On  the  (Jonnective  Tissues  and  Body  Gavities  of 

the  Nemerieans,  wilh  Notes  on   Classification.   [Zool.  Jahrb. 
Anat.  X.) 

1898.  Bôhmig  (L.).  Beitràge  zur  Anatomie  und  Histologie  der  Nemer- 

tinen.  (Stichoslemma   grœcense  Bôhmig,    Geonemerles    chalico- 
phoraGvdifl).  (Zeitschr.  wiss.  Zool.  LXIV.) 


74  SÉANCE    DU    22    FÉVRIER    1910 

1900.  Bergendal.    Ueber    ein   Paar   sehr  eigenlhùmliche  nordische 

Nemertinen.  [Zool.  Anz.  XXIII,  p.  313-328.) 

1901.  Zykoff.  Ueber  die  Nemertine  des  Wolgaftlusses   bei  Saratow 

[Stichostemma  grœcensel).  (Zool.  Anz.  XXIV,  p.  155-156.) 

1902.  Mrâzek.    Ueber  das  Vorkommen  einer  frei  lebenden  Sûsswas- 

sernemertine     [Stichostemma    grœcense)     in    Bôhmen.    [S.    B. 
bôhmisch.  Gess.  II.  Classe  XXXVI.) 

1904.  Coe  (W.  R.).  The  Anatomy  and  development  of  tbe  terrestrial 

Nemerlean  {Geonemertes  agricola)  of  Bermuda.   [P.  Boston  Soc. 
XXXI,  n°  10.) 

1905.  Burger.    Nemertinen.    (Bronn's  Klassen    und   Ordnungen   des 

Tier-Reichs,  24-26  LieferuDg.) 

1906.  Goe.  The  Anatomy  and  Development  of  the  Terrestrial  Nemer- 

tean.  [Geonemertes  agricola)  of  Bermuda.  (P.  Boston  Soc,  p.  531- 
570.) 

1907.  Burger.    Nemertinen.    (Bronn's  Klassen   und   Ordnungen  des 

Tier-Reichs,  27-29  Lieferung.) 
1910.   Hallez  (P.).  Enkystement  de  protection  d'une  Némeite  d'eau 

douce  [Prostoma  lumbricoideum  Dugès).  C. R.Ac.Sci., 21  février.) 
1910.  Hallez  (P.).  Pontes  d'été  et  pontes  d'hiver  d'une  Némerte  d'eau 

douce  [Prostoma  lumbricoideum  Dugès).  [C.B.  Ac. Sci,,  28 février.) 


Séance  du  S  mars  1910. 

PRÉSIDENCE    DE    M.    COUTIÈRE,    PRÉSIDENT. 

M.  Dominici  signale  son  changement  d'adresse  :  il  habite  37, 
rue  du  Général  Foy,  à  Paris  (8e). 

M.  Henry  Baldwin  Ward  annonce  qu'il  est  nommé  professeur 
de  zoologie  à  l'Université  d'Illinois,  à  Urbaua  (M.)  Etats-Unis. 

Le  Comité  permanent  du  premier  Congrès  international  d'en- 
tomologie met  à  la  disposition  des  membres  de  la  Société  des 
exemplaires  de  la  première  circulaire  relative  à  ce  Congrès. 
On  y  lit  : 

«  Notre  principal  désir  est  d'amener  les  entomologistes  en 
contact  plus  étroit  d'une  part  avec  la  zoologie  générale  et 
d'autre  part  avec  les  applications  pratiques  de  leurs  propres 
études.  C'est  dans  ce  but  que  nous  proposons  de  tenir  un 
Congrès  entomologique  tous  les  trois  ans,  environ  quinze  jours 
avant  chaque  Congrès  zoologique  triennal,  de  sorte  que  les 
résolutions  et  conclusions  d'intérêt  général  puissent,  si  on  le 
juge  nécessaire,  être  présentées  à  la  discussion  au  Congrès 
zoologique  suivant. 

«  Le  premier  Congrès  international  d'entomologie  sera  tenu 
du  1er  au  6  août  1910,  à  Bruxelles,  pendant  l'Exposition  inter- 
nationale qui  y  aura  lieu  à  cette  époque.  Le  programme  défi- 
nitif sera  publié  au  cours  de  l'hiver  1909-1910,  mais  il  a  semblé 
désirable,  d'ici  là,  de  porter  tout  de  suite  à  la  connaissance  du 
public  entomologique  les  détails  suivants  de  l'organisation  pro- 
jetée du  Congrès. 

«  Les  sujets  que  les  entomologistes  sont  invités  à  présenter  aux 
séances  générales  et  aux  réunions  des  sections  comprendront  : 
la  systématique,  la  nomenclature,  l'anatomie,  la  physiologie,  la 
psychologie,  l'ontogénie,  la  phylogénie,  l'œoologie,  le  mimé- 
tisme, l'étiologie,  la  bionomie,  la  paléontologie,  la  zoogéo- 
graphie, la  muséologie,  l'entomologie  médicale  et  économique. 

«  Des  Comités  spéciaux  constitués  à  Bruxelles,  s'eôorceront  de 
rendre  le  séjour  le   plus  agréable  possible  aux  congressistes. 


76  SÉANCE    DU    8    MARS    1910 

«  Le  Congrès  comprendra  :  1°  Des  membres  à  vie  payant  une 
somme  une  fois  versée  d'au  moins  250  francs,  tenant  lieu  de 
tout  paiement  ultérieur  pour  les  futurs  Congrès  entomologiques. 
Ils  recevront  gratuitement  toutes  les  publications  relatives  à 
ces  Congrès.  —  Les  sommes  ainsi  réunies  constitueront  un 
fonds  dont  les  intérêts  seuls  seront  à  la  disposition  du  Comité 
permanent  international  élu  par  le  Congrès  ; 

<(  2°  Des  membres  ordinaires  payant  une  cotisation  de 
25  francs  pour  chaque  Congrès  auquel  ils  prendront  part,  et 
moyennant  laquelle  ils  recevront  toutes  les  publications  de  ce 
Congrès.  Les  dames  et  enfants  accompagnant  des  congressistes 
jouiront,  moyennant  paiement  de  12  fr.  50,  de  tous  les  privi- 
lèges des  membres  du  Congrès,  mais  ne  recevront  pas  les 
publications. 

«  Dans  le  but  d'aider  le  Comité  exécutif  international  dans  le 
travail  préliminaire  très  étendu  qui  lui  incombe,  un  certain 
nombre  de  Comités  locaux  ont  été  établis  dans  divers  pays. 
Ces  Comités  fourniront  tous  les  renseignement  supplémentaires 
que  les  entomologistes  pourront  désirer. 

«  Pour  le  Comité  permanent  :  E.  L.  Bouvier,  fl.  Rowland- 
Brown,  G.  C.  Champion,  F.  A.  Dixey,  L.  Gangrlauer, 
W.  Horn,  A.  Janet,  K.  Jordan,  A.  Lameere,  G.  B.  Longstaff, 
E.  B.  Poulton,  G.  Severin. 

«Le  Comité  exécutif:  W.  Horn,  A.  Janet,  K.  Jordan,  G.  Severin.  » 
Le    président    du   Comité   local  pour  la  France    est  M.   A. 
Grouvelle,  126,  rue  de  La  Boëtie,  à  Paris  (8°). 

M.  le  président  adresse  les  plus  vifs  remerciments  de  la 
Société  à  M.  H.  Gadeau  de  Kerville,  dont  la  remarquable  con- 
férence a  si  heureusement  clôturé  la  XVIIe  assemblée  générale. 

M.  le  Dr  Para,  présenté  à  la  précédente  séance,  est  nommé 
membre. 

M.  V.  Pleche,  demeurant  71,  rue  de  Sartoris,  à  La  Garenne- 
Colombes  (Seine),  est  présenté  par  MM.  Blanchard  et  Chabot. 

M.  Benoit-Bazille  présente  la  monture  de  microscope,  modèle 
Calmette,  avec  condensateur  et  revolver,  que  M.  Stiassnie  met 
gracieusement  à  la  disposition  de  la  Société.  M.  le  président 
renouvelle  au  généreux  donateur  les  plus  vifs  remerciments 
de  tous. 


SÉANCE    DU    8    MARS    1910  77 

M.  Fauré-Fremiet  fait  une  communication  sur  Opercularia 
notonectœ,  Vorticellide  qui  vit  fixé  sur  Notonecta  glanca. 

M.  de  Beauchamp  montre  au  microscope  une  préparation  de 
Hastatella  radians,  Vorticellide  qu'il  a  étudié  récemment  avec 
M.  Collin. 


Ouvrage    offert 

P.  de  Beauchamp  el  A.  Collin.  Quelques  documents  sur  Hastatella 
radians  Erlanger  [Areh.  Zool.  exp.  Notes  (5),  V,  p.  xxviu-xxxui). 


LA  PRATIQUE  SIMPLIFIÉE 
DE  LA  MICROPHOTOGRAPHIE  EN  HISTOIRE  NATURELLE 


PAR 

H.    BENOIT-BAZILLE 


Plusieurs  de  mes  collègues  ayant  bien  voulu  me  demander 
quelques  renseignements  concernant  le  mode  d'obtention  des 
microphotographies  que  j'ai  eu  l'honneur  de  présenter  à  la 
séance  pratique  du  23  février  dernier,  je  crois  rendre  service 
à  ton»  les  zoologistes  faisant  du  microscope  (et  ils  sont  évi- 
demment très  nombreux),  en  appelant  leur  attpntion  sur  les 
écrans  pour  la  microphotographie  créés  par  M.  Monpillard, 
écrans  qui  sont  pour  beaucoup  dans  la  bonne  réussite  des 
clichés  que  j'ai  projetés,  et  qui  permettent  à  tout  opérateur 
d'arriver  —  avec  un  peu  de  pratique  —  à  exécuter  de  bonnes 
photomicrographies  d'après  des  préparations  colorées  naturel- 
lement, artificiellement,  ou  même  non  colorées. 

Cette  question  de  la  coloration  des  sujets  est  un  gros  écueil 
pour  le  microphotographe. 

Si  l'objet  est  incolore  ou  très  peu  coloré,  les  détails  sont 
presque  toujours  à  peine  visibles  sur  l'épreuve  ;  si,  au  con- 
traire, il  présente  des  teintes  vives  (rouge  par  exemple),  ou 
qu'il  ait  été  coloré  artificiellement  au  picro-carmin  ou  à  l'éo- 
sine  (cas  fréquent),  l'épreuve  aura  une  teinte  à  peu  près  uni- 
formément noire  et  du  plus  vilain  effet. 

Cet  inconvénient  a  certainement  suffi  à  lui  seul  pour  décou- 
rager bien    des  naturalistes   qui,   au   cours   de  leurs    travaux, 


78  SÉANCE   DU    8   MARS    1910 

avaient  été  amenés  à  essayer  de  fixer  sur  la  plaque  sensible 
les  détails  de  préparations  intéressantes,  détails  que  seule  la 
photographie  peut  rendre  exactement.  Car,  le  dessin,  surtout 
d'une  préparation  microscopique,  est  autant  une  interprétation 
qu'une  reproduction,  quelles  que  soient  et  la  valeur  et  la 
conscience  de  l'artiste. 

L'interposition,  entre  le  porte-condensateur  du  microscope 
et  le  miroir,  d'un  des  écrans  colorés  (1)  imaginés  par  M.  Mon- 
pillard,  non  seulement  supprime  les  difficultés  signalées  plus 
haut,  mais  encore  permet  de  retirer  de  véritables  avantages 
de  ce  qui,  —  en  microphotographie  sans  écrans  spéciaux,  — 
constituait  un  inconvénient  très  sérieux.  Ce  résultat  est  obtenu 
par  suite  de  la  possibilité  où  l'on  se  trouve  alors  d'utiliser 
précisément  les  colorations  de  la  préparation  pour  mettre  en 
valeur  les  éléments  les  plus  intéressants. 

Ces  écrans,  trop  peu  connus  du  monde  scientifique,  sont 
utilisés  : 

1°  Pour  obtenir  les  images  détaillées  de  sujets  présentant 
des  nuances  peu  actiniques,  ainsi  que  pour  réaliser  une  inter- 
prétation correcte  des  diverses  colorations  résultant  de  l'emploi 
des  différents  réactifs  utilisés  dans  la  technique  des  sciences 
biologiques  ; 

2°  Pour  obtenir  une  correction  aussi  complète  que  possible 
des  aberrations  chromatiques  résiduelles  des  systèmes  optiques, 
d'où  il  résulte  la  possibilité  d'utiliser  dans  d'excellentes  condi- 
tions les  mêmes  objectifs  pour  l'observation  et  la  microphoto- 
graphie. 

Ces  écrans  se  font  en  six  nuances  :  orangé,  jaune,  vert, 
bleu,  violet  et  vert-jaune  très  monochromatique  (vert  Z),  abré- 
viation rappelant  que  cet  écran  est  destiné  à  remplacer  le 
liquide  de  Zetnow,  souvent  utilisé  en  microphotographie. 

Ces  six  nuances  sont  suffisantes  pour  tous  les  cas  pouvant  se 
présenter;  elles  ont  chacune  leurs  indications  propres. 

L'écran  bleu  et  l'écran  violet  sont  à  signaler  particulière- 
ment, car  ils  permettent,  surtout  le  dernier,  d'augmenter  dans 
une  certaine  mesure  le  pouvoir  résolvant  des  objectifs,  en 
faisant  travailler  ceux-ci  dans  un  faisceau  de  lumière  chroma- 
tique comprenant  un  groupe  de  radiations  de  faible  longueur 
d'onde. 

(1)  Les  écrans  se  trouvent  chez  Cogit  et  Cie,  36,  boulevard  St-Michel,  à  Paris. 


SÉANCE    DU    8    MARS    1910  79 

Ces  écrans  possèdent  des  propriétés  optiques  constantes 
quel  que  soit  l'exemplaire  employé. 

C'est  ainsi  que  l'écran  orangé  est  transparent  de  l'extrême 
rouge  jusqu'au  a  580,  le  vert  est  transparent  de  X  510  à  1  570, 
etc 

Pour  arriver  à  ce  résultat,  il  ne  fallait  pas  songer  à  incor- 
porer, dans  la  masse  vitreuse  destinée  à  leur  fabrication,  des 
matières  fusibles;  les  résultats  eussent  été  trop  inconstants. 

Le  procédé  de  fabrication  est,  dans  ses  grandes  lignes,  le 
suivant  : 

Une  quantité  déterminée  d'une  solution  gélatineuse  colorée, 
dont  la  teneur  en  matière  colorante  a  été  rigoureusement  fixée 
par  l'expérience,  est  étendue  sur  une  plaque  de  glace  parfaite- 
ment plane.  Puis,  quand  la  surface  de  cette  plaque  est  sèche, 
celle-ci  est  recouverte  d'une  seconde  plaque  de  glace  plus 
mince  :  on  comprend  facilement  que  dans  ces  conditions  les 
écrans  puissent  jouir  de  propriétés  optiques  toujours  les  mêmes, 
puisqu'ils  renferment  invariablement  le  même  poids  de  colo- 
rant par  centimètre  carré  de  superficie. 

Telles  sont  les  propriétés  de  ces  écrans  ;  elles  sont  de  nature 
à  faciliter  grandement  la  pratique  de  la  photographie  des  objets 
vus  au  microscope,  et  j'ai  la  conviction  que  si  ces  écrans 
étaient  connus  dans  la  plupart  des  laboratoires,  la  micropho- 
tographie, qui  compte  encore  peu  d'adeptes,  entrerait  dans  la 
pratique  courante  et  faciliterait  la  constitution  d'une  documen- 
tation iconographique  d'une  précision  et  d'une  authenticité 
indiscutables. 


Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  X.*xv  —  8 


80  SÉANCK    DU    8    MARS    1910 


SUR  TROIS  ASCIDICOLES  DU  GENRE 

APLOSTOMA  CANU  :    APLOSTOMA  MAGELLAN  ICA  n.  sp., 

A-  HIBERNICA  (T.  et  A.  SCOTT  ,  A.  SACCULUSn.  sp. 

(note  préliminaire) 

PAR 

Edouard  CHATTON   et   Ernest   BRÉMENT 


Le  genre  Aplostoma  a  été  créé  en  1886,  pour  une  espèce  de 
Copépodes  parasite  de  diverses  Synascidies  (1)  des  côtes 
du  Boulonnais,  par  Canu  qui  en  a  fort  bien  étudié  les  deux 
sexes  et  les  formes  larvaires. 

Brément  (1909)  a  fait  connaître  une  espèce  voisine,  A.  banyn- 
le?isis,  parasite  d'un  Leptoclinum  méditerranéen  (L.  maculatum 
Milne-Edw.)  et  a  montré  qu'il  fallait  annexer  au  genre  Aplo- 
stoma trois  formes  rapportées  à  tort  au  genre  Enterocola  v. 
Ben.  Ce  sont  :  Aplostoma  ernca  Norman  (=  A.  af finis  T.  Scott) 
que  Canu  comprenait,  dans  son  genre  Enteropsis  Aurivillius, 
.4.  beaumonti  (T.  et  A.  Scott)  et  A.  hibernica  (T.  et  A.  Scott). 
Ces  espèces  introduisirent  dans  le  genre  des  caractères  nou- 
veaux qui  obligèrent  à  un  remaniement  de  la  diagnose  de  Canu 
construite  pour  le  seul  A.  brevicanda. 

A.  hibernica t  dont  nous  avons  repris  l'étude,  et  les  deux  para- 
sites nouveaux  que  nous  décrivons  ici  présentent,  à  côté  de 
caractères  essentiellement  aplostomiens,  des  variations  qui 
étendent  encore  beaucoup  les  limites  du  genre,  mais  qui,  très 
graduées,  interdisent  de  le  démembrer.  En  présence  de  cette 
plasticité  morphologique  et  en  prévision  de  la  richesse  du 
genre  en  espèces,  choses  concomitantes,  nous  nous  abstien- 
drons d'en  donner  ici  une  nouvelle  définition  qui  serait  à 
remanier  à  trop  brève  échéance.  Un  court  examen  récapitulatif 

(1)  Circinalium.    concrescens   Giard,   Morchellium  argus  M.  Sdw.,  Amarœcium 
Nordmanni  M.  Edw.,  A.  punctumf,  Polyclinum  luteum  Giard. 


SÉANCE   DU    8    MARS    1910  81 

des    formes  bien  étudiées  y  suppléera  pour  l'instant.  Pour  les 


Fia.  I.  —  1 ,  Aplosloma  banyulensis  Brément  ;  2,  A.  sacculus  Ch.  et  Br.:  3,  A.magel- 
lanica  Ch.  et  Br.  ;  4,  A.  hibernica  (T.  et  A.  Scott),  femelles  vues  de  profil. 

mêmes  raisons,  nous  réservons  la  discussion   des  questions   de 
nomenclature  que  soulève  l'appellation  du  genre. 


82  SÉANCE    DU    8    MARS    1910 


Aplostoma  magellanica  n.  sp. 

Type  de  l'espèce  :  une  femelle  adulte  non  ovigère  trouvée 
Jans  une  Synascidie,  non  encore  identifiée,  recueillie  par  la 
mission  du  Cap  Horn  (1)  dans  le  détroit  de  Magellan. 

Mâle  et  embryons  inconnus. 

Femelle. 

Dimensions  :  Longueur,  lmm5  ;  largeur,  0mm3. 

Corps  grêle,  vermiforme,  élancé,  plus  atténué  postérieure- 
ment qu'antérieurement,  à  régions  peu  distinctes,  arqué,  à  con- 
cavité dorsale.  Cuticule  lisse. 

Céphalon  en  forme  de  gland,  arrondi  antérieurement,  sans 
replis  pleuraux  accentués,  protégé  par  une  plaque  dorso- 
apicale  chitinisée,  échancrée  sur  la  ligne  médiane  dorsale  et 
ne  s'étendant  pas  sur  Taire  buccale.  Le  bord  antérieur  de  la 
lête,  vu  de  profil,  est  obtus.  Rostre  arrondi,  très  peu  saillant. 
Deux  écailles  apicales  peu  marquées. 

Une  zone  dorsale  amincie  du  tégument  marque  la  limite 
céphalopéréionale. 

Péréion  vaguement  4~segmenté,  légèrement  renflé  dans 
chaque  segment,  atténué  antérieurement  et  surtout  postérieu- 
rement. 

Pléon  réduit,  beaucoup  plus  étroit  que  le  péréion,  conique, 
séparé  de  lui  par  un  sillon  articulaire  peu  marqué,  vaguement 
2-segmenlé,  le  dernier  article  légèrement  incurvé  dorsalement. 

Bouche  en  fente  transversale  allongée,  au  sommet  d'un  labre 
en  mamelon  saillant,  à  bord  chitinisé  en  forme  d'accolade  sans 
papilles. 

Anus  terminal. 

Pore  de  fécondation  ventral,  à  la  limite  péréiopléonale. 

Vulves  latérales,  à  la  limite  péréiopléonale. 

Antennules  écartées  l'une  de  l'autre,  bien  développées, 
4-articulées,   à  cuticule    épaisse,    l'article  proximal  très   déve- 

(1)  Cette  Ascidie,  dont  le  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Paris  possède  de  nom- 
breux exemplaires,  nous  a  été  obligeamment  communiquée  avec  l'autorisation  de 
M.  le  professeur  Joubin,  par  notre  ami  M.  Richard. 


SÉANCE    DU    8    MARS    1910 


83 


loppé,  renflé,  portant  des  soies  ventrales,  et  une  soie  distale 
eourte  ;  les  trois  articles  distaux  cylindriques,  courts,  étroits, 
formant  un  ensemble  moins  long  que  l'article  proximal  ;  le 
quatrième  article  porte  trois  soies  grêles  terminales. 

Antennes  grêles,  en  moignons  cylindro-coniques,  1-articu- 
lées,  portant  un  mamelon  à  une  soie  au  milieu  de  leur  longueur 
et  une  soie  terminale. 

Mandibules  (1)  en  moignons  coniques,  larges  à  la  base, 
1-articulées,  à  une  soie  terminale.  De  chaque  côté  du  labre, 
trois  plaques  chitineuses  dans  le  prolongement  l'une  de  l'autre, 


Fig.    II.  —  Aplostoma  magellanica    Ch.    et  Br,  Ç.  Face    ventrale   de   la  tête  ;    a1", 
antennule;  ane,  antenne  ;  md,  mandibule  ;  nix2i,  2mo  maxille  interne. 


les  deux  premières  sub-égales  et  presque  soudées,  la  dernière 
courte,  adjacente  à  la  base  de  la  seconde  maxille  du  côté 
interne. 

Secondes  maxilles  internes  puissantes,  en  crampons,  3-articu- 
lées,  le  second  article  portant  vers  le  second  tiers  antérieur  de 
sa  face  interne  une  forte  soie  conique  et  sur  son  bord  disto- 
i n terne  un  mamelon  chitinisé  formant  pince  avec  le  gros  crochet 
terminal  du  troisième  article. 


(1)  Nous  appelons  ces  appendices  des  mandibules,  bien  que  l'exemple  iV Aplostoma 
hibernica  montre  qu'il  peut  subsister  deux  appendices  entre  l'antenne  et  la  seconde 
maxille. 


84  SÉANCE    DU    8    MARS    1910 

Péréiopodes  :  quatre  paires,  sub-équidistants,  semblables, 
sub-égaux,  biramés,  peu  chitinisés.  Basi  très  larges,  portaut 
des  ligues  de  spiuules.  Apophyse  exterue  bien  développée. 
Apophyse  interne  nulle. 

Exo  en  moignons  uni-articulés  présentant  sur  leur  face  posté- 
rieure une  lamelle  épaisse  ne  les  dépassant  pas,  obtuse  dans  la 
première  paire  et  aiguë  dans  les  paires  suivantes. 

Endo  bilobés,  le  lobe  interne  plus  développé  que  l'externe, 
échinulé  distalement.  Une  grosse  soie  conique  à  la  limite  des 
deux  lobes. 

Pas  trace  de  cinquième  paire. 

Pièces  furcales  grêles,  coniques,  incurvées  postérieurement 
et  extérieurement,  à  une  soie  terminale. 

Aplostoma  hibernica  (T.  et  A.  Scott). 

Type  de  l'espèce  :  trois  individus  femelles,  dont  deux  ovi- 
i;ères,  recueillis  au  fond  d'une  cuvette  où  avaient  séjourné 
diverses  Synascidies  de  la  grève  de  Roscoff  (août  1909). 
(T.  et  A.  Scott  ont  rencontré  cette  espèce  dans  les  mêmes  con- 
ditions, d'où  l'on  peut  conclure  qu'elle  n'occupe  pas  une  situa- 
lion  très  profonde  dans  son  hôte.) 

Mâle  et  embryons  inconnus. 

Femelle. 
Dimensions  :  longueur,  6mm  ;  largeur,  4mm3. 

Corps  cruciforme,  plus  atténué  antérieurement  que  posté- 
rieurement, brisé  en  arc  au  niveau  des  pattes,  à  trois  régions 
peu  distinctes,  arqué,  à  concavité  dorsale.  Cuticule  aréolée. 

Céphalu>  atténué,  à  bord  antérieur  saillant  de  profil,  en  arc 
surbaissé  vu  de  face.  L'aire  buccale  forme  une  truncature 
ventro-apicale,  limitée  latéralement  par  deux  replis  pleuraux 
accentués.  Plaque  céphalique  dorso-apicale  chitinisée,  présen- 
tant une  échaucrure  médiane  et  deux  latérales,  aréolée  et 
ponctuée  et  atteignant  la  partie  antérieure  de  l'aire  buccale. 
Epaississement  apical  (correspondant  peut-être  aux  écailles). 
Pus  de  rostre.  Un  sillon  accentué  surtout  latéralement  sépare 
la  tête  du  péréion.  Péhéion  à  segmentation  indistincte,  atténué 
antérieurement,  arrondi  postérieurement. 

Pléon  mal  séparé  du  péréion,  vaguement  2-segmenlé,  le  pre- 


SÉANCE    DU    8    MARS     1910 


85 


mier  segment  conique  et  surbaissé,  le  second  bulbeux  et  pédi- 
cule. 

Bouche  en  fente  transversale  allongée. 

Anus  terminal. 

Vulves  dorsales,  à  la  limite  péréiopléonale,  à  orifice  triangu- 
laire, protégées  par  une  valve  à  bord  postérieur  muni  de  cinq  à 
six  dents  et  portant  deux  fortes  épines  coniques  dont  l'une 
dépasse  ce  bord  inférieur. 


mxz( 


Fig.  [IL— Aplostoma  hibernica  (T.  et  A.  Scott)  Ç.Face  ventrale  de  la  tète;  a'%  an- 
tennule  ;  ane,  aDtenne  ;  mil,  mandibule;  nu1,  première  maxille;  mx"2e,  seconde 
maxille  externe;  mx2i,  seconde  maxiile  interne  ;  p  a.,  plaque  apicale  ;  r  p.,  repli 
pleural. 

Antennules  contiguëSj  bien  développées,  renflées,  peu  chiti- 
nisées,  vaguement  3-articulées,  coniques,  tous  les  articles  munis 
de  soies  coniques 

Antennes  robustes,  en  crampons,  2-articulées,  l'article  distal 
à  base  large,  l'article  proximal  aigu,  muni  d'une  dent  terminale 
et  d'une  sub-terminale  beaucoup  plus  petite. 

Mandibules  réduites,  en  moignons  saillants  à  une  soie  termi- 
nale. 


86  SÉANCE    DU    8    MARS    1910 

Premières  maxilles  en  moignons  saillants,  renflées,  1-articulées, 
munies  de  trois  soies  externes  et  d'une  terminale  semblables. 

Secondes  maxilles  externes  en  coins,  robustes,  1-articulées, 
inunies  de  deux  soies  externes  et  d'une  soie  terminale  conique. 

Secondes  maxilles  internes  robustes,  en  crampons,  3-articulées, 
le  troisième  article  muni  d'un  fort  crochet. 

De  chaque  côté  du  labre,  prennent  naissance  des  baguettes 
chitineuses  longues  et  fortes  s'eufonçant  dans  la  cavité  de  la 
tète. 

Péréiopodes  :  quatre  paires,  subégaux,  les  postérieurs  un 
peu  plus  développés  que  les  antérieurs,  fortement  chitiuisés. 

Basi  à  apophyses  d'insertion  très  développées  formant  un 
cadre  articulaire  pour  l'exo  et  striées  parallèlement  à  leurs 
contours. 

Exo  eu  crampons  uniarticulés,  chitinisés,  avec  une  forte 
grifïe  terminale  munie  de  trois  petites  griffes  accessoires,  arti- 
culés sur  deux  apophyses  du  basi. 

Endo  en  mamelons  inarticulés,  peu  chitinisés,  munis  de 
quelques  soies  coniques. 

Cinquième  paire  :  les  péréiopodes  V  sont  représentés  par 
une  trace  sur  le  tégument,  un  peu  au-dessus  de  la  limite  péréio- 
pléonale. 

Pièces  furcales  en  griffes,  dirigées  antérieurement,  avec  une 
soie  très  fine  postéro- externe. 

Aplostoma  sacculus  n.  sp. 

Type  de  l'espèce  :  une  douzaine  d'individus  femelles,  dont 
2  ovigères,  trouvés  dans  la  tunique  commune  de  Diplosoma 
spongiforme  Giard,  Didemnoïdé  dragué  sur  la  vase  côtière 
devant   Port-Vendres,    fin  octobre  1908  (I). 

Mâle  et  embryons  inconnus. 

Femelle 

Dimensions  :  longueur,  de  2mm  5  à  3,nm  ;  largeur,  de  0mm  5 
à  0mm9. 

Corps  sacciforme   allongé,  plus  atténué   antérieurement   que 

(1)  Les  ascidiozoïdes'de  ce  Diplosoma  renfermaient  également  Bonnierilla  bre- 
vipes  Brément. 


SÉANCE    DU    8    MARS    1910 


87 


postérieurement,    à    régions    indistinctes,    arqué,    à    concavité 
dorsale.  Cuticule  lisse. 

Céphalon  non  séparé  du  péréion.  Aire  buccale  très  réduite, 
entièrement  masquée  par  les  replis  pleuraux  qui  s'affrontent 
sur  la  ligne  médiane  et  recouvrent  tous  les  appendices.  Plaque 
céphalique  chitinisée,  développée  ventralement,  atteignant  Taire 
buccale  et  renforçant  les  replis  pleuraux.  Sa  surface  est  recou- 
verte   de   ponctuations    aréolées.    Ventralement,     un    peu    au- 


Fio.  IV.  —  Aplostoma  sacculus  Ch.  et  Br.  $  Sommet  de  la  tête;  ale,  antennule  ; 
a»e,  autene;  mxJi,  seconde  maxille  interne;  p  c,  plaque  apicale  ;  r  p.,  repli 
pleural.  Les  appendices  buccaux  sont  vus  par  transparence  à  travers  les  replis 
pleuraux 

dessous   de  la   plaque   céphalique   et  très   écartés   de  la   ligne 
médiane,  sont  deux  processus  unguiform.es. 

Péréion  non  séparé  du  céphalon  et  le  prolongeant  directement. 

Pléon  réduit  à  une  calotte  terminant  le  péréion  sans  délimi- 
tation. 

Anus  terminal. 

Vulves  latéro-dorsales,  sub-terminales,  munies  d'une  valve 
triangulaire  dont  le  bord  libre,  armé  de  fortes  dents,  plonge 
dans  l'orifice  vulvaire.  La  face   externe  de   la   valve    porte   en 


88  SÉANCE    DU    8    MARS    1910 

son    milieu   une    forte   épine   inégalement  bifide  et  une  autre 
épine  indivise  plus  petite. 

Appendices  céphaliques  de  chaque  paire  adjacents  sur  la  ligne 
médiane. 

Antennules  à  cuticule  mince,  vaguement  2-articulées,  le  der- 
nier article  pourvu  de  soies  molles. 

Antennes  2-articulées,  le  dernier  article  en  tigelle  terminée 
par  une  forte  griffe,  faisant  saillie  par  la  fente  pleurale  élargie 
à  leur  niveau. 

Secondes  maxilles  dressées,  vaguement  3-articulées,  l'article 
distal  terminé  par  un  fort  crochet. 

Péréiopodes  :  quatre  paires,  les  péréiopodes  de  la  première 
paire  sensiblement  plus  petits  que  les  suivants. 

Basi  formant  un  cadre  articulaire  très  développé  en  cuilleron, 
à  apophyse  interne  longuement  étirée  et  striée  parallèlement 
à  son  bord  distal.  Apophyse  externe  réduite. 

Exo  en  crampon,  muni  d'un  crochet  terminal  et  articulé  sur 
deux  apophyses  du  basi. 

Endo  eu  mamelon  à  deux  très  petites  soies  apicales. 

Pas  trace  de  cinquième  paire.  ~ 

Pièces  furcales  extrêmement  réduites,  formées  chacune  par 
une  tigelle  sétigère  courte  et  grêle. 

Unité  et  variarilité  dans  le  genre  Aplostoma. 

11  importe  de  dégager  brièvement  des  descriptions  précé- 
dentes les  caractères  communs  aux  divers  Aplostomes,  afin  de 
mettre  en  lumière  leur  parenté  qui  est  iudéniable,  en  dépit 
d'écarts  morphologiques  excédant  de  beaucoup  ceux  que  les 
taxonomistes  ont  coutume  de  tolérer  dans  l'intérieur  d'un  même 
genre.  Nous  comprendrons  dans  cet  aperçu  Aplostoma  brevi- 
cauda  Canu  et  A.  banyulensis  Brément.  Nous  négligerons  par 
eontre  A.  eruca  (Norman)  et  A.  beawnonti  (T.  et  A.  Scott), 
qu'il  serait  nécessaire  de  réétudier.  Ces  deux  derniers  parais- 
sent d'ailleurs  très  voisins  des  deux  précédents  qui  au  point 
de  vue  de  leur  forme  générale  sont  les  moins  dégradés. 
.4.  brevicauda  présente  une  segmentation  presque  complète. 
La  tête  est  nettement  séparée  du  thorax;  de  celui-ci  le  5°  seg- 
ment   est  seul   effacé  ;   l'abdomen    est    4-segmenté. 

Chez  .4.  banyulensis,  la  métamérisation  est  beaucoup  plus  in- 
décise. C'est  seulement  sur  l'animal  vivant  et  contracté  qu'appa- 


SÉANCE    DU    8    MARS    1910  89 

raissent  les  sillons  du  céphalothorax  dont  on  ne  trouve  nulle 
trace  sur  l'animal  étalé,  et  l'abdomen  n'est  que  vaguement 
2-segmenté.  Même  degré  de  la  segmentation  céphalothoracique 
chez  A.  magellanica  et  A.  hibernica,  où  l'abdomen  subit  encore 
une  réduction  sensible  de  son  volume.  Chez  A.  hibernica,  le 
2°  pseudosegment  abdominal  est  réduit  à  un  bulbe  pédicule. 
Tète  et  abdomen  paraissent  avoir  au  premier  abord  complète- 
ment disparu  chez  A.  sacculus.  11  faut,  pour  se  faire  une  idée 
de  leurs  limites,  prendre  comme  point  de  repère,  antérieu- 
rement les  secondes  maxilles,  postérieurement  les  vulves. 
Un  se  rend  compte  ainsi  que  la  tète  et  l'abdomen  ne  sont 
représentés  chacun  que  par  une  calotte  terminale  de  surface 
minime  à  chaque  extrémité  du  corps.  Cette  espèce  parait 
s'écarter  des  précédentes  moins  encore  par  sa  forme  générale 
que  par  le  nombre  et  la  disposition  de  ses  appendices.  En  par- 
ticulier il  semble  que  les  pièces  céphaliques  y  fassent  complè- 
tement défaut.  Ce  n'est  là,  on  va  le  voir,  qu'une  apparence. 

Chez  A.  banyulensis,  A.  brevicauda,  A.  magellanica,  Taire 
buccale  occupe  toute  la  face  ventrale  de  la  tète.  Les  appendices 
de  chaque  paire  sont  très  écartés  de  la  ligne  médiane  et  séparés 
par  un  cône  buccal  saillant.  Chez  A.  hibernica,  l'aire  buccale 
plus  terminale  se  réduit  en  surface  par  suite  du  dévelop- 
pement de  deux  replis  pleuraux.  Les  antennules  sont  adja- 
centes sur  la  ligne  médiane  et  les  autres  appendices  sensible- 
ment rapprochés;  le  cône  buccal  est  très  réduit.  La  disposition 
qui  existe  chez  A.  sacculus  n'est  qu'une  exagération  de  celle- 
ci  ;  les  deux  replis  pleuraux  très  développés  forment  deux 
valves  qui  s'affrontent  par  leurs  bords  libres  sur  la  ligne 
médiane,  masquent  tous  les  appendices  et  permettent  seule- 
ment la  sortie  des  antennes.  À  cette  disposition  s'en  ajoute 
une  autre  qui  la  renforce.  Chez  A.  banyulensis  et  A.  hibernica. 
et  sans  doute  aussi  chez  À.  brevicauda,  le  tégument  dorso- 
apical  de  la  tète  est  fortement  chitinisé  et  constitue  une  plaque 
céphalique  apicale  (/;  c),  qui  s'étend  ventralement  jusqu'au 
bord  antérieur  de  l'aire  buccale  et  renforce  les  replis  pleuraux. 

La  variabilité  de  1  appareil  buccal  est  aussi  accentuée  que 
celle  de  la  forme  générale,  mais  elle  ne  lui  est  nullement 
parallèle.  Ainsi,  chez  A.  banyulensis,  les  seuls  appendices  cépha- 
liques présents  sont  :  l'antennule,  l'antenne  et  la  seconde 
maxille  interne  ;  il  semble  en  être  de  même  chez  A.  sacculus (1). 

(1)  Nous  ne  pouvons  affirmer  qu'il  n'existe  pas  d'autres  appendices  entre  l'an- 
tenne et  la  seconde  inaxille  externe,  car  il  est  difficile  d'étudier  cet  appareil  buccal 
dans  tous  ses  détails  à  cause  de  sa  réduction  et  de  sa  conformation. 


90 


SÉAINCK    1>U    8   MAKS    1910 


—  A.  hibernica,  par  contre,  présente  tous  les  appendices  cépha- 
liques  des  Copépodes  normaux  :  antennuie,  antenne,  mandi- 
bule, lrc  maxille,  2°  maxille  externe  et  2e  maxille  interne.  — 
A.  brevicauda  et  A.  magellanica  ont  une  mandibule,  mais 
aucune  trace  de  lrc  maxille  ni  de  2e  maxille  externe.  Rappelons 
que  chez  A.  brevicauda,  Canu  a   vu   la  lre   maxille   apparaître 


Fig.  V.  —  1,  Aplosloma  banyuiensis  Brément  Ç,  ime  pêréiopode  gauche,  face 
antérieure;  2,B.sacculus  Ch.  et  Br.  Ç,3me  pêréiopode  gauche,  face  antérieure; 
A.  magellanica  Ch.Jet  Br.  Ç,  1"  pêréiopode  gauche,  face  antérieure  ;  4,  A.  hiber- 
nica (T.  et  A.  Scott)  Ç,  1er  pêréiopode  gauche,  face  antérieure. 

chez  le  1er  cyclopoïde  pour  disparaître  aux  stades  suivants.  11 
faut  d'ailleurs  remarquer  que  les  appendices  homologues,  chez 
.1.  hibernica,  de  ceux  qui  disparaissent  dans  d'autres  espèces 
se  trouvent  déjà  réduits  à  des  vestiges  sans  fonctions. 

Les  péréiopodes  présentent  tous  le  même  type  fondamental  de 
structure.  Un  basi  fortement  chitinisé  (sauf  chez ,4.  magellanica), 
un  exo  bien  développé  en  crampon  (sauf  chez  A.  magellanica) 


SÉANCE    DU    8    MARS     1910  91 

et  un  endo  inarticulé  très  peu  renforcé,  bilobé  chez  A.  magella- 
nica.  Le  basi  offre  aux  muscles  des  apophyses  d'insertion, 
Tune  externe,  l'autre  interne,  soit  très  peu  développées  (A. 
banyulensis) ,  soit  également  développées  [A.  brevicauda  et  A. 
hibernica),  soit  très  inégalement  comme  chez  .4.  sacculus  où 
l'apophyse  interne  est  démesurément  allongée.  Les  oèmes  péréio- 
podes  qui,  chez  A.  brevicauda  et  A.  banyulensis  constituent  les 
lames  ovitectrices,  sont  à  l'état  de  vestiges  chez  A.  hibernica 
et  font  absolument  défaut  chez  les  autres  espèces. 

Les  vulves  dorsales  ou  latéro-dorsales  avec  leurs  clapets 
dentés  et  munis  d'épines,  avec  leur  aire  intervulvaire  orne- 
mentée présentent  une  remarquable  uniformité. 

A.  magellanica  a  cependant  des  vulves  sans  ornementation. 
Ce  caractère  parait  réductible  à  un  défaut  de  chitinisation 
générale  du  tégument  qui  se  traduit  aussi,  nous  l'avons  vu,  par 
la  faiblesse  des  antennes  et  des  péréiopodes,  la  minceur  de  la 
plaque  céphalique  et  l'absence  de  cadres  arliculaires.  Il  en 
résulte  pour  A.  magellanica  une  physionomie  qui  le  distingue 
des  espèces  européennes  actuellement  connues. 

Dans  cette  série  des  Aplostomes,  les  caractères  qui  varient 
le  plus  sont  ceux  qui  sont  le  plus  immédiatement  en  relation 
avec  le  mode  de  vie  de  l'animal  (forme  extérieure  et  structure 
des  appendices)  ;  leurs  variations  sont  suffisamment  graduées,  — 
et  le  seront  d'autant  plus  que  l'on  connaîtra  un  plus  grand 
nombre  d'espèces,  —  pour  permettre  déjà  de  rapprocher  les 
formes  extrêmes.  D'autres  caractères,  moins  directement  on  rap- 
port avec  les  conditions  d'existence  de  l'animal  (ornementation 
des  vulves,  cadres  chitineux  périantennaire!?,  plaque  apicale), 
témoignent  nettement  par  leur  uniformité  de  l'étroite  parenté 
des  espèces  européennes.  Celles-ci  ne  peuvent  d'ailleurs  être 
considérées  comme  formant  une  lignée  continue,  elles  dérivent 
toutes  d'une  forme  inconnue  ou  disparue  ayant  fait  souches 
divergentes.  Malgré  l'amplitude  des  variations  qu'ils  présentent 
et  qu'ils  sont  d'ailleurs  seuls  à  présenter  dans  le  groupe  des 
Ascidicoles,  les  Aplostomes  ne  confinent  actuellement  à  aucun 
autre  genre.  L'idée  d'une  parenté  Aplostoma-  Enter  opsis ,  soute- 
nue par  Canu,  repose  sur  une  orientation  défectueuse  des 
péréiopodes.  Les  ligures  que  nous  donnons  ici  montrent  bien 
que  la  rame  en  crampon  n'est  pas  l'endopodite,  mais  bien  l'exo- 
podite.  Au  surplus,  le  développement  considérable  de  la  man- 
dibule, caractéristique    des    Enteropsis    et    de    leurs    proches 


92  SÉANCE    DU    8    MARS    1910 

parents  les  Mychopkilus,  ne  permet  pour  l'instant  aucun  rap- 
prochement de  ces  genres  avec  les  Aplostoma. 


BIBLIOGRAPHIE 


1909.  Brément  (E.).  —  Contribution  à  l'étude  des  Copépodes  ascidi- 
coles  du  golfe  du  Lion.  (Arch.  Zool.  exp.  Notes,  (5),  I,  p.  lxi- 
lxxxix.) 

1886.  Ganu  (E.).  —  Description  de  deux  Copépodes  nouveaux  parasites 
des  Synascidies.  (Bull.sci.  France-Belgique  (2), XVII,  p.  309-320.) 

1892.  Canu  (E.).  —  Les  Copépodes  du  Boulonnais  :  morphologie,  em- 
bryologie, taxonomie.  (Trav.  Stat.  zool.  Wimereux,  VI,  354  p., 
30  pi.) 

189§.  Scott  (T.  et  A.).  —  On  some  new  and  rare  British  Copepoda. 
[Ann.  nnl.  hist.  (6),  X,  p.  201-207,  pi.  xv-xvi.) 


Séance  du  2$  mars  1910. 

PRÉSIDENCE   DE  M.  COUTIÈRE,  PRÉSIDENT 

M.  Robert  s'excuse  de  ne  pouvoir  assister  à  la  séance. 

M.  le  ministre  de  l'Instruction  publique  adresse  l'ordre  du 
jour  des  séances  du  prochain  CoDgrès  des  Sociétés  savantes. 

M.  Woldemar  Lepescrkine,  vice-président  de  la  section  ichthyo- 
logique  de  la  Société  impériale  d'acclimatation,  Piatnitzkaya,  56, 
à  Moscou  (Russie),  est  présenté  par  MM.  Robert  et  N.  de  Zograf. 

M.  Pluche,  présenté  à  la  précédente  séance,  est  nommé 
membre. 

M.  Petit  présente  deux  Lapins  de  garenne  albinos,  à  yeux 
rouges,  tués  à  Bapaume  (Pas-de-Calais),  dans  la  propriété  de 
M.  Stein,  où  on  en  a  observé  plusieurs  autres,  qu'on  épargne 
dans  l'espoir  de  les  voir  se  reproduire  ;  il  présente  aussi  une 
Pie,  dont  les  mandibules  sont  croisées  comme  celles  d'un  Loxia, 
et  une  tète  de  Corbeau  freux  à  mandibule  supérieure  allongée 
et  recourbée;  elle  mesure  10  cm.,  l'inférieure  6  cm. 

M.  Pluche.  —  L'albinisme  est  une  dégénérescence  patholo- 
gique qui  s'observe  surtout  chez  les  animaux  domestiques  ;  le 
Canard  sauvage  se  décolore,  en  basse-cour,  en  trois  ou  quatre 
générations. 

M.  Petit  annonce  également  l'arrivée  des  Hirondelles  à 
Royan,  le  12  mars. 


94  SÉANCE    DU    22    MARS    1910 


ÉTUDE  SUR  LA  DISPERSION  GÉOGRAPHIQUE  DES  PUPA 

POLYODON  DRAP., 
RING1CULA  MICH.  ET  MONTSERRATICA  FAGOT 

PAR 

E.  CAZIOT 

La  dispersion  géographique  des  Pupa  polyodon,  rinyicula  et 
montserratica  n'est  qu'imparfaitement  connue,  et  on  serait 
embarrassé  de  l'indiquer  si  l'on  n'avait  recours  qu'aux  ouvrages 
qui  les  ont  relatés. 

C'est  avec  le  concours  de  M.  Fagot  que  j'ai  pu  établir  la 
dispersion  du  Pupa  polyodon  Draparnaud  dans  les  Annales  de 
la  Société  linnéenne  de  Lyon,  en  1907;  c'est  encore  grâce  aux 
notes  qu'il  m'avait  adressées  à  ce  sujet,  et  surtout  grâce  aux 
renseignements  nombreux  et  précieux  qui  m'ont  été  gracieuse- 
ment fournis  par  M.  Margier,  que  je  puis  compléter  cette  étude 
par  la  dispersion  du  Puparingicula  Michaud  et  du  Pupa  mont- 
serratica Fagot.  Ce  dernier  auteur  considérait  ces  deux  Pu^a 
comme  deux  espèces  différentes  ;  mais,  en  réalité,  elles  ne  peuvent 
pas  se  séparer  spécifiquement  du  Pupa  polyodon.  J'ai  pu  aussi, 
grâce  aux  indications  de  M.  Margier,  compléter  ce  qui  a  trait  à 
celte  dernière  espèce,  dont  le  type  a  été  trouvé  à  Castelnau, 
puis  à  Montpellier,  par  Draparnaud  en  1801.  Elle  a  été  ensuite 
signalée  successivement  par  : 

1822.   Marcel  de  Serres  (Règne  animal,  in:  H.  Delessert,  Sta- 
tistique du  département  de  l'Hérault,  p.  60). 

1837.  Oleron,  in  :  Delocre  et  Companyo  ;  Pyrénées-Orientales. 

1838.  Potiez  et  Michaud  (Gai.  Moll.  Douai,  p.  171)  ;  Montpellier, 

Orange. 
1840.   Gras  (Moll.  Isère);  Mont-Néron,  près  Grenoble. 
1843.    Moquin-Tandon  (Moll.  Toulouse,  p.  175);  alluvions  de  la 

Garonne   (Reyniès),   du   Lers  (Saint-Simon)  et  à  Agen 

(Partiot). 
1849.   Gassies  (Moll.  Agenais,  p.  137);  dans  les  alluvions  (sans 

nul  doute  de  la  Garonne). 


SÉANCE    DU    22    MARS    1910  95 

[850.  Du  pu  y  (Bis  t.  Moll.  France,  4e  fascic,  p.  398)  ;  France 
méditerranéenne,  espèce  commune  en  Provence;  G.  G. 
dans  les  Pyrénées-Orientales. 

1851.  Mortillet  (de)  (Goq.  fluv.  et  terr.  de  Nice,  p.  102).  Cet 
auteur  indique  la  localité  d'origine  :  Gastelnau,  et 
signale  le  Pupa  polyodon  dans  les  Alpes-Maritimes 
d'après  Risso,  qui  le  désigne  sous  le  nom  de  Jaminia 
miîltidentata.  Bourguignat,  dans  sa  critique  de  la  collec- 
tion de  l'auteur  niçois,  en  1861,  dit  que  Risso  s'est 
trompé,  que  son  Jaminia  multidentata  n'est  autre  que 
le  Pupa  polyodon  de  Draparnaud.  J'ai  vu,  après  lui,  les 
échantillons  collés  sur  le  carton  de  Risso  et  j'assure,  à 
mon  tour,  que  Risso  avait  bien  déterminé  ;  car  ses  spé- 
cimens se  rapportent  réellement  au  Pupa  variabilis 
Drap.  (=  Turbo  multidentatus  Olivi).  Ce  Pupa  existe 
en  effet  dans  les  Alpes-Maritimes,  dans  la  vallée  de 
la  Roya;  taudis  que  le  Pupa  polyodon  ne  dépasse  pas 
le  torrent  du  Var,  partie  d'ailleurs  non  explorée  par 
Risso,  au  point  de  vue  des  Mollusques  qu'il  a  signalés. 

1855.  Moquin-Tandon  (llist.  Moll.  France,  II,  p.  374),  Lot-et- 
Garonne  (Partiot),  Haute-Garonne  (Reymès),  Pyrénées- 
Orientales  (Aleron),  Hérault  (Drap.),  Gard  (Partiot), 
Drôme  (Reybaud),  Vaucluse  (Potiez  et  Michaud),  Isère 
(Gras),  Provence  (Dupuy)  ;  la  variété  minor  (1)  à  Ba- 
nègues  et  à  Figueras  (Braun),  Villefranche  (Michaud)  ; 
la  variété  attrita  a  Montpellier. 

1855.  Drouet  (Euum.  Moll.  terr.  fluv.),  France  continentale, 
var.  minor  (2)  à  Villefranche. 

1863.   Companyo,  (Hist.  nat.  Pyrénées-Orientales,  III). 

1874.  Massot,  (Enum.  Moll.,  Pyrénées-Orientales,  p.  96  et  97). 

1875.  Fagot,  (Catalog.  Moll.,  région  Toulouse,  p.  21). 

1882.  Locard  (Prodrome,  p.  168)  indique  les  habitats  suivants  : 
Papa  polyodon  :  environs  de  Grenoble,  Drôme,  Ar- 
dèche,  Gard,  Vaucluse,  Hérault,  Var,  Bouches-du- 
Rhône,  Alpes-Maritimes,  Pyrénées-Orientales,  Agénais 

(1)  Dans  son  Iconog.,  Rossmasslfr  a  appelé  Pupa  polyodon  var.  minor  la  forme 
qu'on  rapporte  au  Pupa  ringicula,  en  lui  assignant,  comme  localité  :  Barèges, 
tandis  que,  réellement,  elle  a  été  recueillie  par  Braun  dans  les  alluvions  de  l'Aude 
à  Carcassonne. 

(2)  C'est  aussi  la  forme  ringicula  (Margif.h1. 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  —  9 


96  SÉANCE    DU    22    MARS    1910 

et  Haute-Garonne;  Pupa ringicula :  Candies,  Vingrau, 
Villefranche,  La  Preste,  Coustouges,  Saint-Laurent- 
de-Cerdane  dans  les  Pyrénées-Orientales  ;  la  région 
de  Toulouse  dans  la  Haute-Garonne. 

1894.  Locard,  dans  ses  «  Coquilles  de  France  »,  p.  310,  indique 
les  habitats  suivants  pour  le  Pupa  montserratica  :  ré- 
gion pyrénéenne,  Pyrénées-Orientales,  Hérault,  etc.  Ce 
savant  auteur  n'a  pu  avoir  ce  renseignement  que  par 
M.  Fagot  qui,  pourtant,  dans  son  «  Histoire  malacol. 
des  Pyrénées  françaises  et  espagnoles  »,  p.  96,  dit, 
en  1891,  que  cette  espèce  ne  se  trouve  que  dans  les 
petites  Pyrénées  et  Pyrénées  moyennes  du  versant 
espagnol  et  qu'elle  n'a  été  recueillie,  sur  le  versant 
français,  que  dans  les  Pyrénées-Orientales,  principale- 
ment à  La  Preste,  en  indiquant  même  que  celle-ci  n'est 
autre  que   le  Papa  polyodon  des  auteurs  pyrénéens. 

Westerlund,  dans  son  Catalogue  des  Mollusques  de  la  région 
paléarctique,  en  1890,  indique  le  sud  de  la  France,  l'Espagne 
et  Alger  (1)  comme  habitats  du  Pupa  polyodon  et  donne  les 
mêmes  régions  (sauf  l'Espagne)  pour  le  Pupa  ringicula. 

En  résumé,  le  Pupa  polyodon  Draparnaud,  type,  vit  en 
France  dans  la  zone  de  l'Olivier,  qu'il  franchit  cependant, 
puisqu'il  remonte  jusqu'à  Bourg-de-Péage  et  Grenoble,  dans  la 
vallée  de  l'Isère.  Il  forme  des  colonies  isolées.  Au  nord,  sa 
limite  se  confond  à  peu  près  avec  celle  du  Pupa  similis  Bru- 
guière,  mais  à  l'est,  il  ne  dépasse  pas  la  vallée  du  Var;  encore 
devient-il  rare.  Sa  présence  dans  l'Aveyron  parait  douteuse. 
Au  sud  et  à  l'ouest,  sa  limite  n'est  pas  bien  fixée;  on  ne  sait 
pas  exactement  où  cesse  la  forme  typique  et  où  commence  la 
variété  ringicula.  Pour  M.  Fagot,  celle-ci  se  trouve  principale- 
ment dans  les  Corbières.  C'est  de  là  qu'elle  a  rayonné  sur  tout 
le  terrain  éocène  et  s'est  propagée  jusqu'à  son  extrême  limite, 
sur  les  confins  de  la  Haute-Garonne,  dans  la  vallée  du  Mares, 
entre  Saint-Félix  de  Caraman  et  Avignonet.  L'éocène,  là,  se  pré- 
sente tantôt  sous  la  forme  de  calcaires  exploités,  tantôt  sous  la 
forme  de  grès  très  résistants.  C'est  seulement  sur  les  grès  que 
M.  Fagot  dit  avoir  trouvé  les  Pupa  ringicula,  entre  Montferrant 

(1)  Westerlund  signale  sans  nul  doute  cette  espèce  à  Alger,  d'après  la  Malacolo- 
gie de  l'Algérie  de  Bourguignat;  toutefois  cette  localité  aurait  besoin  d'être  vérifiée. 
On  sait  d'ailleurs  que  cet  ouvrage  renferme  de  nombreuses  erreurs  et  inexactitudes 
et   que  les  indications  de  localités  ne  méritent  qu'une  confiance  relative. 


SÉANCE   DU    22   MARS    1910  97 

et  Saint-Félix  de  Caraman.  La  partie  comprise  entre  ces  deux 
localités  renferme  d'ailleurs  beaucoup  de  plantes  de  la  faune 
méridionale,  telles  que  :  Helianthemum  niloticum  Pers.,  Teu- 
crium  polium  L.,  Erodium  arenaria  Jord.,  Duplevrum  crista- 
f «m  Baril.,  Stachis  heraclea,  AIL,  Cardancellus  minutissimas 
L.,  Ononis  reclinata  Lk.,  Allium  roseum  L.,  Argirolobiitm 
limnœanum  Walp.,  Scorpiurus  subvillosa  L.,  Lavandula  spica 
L.,  Orchis  papilionacea  L.  (1). 

D'après  M.  Margier,  le  Pupa  ringicula  Michaud  est  carac- 
téristique des  vallées  de  l'Aude  et  des  Pyrénées-Orientales.  II 
se  rencontre  à  Carcassonne  et  à  Candies  (vallée  de  l'Agly), 
Villefranche-de-Conflent  (vallée  de  la  Tèt),  Amélie-les-Bains 
(vallée  du  Tech).  Dans  la  partie  supérieure  de  cette  dernière 
vallée  règne  exclusivement,  au  contraire,  le  Pupa  montserratica 
Fagot:  à  La  Preste,  Prats-de-Mollo,  Arles-sur-Tech.  Les  deux 
formes  ne  se  mêlent  pas. 

Le  Pupa  ringicula  se  retrouve  sur  le  versant  espagnol  des 
Pyrénées,  depuis  Figueras  jusqu'à  la  vallée  de  la  Nognera 
Pallareso. 

Eu  France,  grâce  à  la  faible  altitude  de  la  ligne  de  partage 
des  eaux,  ce  Pupa  a  pénétré  sur  le  versant  atlantique,  dans  la 
vallée  de  Mares,  d'où  les  crues  l'entrainent  parfois  par  le  Lhers 
et  la  Garonne  jusqu'à  Agen. 

Comme  on  vient  de  l'indiquer,  le  Pupa  ringicula  commence 
à  se  montrer  dans  la  vallée  supérieure  du  Tech,  depuis  La 
Preste  (1000  mètres  d'altitude)  jusqu'à  Arles-sur-Tech  ;  il  est 
répandu  dans  toute  la  Catalogne,  Gerona,  Montserrat,  etc., 
mais  est  rare  à  Barcelone. 

Il  est  abondant  dans  l'Aragon:  dans  toute  la  vallée  de  l'Ebre 
et  dans  celle  de  ses  affluents,  par  lesquels  il  remonte  jusque 
dans  la  région  pyrénéenne.  M.  Thieux  a  constaté  sa  présence 
dans  la  province  de  Tarragona  à  Reus,  Montblanch  et  Pica- 
moixous. 

Dans  le  royaume  de  Valencia,  il  a  été  signalé  sous  le  nom 
de  Pupa  polyodon  à  Narajas,  Alcudia,  Tabornas  de  Valldigno 
par  Hidalgo  (Malacol.  1871). 

Sa  limite  sud  n'est  pas  bien  déterminée.  Toutefois,  M.  Thieux 
l'a  trouvé  à  Almansa  et  Chinchilla,  à  plus  de  100  kilomètres  à 
l'ouest  de  Valencia,  et  près  de  Paca,  dans  la  Sierra  de  Espafta, 
province  de  Murcie.  ZAPATERne  l'indique  pas  aux  environs  d'Al- 

(1)  Jaitbernot,  1874,  Dul.  Soc,  Toulouse,  p.    533-535. 


98  8ÉAHCE    DU    22    MARS    1910 

barracia.  Toutes  les  stations  citées  ci-dessus  se  trouvent  sur  le 
versant  méditerranéen.  Le  Pupa  manque  sur  le  versant  atlan- 
tique. On  le  trouve  encore  clans  l'île  de  Miuorque,  à  Mahon, 
Mereadal,  etc.,  mais  il  est  inconnu  clans  les  autres  îles  Baléares 
(Hidalgo). 

Il  ressort  decetteétudequele  Pupapolyodon,  de  la  section  Tor- 
quilla,  et,  à  plus  forte  raison,  les  Pupa  ringicula  et  montser- 
ratica,  sont  des  espèces  hispaniques.  Le  Pupa  polyodon  s'est 
répandu,  en  se  modifiant  quelque  peu,  dans  la  région  méditerra- 
néenne de  la  France  ;  il  atteint  la  vallée  du  Var  à  l'est,  la  vallée 
de  l'Isère  au  nord,  mais  ne  semble  pas  dépasser  l'Ardèche,  sur 
la  rive  droite  du  Rhône.  Peut-être  a-t-il  pénétré  dans  le  Tarn, 
mais  on  ne  possède  aucun  renseignement  sur  la  faune  des  Mol- 
lusques de  ce  département.  11  a  dû  suivre,  dans  leurs  migra- 
tions, quelques  autres  espèces  hispaniques,  comme  YHelix 
splendida,  le  Pupa  Farinesi,  etc.  ;  il  ne  se  trouve  pas  dans 
les  Alpes.  Il  a  seulement  pénétré  dans  quelques  vallées  relati- 
vement chaudes,  sur  un  petit  nombre  de  points,  par  exemple  à 
Grenoble,  où  il  est  d'ailleurs  fort  rare. 


Séance  du  1$  avril  1910. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  COUTIÈRE,  PRÉSIDENT 

M.  A.  Dollfus   s'excuse  de  ne   pouvoir  assister  à  la  séance. 

La  Société  scientifique  argentine  invite  la  Société  à  se  faire 
représenter  au  Congrès  scientifique  international  américain, 
qui  se  réunira  à  Buenos-Aires  du  10  au  25  juillet  1910.  Ce 
Congrès  fera  partie  des  fêtes  du  centenaire  de  la  Révolution 
de  mai  1810,  origine  de  l'indépendance  de  la  nation  argentine. 
Adresser  les  adhésions  et  les  communications  à  M.  Luis 
A.  Huergo,  ingénieur,  président  de  la  Commission  directive 
du  Congrès,  à  la  Société  scientifique  argentine,  269,  rue 
Cevallos,  à  Buenos-Aires  (République-Argentine)  ;  les  cotisa- 
tions (25  fr.  par  membre,  5  fr.  par  dame  adhérente),  au  tré- 
sorier du  Congrès,  même  adresse.  Parmi  les  sujets  proposés, 
citons  :  dans  la  Section  des  sciences  biologiques  (Président  le 
Dr  Angel  Gallardo),  sous-section  de  biologie  générale  (vice- 
président  le  Dr  Roberto  Wernicke)  :  «  1°  Etude  expérimentale 
sur  les  croisements  ;  2°  Arthropodes  servant  de  véhicules  à  des 
germes  pathologiques  ;  3°  Parasites  de  l'Homme  ;  4°  Parasites 
des  animaux  domestiques  et  des  plantes  cultivées.  »  Dans  la 
sous -section  de  zoologie  (vice-président  le  Dr  Fernando 
Lahille)  :  «  1°  Etudes  générales  ou  locales  sur  la  faune  amé- 
ricaine ;  2°  Utilisation  des  ennemis  naturels  de  la  Sauterelle  et 
des  autres  fléaux  pour  lutter  contre  eux  ;  3°  Exploitation  de  la 
faune  maritime.  » 

Le  «  Laboratorio  di  zoologia  générale  et  agraria  délia  R. 
Scuola  superiore  di  agricoltura  in  Portici  (Napoli)  »  demande 
l'échange  de  sou  Bulletin  avec  les  publications  de  la  Société. 

Les  «  Memorias  do  Instituto  Oswaldo  Cruz  »  de  Rio  de 
Janeiro,  demandent  l'échange  avec  les  publications  de  la 
Société. 

Les  éditeurs  de  la  «  Monograph  of  the  land  and  freshwater 
Mollusca  of  the  British  Isles  s  par  Jonn  W.  Taylor,  adressent 
un  prospectus  et  un  bulletin  de  souscription  à  cet  important 
ouvrage,  dont  le  troisième  volume  est  sous  presse. 


100  SÉANCE    DU    12    AVRIL    1910 

M.  Petit  présente  un  individu  de  Pica  caudata  à  plumage 
blanc,  sauf  quelques  taches  café  au  lait.  Il  fait  remarquer  que 
cet  animal  avait  certainement  souffert,  ce  que  démontre  son 
plumage  usé,  et  attribue  à  ce  mauvais  état  de  santé  le  blan- 
chissement  de  sa  livrée.  C'est  ainsi  qu'un  Merle  noir,  blessé, 
avait  au  bout  de  quelques  années  acquis  quelques  plumes 
blanches. 

M.  Pluche  expose  ses  observations  comparatives  du  Canard 
et  de  la  Fuligule.  Chez  ce  dernier  animal  les  pattes  sont  insé- 
rées plus  en  arrière  :  la  distance  entre  le  coccyx  et  la  cavité 
cotyloïde  est  contenue  3  fois  dans  la  longueur  totale  du  rachis 
chez  la  Fuligule,  et  seulement  2,66  fois  chez  le  Canard.  Ceci 
explique  que  le  Canard  marche  mieux,  mais  ne  peut  plonger 
entièrement  sous  l'eau,  ce  que  peuvent  faire  les  Fuligules  et 
les  autres  Oiseaux  aquatiques  dont  les  pattes  sont  insérées  fort 
loin  en  arrière. 

M.  Petit  observe  que  les  Hirondelles,  dont  la  présence  a  été 
signalée  à  Royan  le  12  mars,  ne  se  sont  pas  avancées  depuis 
lors  vers  le  nord  de  la  France. 


Ouvrages  offerts 


Congrès  scientifique  international  américain.  Société  scientifique 
argentine.  Bulletin  n°  1  (Buenos-Aires,  55  p.). 

Garreta  (Léon).  Description  d'un  Àphodius  granarius  L.  anomal. 
[Bull.  Soc.  entom.  France,  4910,  p.  33-74). 


SÉANCE    DU    12    AVRIL     1910  101 


A  PROPOS  DE  QUELQUES  CONSIDÉRATIONS 
DE    M.    FAURÉ-FREMIET    SUR    MES    ÉTUDES 

PAR 

A.   PERRONCITO 

Si  M.  Fauré-Fremiet  avait  lu  attentivement  mes  notes,  ou 
même  seulement  leur  titre,  il  se  serait  épargné  à  lui-même  une 
série  d'observations  inutiles  et  d'affirmations  inexactes,  et  il 
m'aurait  épargné,,  à  moi ,  l'ennui  d'une  réponse  également 
inutile. 

Mes  deux  notes  —  je  prie  M.  Fauré-Fremiet  de  bien  le 
remarquer  —  sont  deux  notes  préventives  ;  on  ne  saurait  donc 
légitimement  déclarer,  d'après  cela,  si  j'ai  ou  non  démontré 
les  choses  affirmées,  puisque  les  notes  préventives  contiennent 
seulement  les  conclusions  et  les  lignes  générales,  très  som- 
maires, des  faits,  et  non  la  description  précise  des  particula- 
rités observées  sur  lesquelles  elles  s'appuient.  Que  M.  Fauré- 
Fremiet  attende  donc  la  publication  de  mon  travail  complet 
(auquel  Y Accademia  dei  Lincei,  de  Rome,  a  fait  bon  accueil  et 
qui  est  en  cours  d'impression,  avec  les  figures  respectives),  et 
alors,  lorsqu'il  aura  pris  une  connaissance  exacte  des  choses, 
s'il  croit  avoir  des  objections  à  faire,  je  pourrai  les  accueillir 
et  les  discuter. 

Pour  le  moment  je  me  borne  à  lui  faire  les  observations 
suivantes  : 

1°  Sans  aucun  doute  je  dois  connaître  et  citer  les  travaux, 
relatifs  à  la  question,  qu'il  énumère  (et  une  centaine  d'autres 
encore,  M.  Fauré-Fremiet  !)  ;  mais,  que  je  sache,  ce  n'est  pas 
dans  une  note  préventive  qu'il  est  d'usage  de  donner  la  biblio- 
graphie complète  relative  à  une  question  et  la  discussion  dé- 
taillée des  faits  observés  par  les  autres  auteurs.  Qu'il  attende 
mon  travail  et  il  aura  pleine  satisfaction  à  ce  sujet. 

2°  J'ai  employé  toutes  les  méthodes  proposées  pour  l'étude 
de  la  question,  et  j'ai  pu  constater  que  celles  dont  M.  Fauré- 
Fremiet  fait  la  critique  sont  incomparablement  les  moins  défec- 
tueuses. M.  Fauré-Fremiet  pourra  s'en  convaincre  en  compa- 
rant mes  figures  avec  celles  des  autres  auteurs  qui  se  sont 
occupés  de  la  même  question. 

3°  Sans  aucun  cloute,  les  différents  auteurs  ont  décrit  comme 


102  SÉANCE    DU    12    AVRIL    1910 

Nebenkern  les  formations  les  plus  diverses  ;  images  incom- 
plètes et  altérées  de  l'appareil  réticulaire,  mitochondries,  idio- 
zoma.  centrosphères,  etc.,  etc.  Quant  à  l'affirmation  que  le 
«  JNebenkern  »  des  auteurs  qu'il  cite  est  «  identique,  par  son 
aspect,  ses  transformations  et  sa  fin  »  à  l'appareil  réticulaire 
que  j'ai  décrit,  elle  est  absolument  dénuée  de  tout  fondement. 
La  vérité  est  que  quelques-unes  des  images  données  comme 
représentant  le  «  Nebenkern  »  des  Mollusques  ne  sont  que  des 
images  incomplètes  d'appareils  réliculaires  (spécialement  cer- 
taines figures  de  Prenant  et  Popoff). 

4°  La  question  de  l'appareil  réticulaire  de  Golgi  n'est  pas 
une  question  neurologique,  mais  une  question  de  biologie  gé- 
nérale ;  en  effet,  comme  on  le  sait,  la  présence  de  cet  appa- 
reil a  été  démontrée  dans  presque  toutes  les  cellules  de 
l'organisme  animal. 

Pour  éviter  toute  équivoque»  je  îépète  que,  n'estimant  pas 
que  ce  soit  chose  sérieuse  de  continuer  une  discussion  sur  des 
faits  qui  ne  sont  pas  encore  publiés,  s'il  plaisait  à  M.  Fauré- 
Fremiet  de  revenir  sur  cette  question  avant  l'apparition  de 
mon  travail,  je  me  dispenserais  de  toute  réponse. 


Séance  du  $6  avril  1910. 
PRÉSIDENCE    DE    M.    C0UT1ÊRE,    PRÉSIDENT. 

M.  W.  Lepeschkine  remercie  de  son  admission  comme 
membre. 

La  Facullé  du  Muséum  de  zoologie  comparée  de  Cambridge 
(Mass.)  fait  part  de  la  mort  du  professeur  A.  Agassiz,  décédé  le 
27  mars  dernier,,  dans  sa  75e  année.  M.  le  président  exprime  à 
ce  sujet  les  vifs  regrets  de  la  Société. 

M.  le  président  présente  les  félicitations  de  la  Société  à 
MM.  N.  de  Zograf,  récemment  nommé  grand  officier  de  Sainte- 
Anne  ;  Lamy,  nommé  officier  de  l'Instruction  publique  ; 
E.  Olivier,  officier  d'Académie  ;  L.  Germain,  titulaire  de  la 
médaille  Milne-Edwards  en  argent  de  la  Société  de  géogra- 
phie. 

M.  Robert  Desoutter,  licencié  ès-sciences,  demeurant,  8,  rue 
d'Hondeghem,  à  Hazebrouk  (Nord),  est  présenté  par  MM.  Gar- 
reta  et  Robert. 

«  M.  le  professeur  E.  Bugnion,  de  Lausanne,  présente  quel- 
ques observations  sur  les  Termites  de  Ceylan. 

«  Le  Coptotermes  travians  Haviland  offre  une  particularité 
curieuse.  Le  soldat,  long  de  4mm  1/2,  distinct  de  l'ouvrier  par 
sa  tête  jaune,  ses  mandibules  allongées  et  son  abdomen  d'un 
blanc  opaque,  émet,  lorsqu'on  le  moleste,  une  gouttelette 
blanche,  qui  apparaît  brusquement  au-dessus  du  labre  et,  sem- 
blable à  du  latex  de  caoutchouc,  demeure  assez  longtemps 
sans  s'écouler.  Observé  au  microscope,  ce  liquide  montre  une 
quantité  de  granulations  réfringentes  de  nature  graisseuse.  On 
se  convainc,  en  examinant  la  tête  à  la  loupe,  que  le  latex  s'é- 
coule par  une  ouverture  arrondie  (fontanelle,  pore  frontal) 
placée  en  arrière  de  l'épistome.  Il  n'y  a  pas  toutefois  de 
poche  revêtue  d'épithélium  comme  celle  des  Eutermes  (1).  Des 
coupes  pratiquées  dans  le  sens  sagittal  ont  montré  une  vaste 
cavité  qui,  de  l'intérieur  de  la  tète,  s'étend  à  travers  le  thorax 

(i)  E.  Bugnion.    Le  Termite  noir  de  Ceylan.   (Ann.   Soc.  entom.  France,  1900, 
p.  271). 


104  SÉANCE    DU    26    AVRIL     1910 

jusqu'au  bout  de  l'abdomen.  Les  anses  intestinales  sont  refou- 
lées au-dessous.  Les  nids  du  Coptoterm.es  travians  se  trouvent 
dans  les  arbres  creux,  parfois  dans  la  terre  au  pied  du  tronc. 
Ayant  rencontré  une  colonie  qui  renfermait  des  individus  ailés, 
l'auteur  a  reconnu  que  le  Termite  à  latex  n'est  autre  que  le 
soldat  de  V 'Archino  termes  FIcimi,  décrit  par  Wasmann,  d'après 
des  imagines  reçues  des  Indes. 

«  Un  autre  Coptotermes  (C.  Gestroi  Wasm.),  propre  à  l'ar- 
chipel Malais,  cause  un  sérieux  dommage  aux  plantations  de 
Caoutchouc  (Hevea)  et  de  Canne  à  sucre. 

«  M.  Bugnion  a  étudié  également  deux  espèces  de  Calotermes, 
le  C.  Greeni  Desneux,  trouvé  en  grand  nombre  dans  le  Ca- 
shewuut  (Anacardium)  et  un  autre  plus  petit  observé  dans 
l'Arbre  à  thé.  Les  Calotermes  diffèrent  des  autres  Termites  en 
ce  qu'ils  n'ont  pas  une  caste  d'ouvriers  nettement  tranchée. 
Les  larves  qui  forment  le  gros  de  la  colonie  et  remplissent  la 
fonction  des  ouvriers  (en  taillant  le  bois)  sont,  paraît-il,  ca- 
pables de  se  transformer  en  nymphes,  donnant  les  unes  des  cf, 
les  autres  des  9-  Il  se  peut  toutefois  qu'une  partie  des  larves 
persiste  à  l'état  neutre  (asexué),  représentant  ainsi  une  caste 
d'ouvriers  en  voie  de  formation.  E.  Green,  qui  a  observé  ces 
Termites  dans  l'Arbre  à  thé,  pense  que  quelques  nymphes 
seulement  deviennent  des  9  ailées  capables  de  voler  au  dehors. 
Les  autres  (9  néotènes,  pourvues  de  rudiments  d'ailes)  reste- 
raient dans  le  nid  et  seraient  capables  de  pondre  sans  jamais 
parvenir  à  l'état  parfait.  La  conséquence  de  ce  fait  est  qu'au 
lieu  d'une  seule  grosse  reine,  on  trouve  dans  chaque  colonie 
de  Calotermes,  plusieurs  femelles  pondeuses,  à  peine  plus 
grosses  que  les  nymphes,  ne  donnant  chacune  qu'un  petit 
nombre  d'œufs.  Le  C.  Greeni  taille  des  galeries  étroites  dans 
le  bois  dur  (voire  môme  dans  le  bois  vert)  et  vit  exclusive- 
ment à  l'intérieur.  Les  soldats,  relativement  peu  nombreux,  se 
distinguent  par  leur  belle  taille  (10  à  llmm  1/2),  leur  grosse 
tète  jaune  à  bords  parallèles  et  leurs  fortes  mandibules  pluri- 
dentées.  Les  jeunes  larves  sont  blanches,  à  peu  près  cylin- 
driques, sans  expansions  thoraciques.  Les  larves  plus  âgées 
(futurs  sexués)  se  distinguent  par  leur  tète  ronde,  de  couleur 
jaune  soufre,  et  leur  abdomen  dodu,  d'un  brun  rougeàtre, 
teinte  due  au  contenu  de  l'intestin  postérieur  essentiellement 
formé  d'Infusoires  ciliés  (Trichonymphides)  bourrés  de  débris 
de  bois. 

«  La  deuxième  espèce  observée  par  M.  Bugnion  se  distingue 


SÉANCE    DU    26    AVRIL     1910  l()o 

de  la  précédente  en  ce  que  la  jeune  larve  porte  de  larges 
expansions  thoraciques,  rappelant  quelque  peu  l'aspect  des 
Blattes.  Des  formations  analogues  ont  été  décrites  par  Fr. 
Millier  chez  C.  rugosus  et  nodutosus  du  Brésil. 

«  Quant  aux  Infusoires  ciliés  qui  remplissent  l'intestin  pos- 
térieur et  semblent  associés  au  Termite  par  une  sorte  de  sym- 
biose, l'auteur  renvoie  aux  mémoires  de  Leidy  et  de  Grassi, 
dans  lesquels  ces  singuliers  organismes  sont  déjà  décrits  et 
figurés.  » 

M.  Bugnion  donne  ensuite  quelques  détails  sur  les  termi- 
tières de  Termes  Redemanni  et  les  jardins  à  champignons 
(meules)  qu'elles  renferment. 

M.  Bavay  dit  que  les  indigènes  du  Gabon  font  bouillir  les 
Termites  afin  d'en  tirer  une  graisse  qui  se  solidifie  et  dont  ils 
se  servent  pour  la  cuisine. 

M.  Tillier  demande  s'il  est  vrai  qu'on  puisse  apprendre  aux 
Oiseaux  sauvages  à  modifier  leur  chant  en  plaçant  des  cages 
de  Canaris  près  des  endroits  qu'ils  fréquentent. 

M.  Bavay  croit  la  chose  possible  et  rappelle  les  joutes  de 
Pinsons. 


Ouvrages  offerts. 


Fauré-Fremiet  (E.).  La  continuité  des  mitochondries  à  travers  des 
générations  cellulaires  et  le  rôle  de  ces  éléments.  'Anal.  Anz.  XXXVI, 
1910.  p.  186-191.) 

Mingaud  [Galien :.  La  protection  du  Castor  du  Rhône.  [Bull.  Soc. 
Nîmes,  XXXVII,  1909,  2  p.,  1  pi.). 


Séance  du  10  mai  1910 

PRÉSIDENCE   DE  M.  DAUTZENBERG,  ANCIEN  PRESIDENT 

MM.  A.  Dollfus  et  Robert  s'excusent  de  ne  pouvoir  assister 
à  la  séance. 

La  famille  du  Dr  E.  van  Beneden,  de  Liège,  fait  part  de  son 
décès;  M.  le  président  exprime  à  ce  sujet  les  vives  condo- 
léances de  la  Société. 

M.  le  président  adresse  les  félicitations  de  la  Société  à 
M.  Lepeschkine,  nommé  officier  de  l'Instruction  publique. 

M.  Desoutter,  présenté  dans  la  précédente  séance,  est 
nommé  membre  de  la  Société. 

«  M.  le  professeur  Joubin  rend  compte  des  travaux  des  commis- 
sions scientifiques  internationales  qui  ont  siégé  à  Monaco  à 
l'occasion  de  l'inauguration  du  Musée  océanographique,  le 
29  mars  dernier.  L'une  de  ces  commissions,  relative  à  l'étude 
de  la  Méditerranée,  a  pris  des  résolutions  qui  intéressent  tout 
spécialement  la  Société  zoologique  de  France.  Il  a  été  décidé 
qu'une  étude  méthodique  de  la  Méditerranée  au  large,  serait 
entreprise  par  les  marines  des  Etats  riverains.  Le  Prince  de 
Monaco  s'est  chargé  de  faire  le  nécessaire  auprès  des  gouver- 
nements pour  faire  aboutir  ce  projet  qui  entraine  des  dépenses 
assez  considérables.  Un  autre  projet  a  été  adopté  qui,  sans 
dépenses  importantes,  peut  conduire  à  des  résultats  intéres- 
sants. Il  s'agit  d'établir  une  entente  entre  les  Stations  biologi- 
ques riveraines  de  la  Méditerranée  pour  faire,  par  des  méthodes 
communes,  des  travaux  d'ensemble.  Une  fois  les  résultats 
partiels  obtenus,  on  se  chargerait  de  les  coordonnera  Monaco. 
M.  Joubin  explique  la  genèse  du  projet  adopté  par  la  com- 
mission et  indique  les  points  les  plus  intéressants  pour  la 
zoologie  pure  et  appliquée.  Sur  sa  demande,  il  est  décidé  que 
ce  projet  sera  inséré  au  «  Bulletin  ».  M.  Joubin  demande  aux 
personnes  qui  s'intéressent  à  ces  études  de  vouloir  bien,  confor- 
mément à  l'article  4,  lui  envoyer  une  liste  de  50  espèces  ani- 
males ou  végétales  qui  leur  paraissent  devoir  être  étudiées. 
Lorsque  toutes   les  réponses  seront  parvenues,  une  liste  défi- 


SÉANCE    DU    10    MAI    1910  107 

nitive  résultant  de  ce  référendum  sera  établie  et  communiquée 
aux  savants  et  aux  établissements  intéressés.  Il  y  a  donc  un 
grand  intérêt  à  ce  que  toutes  les  personnes  compétentes 
répondent  le  plus  tôt  possible  à  la  proposition  formulée  dans 
l'article  4  du  plan  des  travaux,  dont  le  texte  suit. 


PLAN   DE  TRAVAUX    OCÉANOGRAPHIQUES   A  EXÉCUTER 

DANS  LES  STATIONS  MARITIMES,  ADOPTÉ  A  MONACO 

PAR  LA  COMMISSION  DE  LA  MÉDITERRANÉE  LE  1er  AVRIL  1910. 

TEXTE      RÉDIGÉ 

PAR  » 

L.    JOUBIN 

Professeur  au  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Paris 
et  à  l'Institut  océanographique. 

La  Commission  de  la  Méditerranée  réunie  à  Monaco  à  l'occa- 
sion de  l'inauguration  du  Musée  océanographique,  sous  la  pré- 
sidence de  S.  A.  S.  le  Prince  de  Monaco  (1),  ayant,  dans  sa 
séance  du  30  mars  1910,  reçu  plusieurs  projets  relatifs  à  l'or- 
ganisation d'un  plan  de  travaux  à  exécuter  en  commun  dans 
les  stations  riveraines  de  la  Méditerranée,  a  chargé  les  auteurs 
de  ces  projets  de  les  coordonner  et  de  s'entendre  pour  les 
fusionner  en  un  seul. 

Ces  trois  projets  ont  fait  l'objet  de  publications  dans  le 
Bulletin  de  l'Institut  océanographique  :  n°  160,  Richard  et 
Sirvent,  Liste  des  opérations  faites  dans  les  parages  de  Monaco 
à  bord  de  VEider  et  du  Sténo,  pendant  les  années  1907,  1908, 
1909;  n°  163,  A.  Nathansohn,  Propositions  pour  l'exploration 
océanographique  de  la  Méditerranée  occidentale;  n°  164, 
L.  Joubin,  Projet  d'entente  entre  les  stations  maritimes  de  la 
Méditerranée  pour  l'établissement  d'un  plan  commun  de  tra- 
vaux océanographiques. 

(1)  La  Commission  se  compose  de  S.  A.  S.  le  Prince  Albert  de  Monaco,  prési- 
dent, et  de  MM.  le  professeur  Cori,  directeur  de  la  Station  zoologique  de  Trieste  ; 
le  professeur  Krum.mel,  de  l'Université  de  Kiel  ;  le  commandant  Navarete.  député 
de  Madrid  ;  le  professeur  Regnard,  administrateur  de  l'Institut  océanographique  ; 
le  professeur  Vinciguerra,  de  l'Université  de  Rome  ;  le  professeur  Berget,  secré- 
taire de  la  Commission.  A  ces  membres,  sur  l'invitation  du  Prince,  se  joignireut 
MM.  Buchanan,  Archek,  professeur  Grassi,  Baron  Wrangel,  C  Giavotto,  pro- 
fesseur Joubin,  professeur  Monticelli,  professeur  Nathansohn,  Dr  Richari», 
Dr  Schmidt. 


108  SÉANCE    DU    10    MAI    1910 

En  conséquence,  MM.  le  professeur  Joubin,  du  Muséum  de 
Paris  ;  le  professeur  Nathansohn,  de  l'Université  de  Leipzig  ; 
le  D1  Richard,  directeur  du  Musée  de  Monaco,  se  sont  réunis 
et  ont  préparé  un  travail  nouveau  qui  a  été  soumis  à  la  Com- 
mission de  la  Méditerranée,  dans  une  séance  tenue  le  1er  avril. 

A  cette  séance  avaient  été  convoqués  les  directeurs  ou  délé- 
gués de  stations  maritimes  présents  à  Monaco.  La  discussion 
a  eu  lieu  en  conséquence,  en  présence  des  membres  titulaires 
de  la  Commission  et  avec  le  concours  des  personnes  suivantes  : 

M.  Galvet,  sous-directeur  de  la  Station  zoologique  de  Cette  ;  profes- 
seur Caulleby,  directeur  de  la  Station  deWimereux  ;  Cligny,  directeur 
de  la  Station  aquicole  de  Boulogne-sur-Mer  ;  professeur  Y.  Delage, 
directeur  de  la  Station  de  Roscofl  ;  professeur  R.  Dubois,  directeur  de 
la  Station  de  Toulon-Tamaris  ;  Fabre-Domkrgue,  inspecteur  général 
des  Pêches,  directeur  de  la  Station  de  Goncarneau  ;  Fage,  naturaliste 
de  la  Station  de  Banyuls-sur-Mer  ;  Mattia  Giavoito,  direttore  dell 
Istituto  idrografico,  Genova  ;  professeur  Joubin,  délégué  par  MM.  Odon 
de  Buen  et  Topsent,  pour  représenter  les  Stations  des  Baléares  et  de 
Luc-sur- mer;  professeur  Monticelli,  direttore  dell  Istituto  zoologico, 
Naples  ;  professeur  Nathansohn,  de  l'Université  de  Leipzig  ;  pro- 
fesseur Perrier,  directeur  de  la  Station  de  Saint- Vaast;  Dr  Richard, 
directeur  du  Musée  et  de  la  Station  de  Monaco  ;  M.  Schmidt,  directeur 
de  l'expédition  du  Thor  dans  la  Méditerranée  ;  professeur  Vayssière, 
directeur  de  la  Station  de  Marseille. 

La  discussion  du  projet  préparé  par  MM.  Joubin,  Nathan- 
sohn et  Richard,  a  abouti  à  l'adoption  du  texte  définitif  suivant 
qui  sera  adressé  aux  directeurs  des  stations  maritimes  non 
seulement  de  la  Méditerranée,  mais  de  toutes  les  autres. 

Déclaration  préliminaire. 

Il  est  entendu  que  chaque  station  conserve,  comme  par  le 
passé,  sa  complète  liberté  pour  ses  recherches  et  ses  publica- 
tions. Mais  il  est  désirable  qu'en  outre  de  ses  travaux  particu- 
liers une  entente  permette  l'exécution  de  travaux  d'ensemble 
sur  un  programme  commun,  dans  la  mesure  des  moyens  de 
chaque  station. 

La  présente  entente  a  pour  but  de  coordonner  et  de  syn- 
chroniser certains  travaux  d'un  intérêt  général  de  façon  à  ce 
que,  le  but,  les  méthodes,  les  instruments,  étant  autant  que 
possible  identiques,  les  résultats  soient  comparables.  On  arrivera 
ainsi  à  une  connaissance  plus  précise  de  la  zone  littorale  de  la 
Méditerranée  et  a  la  solution  d'un  certain  nombre  de  problèmes 
importants  bien  définis. 


SÉANCE    DU    10    MAI    1910  109 

11  va  sans  dire  que  si  des  stations  non  méditerranéennes 
acceptent  de  travailler,  pour  d'autres  mers,  à  la  réalisation  de 
ce  plan,  la  Commission  ne  peut  qu'approuver  et  encourager 
cette  décision  qui  est  vivement  à  désirer. 

S.A.  S.  le  Prince  de  Monaco  consent  à  centraliser  au  Musée 
de  Monaco  les  résultats  de  ces  travaux. 

TITRE  I 
Etudes    générales . 

Article  1er. 

Exposé.  —  Le  n°  160  du  Bulletin  de  l'Institut  océanogra- 
phique de  Monaco  contient  une  carte  balhy métrique  de  la  région 
de  Monaco  établie  par  le  Dr  Richard  et  M.  SirvelNt,  à  l'échelle 
de  1/50.000  donnant   le   relief  du  fond  par  courbes  isobathes. 

Cette  carte  devant  servir  de  substratum  à  toutes  les  autres 
indications,  il  serait  nécessaire  que  chaque  station  en  établisse 
une  analogue  pour  sa  région.  Cette  carte  étant  très  simple  et 
tirée  en  noir,  les  frais  d'établissement  en  sont  très  peu  élevés, 
d'autant  plus  qu'elles  existent  déjà  dans  les  cartes  hydrogra- 
phiques de  divers  pays  (notamment  France  et  Italie).  Il  suffirait 
d'en  faire  une  copie  simplifiée.  Dans  la  plupart  des  stations  on 
conserve  les  relèvements  des  sondages  exécutés  pour  des  tra- 
vaux divers,  il  sera  donc  facile  de  les  utiliser,  comme  l'a  fait 
M.  Ricbard,  pour  compléter  cette  carte.  Il  est  recommandé  de 
conserver  le  cliché  (zinc  ou  pierre)  de  la  carte  pour  en  tirer  à 
mesure  des  besoins  autant  d'exemplaires  qu'il  sera  nécessaire 
aux  auteurs  pour  y  inscrire  leurs  notes  manuscrites  préliminaires. 

En  conséquence,  la  Commission  adopte  l'article  premier  ainsi 
rédigé  : 

Article  premier.  —  Chaque  station  établira  une  carte  bathy- 
métrique  de  sa  région,  à  l'échelle  de  1 50.000,  sur  le  modèle 
de  celle  qui  a  été  publiée  par  le  Dv  Richard,  dans  le  n°  160  du 
Bulletin  de  l'Institut  océanographique  de  Monaco. 

Article  2. 

Exposé.  —  La  carte  indiquée  à  l'article  premier  servira  à 
établir  la  carte  lithologique  des  fonds  dans  chaque  région. 

Comme  il  est  nécessaire  d'employer  une  classification  uni- 
forme des  différents  fonds,  la  Commission  adopte  celle  du  pro- 
fesseur   Thoulet.    Elle    est    publiée    sous    forme    d'instruction 


110  SÉANCE    DU    10    MAI    1910 

pratique,  dans  le  Bulletin  de  l'Institut  océanographique,  n"  169. 

Les  prélèvements  de  fonds  seront  faits,  autant  que  possible, 
à  l'aide  du  sondeur  Léger,  d'un  maniement  facile  et  peu  coû- 
teux. (On  le  fabrique  chez  Taffë,  mécanicien,  rue  Grimaldi,  à 
Monaco.) 

En  conséquence,  l'article  suivant  est  adopté. 

Article  2.  —  Chaque  station  établira  la  carte  lithologique 
de  sa  région  en  se  servant  des  instructions  données  par  le  pro- 
fesseur Thoulel  (Bulletin  de  l'Institut  océanographique  N°  169) 
et  en  employant,  de  préférence,  le  sondeur  Léger. 

Article  3. 

Exposé.  —  Etant  donné  que  la  condition  fondamentale  pour 
les  études  océanographiques  d'une  région  est  la  connaissance 
de  son  hydrologie,  chaque  station  dirigera  ses  efforts  sur  ce 
point. 

On  suivra  donc  l'exemple  de  Monaco,  où  l'on  a  procédé  de 
la  manière  suivante.  Deux  points  ont  été  choisis,  l'un  à 
2485  mètres,  l'autre  à  6300  mètres  du  Musée  et  soigneusement 
repérés.  Les  observations  suivantes,  ainsi  que  d'autres  qui 
seront  indiquées  plus  loin  (biologie),  y  sont  faites  autant  que 
possible  toutes  les  semaines  à  jour  fixe  :  prises  de  température 
et  prises  d'eau  à  0  mètre,  25  mètres,  50  mètres,  75  mètres, 
100  mètres,  150  mètres,  200  mètres.  On  va  au  delà  si  les 
conditions  s'y  prêtent.  Le  temps  nécessaire  pour  le  voyage  aller 
et  retour  et  l'exécution  des  opérations  n'excède  pas  4  heures. 

Le  choix  de  ces  deux  points  d'expérience  a  été  déterminé  par 
la  configuration  géographique  spéciale  de  Monaco.  Il  est  im- 
possible de  donner  sur  ces  points  des  instructions  précises; 
chaque  station  devra  déterminer  elle-même  le  nombre  et  la 
position  des  points  d'expériences  d'après  la  configuration,  la 
déclivité  de  la  côte,  les  apports  d'eau  douce  du  voisinage.  La 
notion  importante  à  établir  c'est  qu'une  lois  les  points  d'étude 
choisis  et  repérés,  il  nen  soit  plus  changé,  pour  que  les  obser- 
vations restent  comparables. 

L'intérêt  de  la  détermination  de  la  cryoscopie  et  autres 
constantes  physico-chimiques  est  signalé  aux  observateurs.  On 
y  ajouterait  l'étude  de  la  marée. 

D'après  ces  principes,  la  Commission  adopte  l'article  suivant  : 

Article  3.  —  Chaque  station  étudiera  les   conditions  hydro- 


SÉANCE   DU    10    MA!    1910  111 

logiques  de  sa  région  d'après  la  méthode  générale  adoptée  à  la 
Station  de  Monaco. 

Instructions  annexes. 
Instruction  A. 

Température.  —  La  Commission  n'indique  aucun  système 
de  thermomètre  ;  elle  recommande  seulement  de  les  faire  véri- 
fier soigneusement,  au  moins  une  fois  par  an,  dans  un  labora- 
toire central. 

Instruction  B. 

Analyse  des  eaux.  —  Pour  les  prises  d'échantillon  d'eau,  on 
se  servira  de  la  bouteille  Richard  à  messager  (même  fabricant 
que  pour  le  sondeur  Léger).  L'analyse  et  la  conservation  des 
échantillons  d'eau  seront  faites  d'après  les  méthodes  adoptées 
par  la  réunion  des  hydrographes  et  employées  dans  les  labora- 
toires du  Conseil  permanent  international  pour  l'exploration 
de  la  mer  à  Copenhague. 

On  les  trouvera  dans  le  n°  22  du  30  décembre  1904  du 
Bulletin  du  Musée  océanographique  de  Monaco, 

Instruction  C. 

Etude  des  courants.  —  Outre  la  méthode  ancienne  de  la 
drague  à  courants  et  des  tlotteurs,  les  océanographes  Scandi- 
naves utilisent  divers  instruments  pour  l'étude  des  courants.  Il 
serait  désirable  que  les  stations  essaient  d'adapter  à  leurs 
conditions  particulières  une  de  ces  méthodes  pour  arriver  plus 
tard  à  une  entente  actuellement  prématurée. 

TITRE  II 

Etudes  biologiques. 

Article  4. 

Exposé.  —  Comme  il  a  été  dit  plus  haut,  les  stations  conti- 
nueront leurs  études  biologiques  comme  il  leur  convient.  Mais 
il  est  nécessaire  qu'une  entente  se  produise  sur  quelques  points 
d'un  intérêt  général,  par  exemple  sur  l'établissement  de  la 
carte  de  dispersion  géographique  de  certains  animaux  ou 
plantes,  tant  au  point  de  vue  purement  scientifique  qu'à  celui 
des  applications  à  la  pêche  et  à  l'étude  du  plankton. 

Il   est   évident  qu'il   est  impraticable  d'essayer  de  faire  une 

liull.  de  la  Soc.  Zool.  de  /<>.,  1910.  xxxv  —  10 


I  12  SÉANCE   ni     10    MAI    1910 

carte  pour  tous  les  animaux.  11  faut  donc  choisir,  dans  chaque 
grand  groupe,  un  certain  nombre  d'espèces  plus  particulière- 
ment intéressantes  et  caractéristiques  par  leur  large  dispersion  ; 
on  établirait  dans  chaque  station  la  carte  de  leurs  gisements. 
On  se  servirait  de  la  carte  de  l'article  1er,  sur  laquelle  auraient 
été  reportées  les  conditions  lithologiques  du  fond. 

La  liste  des  espèces  à  étudier  sera  établie  d'après  les  pro- 
positions formulées  dans  chaque  station,  et  limitée  à  50  espèces. 
On  y  comprendra  d'abord  certains  animaux  faisant  l'objet  de 
pèches  (Poissons,  Mollusques,  Crustacés,  Eponges,  Corail),  puis 
d'autres  animaux  représentant  les  principaux  groupes  zoologi- 
ques, enfin  des  Algues.  Une  fois  les  propositions  de  toutes  les 
stations  faites,  elles  seront  résumées  en  une  liste  définitive. 

Il  est  expressément  recommandé  de  tenir  note,  dans  chaque 
station,  de  l'époque  de  la  maturité  sexuelle  de  ces  animaux  et 
d'établir  une  carte  de  la  répartition  des  Poissons  immatures  sur 
les  fonds  littoraux. 

D'après   ces  indications,  l'article  4  ainsi  rédigé  est  adopté  : 

Article  4.  —  Chaque  station  entreprendra  l'étude  de  la  dis- 
tribution géographique  de  50  espèces  d'animaux  dont  la  liste 
sera  arrêtée  par  une  entente  ultérieure  entre  les  stations.  On  se 
servira  de  la  carte  n°  1  pour  indiquer  la  distribution  des  êtres 
sédentaires  adultes  ou  immatures  et  la  marche  des  animaux 
migrateurs. 

Article  5. 
Etude  du  Plankton. 

Exposé.  —  La  station  de  Monaco  a  commencé  l'étude  du 
plankton  par  des  recherches  sur  l'influence  des  conditions 
hydrologiques  sur  le  développement  du  phytoplankton.  Celui-ci 
formant  la  base  de  la  vie  organique  dans  la  mer,  la  Commis- 
sion pense  que  cette  étude  doit  être  le  point  de  départ  de  toutes 
les  recherches  de  ce  genre. 

On  fait  à  Monaco,  dans  chacun  des  points  d'étude  indiqués  à 
l'article  3,  des  séries  de  pèches  verticales  au  filet  Nansen  entre 
210  et  140  mètres,  140  et  70  mètres,  70  et  0  mètres.  En  outre, 
à  chaque  sortie  du  bateau,  quel  que  soit  son  but  spécial,  on 
fait  des  pèches  de  plankton  avec  le  petit  filet  Richard. 

Ces  méthodes  ayant  donné  de  bons  résultats,  la  Commission 
estime  qu'il  serait  utile  de  les  généraliser  et  adopte  l'article  5  : 

Article  5.  —   .1    chacun   des  points    d'étude    déterminés    à 


SÉANCE    DU     10    MAI     1910  113 

V article  S,  on  fera  des  prises  hebdomadaires  verticales  du 
plankton  par  des  méthodes  aussi  voisines  que  possible  de  celles 
usitées  à  Monaco. 

TITRE  III 

Publications. 

Article  6. 

Comme  il  a  été  dit  plus  haut,  les  auteurs  continueront  à 
publier  leurs  travaux  comme  ils  l'entendront.  Il  est  seulement 
désirable  que  tout  mémoire  concernant  l'océanographie  soit 
complété  par  un  très  court  résumé,  fait  autant  que  possible 
par  l'auteur,  qui  sera  publié  par  le  Bulletin  de  l'Institut  océa- 
nographique de  Monaco. 

En  conséquence,  la  Commission  vote  l'article  suivant  : 

Article  6.  —  Les  mémoires  relatifs  à  l'océanographie  seront 
complétés  par  un  court  résumé,  fait  autant  que  possible  par 
l'auteur,  qui  sera  publié  da?is  le  Bulletin  de  l'Institut  océano- 
graphique de  Monaco. 

Article  7. 

Exposé.  —  Les  publications  relatives  à  la  faune  et  à  la 
flore  de  la  Méditerranée  étant  très  nombreuses,  souvent  diffi- 
ciles à  consulter,  les  déterminations  d'espèces  sont  très  malai- 
sées et  peu  sûres.  Pour  remédier  à  ces  inconvénients,  il  serait 
important  et  utile  de  publier,  dans  la  forme  des  fiches  de  la 
Paleontologia  universalis  (qui  a  été  établie  par  un  Congrès 
international  de  paléontologie),  des  planches  séparées  conte- 
nant des  figures,  diagnoses,  descriptions,  renseignements  géo- 
graphiques et  biologiques  de  toutes  les  espèces  d'animaux  ou 
de  plantes.  Chaque  espèce  aurait  sa  fiche,  qui  serait  rédigée 
par  un  spécialiste  autorisé.  Un  tel  atlas,  permettant  l'interca 
lation  des  espèces  nouvelles,  rendrait  les  plus  grands  services; 
il  serait  particulièrement  désirable  pour  le  plankton. 

En  conséquence,  la  Commission  vote  l'article  suivant  : 

Article  7.  —  Il  y  a  lieu  d'entreprendre  la  publication  par 
fiches  séparées,  analogues  à  celles  de  la  Paleontologia  univer- 
salis, d'un   atlas  de   la  faune  et  de  la  flore  de  la  Méditerranée. 


1  14  SÉANCE    \n    tO   MAI    19 H) 

A.RTJÇLK  -S. 

Les  diverses  cartes  partielles  obtenues  dans  les  stations  de- 
vront être  fusionnées  pour  constituer  des  cartes  d'ensemble  relu  ■ 
tives  aux  divers  sujets  de  travaux  proposés. 

Article  9. 

On  demandera  aux  gouvernements  riverains  d'autoriser  leurs 
agents  maritimes  à  fournir  à  l'Institut  océanographique  les 
renseignements  utiles  pour  les  recherches  ci-dessus  indiquées. 

Note.  —  Les  directeurs  de  stations  et  les  personnes  compé- 
tentes sont  priés  d'envoyer  leurs  propositions  relatives  aux 
60  espèces  d'animaux  et  de  plantes  à  étudier,  conformément  à 
l'article  4,  à  M.  le  professeur  Joubin,  55,  rue  de  Buffon,  à 
Paris.  Une  liste  définitive  résultant  de  la  fusion  des  listes  en- 
voyées, sera  établie. et  communiquée  à  tous  les  directeurs  de 
stations. 

Il  est  recommandé  de  reproduire  le  plan  ci-dessus  dans  les 
journaux  périodiques,  bulletins  ou  comptes-rendus  bibliogra- 
phiques, afin  d'inciter  les  travailleurs  à  y  collaborer. 


ÉTUDE  SUR  V HELIX  SOLITARIA  POIRET 

PAR 

E.    CAZIOT 

L'Hélix  solitaria  a  été  décrite  par  Poiret  dans  ses  Coquilles 
terrestres  et  fluviatiles  du  département  de  l'Aisne  et  des  environs 
de  Paris,  Prodrome  n°  21,  p.  85,  avril  1805  : 

«  Testa  conica,  umbilicata  ;  anfractibus  convexis  subcarina- 
tis  ;  diametro  minoribus. 

Long.  2  lin.  Diam.  1  lin.  1  ju2. 

In  hortis  supra  flores  Scabiosse  columbinœ.  Rarissima. 

Affinis  H.  trochoidea  Poiret.  Iles  Barb.  t.  II,  p.  29. 

«  Coquille  conique,  ombiliquée,  plus  haute  que  large  ;  spire, 
convexe  un  peu  carénée,  5  tours  de  spire. 

Diam.  3  mm,  haut.  4rara. 

Les  jardins,  sur  des  fleurs  de  Scabieuse,  observée  une  seule 
fois  par  mon  fils. 


SÉANCE    DU    10    MAI    1910  115 

«  Nota.  —  Très  voisine  de  YHelix  trochoides  décrite  dans 
mon  ouvrage  en  Barbarie,  t.  II,  p.  29,  mais  celle-ci  est  plus 
large  que  haute.  » 

Tous  les  auteurs  avaient  laissé  dans  l'oubli  cette  coquille,  re- 
présentée par  un  échantillon  unique,  lorsque  Pfeiffer  (Symbolae 
ad  historiam  Heliceorum,  II,  p.  122,  1842)  lui  donna  le  nom 
de  Bulimus  solitarius,  synonyme  de  YHelix  conoidea  Dra- 
parnaud. 

L'assimilation  entre  YHelix  solitaria  de  Poiret  et  YHelix 
conoidea  de  Draparnaud  est  une  des  plus  grandes  hérésies  ma- 
lacologiques  qu'on  connaisse;  il  est  d'ailleurs  inadmissible  que 
YHelix  conoidea,  qui  est  une  espèce  essentiellement  attachée 
aux  rivages  de  la  Méditerranée,  s'en  éloignant  à  peine  de 
quelques  lieues,  ait  été  trouvée  dans  l'Aisne,  c'est-à-dire  dans 
le  nord  de  la  France  ! 

Si  encore  les  diagnoses  des  deux  espèces  avaient  été  con- 
cordantes, la  synonymie  présentée  par  L.  Pfeiffer  aurait  pu 
avoir  une  apparence  de  vérité;  mais  il  n'en  est  rien,  ainsi  qu'on 
peut  s'en  convaincre  en  prenant  connaissance  de  la  description 
du  Bulimus  solitarius  de  cet  auteur  : 

«  T.  aperte  perforata,  globoso-conica ,  striatula ,  nitidula,  alba; 
fasciis  fuscis  multimodo  variegata;  spira  conoidea,  apice  obtu- 
siusculi;  an  frac  tus  6,  convexiusadi,  superiore  carinati,  ultimus 
9/5  longitudinis  subœquus  ;  apertura  semi-ovalis  ;  peristoma 
rectum,  simplex,  etc. 

«  Long.  9  i!2.  Diam.  6  1/2mm.  » 

Poiret,  lui,  décrit  une  coquille  ombiliquée,  à  o  tours  con- 
vexes, subcarénés,  ayant  3  millimètres  de  diamètre  et  4  milli- 
mètres de  hauteur  ;  tandis  que  Pfeiffer  montre  une  coquille 
perforée,  à  6  tours  de  spire,  dont  les  supérieurs  seuls  sont 
carénés  (au  lieu  d'être  tous  subcarénés),  ayant  6  millimètres  de 
diamètre  et  9  millimètres  1/2  de  hauteur,  c'est-à-dire  au  moins 
2  fois  plus  grosse. 

Moquin-  Tandon,  qui  était  en  relations  scientifiques  avec 
Poiret,  nous  apprend  que  YHelix  solitaria  de  cet  auteur  est 
une  monstruosité  subscalaire  de  YHelix  unifasciata  (vide  Hist. 
Moll.  France,  II,  p.  277,  1855).  C'est  sans  nul  doute  la 
vérité:  17/.  unifasciata  de  Poiret  est  très  commune  dans  l'Aisne 
et  rien  ne  s'oppose  à  ce  qu'une  anomalie  semblable  ne  se  pré- 
sente qu'une  seule  fois. 

Malgré  la  note  de  Moquin-Tandon,  dont  il  a  eu  connais- 
sance, L.  Pfeiffer  a   maintenu   sa   première   manière    de    voir 


I  16  SÉANCE    Dl      10    MAI     1910 

daus  les  divers  suppléments  à  sa  Monographie  des  Hélices 
vivantes,  jusqu'en  1876,  et  dans  sa  Nomencl.  Hél.  viv.,  1878. 

Quelques  auteurs  (même  Westerlund  dans  son  Catalogue 
des  Mollusques  de  la  région  paléarctique,  1890),  égarés  par 
Pfeiffer,  maintiennent  encore  le  Rulimus  solitarius  ou  Hélix 
solitarius  pour  Y  Hélix  conoidea  Draparnaud;  et  je  ne  peux  pas 
comprendre  pourquoi  PjETel,  dans  son  Catalog  der  Conchyl. 
Sammlung  de  1889,  maintient  cette  Hélix  et  lui  donne  même 
comme  habitat  «  I.  Azor  »,  en  la  plaçant  dans  la  section  des 
Cochlicella,  par  conséquent  toujours  avec  Y  Hélix  conoidea  de 
Draparnaud. 

J'espère  que,  grâce  aux  renseignements  sus-visés,  d'après  les 
documents  authentiques  que  j'ai  mis  en  lumière,  les  malaco- 
logistes  se  rendront  à  l'évidence  et  que  le  nom  de  Y  Hélix  solitaria 
disparaîtra  à  jamais  de  la  nomenclature  dans  laquelle  elle  s'est 
introduite  frauduleusement. 


SUR  UN  PROCÉDÉ  D'ANESTHÉSIE 
ET  DE  FIXATION  DES  ANIMAUX  CONTRACTILES 

PAR 

G.  SCHLEGEL 

Naturaliste  du  service  scientifique  des  Pêches  maritimes,  à  Roscoff. 

et  M"»*  SCHLEGEL 

L'an  dernier,  un  élève  de  la  Station  biologique  de  Roscofl 
eut  l'idée  d'essayer  l'efiet  d'un  peu  d'essence  de  girofle  sur  une 
Actinie,  et  obtint  une  anesthésie  assez  complète.  C'est  ce  qui 
nous  a  engagés  à  essayer  de  déterminer  une  technique  exacte 
basée  sur  ce  principe,  pour  obtenir  à  coup  sûr  l'anesthésie. 

Nous  avons  commencé  par  utiliser  l'essence  de  girofle  telle 
qu'on  l'emploie  pour  les  travaux  micrographiques,  en  émulsion 
dans  de  l'eau  de  mer  :  mais  les  résultats  n'étaient  pas  satis- 
faisants, en  ce  sens  qu'ils  étaient  si  variables  et  si  aléatoires 
qu'ils  n'ont  pu  donner  lieu  à  des  conclusions  générales  nettes. 

C'est  alors  que  nous  avons  eu  l'idée  de  nous  adresser  au 
principal  des  éléments  qui  constituent  cette  essence.  On  sait 
que   ces  éléments  sont  un  terpène,  le  caryophyllène  (environ 


SÉANCE    DU    10    MAI    1910 


117 


8  °/o)  e^  "n  phénol  ayant  une  fonction  éther-oxyde,    l'eugénol 
(environ  90  p/0),  dont  la  formule  est  : 


C  —  CH2  —  CH-  GH2 


0—  GH3 


C'est  cet  eugénol,  espèce  chimique  définie,  qui  peut  s'obte- 
nir pure,  qui  est  le  principe  actif  de  l'essence,  et  c'est  à  lui 
que  nous  avons  eu  recours.  —  Et  après  de  multiples  tâtonne- 
ments, nous  nous  sommes  arrêtés  à  la  technique  suivante. 

Nous  préparons  une  émulsion  de  la  formule  que  voici  : 

\  Eugénol,  Y  gouttes 
l  Eau  de  mer,  10 cc 

Puis,  l'animal  ayant  été  placé  dans  une  cuvette  ou  un  bocal 
d'eau  de  mer,  et  ayant  été  bien  nourri  (ceci  est  surtout  impor- 
tant pour  les  Actinies),  Ton  profite  d'un  moment  où  il  est  bien 
étalé  pour  commencer  l'anesthésie.  L'émulsion  ci-dessus  est 
administrée  à  la  dose  de  X  gouttes  par  100 cc  de  l'eau  où  est 
plongé  l'animal,  pendant  3  jours  consécutifs,  à  raison  de  1/5 
de  la  dose  totale  le  premier  jour,  2/5  les  deux  jours  suivants, 
et  cela  goutte  par  goutte  espacées  sur  toute  la  durée  de  la 
journée.  Ces  gouttes  sont  déposées  à  la  surface  de  l'eau,  en 
des  points  variés,  et  se  diffusent  à  travers  le  liquide.  Il  est 
important  de  ne  pas  déposer  l'émulsion  directement  sur 
Tanimal,  sans  quoi  celui-ci  se  rétracte  aussitôt. 

Il  y  a  intérêt  à  ne  mettre  que  la  quantité  d'eau  nécessaire 
pour  que  l'animal  puisse  s'y  étaler  à  l'aise  :  la  diffusion  de 
l'émulsion  d'eugénol  à  travers  une  forte  masse  d'eau  serait 
trop  difficile.  —  L'anesthésie  peut  n'être  pas  obtenue  au  bout 
de  3  jours,  mais  en  laissant  l'animal  séjourner  quelque  peu 
dans  le  liquide,  elle  finit  par  se  produire. 

L'animal  une  fois  anesthésié  —  ce  que  l'on  reconnaît  en  le 
pinçant  légèrement   sans  qu'il  réagisse,    —  est  tué  au  formol 


I  1«S  SÉANCE    DU     10    MAI     1910 

(à  5  °/0  dans  l'eau  de  mer),  où  il  séjourne  2  ou  3  jours,  selon 
sa  taille. 

Pour  la  conservation,  nous  employons  soit  le  formol,  soit  — 
ce  qui  est  surtout  utile  pour  les  animaux  que  l'on  veut  conserver 
dressés  ou  avec  les  tentacules  bien  étalés  —  In  glycérine 
formulée.  L'animal  une  fois  tué  passe  dans  une  série  de 
mélanges  de  formol  (de  5  à  10  °/0  dans  l'eau  de  mer)  et  de 
glycérine,  de  plus  en  plus  riches  en  glycérine,  jusqu'à  obtenir 
un  mélange  de  densité  telle  que  l'animal  s'y  maintienne  de 
lui-même  dressé,  sans  retomber  sur  le  fond,  ni  venir  flotter  à 
la  surface. 

Ce  liquide  glycérine  formolée,  qui  a  été  déjà  employé  sou- 
vent, notamment  par  le  Dr  Oxner,  de  Monaco,  a  en  particulier 
l'avantage  de  conserver  les  couleurs  assez  bien,  mais  surtout 
l'apparence  translucide  de  la  vie  chez  certains  animaux. 

Cette  méthode  a  été  expérimentée  par  nous  sur  divers  ani- 
maux marins  :  Ascidies,  Mollusque  Opisthobranches,  Actinies. 
11  est  hors  de  doute  que  les  résultats  en  seraient  également 
satisfaisants  sur  des  animaux  d'eau  douce. 

M.  de  Beauchamp.  —  «  J'ai  réussi  aussi  quelques  petites  Sagartia 
et  des  Corynactis  avec  le  chloral  en  solution  très  étendue  dans 
l'eau  de  mer;  pour  les  Eolis,  la  cocaïne,  seule  ou  en  combi- 
naison avec  l'alcool  méthylique  (liqueur  de  Rousselet  pour  les 
Rotifères),  donne  en  général  de  très  bons  résultats.   » 

M.  Topsent. —  «  On  obtient  de  très  belles  préparations  de  la 
grande  Némerte  Lineits  lojigissimus  en  la  faisant  simplement 
mourir  dans  l'eau  douce.  » 


Séance  du  2  î  mai  IU10 

PRÉSIDENCE    DE    M.  C0UT1ERE,    PRÉSIDEN1 

M.  Desoutter  remercie  de  son  admission. 

M.  le  président  du  VIIIe  Congrès  international  de  zoologie 
adresse  une  deuxième  circulaire  relative  à  ce  Congrès.  Pré- 
voyant que  la  plupart  des  congressistes  passeront  par  Vienne 
en  se  rendant  à  Graz,  il  annonce  que  les  différents  Instituts 
scientifiques  de  Vienne  seront  ouverts  le  12  et  le  13  août  et 
qu'un  bureau  central  de  renseignements  sera  ouvert  ces  deux 
jours,  dans  le  bâtiment  central  de  l'Université,  par  la  Société 
impériale  et  royale  de  zoologie  et  de  botanique.  On  recom- 
mande aux  congressistes  de  partir  de  Vienne  le  14  août,  par 
un  train  du  matin,  de  passer  la  matinée  au  Sommering,  puis 
de  continuer  après  midi  leur  route  pour  Graz.  La  Compagnie 
des  chemins  de  1er  du  Sud  a  consenti  aux  congressistes  un 
rabais  de  20  °/0  pour  les  billets  d'aller  et  retour  Vienne  Graz- 
Vienne  et  Graz-Trieste-Graz.  On  trouvera  à  se  loger  à  Graz 
dans  des  chambres  à  un  lit  pour  2  à  8  couronnes  (2  fr.  9  à 
8  fr.  38)  et  dans  des  chambres  à  2  lits  pour  3  à  16  couronnes 
(3  fr.  14  à  16  fr.  75).  Adresser  le  plus  tôt  possible  ses  deside- 
rata au  «  Prâsidium  des  VIII.  Internationalen  Zoologenkon- 
gresses,  Universitàtsplatz  2,  Graz,  Autriche  ». 

Une  excursion  au  lac  de  Leopoldstein  est  organisée  pour  le 
20  août.  320  personnes  pourront  y  prendre  part. 

Pour  l'excursion  en  Dalmatie,  la  visite  de  Cetigne  ne  pourra 
avoir  lieu.  Le  vapeur  «  Afrika»,  consacré  à  ce  voyage,  com- 
porte 18  cabines  de  luxe  à  un  lit  et  104  places  dans  des 
cabines  à  3  et  4  lits.  Prix  :  cabines  de  luxe  :  260  couronnes 
(272  fr.  85)  ;  la  place  dans  une  cabine  à  plusieurs  :  225  cou- 
ronnes (235  fr.  60),  pour  les  voyageurs  Trieste-Cattaro-Trieste. 
Pour  les  voyageurs  Trieste-Cattaro-Gravosa  (participants  à  l'ex- 
cursion en  Bosnie  et  Herzégovine).  20  couronnes  (25  fr.  94)  en 
moins,  dans  les  deux  cas. 

La  station  biologique  de  Lunz  (Basse-Autriche)  sera  ouverte 
aux  congressistes    les  13  et    14    août.  25   personnes  pourront 


120  SÉANCE    DU    24    MAI     1010 

prendre  part  à  cette  excursion.  Ecrire  à  J'avance  à  la  «  Direktion 
der  biologischen  Station  in  Lunz,  Nieder-Osterreich  ». 

M.  Pellegrin  fait  part  de  la  mort  de  M.  Geay,  voyageur  du 
Muséum,  décédé  à  Melbourne  au  cours  d'une  mission  scienti- 
fique. La  Société  s'associe  aux  regrets  que  causera  cette  perte  à 
tous  ceux  qui  connaissent  l'importance  des  récoltes  effectuées 
par  ce  chercheur. 

M.  Tillier  rapporte  qu'il  y  a  plus  de  trente  ans,  doublant  le 
cap  Guardafui  pendant  la  mousson  de  sud-ouest,  il  vit  au  lever 
du  soleil  la  mer  couverte  de  Poissons  morts  qui  étaient  tous 
des  Plectognathes  appartenant  sans  doute    au  genre  Tetvodon. 

M.  Pellegrin  fait  une  communication  sur  une  collection  de 
Poissons  d'ornement  vivants ,  récemment  acquise  par  le 
Muséum  ;  ce  sont  des  espèces  provenant  de  l'Amérique  du 
Sud  (Cichlidés,  Siluridés  et  Cyprinodontidés  surtout).  Ils  ont 
été  fournis  par  une  maison  allemande  qui  en  offre  plus  de  cinq 
cents  espèces  aux  amateurs  d'aquarium,  très  nombreux  en 
Allemagne.  Il  serait  intéressant  de  propager  en  France  cette 
mode  qui  faciliterait  les  observations  sur  ces  espèces,  remar- 
quables non  seulement  par  leur  forme  et  leur  coloration,  mais 
dans  bien  des  cas  par  des  particularités  biologiques  curieuses 
(viviparité,  incubation  buccale,  nidification). 


Séance  <lu  14  juin  1910 

PRÉSIDENCE  DE  M.  CLÉMENT,  MEMBRE  DU  CONSEIL 

M.  Iches  est  délégué  pour  représenter  la  Société  au  Congrès 
scientifique  international  américain,  qui  se  tiendra  à  Buenos- 
Aires  du  10  au  25  juillet  prochain. 

La  Société  présente  ses  vives  félicitations  à  M.  Clément,  ré- 
cemment nommé  chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

M.  Petit  décrit  le  spécimen  d'Eléphant  conservé  au  Musée 
de  Douai,  qu'il  vient  d'être  chargé  de  réparer.  Cet  échantillon 
est  curieux  par  la  longueur  démesurée  de  ses  ongles. 

M.  de  Beauchamp  fait  une  communication  sur  un  nouveau 
sous-genre  A'Euchlanis. 


Ouvrage   offert 

Beauchamp  (P.   de).    Sur   l'organisation   de  la   Nerilla.   {Bull.  set*. 
France- Belgique  (7),  XLIV,  p.  11-12.) 


122  SÉANCE    DU    14    JUIN    1910 


DIPLEUCHLANIS  nov.  subgen.  pour  EUCHLANIS 
PROPATULA  (GOSSE) 


PAU 


P.   de  BEAUCHAMP: 

Préparateur  à  la  Faculté  des  sciences  de  Pans. 

Dans  les  matériaux  recueillis  en  Syrie  par  M.  Henri  Gadeau 
de  Kerville  au  cours  de  son  voyage  récent,  et  parmi  les  Roti- 
fères  dont  il  a  bien  voulu  me  confier  l'étude,  s'est  trouvé  un 
exemplaire  parfaitement  conservé  de  VEuchlanis  propatula 
(Gosse).  Une  étude  approfondie  de  cette  espèce,  dont  la  cara- 
pace a  donné  lieu  à  des  divergences  d  interprétation  à  présent 
éclaircies  mais  qui  avaient  conduit  son  auteur  à  la  placer  dans 
un  genre  tout  différent  (1),  et  dont  nous  ne  possédons  que  des 
figures  assez  imparfaites,  m'a  montré  l'intérêt  qu'il  y  aurait  à 
la  séparer  des  autres  espèces  à'Euchlanis  dans  un  sous-genre 
spécial.  Le  volume  consacré  par  M.  Gadeau  de  Kerville  à  son 
voyage  renfermera  un  mémoire  détaillé  avec  rhistorique  et 
les  figures  ;  mais,  comme  il  ne  peut  paraître  avant  plusieurs 
mois,  j'indique  dès  à  présent  la  création  du  sous-genre  Dipleu- 
chlanis,  caractérisé  :  1°  par  la  plaque  dorsale  de  la  lorica,  plus 
étroite  que  la  ventrale  et  concave  ;  2°  par  les  orteils  minces, 
à  contours  parallèles  et  nettement  acuminés.  Ces  deux  carac- 
tères l'opposent  à  toutes  les  autres  Euchlanis  connues,  mais  le 
premier  est  sans  doute  le  plus  important. 

(1)  Voici  eu  gros  la  synonymie  :  Diploïs  propatula  (josse  1886,  Barnett  Burn 
1890,  =  Euchlanis  subversa  Bryce  1890,  =  Euchlanis  elegans  Wierzejski  1893 
(variété). 


Séance  du  "2 S  juin  1910 
PRÉSIDENCE   DR    M.    COUTIÈRE,    PRÉSIDENT 

M.  le  professeur  L.  von  Graff  adresse  une  circulaire  rela- 
tive aux  prix  de  faveur  consentis  par  les  chemins  de  fer  autri- 
chiens aux  membres  du  Congrès  international  de  zoologie  de 
Graz.  Les  chemins  de  fer  de  l'Etat  autrichieu  font  une  réduc- 
tion d'environ  30%  en  lrc  e^  2e  classe  dans  les  trains  omnibus, 
pour  des  trajets  de  plus  de  50  km.  allant  à  Graz  ou  en  reve- 
nant, à  condition  que  le  voyage  d'aller  à  Graz  ait  lieu  entre  le 
8  et  le  15  août,  et  le  retour  entre  le  20  août  et  le  10  septembre. 
La  Compagnie  des  chemins  de  fer  du  sud  accorde  une  réduc- 
tion de  20  °/o  environ  dans  les  trois  classes  sur  les  billets  d'aller 
et  retour  pour  Graz,  à  partir  de  toutes  ses  stations  autri- 
chiennes. Ces  billets  seront  valables  du  10  août  au  10  sep- 
tembre, l'aller  et  le  retour  devant  avoir  lieu  par  le  même  iti- 
néraire. Il  est  recommandé  d'envoyer  le  plus  tôt  possible  le 
prix  de  sa  carte  de  congressiste  et  de  demander  la  carte 
d'identité  nécessaire  à  la  présidence  du  Congrès,  en  indiquant 
la  classe  et  le  trajet  choisis. 

La  Société  est  invitée  à  se  faire  représenter  à  la  39"  session 
de  l'Association  française  pour  l'avancement  des  sciences,  qui 
se  tiendra  à  Toulouse  du  1er  au  7  août  1910.  MM.  Netjmann  et 
Jammes  sont  élus  délégués  à  ce  Congrès. 

Mm0  F. -M.  Ollivier  écrit  :  «  M.  Menegaux,  le  savant  assis- 
tant au  Muséum,  a,  dans  une  intéressante  préface,  souhaité  la 
bienvenue  au  livre  que  vient  de  faire  paraître  M.  G.  Etoc,  et 
j'ai  plaisir  à  signaler  au  monde  savant  l'ouvrage  et  son  auteur. 
Le  livre  de  M.  Etoc  est  une  sorte  de  manuel  destiné  à  diffuser 
la  science  ornithologique,  un  peu  bien  délaissée,  malgré  son 
grand  intérêt.  C'est  que,  à  ce  jour,  ce  qui  a  été  écrit  de  scien- 
tifique sur  les  Oiseaux  s'est  présenté  sous  des  dehors  compli- 
qués, en  des  ouvrages  longs,  très  savants,  qui  demandaient 
beaucoup  d'attention  et  de  temps  pour  être  étudiés  et  retenus. 
M.  Etoc  adonné  pour  chaque  espèce  la  synonymie  et  les  noms 


124  SÉANCE  DU   28  JUIN    1910 

vulgaires  usités  dans  les  différentes  provinces  de  France,  ainsi 
que  la  distribution  géographique.  Il  a  insisté  sur  les  particu- 
larités biologiques,  traité  la  question  si  controversée  de  la  mi- 
gration. Il  a  distingué  enfin  les  Oiseaux  utiles  des  nuisibles  ou 
des  indifférents.  Les  savants,  chasseurs  ou  non,  et  les  chas- 
seurs qui  veulent  devenir  savants,  auront  plaisir  à  consulter 
ce  livre.  » 

M.  le  président  adresse  les  félicitations  de  la  Société  à 
M.  E.  Olivier,  récemment  nommé  correspondant  du   Muséum. 

Le  Secrétaire  général  dit  qu'il  a  écrit  au  nom  de  la  Société 
un  mot  de  bienvenue  à  S.  M.  le  tsar  de  Bulgarie,  qui  vient  de 
passer  quelques  jours  à  Paris  et  est  membre  donateur  de  la 
Société  depuis  1902. 


Ouvrages  offerts. 

Etog  (Gabriel).  Les  Oiseaux  de  France,  leurs  œufs  et  leurs  nids. 
iIn-8<>.  Chez  l'auteur,  31,  rue  de  la  Pompe,  Paris). 

Kœhler  (René).  An  account  of  the  shallow  water  Asteroidea.  Echi- 
noderms  of  the  Iudian  muséum,  part  VI,  Asteroidea,  IL  (Calcutta,  in-4°, 
191  p.  20  pi.). 

Versluys  (Dr.  J.)  Bemerkungen  zum  Parasphenoid  von  Dermoche- 
lys.  [Anal.  Anz.,  XXXVI,  1910,  p.  487-495). 

Versluys  (Dr.  J.).  Streptostylie  bei  Dinosauriern  nebst  Bemerkun- 
gen ùber  die  Verwandtschaft  der  Vogel  und  Dinosauriern.  [Zool. 
Johrb.  Anat.  XXX,  1910,  p.  175- 2G0,  pi.  XII). 


séance  nn  28  jiin   1910  125 


NOTES  SUR  LA  PÊCHE  A  ROSCOFF 


PAR 


C.  SCHLEGEL, 

Naturaliste   du   Service  scientifique  des   Pèches   maritimes. 

Je  ne  prétends  pas  faire  ici,  à  proprement  parler,  une  étude 
sur  les  fonds  et  époques  de  pêche  à  Roscoff,  je  ne  veux  qu'en 
indiquer  au  moins  les  éléments  en  publiant  seulement  les 
notes  que  j'ai  pu  recueillir  au  cours  de  mon  séjour  à  Roscoff, 
de  1908  à  1910,  sur  les  principales  espèces  de  Poissons,  de 
Crustacés  et  de  Mollusques  que  l'on  pêche  clans  les  environs 
de  ce  port.  C'est  en  quelque  sorte  un  catalogue  des  produits 
de  la  pêche,  donnant,  pour  chacune  des  espèces,  l'époque  et 
le  mode  de  pèche,  ainsi  que  son  habitat,  et  son  utilisation.  Je 
ne  parlerai  naturellement  que  des  espèces  qui  ont  une  impor- 
tance commerciale,  —  les  seules  dont  les  pêcheurs  s'occupent, 
—  soit  au  point  de  vue  alimentaire,  soit  qu'elles  servent  à  un 
point  de  vue  quelconque  d'auxiliaire  à  la  pêche,  par  exemple 
comme  appât. 

I    —  POISSONS 

1  .    —    ELASMOBR  ANCHES. 

1 .  Raies.  —  Les  Raies  que  l'on  pèche  dans  nos  environs  se 
rattachent  principalement  à  quatre  espèces  : 

Raja  macrorhijnchus  Rafin.,  ou  Travan  gris,  qui  se  pêche 
toute  l'année,  surtout  l'hiver,  jusqu'en  février,  par  des  fonds 
de  60  à  80  mètres  (fonds  de  sable  gris),  depuis  9  milles  au 
large  des  côtes  jusqu'en  pleine  Manche. 

R.  bâtis  Linné,  ou  Travan  blanc,  de  février  à  juillet,  sur  les 
mêmes  fonds  et  à  partir  de  la  même  limite  que  le  précédent. 
C'est  la  moins  fréquente  des  quatre  espèces. 

R.  clavata  Rond.,  Raie  grise  ou  bouclée,  qui  se  pèche  de 
juin  à  août,  avec  un  maximum  vers  la  mi-août  ;  elle  vit  à  des 
profondeurs  de  60  à  80  mètres,  sur  des  fonds   de    graviers  et 


126  SÉANCE    DU    28   JUIN    1910 

coquilles  brisées,  caractérisés  par  la  présence  en  grandes 
quantités  de  l'Ascidie  Polycarpa  varians.  Sa  station  préférée, 
dans  nos  environs,  semble  être  le  N.-O.  de  l'île  de  Batz,  où 
une  vaste  région  est  surnommée  par  les  pêcheurs  le  Trou  aux 
Raies  grises  :  sa  partie  la  plus  profonde  est  à  10  milles  environ 
dans  le  N.-O.  de  Roscoff. 

R.  asterias  Rond.,  Raie  douce  ou  blanche,  vit  sur  des  fonds 
de  même  nature,  mais  plus  hauts  (de  40  à  60  mètres),  et  se 
pêche  à  6  milles  de  la  côte  environ.  On  la  pêche  de  fin  mars  à 
fin  mai,  et  elle  diminue  ensuite  progressivement  jusqu'en 
septembre. 

On  pêche  aussi,  mais  en  quantité  minime,  d'autres  Raies  : 
Raja  punctata  Risso,  R.  micro cellala  Montag.,  R.  naevus 
Mull.  et  Henle. 

Les  engins  affectés  à  cette  pèche  sont  en  tous  temps  les 
palancres  ou  lignes  de  fond,  appelées  «  cordes  »  dans  le  pays, 
que  l'on  boette  avec  du  Lançon  l'été,  du  Prêtre  ou  de 
l'Encornet  l'hiver,  ou  de  la  Roussette  à  défaut  d'autre  chose. 
Pendant  l'été,  on  emploie  accessoirement  les  «  filets  à  Raies  », 
filets  à  très  grandes  mailles  où  la  Raie  se  prend  en  s'entortillant. 
On  en  prend  également,  en  petites  quantités,  dans  les  tramails 
tendus  à  proximité  de  la  côte  par  les  petits  pêcheurs  qui  ne 
font  pas  la  pèche  aux  cordes,  spéciale  aux  grands  bateaux  (1). 

La  Raie  est  expédiée  sur  Paris  :  elle  est  emballée,  sitôt 
arrivée  au  quai,  après  section  de  la  tète  et  de  la  queue,  vidage 
et  nettoyage.  Les  grands  ïravans,  qui  atteignent  jusqu'à  lm50 
d'envergure,  sont  expédiés  coupés  en  deux  dans  le  sens  de 
la  longueur. 

La  Raie  est  un  des  produits  principaux  de  la  pèche  dans 
notre  port. 

2.  Ange  de  Mer.  —  L'Auge  {Squalina  angélus  Risso)  se 
prend  avec  les  Raies  sur  les  cordes  ou  dans  les  filets  vers  la 
fin  de  l'été.  Il  est  expédié  sur  le  marché  de  Paris,  où  son  prix 
moyen  est  la  moitié  de  celui  de  la  Raie.  Il  est  d'ailleurs  peu 
abondant. 

3.  Chien  de  Mer.  —  Le  Chien  (Squahts  acanthias  Linné) 
fréquente  la  côte  toute  l'année,  mais  atterrit  surtout  après  le 
passage    des    Poissons    voyageurs    (Maquereaux   et  Harengs), 

(i)  Pour  la  description  et  la  manœuvre  des  engins  de  pêche,  je  renvoie  à  l'étude 
qui  en  a  été  faite  par  mon  ami  M.  Danois,  étude  publiée  dans  le  Bulletin  de  la 
Navigation  maritime  et  des  Pêches. 


SÉANCE   DU   28   JUIN    1910  127 

c'est-à-dire  à  l'arrière-saison.  Il  se  prend  à  toutes  profondeurs, 
sur  les  cordes  à  Raies,  et  dans  tous  les  filets.  Il  est  utilisé  pour 
la  boette,  pour  la  pêche  au  Congre  ;  il  est  aussi  acheté  aux 
pécheurs  par  un  industriel  du  pays,  propriétaire  d'un  vivier 
de  Crustacés,  pour  la  nourriture   des  Homards  et  Langoustes. 

4.  Roussettes. —  Les  deux  espèces  Scyllium  caniculaCuv.  et 
Scylliiim  calulus  Cuv.,  très  communes,  se  pèchent  toute  l'an- 
née, sur  des  fonds  de  60  mètres,  de  toutes  natures,  mais  sur- 
tout sableux,  entre  3  et  9  milles  de  la  côte.  Elles  se  prennent 
en  quantités  considérables  dans  les  tramails  et  sur  les  lignes. 
Leur  usage  est  le  même  que  celui  des  Chiens  de  mer,  et  de  plus 
les  pêcheurs  les  emploient  pour  leur  propre  consommation. 

5.  Milandre.  —  Le  Galeorhinus  galeus  Blainv.  (=  Galeus 
canis  Rond.)  est  un  Poisson  voyageur  qui  se  tient  entre  60  et 
80  mètres  de  fond;  il  passe  près  de  la  côte  toute  l'année,  et  se 
montre  surtout  fréquent  en  juin  et  juillet,  époque  à  laquelle  il 
atterrit  à  la  suite  des  bancs  de  Maquereaux.  On  le  prend  sur 
les  cordes.  Il  a  les  mêmes  usages  que  les  deux  précédents, 
mais  est  bien  plus  rare, 

2.  —  Téléostéens. 

1 .  Vieille.  —  Sous  cette  désignation  générale  de  Vieille,  il 
faut  comprendre  trois  espèces:  Labrus  berggylta  Ascan.,  L.  mix- 
tus  Fries  et  Ekstr.  (dont  le  mâle  et  la  femelle  sont  si  différents 
de  couleurs,  l'un  étant  blanc  et  jaune,  l'autre  rouge)  et 
Crenilabrus  melops  Linné,  —  dont  la  première  seulement  se 
consomme,  et  encore  lorsque  l'individu  est  de  grande  taille. 
Ces  Poissons  servent  surtout  à  faire  la  boette  pour  les  casiers 
à  Homards,  et,  à  l'occasion,  et  faute  de  mieux,  pour  la  Raie 
grise  et  le  Congre  noir.  Quoiqu'on  les  rencontre  toute  l'année, 
sur  les  herbiers  rocheux  principalement,  on  ne  les  pêche  guère 
que  d'août  à  octobre.  L'engin  employé  est  la  senne  ou  la 
ligne  de  main  (ligne  de  dérive),  boëttée  avec  des  Vers  noirs 
i  Arenicola  piscatorum  Lmk.). 

2.  Bar.  — Ce  Poisson  (Labrax  lupus  Cuv.)  est  en  voie  de  dis- 
parition dans  nos  environs.  On  le  pêche  toute  l'année,  sur  des 
fonds  de  rochers,  à  la  ligne  de  main,  boêttée  avec  du  Lançon, 
ou  dans  les  filets  à  Mulets  :  c'est-à-dire  à  de  faibles  profon- 
deurs, une  quinzaine  de  mètres.  Il  est  expédié  sur  Paris. 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  XXXV  —  11 


128  SÉANCE    DU    28   JUIN    1910 

r 

3.  Dora.de.  —  Egalement  rare,  le  Spams  auratus  Donov.  se 
prend  sur  les  cordes,  tout  l'été,  par  30  à  40  mètres  de  profon- 
deur, sur  les  fonds  de  sable,  ou  à  la  ligne  de  main.  La  Dorade 
est  aussi  expédiée  sur  Paris. 

4.  Brèmes  de  Mer.  —  Les  Brèmes  ou  Pironneaux  appar- 
tiennent, entre  autres  espèces,  surtout  aux  trois  suivantes  : 
Pagelhis  centrodontus  Bonap.,  Cantharus  griseus  Cuv.,  Box 
boops  Bonap.  C'est  une  pêche  de  peu  d'importance,  consom- 
mée dans  le  pays,  et  qui  se  fait  dans  les  mêmes  conditions 
que  celle  de  la  Dorade. 

5.  Pagre.  —  Le  Pagre  (Pagrus  vulgaris  Bonap.)  est  expédié 
sur  le  marché  parisien.  Il  se  prend  par  30  à  60  mètres  de  pro- 
fondeur, sur  fonds  de  sable,  avec  les  cordes. 

6.  Rouget." —  Le  Mullits  surmuletus  Linné  se  pêche  en  août 
et  septembre,  à  de  faibles  profondeurs  (10  à  15  mètres),  prin- 
cipalement dans  les  chenaux,  sur  fonds  de  roches  et  d'herbiers, 
à  la  ligne  de  main  ou  dans  les  tramails.  Trop  rare,  il  n'est 
pas  expédié  de  Roscoff,  quoique  très  demandé  sur  le  marché 
parisien. 

7.  Maquereau.  —  Dans  l'espèce  unique  Scomber  scoinber 
Linné,  les  pêcheurs  reconnaissent  deux  sortes  :  le  Maquereau 
de  dérive,  qui  passe  sur  la  côte  aux  mois  de  mai,  juin  et  juillet; 
le  Maquereau  de  baie,  qui  fréquente  les  grèves  sableuses,  et 
particulièrement,  dans  l'O.  de  RoscotF,  la  baie  de  l'île  de  Sieck. 

11  est  consommé  sur  place,  cette  pêche  étant  trop  peu  im- 
portante pour  pouvoir  lutter  contre  l'importation  des  ports  qui 
arment  spécialement  pour  le  Maquereau  :  ici,  il  n'est  péché 
que  par  les  pêcheurs  inoccupés  par  ailleurs,  et  par  les  amateurs. 
C'est  une  des  pêches  les  plus  faciles,  car  elle  se  fait  à  la  ligne 
de  main  que  l'on  boette  avec  n'importe  quel  objet  brillant  : 
Lançon,  lanière  de  peau  de  Maquereau,  voire  un  tube  de 
caoutchouc  blanc  ou  même  un  bout  de  tuyau. de  pipe. 

8.  Saurel.  — Le  Saurel  ou  Chéchard  (Caranx  trachurus  Gûnth.) 
est  aussi  un  Poisson  voyageur,  qui  se  tient  aux  mêmes  pro- 
fondeurs que  le  Maquereau  (4  à  25  mètres)  :  il  se  pêche  exac- 
tement dans  les  mêmes  conditions  (1). 

9.  Vives.  —  La  grande   Vive   [Trachinus  draco  Linné)  et  la 

(1)  Le  Thon-Germon   (Thynnus    ulalonga  Cuv.  et  Valenc.)  passe  sur   nos  côtes 
vers  le  mois  d'août,  mais  n'est  pas  péché,  faute  d'armement  spécial. 


SÉANCE   DU   28  JUIN    1910  129 

petite  (7V.  vipera  Cuv.)  se  rencontrent  dans  les  herbiers  et  les 
plages  sableuses,  aux  niveaux  les  plus  élevés,  et  c'est  en 
sennant  qu'on  les  trouve  habituellement.  La  première  est  con- 
sommée pour  l'alimentation  ;  la  seconde  est  tuée  impitoyable- 
ment par  les  pêcheurs. 

10.  Baudroie.  —  Dans  l'arrière-saison  surtout,  mais  aussi  par-ci 
par-là  pendant  toute  l'année,  on  pêche  la  Baudroie  (Lophius 
piscatorius  Linné),  sur  les  cordes  et  dans  les  filets  à  Raies  : 
elle  habite  les  fonds  de  sable  de  50  mètres  de  profondeur,  entre 
3  et  6  milles  de  la  côte.  Elle  est  très  demandée  sur  le  marché 
parisien.  On  l'expédie  avec  les  Raies,  après  lui  avoir  coupé  la  tête 
et  enlevé  les  entrailles.  C'est  un  Poisson  des  plus  voraces,  et  il 
n'est  pas  rare,  en  relevant  les  lignes,  de  trouver  dans  l'estomac 
d'une  Baudroie  un  Poisson  qui  lui-même  s'était  pris  sur  la 
boette  de  l'hameçon. 

11.  Grondins.  —  Les  Grondins,  le  gris  (Trigla  (jurnardus 
Linné)  et  les  rouges  (TV.  corax  Bonap.,  TV.  lyra  Linné,  Tr.  Pini 
Bloch.)  sont  assez  rares,  et  vendus  dans  le  pays.  Us  se  trou- 
vent sur  fond  de  sable,  depuis  les  plus  faibles  profondeurs.  On 
les  pèche  à  la  ligne  de  main,  toute  l'année. 

12.  Saint-Pierre.  —  Le  Saint-Pierre  (Jean-Doré,  ou  Poule 
de  mer,  à  cause  de  l'espèce  de  grognement  qu'il  fait  entendre 
quand  il  vient  à  sec,  Zeus  faber  Linné),  se  prend  quelque- 
fois sur  les  lignes,  en  été  :  c'est  un  Poisson  d'herbiers  et  de 
sable,  vivant  par  30  et  40  mètres  de  fond. 

13.  Mulet.  —  C'est  l'hiver,  quand  la  pêche  au  dehors  devient 
aléatoire  et  difficile  à  cause  du  gros  temps,  que  se  pratique  la 
pèche  au  Mulet  avec  les  «  filets  à  Mulet  ».  Ce  Poisson  {Mugit  chelo 
Cuv.),  qui  habite  de  préférence  les  criques  rocheuses,  se  ren- 
contre en  conséquence  surtout  sur  la  côte  est  de  la  presqu'île  de 
Roscofi  et  des  iles  qui  la  prolongent  vers  le  nord  (Voir  :  Pruvot, 
1897)  :  ile  Verte,  Bourguignons,  Tisaozon,  ile  de  Batz.  Le  ter- 
rain de  pêche  est  partagé  en  18  places  ;  les  pêcheurs  sont 
répartis  en  séries  de  18  hommes.  Chaque  série  a  le  droit  d'oc- 
cuper pendant  3  jours  consécutifs  le  terrain,  après  quoi  elle 
cède  la  place  à  la  suivante.  Dans  chaque  série  est  établi  un 
roulement  pour  que  tous  les  pêcheurs  puissent  occuper  à  leur 
tour  chaque  place.  Toutes  les  chances  se  trouvent  donc  égalisées 
dans  la  mesure  du  possible. 

Cette  pêche  pourrait  être   très  rémunératrice,  le  Mulet  étant 


130  SÉANCE    DU    28    JUIN    1910 

très  demandé  sur  le  marché  de  Paris  :  malheureusement  il  se 
fait  rare,  et  chaque  pécheur  n'arrive  guère  à  se  faire  plus  de 
150  à  200  francs  par  hiver  avec  le  Mulet. 

14.  Prêtre.  —  Le  Prêtre  (Atherina  presbyter,  Cuv.  et  Val.) 
est  la  boette  d'hiver,  et  sa  pèche,  en  conséquence,  se  pratique 
surtout  de  fin  octobre  jusqu'à  mars  :  l'été  on  le  rencontre,  en 
sennant  par  exemple,  en  moindre  quantité,  mais  on  le  rejette. 
Il  se  pèche  dans  les  herbiers  (devant  le  port  de  Roscoff,  devant 
Saint-Pol-de-Léon),  avec  un  engin  spécial,  le  «  carrelet  »  ou 
«  guidel  »,  boêtté  au  Crabe  écrasé.  11  est  aussi  employé  pour 
la  consommation  locale. 

15.  Orphie.  —  L'Orphie  ou  Aiguillette  {Belone  valgaris 
Flem.)  précède  habituellement  de  2  ou  3  semaines  les  bancs  de 
Maquereaux  de  dérive  :  c'est,  disent  les  pêcheurs,  le  «  père 
du  Maquereau  ».  Il  atterrit  donc  au  mois  d'avril,  et  disparaît  à 
l'automne.  Quoique  voyageur,  il  a  une  préférence  pour  les 
fonds  de  sable.  Il  est  pris  sur  les  lignes  de  main  ou  à  la  senne. 

16.  Pleuronectes.  —  Les  Poissons  plats,  peu  fréquents  dans 
nos  environs,  où  les  fonds  de  sable  pur  sont  de  peu  d'étendue, 
se  pèchent  tous  de  mai  à  la  fin  de  l'été  :  tous,  sauf  le  Turbot, 
sont  consommés  sur  place.  Le  Turbot  (Bothns  maximus  Coll.), 
le  plus  fréquent,  et  la  Barbue  (Bothus  rhombus  Gilb.),  bien 
plus  rare,  se  pèchent  par  30  à  50  mètres  de  profondeur,  sur 
des  fonds  de  sable  pur,  sur  les  cordes  ou  dans  les  filets  à 
Raies.  Mais  son  principal  lieu  de  pèche,  situé  à  3  milles  au 
large  dans  le  N.-O.  de  l'Ile  de  Batz,  est  un  étroit  couloir  de 
sable  entre  deux  murs  de  rochers,  connu  des  pêcheurs  sous  le 
nom  de  «  Trezen-ar-Skoden  ». 

La  Sole  (Solea  vulgaris  Risso,  S.  lascaris  Risso  ;  ces  deux 
espèces  existent  à  Roscoff,  mais  ne  sont  pas  distinguées  l'une  de 
l'autre),  qui  vient  après  le  Turbot  comme  importance,  se  pêche 
sur  fond  de  sable  au  pied  des  rochers,  à  toutes  profondeurs  : 
c'est  surtout  dans  les  tramails  qu'on  la  trouve. 

La  Plie  [Pleuronectes  platessa  Linné),  la  Limande  (PL 
limanda  Linné)  vivent  sur  fond  de  sable,  à  toutes  profondeurs  : 
on  les  pêche  dans  les  tramails  et  les  sennes. 

Le  Flet  (PL  flesus  Linné)  est  abondant  dans  les  sables 
vaseux  de  la  Penzé  (rivière  de  Saint-Pol)  et  dans  le  port 
même  de  Roscoff;  mais,  pas  plus  que  de  la  Plie  de  roche 
(PL  hirhis  Abilg.),  qui  se  colle  contre  les  cailloux  ou  dans  les 


SÉANCE   Dl    28   JUIN    1910  131 

fentes   de   rochers,   il   n'en  est   fait  de   consommation.  On  les 
attrape  Tune  et  l'autre  à  l'haveneau  et  dans  les  sennes. 

17.  Lieu.  —  Le  Gadus  pollachius  Linné,  comme  le  Maque- 
reau, mais  en  bien  plus  grande  abondance,  n'est  péché  que 
par  les  petits  canots,  ou  par  les  bateaux  de  plaisance,  par 
manière  de  passe-temps.  On  le  prend  à  la  ligne  de  main,  à  la 
traîne  ou  en  dérive,  en  employant  comme  boette  du  Lançon 
ou  des  Vers  blaucs  (Nereïs,  Nephtys,  Eunice)  ;  on  le  trouve 
aussi  souvent  dans  les  tramails.  Cette  pèche  se  fait  toute 
l'année,  mais  le  Lieu  est  plus  abondant  du  15  janvier  à  la  fin 
d'août.  Il  habite  les  plateaux  rocheux  un  peu  élevés,  par  2  à 
20  mètres  de  fond. 

Vite  corrompu  et  mal  transportable  par  conséquent,  le  Lieu 
n'est  pas  expédié.  Mais  il  est  très  estimé  dans  le  pays,  et  très 
abondant  :  c'est  de  beaucoup  le  Poisson  que  l'on  y  consomme 
le  plus. 

18.  Tacaud.  —  Le  Tacaud  (Gadus  luscus  Linné)  se  pêche 
avec  le  Lieu  :  mais,  étant  en  réalité  un  Poisson  de  tous  fonds, 
il  se  prend  aussi  sur  les  cordes,  dont  il  avale  la  boette  avec 
voracité.  Peu  estimé  en  général,  il  n'est  pas  expédié. 

19.  Morue.  —  Ce  n'est  presque  que  pour  mémoire  qu'il 
convient  de  citer  la  Morne  {Gadus  morrhua  Linné),  dont 
quelques  individus  viennent  sur  la  côte  en  octobre-novembre  : 
ils  se  prennent  sur  les  lignes  à  Raies,  à  6  ou  8  milles  de  la 
côte,  par  15  à  30  mètres  de  fond. 

20.  Loche.  —  La  grande  Loche  (Onos  tricirratus  Fries  et 
Ekstr.)  et  la  petite  Loche  (0.  mustela  Coll.),  qui  se  tiennent, 
la  première  dans  les  régions  couvertes  de  Laminaires,  la 
seconde  sous  les  cailloux  aux  niveaux  les  plus  élevés,  se  pè- 
chent à  la  ligne  ou  à  pied,  pour  servir  de  boette  pour  le 
Congre,  en  cas  de  nécessité. 

21.  Lançon.  —  Au  contraire  du  Prêtre,  le  Lançon  (Ammo- 
dytes  tobianus  Lesauv.)  est  la  boette  de  belle  saison.  Il  se 
pêche  de  mars  à  octobre,  avec  la  grande  senne  qui  peut  atteindre 
120  mètres  de  long,  sur  les  plages  et  dans  les  criques  sableuses. 
L'hiver,  le  Lançon  s'enfonce  dans  le  sable,  où  on  le  recherche 
avec  une  bêche,  une  faucille,  ou  une  fourche  courbée.  On 
s'abstient  de  le  consommer  clans  le  pays,  car,  dans  nos  environs 
où  manque  la  meilleure  boette  qui  soit,  c'est-à-dire  la  Sardine,  le 


132  SÉANCE    DU    28    JUIN    1910 

Lançon  est  la  meilleure  qu'on  ait,  et  les  pécheurs  n'en  pèchent 
que  selon  leur  besoin  et  dans  ce  but  seulement. 

22.  Clupeïdés. —  La  Sardine  (Clupea  pilchardasWa\h.)  passe 
sur  nos  côtes  en  juillet;  le  Sprat  (Meletta  sprattus  Valenc),  en 
août,  septembre  et  dans  l'arrière-saisou  ;  l'Anchois  (Engraulis 
enchrassicolus  Risso),  en  hiver  ;  le  Hareng-  [Clupea  harengus 
Linné),  en  novembre  et  décembre.  Aucun  de  ces  Poissons  n'est 
péché,  faute  d'un  armement  et  d'un  outillage  spéciaux.  La  Sar- 
dine s'est  autrefois  pèchée  dans  la  baie  de  File  de  Sieck  ;  mais 
on  a  dû  renoncer  à  cette  pèche,  ce  Poisson  devenant  rare,  et 
une  usine  qui  s'était  fondée  à  Sieck  a  dû  fermer.  Mais  le 
Hareng  passe  en  abondance,  et  il  serait  à  souhaiter  que  les 
pêcheurs  du  pays  fussent  en  état  de  supporter  les  frais  de  cet 
armement,  pour  pouvoir  s'adonner  à  cette  pêche  qui  serait 
certainement  rémunératrice. 

23.  Congre.  —  Avec  la  Raie,  et  pour  une  quantité  à  peu 
près  équivalente,  le  Congre  forme  la  plus  grosse  part  de  la 
pèche  roscovite.  Les  pêcheurs  en  distinguent  deux  sortes, 
répondant  aux  deux  espèces  :  Conger  vulgaris  Cuv.  (Congre 
blanc)  et  Conger  niger  Gilb.  (Congre  noir). 

Le  premier,  de  grande  taille  et  voyageur,  passe  sur  la  côte 
du  milieu  de  mai  à  la  fin  de  septembre,  en  se  tenant  à  60  ou 
80  mètres  de  profondeur,  sur  les  mêmes  fonds  que  les  Raies 
avec  lesquelles  on  le  pêche,  sur  les  cordes. 

Le  Congre  noir,  plus  petit,  se  tient  dans  les  roches,  près  de 
la  côte,  sur  des  fonds  de  15 'mètres.  Il  se  pêche  à  la  ligne  de 
fond  également,  toute  l'année,  avec  un  maximum  en  été.  Il 
disparait  vers  la  fin  de  décembre'pour  reparaître  en  fin  janvier. 

Le  Congre  est  expédié  sur]Paris.  comme  la  Raie. 

II.  —  CRUSTACÉS 

I.  Crevette.  —  La  plus  commune  est  Palsemon  serratus 
Penn.,  dans  les  flaquesM'eau  entre  les  rochers  couverts  d'Algues 
brunes  et  dans  les  herbiers  de  Zostères,  et  plus  bas,  au  niveau 
des  Cystosires  (Pruvot)  ;  on  trouve  aussi,  en  petite  quantité,  le 
Crangon  crangon  Fabr.,  sur  les  plages  sableuses  de  i'Aber  et 
de  la  baie  de  Santec,  à  l'O.  de  Roscoff.  La  pêche  est  de  très 
peu  d'importance  ;  elle  est  faite  à  l'haveneau  un  peu  par  tout 
le  monde,  mais  de  façon  accidentelle,  et  en  trop  petite  quantité 
pour  qu'on  puisse  l'expédier. 


SÉANCE  DU   28   JUIN    1910  133 

2.  Homard.  —  La  pêche  au  Homard  (Homarus  vulgaris 
M.  Ëdw.)  est  productive  aux  environs  de  Roscoff,  où  abondent 
les  fonds  rocheux  sur  lesquels  les  pêcheurs  vont  mouiller  leurs 
casiers  boëttés  avec  de  la  Roussette  ou  tout  autre  Poisson. 
Cette  pêche  se  fait  de  mars  à  novembre.  Le  produit  en  est 
expédié,  soit  directement,  soit  par  l'intermédiaire  d'un  vivier 
d'élevage  et  de  vente  qui  existe  à  Roscoff. 

3.  Langouste.  —  La  Langouste  (Palinurns  vulgaris  Latr.)  se 
pèche  dans  les  mêmes  conditions  que  le  Homard.  Elle  est  sur- 
tout abondante  en  octobre  et  novembre,  où  les  pêcheurs  en 
prennent  en  quantités  considérables  dans  les  tramails.  Ces 
Langoustes  d'automne  sont  petites  et  de  taille  uniforme  ;  les 
grosses  se  pèchent  le  reste  de  l'année,  par  45  à  60  mètres  de 
fond,  dans  les  casiers. 

4.  Araignée,  Tourteau.  —  L'Araignée  [Maja  squinado  Latr.) 
et  le  Tourteau  {Cancer  pagurus  Linné),  se  rencontrent  toute 
l'année  fia  première  surtout  en  avril  et  mai)  sur  tous  les  fonds, 
mais  surtout  rocheux  et  à  toutes  les  profondeurs.  Ils  se 
prennent  dans  les  casiers,  les  filets  ou  à  pied.  L'Araignée  est 
la  terreur  des  pêcheurs  au  tramail,  parce  qu'en  s'entortillant 
dans  les  filets,  elle  les  déchire.  Ils  sont  l'un  et  l'autre  con- 
sommés localemeut. 

0.  Autres  Crares.  —  Les  petits  Crabes  :  Carcinus  mœnas 
Leach,  Portunus  puber  Linné,  Xantho  rivulosus  Risso  sont 
recherchés,  toute  l'année,  à  pied,  pour  la  boette.  Les  deux 
premiers  sont  utilisés  exceptionnellement  pour  l'alimentation. 

III.  —  MOLLUSQUES 

1.  Poulpe.  —  Le  Poulpe  (Octopus  vulgaris  La  m.)  est 
recherché,  pour  la  boette,  sous  les  cailloux  et  les  petits 
rochers  de  la  grève.  11  est  abondant  surtout  l'été,  et  cette 
abondance  varie  d'ailleurs  avec  les  années. 

2.  Calmar.  —  La  pèche  du  Calmar  ou  encornet  (Loligo 
vulgaris  Lam.)  se  fait  l'hiver  surtout  (octobre  à  janvier)  sur 
tous  les  fonds,  avec  une  ligne  de  main  boëttée  avec  du  Lieu, 
et  une  courte  gaffe  avec  laquelle  on  fait  sauter  le  Calmar  dans 
le  bateau  quand  il  sort  de  l'eau.  Il  sert,  à  défaut  de  Prêtre,  à 
boêtter  les  lignes  à  Raies. 


134  SÉANCE    DU    28    JUIN    1910 

3.  Coquillages.  —  Il  n'est  pour  ainsi  dire  pas  péché  de 
Lamellibranches  ni  de  Gastéropodes  :quelques-uns  sont  recueillis 
par  les  habitants  pour  leur  consommation,  mais  il  n'en  est  pas 
exporté.  Cette  récolte  se  fait  toute  l'année,  sauf  pour  l'Huitre. 
Contentons-nous  de  les  énumérer  : 

La  Palourde  (Tapes  decussatus  Linné,  et  autres  Tapes),  la 
Praire  (Venus  verrucosa  Linné),  la  Coque  (Cardiimi  edule  Linné) 
se  trouvent  enfoncées  à  faible  profondeur  dans  les  sables  (débris 
de  coquilles  ou  sables  vaseux). 

La  Patelle  (Patella  vulgata  Linné)  est  collée  sur  tous  les 
rochers. 

L'Ormeau  {Haliotis  tuberculata  Linné)  habite  les  fentes  de 
rochers  à  tous  les  niveaux.  Il  est  assez  abondant  et  estimé 
dans  le  pays. 

La  Coquille  de  Saint-Jacques  [Pecten  maximus  Linné),  autre- 
fois abondante  dans  le  chenal  de  l'île  de  Batz,  a  presque  en- 
tièrement disparu. 

La  Moule  (Mytilus  edidis  Linné),  très  abondante  sur  les  îlots 
et  rochers  qui  occupent  l'entrée  de  la  baie  de  Morlaix  (îles 
Duon,  Bizek),  atteint  de  grandes  tailles,  mais  n'a  aucun  goût 
et  n'est  d'aucune  valeur. 

Enfin  l'Huître  (Ostrea  edulis  Linné)  est  en  voie  de  j  dispari- 
tion :  un  petit  banc,  au  bas  de  la  rivière  de  Penzé,  n'en  donne 
plus  maintenant,  pour  les  trois  jours  de  dragage  autorisés  cha- 
que année,  qu'une  dizaine  de  milles  au  grand  maximum. 

Pour  tous  ces  Mollusques  comestibles  et  l'étude  de  leur 
habitat  et  de  leurs  conditions  d'existence,  je  ne  saurais  mieux 
faire  que  de  renvoyer  à  l'étude  qui  en  a  été  faite  par  M.  le 
professeur  Joubin  (1908). 

Conclusion 

Il  convient  peut-être  maintenant  de  donner  une  vue  d'en- 
semble sur  ce  qui  précède,  en  groupant  ces  différents  types 
d'animaux  selon  les  régions  qu'ils  habitent,  et  où  ils  sont 
péchés. 

Pruvot  indique  une  classification  des  fonds  de  la  Manche  qui 
a  l'avantage  de  correspondre  assez  exactement  aux  deux 
grandes  régions  de  pêche  reconnues  par  nos  pêcheurs  ;  il 
décrit  deux  régions  (1)  : 

(1)  En  réalité,  il  en  décrit  trois:  mais  la  «  région  profonde  »  n'a  pas  à  nous  intéres- 
ser, les  seuls  fonds  que  pratiquent  les  Moscovites  appartenant  aux  deux  premières. 


SÉANCE   DU    28   JUIN    1910  135 

1°  Région  côtière,  à  partir  d'une  cinquantaine  de  mètres  de 
fond  ; 

2°  Région  littorale,  de  profondeur  moindre,  elle-même  divi- 
sée en  deux  zones  : 

A)  Zone  littorale  ; 

B)  Zone  subterrestre, 

dont  la  deuxième  n'est  pas  à  proprement  parler  un  «  fond  de 
pèche  ». 

1°  Région  cotière.  —  Ici,  deux  sortes  de  fonds  peuvent  se 
présenter  :  l'un  rocailleux,  formé  de  cailloutis,  de  graviers,  de 
coquilles  brisées  :  ce  sont  les  «  sables  gris  »  ;  —  l'autre,  formé 
de  régions  de  peu  d'étendue  de  sable  pur  :  ce  sont  les  «  sables 
blancs  ». 

Sur  le  premier  de  ces  fonds  se  pèchent  les  Raies,  l'Ange, 
les  Chiens  de  mer  et  autres  Squales  (qui  en  réalité  devraient 
prendre  place  à  tous  les  niveaux,  étant  des  plus  ubiquistes), 
les  Sparidés  (Dorades,  Brèmes,  Pironneaux),  la  Baudroie,  des 
Tacauds,  et  enfin  les  Congres.  Ce  sont  là  les  grands  fonds  de 
pèche,  non  seulement  pour  notre  port,  mais  pour  presque  tous 
les  ports  qui  font  la  pêche  côtière  dans  la  Manche  :  ce  sont 
presque  partout  les  mêmes  produits. 

Sur  le  sable  blanc  se  pèchent,  avec  les  inévitables  Squales, 
quelques  Raies,  et  surtout  les  Pleuronectes  :  Turbot,  Barbue, 
Plie,  Sole,  qui  dans  ces  régions  se  tient  à  l'accore  de  la  roche. 

Et  ce  sont  ces  espèces,  peu  variées,  mais  très  abondantes, 
qui  constituent  le  produit  de  la  pêche  pour  les  bateaux  qui 
s'éloignent  de  plus  de  6  ou  7  milles  de  la  côte. 

2°  Région  littorale.  —  Ce  sont  ici  les  lieux  de  pèche  des 
petits  bateaux,  qui  s'éloignent  peu  de  la  côte,  et  des  pêcheurs 
à  pied.  Il  y  a  lieu  de  distinguer  dans  cette  région  trois  faciès 
(Cf.  Pruvot)  :  le  rocheux,  le  sableux  et  le  sablo-vaseux  (vase 
des  estuaires  et  des  ports).  Mais  je  serais  d'avis,  au  point  de 
vue  spécial  qui  nous  occupe  ici,  de  subdiviser  encore 
le  faciès  sableux  en  deux  :  sable  proprement  dit,  —  herbiers 
sableux,  plus  ou  moins  semés  de  cailloux  et  de  petits  rochers. 

Sur  le  fond  rocheux  se  pécheront  en  bateau,  soit  avec 
les  lignes  de  main,  soit  au  tramail,  le  Lieu,  le  Tacaud,  le 
Rouget-Surmulet,  le  Bar;  soit  au  casier,  les  Homard,  Lan- 
gouste, qui  d'ailleurs  se  prennent  aussi  dans  les  filets,  ainsi 
que    les  Araignée    et    Tourteau  ;    —    à  pied,   au  moyen    des 


1S6  SÉANCE    DU    28    JUIN    1910 

filets  calés  dans  les  criques  rocheuses,  se  pèche  le  Mulet;  dans 
les  flaques,  la  Crevette  rose  (Paleemon). 

Sur  fond  sableux,  se  pèchent  des  Pleuronectes  (Plie, 
Limande),  des  Sparidés,  le  Maquereau,  le  Chéchard,  la  Vive, 
le  Grondin,  le  Saint-Pierre,  l'Orphie,  le  Lançon  ;  à  pied,  la 
Crevette  grise  (Crangon). 

Sur  fond  d'herbier  rocailleux,  ce  sera  plus  particulièrement 
la  Vieille,  et  encore  le  Saint-Pierre,  le  Prêtre  ;  à  pied,  le 
Palœmon. 

Enfin,  sur  les  fonds  de  vase,  les  Flets  et  les  Crabes.  Et  les 
herbiers  vaseux  de  cette  région  (devant  le  port  de  Roscoff  et 
dans  l'embouchure  de  la  Penzé)  sont  les  meilleurs  endroits 
pour  pêcher  le  Prêtre  au  guidel  ou  le  Lançon  à  la  senne. 

Il  ne  faudrait  d'ailleurs  pas  croire  que  dans  la  réalité  le  can- 
tonnement des  espèces  se  présente  d'une  façon  aussi  absolue, 
ni  qu'on  ne  puisse  par  hasard  rencontrer  sur  un  certain  fond 
un  animal  vivant  habituellement  sur  un  autre  fond.  Mais  tout 
au  moins  le  groupement  d'un  certain  nombre  de  ces  animaux 
peut-il  servir  à  caractériser  une  région  de  pêche,  et  c'est  ce 
que  j'ai  voulu  indiquer  dans  cette  brève  vue  d'ensemble. 


OUVRAGES    A    CONSULTER 


1881.  E.  Moreau.  —  Histoire  naturelle    des  Poissons  de  la  France 

(Paris). 
1892.   Fries,  Ekstrom  &  Sundewall.  —  A  History  of  Scandinavian 

Fishes  (Stockholm). 
1897.  G.  Pruvot.  —  Fonds  et  faune  de  la  Manche  occidentale  (côtes 

de   Bretagne)    comparés    à  ceux  du  golfe    du  Lion.    [Arch. 

Zool.  expèr.  (3),  V). 
1903.  Borcea. —  Recherches  sur  le  système  urogénital  des  Elasrno- 

branches.   (Thèse.  Paris). 

1908.  L.  Joubin.    —  Carte   des  Mollusques  comestibles  des  côtes  de 

France  :  la  côte  nord  du  Finistère.  — [Bull.  Océanogr.  Monaco, 
n<>  115). 

1909.  E.  Danois.   —  Conditions  de  la  pêche  à  Roscoff  et  engins  de 

pèche    employés   dans    la    région.    [Bull.  Navigation    Pêches 
maritimes,  XI,  n°  9). 


SÉANCE    DU    28    JUIN    1910  137 


ÉTUDES  SUR  QUELQUES  ESPÈCES  ITALIENNES 

DE  LA  SECTION  EULOTA  HARTMANN  ET  DU  GROUPE 

DE  VHELIX  ORSINII  PORRO 


PAR 

E.  CAZIOT 


Plusieurs  espèces  du  groupe  de  YHelix  Orsinii,  cantonnées 
en  Italie,  dans  les  Apennins  et  les  Abruzzes,  sont  connues 
depuis  longtemps  et  presque  toutes  ont  été  figurées  ;  seulement 
quelques-unes  d'entre  elles  ont  reçu  des  noms  simplement 
manuscrits  qui  ont  donné  lieu  à  des  appréciations  différentes, 
ce  qui  amène  chaque  jour  des  confusions  regrettables.  Le 
but  de  ce  travail  est  de  faire  connaître  les  types  publiés 
jusqu'à  ce  jour  dans  ce  groupe,  avec  leur  synonymie  aussi 
exacte  que  possible,  afin  de  grouper  autour  d'eux,  à  l'avenir, 
les  nouvelles  formes  qui  ne  manqueront  pas  d'être  découvertes 
lorsque  la  péninsule  aura  été  mieux  explorée. 

Les  Hélix  du  groupe  Orsiniana  possèdent  des  caractères 
communs  qui  permettent  de  les  rattacher  les  unes  aux  autres 
et  de  les  isoler  des  groupes  voisins.  Ces  caractères  ont  été 
entrevus  par  quelques  auteurs,  mais  aucun  d'eux,  à  ma  con- 
naissance, ne  les  a  mis  en  relief. 

La  coquille  est  toujours  plus  ou  moins  martelée  et  de  fines 
striations,  ordinairement  visibles  par  places,  surtout  clans  le 
voisinage  de  la  suture  du  dernier  tour,  viennent  couper,  à 
angle  droit,  les  stries  longitudinales  grossières  et  former  ainsi 
un  treillis  peu  accusé. 

Les  groupes  les  plus  rapprochés  sont  les  Frutici?ia?ia,  les 
Strigellana  et  les  Cemeneleana.  Les  Fruticinana  ont  bien  les 
striations,  mais  les  malléations  ne  paraissent  pas  exister.  Chez 
les  Strigellana,  il  ne  m'a  pas  été  possible  de  découvrir  de 
traces  de  striations,  et  les  malléations  sont  insensibles  ;  enfin, 
les  Cemeneleana  ont  les  malléations,  mais  sans  les  stries  hori- 
zontales. 

L'espèce  décrite,  la  première  et  celle  qui  donne,  par  suite, 
son  nom  au  groupe  est  YHelix  Orsinii. 


138  SÉANCE    DU    28    JUIN     1910 


Hélix  Orsinii. 


H.  Orsinii  Porro,  in  Villa,  Dispos,  Syst.,  p.  54,  1841. 

Voici  la  diagnose  originale  de  Porro  reproduite  par  les  frères 
Villa  : 

«  Testa  duriuscula,  aperte  umbilicata,  depressa,  lévite?' 
striata,  supra  alba,  fascia  imica  cornea  aut  coffœa  ornata;  sub- 
tils omnino  cornea  aut  coffœa  ;  umbilico  infundibuli/orme; 
apertura  ovala,  obloiigiuscula  ;  peristomate  reflexiusculo,  leviter 
labiato,  marginibus  approximatis  ;  anfractibus  sex. 

Alt.  6-9;     Lat.  12-18. 

Helicibus  strigella  Drap,  et  erycetorum  (pro  ericetorum) 
Millier,  proxi??ia,  variât  in  coloratione  fasciœ  et  partis  inferœ. 

Habitat  in  Italia  meridionaii  I  Detexit  dominus  Orsini,  cui 
dicamus  (Porro,  brevi  manui  médita)  ». 

A  l'aide  de  la  description  ci-jointe,  il  est  facile  de  reconsti- 
tuer le  type  de  Porro. 

L'Hélix  découverte  par  Orsini  dans  les  Abruzzes  est  une 
coquille  largement  ombiliquée,  avec  un  ombilic  infundibuli- 
forme,  déprimée,  légèrement  striée,  avec  un  test  assez  solide, 
blanche  en  dessus  et  ornée  d'une  bande  unique  couleur  de 
corne  ou  de  café  en  dessous  ;  six  tours  de  spire  ;  ouverture 
ovale  ou  tant  soit  peu  oblongue  ;  péristome  légèrement 
réfléchi  avec  un  mince  bourrelet  à  bords  rapprochés. 

Voisine  des  Hélix  strigella  Draparnaud  et  ericetorum 
Mùller,  en  ce  sens  (il  est  facile  de  compléter  la  pensée  de  l'au- 
teur) qu'elle  ressemble  extérieurement  à  une  Hélix  ericetorum, 
quoique  voisine,  par  son  test  et  son  galbe,  de  Y  Hélix  strigella. 

Elle  varie  dans  la  coloration  de  la  bande  et  de  la  partie 
inférieure,  cette  coloration  passant  de  la  couleur  de  la  corne  à 
la  couleur  marron.  La  figure  1210  de  l'Iconographie  de  Ross- 
massler  (Hélix  majellœ  Kobelt)  correspond  assez  exactement  à 
ces  indications  ;  c'est  elle  que  je  prends  pour  type  de  YH.  Orsi- 
nii, ne  croyant  pas  me  tromper  dans  mon  appréciation. 

Pfeiffer,  dans  sa  Monog.  helic.  viv.,  a  fait  fausse  route  au 
sujet  de  cette  espèce,  et  a  retardé  ainsi  sa  connaissance.  Dans 
le  tome  I,  p.  143,  numéro  369,  1848,  il  se  contente  de  repro- 
duire la  diagnose  de  Porro.  Dans  le  tome  III,  p.  131,  1853, 
il  en  fait  une  variété  de  Y  Hélix  cespitum  Drap,  à  spire  à  peine 
élevée  et  un  synonyme  de  YHelix  ochracea.  Dans  le  tome  IV, 
il    la  place  parmi  les   variétés   de   YHelix  cantiana  Montagu 


SÉANCE    DU    28  JUIN    1910  139 

(p.  125);  enfin,  dans  le  tome  V,  p.  206,  1868,  il  décrit,  comme 
H.  Orsinii,  plusieurs  espèces,  et  établit  une  variété  minor, 
spira  conoidea-elevata ,  fasciis  palliais,  à  laquelle  il  donne, 
comme  synonymes,  '//.  Orsinii  Porro  et  YH.  ochracea  Ziegler. 
En  résumé,  voilà  une  espèce  placée  tour  à  tour  à  côté  de 
Y  H.  cespitum  et  dite  plus  aplatie  qu'elle  ;  puis  à  côté  de  177. 
cantiana,  enfin  d'une  prétendue  H.  Orsinii,  dont  elle  se  dis- 
tingue par  une  spire  conique  élevée  ;  c'est  juste  le  contraire  de 
la  diagnose.  C'est  une  accumulation  d'inexactitudes. 

Hélix  ochracea  Ziegler  mss. 

Cette  espèce,  restée  longtemps  manuscrite,  a  donné  lieu  à 
des  appréciations  diverses,  ainsi  qu'il  est  facile  d'en  juger  par 
l'historique. 

On  voit  figurer  ce  nom,  pour  la  première  fois,  dans  Ross- 
massler,  Iconog,  1835,  I,  p.  67.  Cet  auteur  présente  cette 
espèce  avec  doute,  en  même  temps  que  V Hélix  frutitorum 
(aussi  de  Ziegler),  comme  synonyme  de  YHelix  cespitum  Dra- 
parnaud. 

Pfeiffer  a  encore  compliqué  la  question,  et  on  voit  figurer, 
dans  sa  Monographie  déjà  visée,  YHelix  ochracea  : 

1°  t.  I,  p.  442,  1848,  comme   synonyme  de  177.  ericetorum; 

2°  t.  II,  p.  131,  1853,  H.  cespitum  y.  spira  vix  elevata 
(H.  ochracea  Ziegl.  mss.)  ; 

3°  t.  IV,  p.  136,  1859,  H.  cespitum  var.  ; 

4°  t.  V,  p.  206,  1808,  H.  Orsinii  (â.  minor,  spira  conoidea- 
elevata,  fasciis  pallidis.  Diam.  maj.t  I4mm-12  '/a  ;  a'f-  9mm; 

<5°  enfin,  t.  Vil,  p.  234,  1876,  synonyme  d' Hélix  Orsinii. 

Westerlund,  dans  son  Catalog.  des  Moll.  de  la  région 
paléarct.,  1890,  p.  31,  a  copié  Pfeiffer  et  a  considéré  aussi 
cette  Hélice  comme  synonyme  de  Y  H.  Orsinii. 

LHelix  ochracea  n'est,  en  réalité,  qu'une  espèce  voisine  de 
YH.  Orsinii,  se  distinguant  de  celle-ci  par  sa  spire  plus  apla- 
tie, son  ombilic  plus  large  (à  cause  de  la  direction  du  dernier 
tour  qui  s'éloigne  brusquement)  par  son  ouverture  arrondie  et 
non  ovale  et  un  tant  soit  peu  oblique.  La  coloration  est  d'un 
jaune  sale,  rappelant  très  bien  le  ton  de  l'ocre  ;  de  là  son  nom. 

La  figure  1628  de  l'Iconographie  de  Rossmassler  (H.  Orsinii) 
rappelle  très  bien  le  port  de  cette  espèce,  qui  m'a  été  commu- 
niquée jadis  par  M.  Fagot  et  que  l'on  doit  retrouver  dans  sa 
collection,  ainsi  qu'une  Hélice  qui  a  été  trouvée  par  M.  Blanc 
au  mont  Morrone  (Abruzzes)  et  qui  a  été  fidèlement  représen- 


140  SÉANCE    DU    28    JUIN    1910 

tée  dans  l'Iconographie,  en  1879,  pi.  clx,  fig.  1630,  sous  le 
nom  banal  d'/T.  Orsinii.  Elle  s'en  distingue  pourtant  par  sa 
spire  plus  convexe,  son  ombilic  plus  étroit,  son  ouverture  plus 
petite  et  plus  inclinée  avec  des  bords  plus  rapprochés. 

Hélix  alphabugelliana 

Hélix  alphabucelliana  Paulucci,    1881,    Faune   malacol.    Ital. 

(Spec.  raccolti  del  Dr  Cavanna),  p.  91, 
pi.  h,  fig.  3,  1881. 

Habitat  :  Avezzano  (Alphabucellis  antiquorum). 

Cette  espèce,  dont  la  figure  donne  une  idée  bien  exacte  de 
sa  forme,  a  le  galbe  général  de  YH.  Orsinii,  avec  l'ombilic  de 
17/.  incognito,  ci-après  visée. 

Hélix  incognita 

Hélix  rnodesta  Parreys,  in  :  Sched  (1). 

Hélix  Parrey si  Pfeiffer,  Zeitschr.  Malak.,  p.  146,  1853  (2). 

Je  donne,  ci-après,  la  diagnose  de  YHelix  Parreyn  de 
Pfeiffer  : 

«  Testa  umbilicata,  conoidea-semiglobosa,  solidula,  granu- 
lata,  striata,  rufo  cornea,  fasciis  2  latis  a/bis  (/  suturali,  altéra 
perisphœrit  a)  cincta,  spira  conoidea,  vertice  subtili,  obtusulo', 
anfractis  5  1  /s  convexis,  lente  crescentis,  ultimus  rotundatus , 
antice  br éviter  descendens,  basi  distinclius,  granulatus  ;  umbili- 
cus  pervius  D  1/6  diametri  œquens  ;  apertura  diagonali  subtrian- 
gidari-lunaris  ;  peristoma  expansiiisculum,  intus  albo  labiatum, 
margine  dextro  armât o,  basait  substricto,  calloso,  obsoleto 
dentifero.  Collectio  Rossmàssler. 

«  Diam.  med.  10;  min.  8  2/3.  Altit.  6mm. 

«  In  Aprutiis  ltalise. 

«  Affinis  H.  leucozona.  Ziegl.  var.  aperte  umbilicata.  » 

Kobelt  (Iconog.  V,  p.  26,  1877)  s'est  contenté  de  repro- 
duire la  diagnose  de  Pfeiffer  et  de  figurer  :  pi.  cxxvi,  fig.  1211- 
1212,  sous  le  nom  d'i/.  Parreysi,  deux  coquilles  qui  ne  répon- 
dent pas  du  tout  à  la  description,  du  conchyliologiste  de  Cassel. 

Jusqu'ici  il  a   été   impossible  de  savoir  ce  qu'est  exactement 

(1)  Non:  Hélix  rnodesta  Férussac.  Prodrome,  p.  71,  et  Hist.,  pi.  xlii,  fig.  1; 
espèce  des  îles  Canaries. 

(2;  Non  :  Hélix  Parreyn  Fitzinger.  Rossmàssler,  Iconog.  II,  fasc,  7-8,  p,  1. 
1838;  Pfeiffer,  Monog.  Hélix  viv.,  t.  I,  p.  112  [nomen),  1848,  du  groupe  de  l'Hélix 
clandestina. 


SÉANCE    DU    28    JUIN     1910  141 

Y  Hélix  Parreysi  de  Ffeiffer;  et  alors  même  qu'on  viendrait  à 
la  découvrir,  ce  nom  devrait  être  changé,  puisqu'il  existe  déjà 
une  Hélix  Parreysi  de  Fitzinger,  antérieure.  Quoi  qu'il  en  soit, 
je  prends  pour  type  de  mou  Hélix  incognito,  la  figure  1211  de 
l'Iconographie  de  Kobelt,  représentant  une  coquille  du  groupe 
considéré,  caractérisée  parune  spire  conoïde  et  un  ombilic  petit, 
ressemblant  plutôt  à  une  perforation. 

Hélix  apennina. 

Si  coquille  fut  jamais  caractérisée,  ce  fut  bien  177.  apennina; 
mais,  comme  le  nom  est  resté  longtemps  manuscrit,  il  a  donné 
lieu  à  des  appréciations  très  diverses,  quoique  s'appliquant 
à  la  même  coquille,  comme  je  le  montre  par  l'historique. 

Hélix  strigella  var.  apennina  Megerle,    Jan.    Cat     rerum   nat., 

p.  5  (?iomen),  1830. 
Hélix   apennina   Mûhlfeldt  [H.   strigella    Drap.  ?)  Rossmassler, 

Iconog.  I,  p.  62,  1835. 
Bradybœna  apennina  Beck,  Ind.  moll.,  p.  19,  n°  15,  1837. 
Hélix    apennina    Mûhlfeldt    (syn.    à' Hélix  strigella)    Pfeiffer, 

Monog.,  Helic.  viv.  I,  p.  143,  1848. 
Hélix    cantiana    Montagu    [Hélix  apennina    Porro,    in   Sched. 

Rossm.)  Pfeiffer,  loc.  cit.,  p.  118,   1853. 
Hetix     cantiana     var.    apennina    Porro     (H.    Orsinii    Reeve, 

n°  1075,  pi.    clxu)  Pfeiffer.    loc.  cit.,    IV' 
p.  125,  1859.  Synonyme  d'Hélix  cantiana 
Pfeiffer,  loc.  cit.,  V,  p.  480,  1868. 
Hélix  (Zenobia)  apennina  Paétel,  Gâtai.,  p.  85.  1869. 
Hélix  apennina  Porro  {Eulota),  Kobelt,  Catal.,  p.  12,  1871. 
Hélix  apennina  Kobelt.   Iconog.,  V,  p.  22,  pi.  cxxv,  fîg.  1200, 

1877. 
Hélix  suborbicnlaris   Martens,   Nov.  Conchyl.,  p.  184,  pi.  cliv, 

fig.  6-8,  1879. 
Hélix  (Fmticicola)  apennina  Paetel,  datai,  der  Conchyl. -Sarnm- 

lung,  1889. 
De  cet  historique,  il  ressort  que  : 

h'Helix  apennina  a  été  ainsi  nommée  par  Megerle  von 
Mûhlfeldt  ; 

Que  Jan  en  possédait  des  spécimens,  dont  quelques-uns  ont 
été  sans  doute  déposés  au  musée  de  Milan,  et  l'a  inscrite  dans 
son  Catalogue  sous  le  nom  cYHelix  strigella  var.  apennina  ; 

Que,  en  1835,  Rossmassler,  ne  connaissant  pas  cette  espèce, 
a  adopté  avec  doute  la  synonymie  de  Jan  ; 


142  SÉANCE    DU    28    JUIN    1910 

Qu'entre  1835  et  1853.  Porro,  qui  a  pu  étudier  dans  le  musée 
de  Milan  dont  il  était  le  conservateur,  les  types  de  Jan,  en  a 
adressé  quelques  exemplaires  à  Rossmàssler,  qui  les  plaça  dans 
sa  collection  comme  variété  de  V Hélix  cantiana; 

Qu'en  1872  Kobelt,  en  donnant  le  Catalogue  de  la  collection 
Rossmàssler,  nous  apprend  que  YHelix  apennina  était  voisine 
de  YHelix  martensiana  Tiberi,  puis  qu'en  1877,  ce  même 
auteur  a  donné  une  diagnose  et  une  figure  suffisantes  de 
YHelix  apennina  envoyée  par  Porro  à  Rossmàssler,  et  que,  par 
suite,  cette  figure  doit  être  considérée  comme  typique  ; 

Enfin,  qu'en  1879  von  Martens,  croyant,  pour  des  raisons 
insuffisantes,  que  YHelix  apennina  de  Megerle  von  Mùhlfeldt 
était  différente  de  YHelix  apennina  de  Porro  (ce  qui  est 
inexact,  comme  je  viens  de  le  démontrer),  a  proposé  d'appeler 
cette  dernière  coquille  Hélix  suborbicularis,  nom  inadmissible. 

YÏHelix  apennina,  telle  qu'elle  a  été  décrite  et  figurée  par 
Kobelt,  d'après  les  figures  de  Porro,  ressemble  bien,  extérieu- 
rement, à  une  espèce  voisine  des  Strigellana  ou  des  Cemene- 
leana  (de  là  la  confusion),  mais  elle  se  rattache  très  bien  aux 
Orsiniana,  malgré  sa  coloration  blanchâtre,  par  ses  malléations 
et  ses  stries  horizontales  plus  ou  moins  visibles  mais  existant 
sur  les  échantillons  que  j'ai  pu  observer. Cette  espèce  a  été  re- 
cueillie dans  le  centre,  la  partie  ouest  et  dans  le  sud-est  de  la 
péninsule. 

Hélix  martensiana 

Hélix  martensiana  Tiberi,    Malacol.    Ital.,  p.   68,    n°  7,  pi.  m, 

fïg.  3-5,  1869. 

—  —  Kobelt,  Iconog.  V,  pi.  cxxv,  fig.  1198,  1877. 
Hélix   apennina?    Martens,  Nov.    Conchyl.  V,  p.  188,  n°  913, 

—  —  pi.  mlxl,  fig.   1-8,  1879. 

Tiberi  signale  cette  espèce  sur  plusieurs  points  des  Àbruzzes, 
dans  les  bois  humides. 

U  Hélix  martensiana  est  une  espèce  assez  voisine  de  YHelix 
apennina,  mais  elle  possède  des  caractères  bien  tranchés  qui 
empêchent  de  la  confondre  ;  il  suffit  d'ailleurs  de  comparer  les 
diagnoses  et  les  figures  de  l'auteur  des  suites  à  l'Iconographie. 

Le  groupe  des  Orsiniana  que  l'on  croyait,  jusqu'à  ces  der- 
nières années,  spécial  à  la  péninsule  italique,  paraît  également 
avoir  des  représentants  dans  la  presqu'île  hellénique.  En  1877. 
le  Dr  Kobelt  (Iconog.  V,  p.  24)  a  décrit,  sous  le  nom  (YHelix 
apenninavav.  euboica,  une  coquille  qu'il  a  représentée  pi.  cxxvi, 
fig.  1207. 


SÉANCE    DU    28    JUIN    1910  143 

Hélix  dirphica 

Parmi  les  Frutcicola  existe  aussi  une  espèce  très  probléma- 
tique :  c'est  V Hélix  dirphica  dont  je  donne  ci-après  la  syno- 
nymie : 

Hélix  dirphica  Blanc  ap.  Martens,  Jahrb.  dentsch.  malak.  Ges. 

Ilï,  p.  339,  pi.  xn,  fig.  2,  1877. 

—  —         Kobelt,  Iconog.V.p  24, pi. cxxvr,fig.  1200,1877. 

Hélix  cantiana    var.   dirphica  Blanc    et  Westerldnd,  Aperçu 

faune  malacol.  Grèce,  p.  40,  1879. 
Hélix   cantiana    var.  dirphica  Kobelt,  Catal.  der  Europ.  lebend. 

Binnenconch. ,  p.  24,  1881. 

Habitat  :  Mont  Delphi  en  Eu  bée. 

Cette  espèce  n'est  point  une  variété  de  l1 Hélix  cantiana  Mon- 
tagu  d'Angleterre,  comme  l'ont  cru  MM.  Westerlund  et 
Kobelt;  elle  n'appartient  même  pas  à  ce  groupe;  elle  est  le 
représentant,  en  Grèce,  des  Orsiniana  italiennes.  Elle  se  rap- 
proche de  Y  Hélix  martensiana  Tiberi  et,  comme  les  Orsiniana, 
elle  est  caractérisée  par  des  malléations  coupées,  çà  et  là,  par 
des  striations  horizontales  plus  ou  moins  visibles,  mais  dont  il 
reste  toujours  des  traces,  ce  qui  ne  se  produit  jamais  chez  les 
Cantiana,  ainsi  que  je  l'ai  déjà  fait  observer. 

L'Hélix  mcssenica  (Hélix  cantiana  var.  messenica  Blanc  et 
Westerlund,  /.  c.  p.  41.  pi.  n,  fig.  12.  1879),  que  les  auteurs 
ont  essayé  de  rapprocher  de  V Hélix  dirphica,  ne  présentant 
que  des  malléations  sans  traces  de  striations  transverses,  ap- 
partient à  un  groupe  différent. 

MM.  Blanc  et  Westerlund,  /.  c,  ont  aussi  placé  leur  Hélix 
interpres  (p.  45,  pi.  n,  fig.  13  a.  b.  c.)  dans  le  même  groupe 
que  Y  Hélix  Orsinii.  Cette  manière  de  voir  a  été  suivie  d'ailleurs 
par  le  Dr  Kobelt  (Catal.  der.  Europ.,  p.  27,  t88l).  C'est  une 
erreur.  L/7.  interpres,  au  lieu  d'appartenir  à  la  section  des 
Eulota  Hartmann,  dont  l'ait  partie  le  groupe  des  Orsiniana, 
rentre  incontestablement  dans  la  section  des  Xerophila  Held, 
ainsi  que  l'a  indiqué  à  juste  titre  M.  Hesse  [Jahrb.  dentsch. 
malak.  Ges.  IX,  p.  323,  pi.  xu,  lig.  5,  1882),  et  appartient  à  un 
groupe  d'espèces  voisines  de  Y  Hélix  obvia  Hartmann. 

Dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances,  le  groupe,  dont  j'ai 
essayé  de  donner  l'historique,  comprendrait  9  espèces,  dont 
7  propres  à  l'Italie  et  2  spéciales  à  la  péninsule  hellénique.  Ce 
nombre  sera  augmenté  lorsque  des  recherches  seront  effectuées 
à  ce  sujet,  surtout  dans  la  Grèce,  qui  est  une  région  peu  explo- 
rée relativement  à  la  presqu'île  italienne. 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.  1910.  xxxv  —   12 


Séance  du  12  juillet  19 10 

PRÉSIDENCE   DE    M.    COUTIÈRE,    PRÉSIDENT 

M.  Robert  s'excuse  de  ne  pouvoir  assister  à  la  séance. 

La  Société  délègue  MM.  Blanchard,  Caullery,  Delage  et 
Joubin  pour  Ja  représenter  au  Congrès  international  de  zoologie 
à  Graz. 

\-   M.    Chevreux    dépose     un     mémoire    sur    les    Amphipodes 
d'Algérie  et  de  Tunisie.  Campagne  de  la  «  Melita  ». 


Ouvrages  offerts. 


Brolemann  (H.  W.).  Quelques  Géophilides  des  collections  du 
Muséum  d'histoire  naturelle.  [Bull.  Mus.  Paris,  1909,  p.  415-432. 

Brolemann  (H.  W.).  A  propos  d'un  système  des  Géopliilomorphes. 
[Arch.  Zool.  exp.  (5),  III,  p.  303-3'i0,  pi.  vm). 


ÉCLOSION    D'UN    ŒUF    ÉTRANGER    DANS    LE    NID 

PAR 

Xavier  RASPAlL 

En  poursuivant  mes  recherches  sur  l'adoption  ou  le  rejet 
par  les  Passereaux  de  l'œuf  étranger  substitué  dans  leur  nid 
à  l'un  de  leurs  propres  œufs,  j'ai  relevé  une  observation  des 
plus  intéressantes  à  plusieurs  points  de  vue. 

Il  s'agit  d'un  nid  de  Fauvette  à  tête  noire  [Sylvia  atricapilla) 
dans  lequel  j'avais  remplacé  un  œuf  par  un  autre  appartenant 
à  la  même  espèce,  et  je  dois  ajouter  que  cet  œuf  présentait 
une  telle  similitude  comme  forme  et  comme  coloration  qu'A 
première  vue,  il  ne  m'aurait  pas  été  possible  de  le  reconnaître 
si  je  n'y  avais  fait  une  légère  remarque. 

Dans  des  conditions  semblables,  la  Rousserolle  Efïarvatte 
(Calamoherpe  arundinacea)  ne  s'est  jamais  laissée  tromper  ;  les 
nombreux  essais  de  substitution  que  j'ai  faits  dans  les  nids  de 
cette  espèce,  en  prenant  le  soin  de  choisir  ceux  dont  les  œufs 
se  ressemblaient  le  plus,  ont  donné  le  même  résultat  :  le  rejet 
pur  et  simple  des  œufs  intrus.  La  ponte  de  l'Effarvatte  étant 
de    quatre    œufs,   j'ai    souvent    fait    l'échange    de    deux    œufs 


SÉANCE    DU    12    JUILLET    1910  145 

lorsqu'ils  paraissaient  presque  identiques  dans  deux  nids,  et_, 
le  lendemain,  je  trouvais  la  femelle  ne  couvant  que  sur  deux 
œufs,  ceux  substitués  ayant  disparu.  Il  en  fut  ainsi  aussi 
bien  avec  TEffarvatte  nichant  dans  les  buissons  et  les  Tilleuls 
du  parc  de  Cachan  (Seine),  qu'avec  l'Effarvatte  nichant  en 
grand  nombre  dans  les  Roseaux  des  bords  de  l'Oise,  ce  qui  me 
permettait  de  trouver  des  nids  contenant  des  œufs  très  sem- 
blables entre  eux.  Cette  intolérance  absolue  que  montre  cet 
Oiseau  pour  les  œufs  étrangers  même  de  sa  propre  espèce, 
rend  encore  plus  inexplicable  son  adoption  constante  de  l'œuf 
de  Coucou  qui  offre  pourtant  avec  ses  œufs  une  dissemblance 
énorme,  tant  au  point  de  vue  du  volume  que  de  la  coloration. 

Or,  l'œuf  que  je  mis  dans  le  nid  de  la  Fauvette  à  tète  noire, 
après  eu  avoir  rétiré  un,  fut  non  seulement  toléré,  mais  il  y 
subit  une  incubation  qui  amena  son  éclosion  quelques  jours 
après  la  naissance  des  jeunes  légitimes. 

Ici,  il  est  intéressant  de  donner  quelques  détails  sur  l'origine 
de  cet  œuf  et  de  noter  le  temps  qui  s'était  écoulé  entre  le 
jour  où  je  le  retirai  de  son  nid  et  celui  où  je  le  substituai  à 
un  œuf  d'un  autre  nid. 

Le  30  avril,  je  trouvai  dans  un  petit  Genévrier  commun,  un 
nid  de  Fauvette  à  tête  noire  contenant  un  œuf;  le  1er  mai,  un 
deuxième  et  le  2  un  troisième  étaient  pondus.  Le  3,  au  matin, 
la  femelle  tenant  fortement  le  nid,  je  la  fis  partir  ;  il  n'y  avait 
toujours   que  trois  œufs  qu'elle  devait  couver  depuis  la  veille. 

Simultanément  existait  à  peu  de  distance,  placé  le  long  d'un 
chèneau,  un  nid  de  Pinson  contenant  trois  œufs  que  la  femelle 
couvait  depuis  le  1er  mai. 

Le  3,  à  11  heures  du  matin,  j'enlevai  en  l'absence  des 
femelles  des  deux  nids,  en  me  servant  d'une  petite  cuillère  en 
bois  plusieurs  fois  plongée  dans  la  terre  pour  faire  disparaître 
toute  odeur  qui  aurait  pu  mettre  en  éveil  la  méfiance  des 
Oiseaux,  j'enlevai,  dis-je,  un  œuf  du  nid  de  la  Fauvette  que  je 
remplaçai  par  un  œuf  de  Pinson  et  vice-versa,  à  la  place  de  ce 
dernier,  je  mis  celui  de  Fauvette. 

Cette  substitution  donna  les  résultats  suivants  : 

Le  4,  dès  le  matin,  la  Fauvette  n'est  pas  sur  son  nid  ;  les 
œufs  sont  glacés  et  tout  indique  qu'ils  ont  dû  être  abandonnés 
la  veille  au  soir.  Le  nid  contient  les  deux  œufs  de  Fauvette  et 
l'œuf  de  Pinson.  Ce  dernier,  que  je  casse,  était  couvé  de  trois 
jours.  Je  prends  les  deux  œufs  de  Fauvette  que  je  mets  en 
réserve  afin  de  m'en  servir  au  besoin  pour  d'autres  expériences. 


146  SÉANCE    mi    12   JUILLET    1910 

Quant  au  uid  de  Pinson,  voici  ce  que  je  constate  également 
le  4  :  il  ne  contient  plus  que  les  deux  œufs  légitimes,  l'œuf  de 
Fauvette  a  disparu  et  la  femelle  continue  à  couver  paisiblement. 

Ces  faits  exposés,  j'arrive  à  l'observation  proprement  dite 
qui  fait  le  sujet  de  cette  note. 

Le  13  mai,  je  découvre,  dans  une  haie  de  Lilas,  un  nid  de 
Fauvette  à  tète  noire  contenant  deux  œufs.  Le  14,  à  10  heures 
du    matin,   la  femelle    est   au   nid  ;   je   ne  la  dérange  pas.    A 

2  heures,  elle  le  quitte  à  mon  approche  ;  il  contient  trois  œufs 
chauds.  Le  15,  toujours  trois  œufs;  la  femelle  couve  donc 
depuis  la  veille,  puisque  chez  les  Passereaux  l'incubation  com- 
mence aussitôt  le  dernier  œuf  pondu. 

Le  même  jour,  je  substitue  à  l'un  de  ces  trois  œufs,  un  des 
deux  provenant  du  nid  abandonné  dans  le  Genévrier.  Ce  der- 
nier, ainsi  que  je  l'ai  déjà  dit,  était  tellement  semblable  sous 
tous  les  rapports,  qu'il  ne  m'était  pas  possible  de  le  recon- 
naître une  fois  mélangé  aux  autres. 

Le  16,  à  10  heures  du  matin,  la  femelle  est  absente,  mais  les 
œufs  sont  chauds.  A  2  heures,  elle  est  sur  le  nid. 

Le  18,  toujours  les  trois  œufs 

Le  20,  même  constatation.  Le  mâle  a  pris  la  place  de  la 
femelle  pendant  toute  l'après-midi. 

Le  22,  toujours  les  trois  œufs. 

Le  26,  les  deux  légitimes  éclosent  entre  7  et  8  heures  du 
matin,  soit  au  bout  de  12  jours,  durée  normale  de  l'incu- 
bation chez  la  Fauvette  à  tête  noire.  L'œuf  intrus  est  encore 
dans  le  nid. 

Le  29,  à  10  heures  du  matin,  en  visitant  le  nid,  sur  lequel 
se  tenait  le  mâle,  quelle  n'est  pas  ma  surprise  de  trouver  1  œuf 
substitué  éclos  ;  le  jeune  venait  de  sortir  de  la  coquille  ;  son 
incubation  avait  donc  été  de  quatorze  jours.  Je  m'attendais 
d'autant  moins  à  cette  éclosion  que  j'avais  conservé  cet  œuf 
sans  précaution  à  l'air  et  en  le  laissant  sans  le  changer  de  posi- 
tion du  3  au  15,  jour  où  je  l'avais  substitué  ;  il  y  avait 
26  jours  qu'il  était  pondu,  alors  que  normalement  la  ponte 
étant  de  trois  à  cinq  œufs  et  l'incubation  de  12  jours,  le  pre- 
mier œuf  éclôt  après  15  à  17  jours  de  ponte. 

Que  peut-on  déduire  de  ces  faits? 

D'abord,  il  parait  évident  que  l'abandon  du  nid  établi  dans 
Je  Genévrier  provenait  de  la   substitution  d'un  œuf  de  Pinson. 

D'autre  part,  si   on    considère  que   le  nid   fut  abandonné  le 

3  mai  et  que  le  second  nid  de  Fauvette  à   tête  noire,  construit 


SÉANCE    DU     12    JUILLET     1010  I  »7 

dans  la  haie  de  Lil.s,  et  situé  à  trente  mètres  tout  au  plus  du 
premier,  contenait  deux  œufs  le  13,  par  conséquent  qu'il  avait 
été  terminé  le  II,  il  y  avait  là  le  temps  suffisant  pour  que  ce 
second  nid  eût  pu  être  construit  par  le  même  couple  de  Fau- 
vettes ;  ce  qui  fortifie  cette  hypothèse  et  qui  peut  la  transformer 
eu  certitude,  c'est,  d'une  part,  la  même  ponte  de  trois 
œufs,  alors  que  dans  cette  espèce  elle  est  presque  toujours  de 
cinq  œufs,  et  surtout  la  complète  similitude  que  présentaient 
les  œufs  des  deux  nids. 

Dans  ces  conditions,  l'adoption  de  l'œuf  que  j'avais  ainsi 
substitué  s'explique  tout  naturellement  par  ce  fait  que  la  mère 
n'avait  pu  manquer  de  le  reconnaître  comme  provenant  d'elle 
et  qu'ainsi,  ne  pouvant  le  considérer  comme  un  œuf  étranger, 
elle  l'avait  accepté  dans  son  nid 

Quant  à  avoir  mis  14  jours  au  lieu  de  12  pour  éclore,  il  faut 
tenir  compte  de  ce  que  cet  œuf  avait  12  jours  de  ponte  lors- 
qu'il fut  mis  en  incubation  et  qu'ensuite,  en  raison  de  la  nais- 
sance des  deux  jeunes  le  26,  son  développement  fut  retardé 
par  son  exposition  à  l'air  résultant  des  absences  fréquentes  des 
parents  vaquant  à  la  recherche  de  la  nourriture  à  fournir  à 
leurs  jeunes. 

Les  deux  premiers  quittèrent  le  nid  le  6  juin  dans  l'après- 
midi,  soit  11  jours  après  leur  naissance,  ce  qui  est  la  durée 
normale  de  l'éducation  des  jeunes  dans  le  nid  chez  la  Fauvette 
à  tète  noire.  Le  pseudo-étranger  continua  à  être  nourri  par  les 
parents,  et  le  8,  au  matin,  je  trouvai  le  nid  vide. 


ÉTUDE  DE  QUELQUES  PUPA  (PHILIP PII, 

SA  VII,MÙHLFELDTI,  RHODIA,  OBSCURA,  VENTILA  TORIS, 

RUPESTRIS  ET  DU  POTE  TI) 

DE    LA   SECTION  DES   TORQUILLA 


PAR 

Le  Commandant  CAZIOT 


I'ipa    (Torquilla)    Philippu 

Les  premiers  individus  de  cette  espèce  ont  été  recueillis  en 
Dalmalie  par  Megerle  von  Muhlfeldt  qui  leur  donna  le  nom  de 
Pupa  nana  (à  cause  de  l'exiguité  de  sa  taille,  comparée  à  celle 


148  séance  nu   12  juillet   1910 

des  autres  Pi/pa  vivant  en  Autriche),  nom  resté   malheureuse- 
ment manuscrit. 

Philippi  ayant  pris  d'autres  individus  de  la  même  espèce 
dans  l'île  de  Capri,  leur  imposa  le  vocable  de  caprearum, 
vocable  sous  lequel  il  le  distribua  à  ses  correspondants  et  qui 
demeura  également  manuscrit. 

Cantraine  (Malacol.  Médit,  et  litt.,  p.  140,  1840),  décrivit 
correctement  cette  espèce  sous  le  nom  de  Pupa  Philippii,  et, 
afin  de  consacrer  la  découverte  à  son  inventeur,  il  mit  le  seul 
nom  qui  doit  être  conservé,  la  localité  de  l'île  de  Capri  étant 
la  seule  où  se  trouve  authentiquement  le  type  de  l'espèce. 

Rossmassler  (Iconog.  XI,  p.  729,  pi.  lui,  fig\  729,  1842)  a 
figuré,  pour  la  première  fois,  cette  espèce  d'une  façon  correcte 
sous  le  nom  de  Papa  caprearum,  ignorant  la  description  anté- 
rieure du  Papa  Philippii. 

Philippi  (Enum.  Moll.  Sicile,  II,  p.  154,  pi.  xxiv,  fig.  3,  1844), 
donna,  de  nouveau,  la  représentation  de  son  espèce  sous  le 
nom  qui  lui  avait  été  imposé  par  Cantraine. 

Les  figures  de  Rossmassler  et  de  Philippi  sont  suffisantes  pour 
la  connaissance  du  Papa  Philippii. 

Rossmassler  (loc.  cit.),  dans  son  Iconographie,  donna  comme 
synonyme  au  Pupa  caprearum  (lequel  n'est  autre  chose  que  le 
Pupa  Philippii  Cantraine,  comme  nous  venons  de  le  voir),  le 
Papa  Savii  Charpentier  in  litt.,  découvert  sur  les  murailles  de 
la  ville  de  Pise  (qui  s'étendent  du  Baptistère  à  l'Arno),  recou- 
vert de  particules  terreuses  et  de  poussière,  en  compagnie  de 
Y  Hélix  serpentina  Fér.,de  la  Glaasilia  solida  Drap,  et  du  Papa, 
similis  Brug.  Il  le  dédia  au  naturaliste  italien  Savi,  auteur 
d'ouvrages  estimés.  Or,  il  se  trouve  que  le  Papa  Savii  cons- 
titue une  forme  suffisamment  éloignée  du  Papa  Philippii.  Il  se 
distingue  de  cette  dernière  espèce  par  sa  spire  régulièrement 
conique,  «'amincissant  graduellement,  au  lieu  d'être  conique- 
fusiforme,  aussi  par  son  sommet  plus  pointu,  ses  tours  moins 
convexes  et  sa  suture  moins  profonde. 

Le  Papa  Savii  a  été  admis  par  le  Dr  Westerlund  comme 
une  variété  du  Pupa  Philippii. 

La  forme  exigua,  que  ce  même  auteur  donne  comme  variété 
du  Papa  Philippii  (I)  (Synopsis  Mollusc.  rég.  paléarct.,  p.  105, 
1897),  est  de  plus  petite  taille.  On  la  trouve  à  Corfou  et  peut- 

(1)  Le  Pupa  Michaudi  Terver,  d'Algérie,  fait  partie  d'un    groupe  qu'on  ne  peut 
guère  séparer  du  groupe  du  Pupa  Philippii  Cantraine. 


SÉANCE    DU    1*2    JUILLET    1910  149 

être  dans  d'autres  stations.  Elle  en  est  peu  distincte  et  est  peu 
constante  iMargier). 

La  distribution  géographique  du  Pupa  Philippii  peut  être 
établie  ainsi  qu'il  suit  : 

Je  le  possède  de  l'Ile  de  Majorque.  Il  a  été  indiqué  en  Sar- 
daigne,  en  Sicile,  dans  les  Calabres,  les  Abruzzes,  les  environs 
de  Naples,  Pise,  en  Toscane,  dans  les  Alpes  Apuanes,  en  Dal- 
matie,  Albanie,  Epire,  Monténégro,  Corfou,  Thessalie,  Eubée 
et  dans  les  iles  Leros,  Kalymnos  et  Rhodes. 

On  a  vu  que  von  Mihlfeldt  avait  appelé  Pupa  nana  une 
coquille  de  Dalmatie  dont  le  nom  était  resté  manuscrit,  et  qui 
doit  prendre  le  nom  de  Pupa  Philippii  Can train e  1841. 

Jénison  adressa  à  Michaud,  sous  la  désignation  de  Pupa  nana, 
une  espèce  provenant  également  de  Dalmatie,  mais  qui  eu 
diffère  complètement.  Il  suffit,  pour  s'en  convaincre,  de  lire  la 
description  qu'en  donnent  Potiez  et  Michaud  (Galerie  Moll. 
Douai,  p.  169,  pi.  xvn,  fig.  3  et  4,  1838  a)  :  «  Cette  coquille  a 
quelque  rapport  de  forme,  de  couleur  et  de  taille  avec  le  Pupa 
avena,  mais  elle  est  plus  petite,  plus  conique  et  elle  en  diffère 
surtout  par  la  position  des  dents  de  son  ouverture  qui  sont 
ainsi  réparties:  deux  sur  la  columelle,  une  et  quelquefois  deux 
sur  le  bord  columellaire,  deux  sur  le  bord  latéral. 

«  Haut.  6mm. 

«  Cette  espèce  ne  doit  peut-être  constituer  qu'une  variété 
naine  du  Pupa  avena.  » 

En  rapprochant  de  cette  diagnose  les  fig.  3  et  4  de  la 
pi.  xvu  donnée  par  les  auteurs,  il  faut  une  bien  mauvaise  vo- 
lonté pour  ne  pas  reconnaître,  dans  le  Pupa  nana,  le  Pupa 
Mûhlfeldli  des  auteurs.  Il  est  impossible,  au  contraire t  de  le 
placer  à  côté  du  Pupa  Philippi,  comme  l'a  fait  Pfeiffer,  et 
comme  le  font  encore  beaucoup  de  conchyliologistes. 

J'estime  donc  que  la  synonymie  assez  embrouillée  doit  être 
ainsi  établie  : 
Pupa    avenu  var.  minor  Menke,  Synops.  Moll.  p.  33,  1828. 

—  —         —     —       Rossmàssler,    Iconog.     V-VI,     p.    15, 

pi.     xxiii,     fig.    321,    {Pupa     hor- 
deum)  1837. 

—  Potiez  et   Michaud,  Gai.  Moll.  Douai,  II,  p.  169, 

n°  26,  pi.  xvn,  lig.  3-4,  1838  {non  :  Pupa  nana 
Mùhlfeldt,  Mus.,  syn.  de  Pupa  Philippii). 

—  quinqueplicata  Mùhlfeldt,  ap.  Anton,  Verzeich.   p.   47, 

n°  1713,  1839   {non  :  Pupa  quinqueplicata    Potiez    et 


150  séance  m    12  JUILLET   1910 

Michaud,    /.    c.    p.     163,    1838,    synonyme    de    Turbo 

quinquedentatm  Born  =  Pupa  similis  Brug.) 

Pupa   Mùhlfeldti  Ktister   in  :   Martini  et  Chemnitz,    Conchyl. 

Cab.  Gatt.  Pupa  (éd.  2),  p.  28,  pi.  îv,  fig.  1-3,  1843. 

Kuster  signale  son  Pupa  Mùhlfeldti  (identique  pour  la  taille 

et  le  port  à  la  coquille  île  Michaud)  ;   aux  environs  de  Raguse, 

Lesino,  Brazza    et  Bua  ;    c'est   une   erreur  :    il    ne    vit  pas    en 

Italie  ;   on   ne    le  trouve  qu'en    Dalmatie,    en    Serbie   et  dans 

le  Monténégro. 

Pipa  rhoih \. 

Roth  découvrit,  le  premier,  cette  coquille  dans  l'ile  de 
Rhodes.  Il  en  donna  la  diagnose  et  la  figura  dans  son  Moll. 
Spec.,  p.  19,  pi.  u,  fig.  4,  1839. 

Stentz  la  recueillit  en  Dalmatie  dans  l'ile  de  Meleda,  et  lui 
donna  le  nom  de  Pupa  meledana,  ainsi  que  nous  l'apprennent 
les  frères  Villa  (Dispos,  système  conchyl.  terr.  et  iluv.,  p.  24, 
1841).  Ces  derniers  auteurs,  trompés  par  Parreys,  qui  assimi- 
lait, à  cette  époque,  son  Pupa  occulta  de  Sicile  à  l'espèce  de 
Dalmatie  appelée  par  Stentz  Pupa  meledana,  firent  des  syno- 
nymes des  deux  coquilles,  ce  qui  n'est  pas  admissible, 
comme  il  est  facile  de  le  démontrer  : 

1°  Au  témoignage  de  K  ster  (loc.  infr.  cit.),  les  exemplaires 
qui  lui  ont  été  adressés  par  Parreys,  sous  le  nom  de  Pupa 
occulta,  sont  synonymes  de  Pupa  rhodia  et  proviennent  de  l'Ile 
de  Meleda,  près  Zara,  localité  originaire  du  Pupa  meledana  ; 

2°  Le  Pupa  occulta  de  Parreys  n'a  jamais  été  trouvé  en 
Dalmatie; 

3°  Le  Pupa  meledana  est  donc  synonyme  du  Pupa  rhodia  et 
non  du  Pupa  occulta,  comme  l'a  indiqué  Westerlund  dans 
son  Synopsis  des  Moll.  extram,  de  la  rég.  paléarct.,  de  1897. 

Parreys  s'était  aperçu  que  la  coquille  dalmate  était  diffé- 
rente de  celle  de  Sicile  et  lui  donna,  entre  1841  et  1843,  le 
vocable  de  Pupa  acutula,  ainsi  que  nous  l'apprend  Rossmàssler 
dans  le  courant  de  l'année  1859. 

Le  Pupa  rhodia  fut  de  nouveau  décrit  et  figuré  sous  son 
véritable  nom  en  1845  par  Kuster,  in  Chkmnitz  und  Martimi, 
éd.  2,  Gatt.  Pupa,  p.  31,  pi.  iv,  fig.  11-13,  et  l'auteur  lui 
donna,  comme  synonyme,  le  Pupa  occulta  de  Parreys,  in  litt. 

Rossmasslkr  (Iconog.  der  Land-  und  Sûsswass.  Moll.,  fasc. 
KVII-XVIII,    1859)    fil    connaître    que    le  Pupa   rhodia  a   été 


SEANCE    DU    1*2    JUILLE1      1910  151 

appelé    Pupa  acuta  par  Kutschig.    d'après   Je   témoignage   de 

SCHMIDT. 

La  synonymie  de  Pupa  rhodia  doit  donc  être  établie  ainsi 
qu'il  suit  : 

Pupa   rhodia  Koth,  1839: 

—  meledana  Stentz,  in  Villa,  1841  ; 

—  occulta  Parreys,  in  Kustek,  1845  : 

—  acutula  Parreys,  in  Rossmassler,   1859  ; 

—  acuta  Kutsch,  in  Rossmassler,  1859. 

Le  Pupa  rhodia  vit  en  Dalmatie ,  au  Monténégro.  II 
existe  à  Cefalonie  (Blanc)  et  en  Béotie,  puis  au  canal  d'Eu- 
ripe  (Thiesse),  dans  les  lies  d'Eubée  et  de  Rhodes,  Le  type  se 
trouve  dans  la  Crimée  méridionale,  à  Jalta  et  à  Sadah.  On  le 
rencontre  également  en  Asie  Mineure,  notamment  à  Adana,  et 
en  Syrie  aux  environs  de  Beyrouth  (Margier). 

Le  Pupa  taurica  Kessler  est  une  variété  du  Pupa  rhodia.  On 
distingue  celui-ci  à  sa  taille  plus  grande  et  à  ses  deux  dents 
palatales  plus  allongées  et  d'égale  longueur. 

Pupa  orscura. 

On  s'accorde  généralement  à  regarder  cette  forme,  que  l'on 
trouve  dans  l'intérieur  du  cercle  de  Spalato  (Dalmatie),  sur 
les  rochers,  comme  une  simple  variété  du  Pupa  Mùhlfeldti 
Kùster. 

Pupa  obscurci  Mûhlfeldt,  ap.  Ivi  stek.  /.  c. 

Pupa  Mùhlfeldti    var.   minor  Kûster,  in  Chemnitz  und  Martini, 

Gatt.  Pupa,  p.  29,  pi.  iv,  hg.  0-7,  1845. 

Pupa  ventilatoris. 

Pupa  Mùhlfeldti  var.  major  Kûster,  in  Chemnitz  und  Martini 

(éd.  5) Gatt.  Pupa,  p.  29,  pi .  iv,  fîg.  4-5, 1845. 
Pupa  ventilatoris  Parreys,     in    Alrers    (éd.    2),    Der  Helicid. 

p.  288,  (nomen)  1860  et  ap.  Kûster  in  Bern. 

nat.  G  es.  Bamb.,  IX,  p.  97,  1870. 
Pupa  ventilatoris  W esterlund ,Malak.  Bldlt.,  XXII,  p.  131,  1875. 
Pupa  Mùhlfeldti  var.  ventilatoris  Westerlund.   Moll.    extram. 

Europ.    Prod.   1878,   et  :    Synopsis     Moll. 

extram.  reg.  paléarct.,  p.  99,  1897. 
Le  Pupa  ventilatoris  se  trouve  sous  les  pierres,  près  Spalato, 
en    Dalmatie,    au-dessous    de    Salona,  vers    le  fort  Clessa,  en 
compagnie  de  la  Clausilia  crenulata  Ziegler  {non  Risso). 

Le  Pupa  ventilatoris,  dont  les  caractères  semblent  constants. 


152  SÉANCE    DU    12    JUILLET    1910 

constitue  une  forme  à  part,  distincte  du  groupe  Mûhlfeldti 
par  sa  spire  moins  conique,  plus  turriculée,  par  son  dernier 
tour  moins  renflé,  son  ouverture  moins  arrondie  et  plus  com- 
primée transversalement,  le  bord  columellaire  étant  moins 
arqué,  etc..  Je  laisse  de  côté,  comme  signe  distinctif  secondaire, 
une  taille  plus  forte  et  la  présence  ordinaire  d'un  troisième 
palatal.  Les  différences  sont  très  sensibles  sur  les  figures  de 
Kûster. 

pupa  rupestr1s. 

Les  Rupestriana,  que  l'on  s'accorde  généralement  à  rattacher 
aux  Philippiana,  ont  pourtant  beaucoup  plus  de  rapports  avec 
les  Naniana.  Comme  ces  derniers,  au  lieu  d'avoir  une  spire 
fluette  et  une  perforation  ombilicale  (en  forme  de  fente  très  ré- 
duite à  l'instar  des  Philippîana)  ils  possèdent  un  dernier  tour 
ventru,  une  perforation  ombilicale  arrondie  et  une  ouverture 
régulièrement  circulaire. 

Le  Pupa  rupestris  a  été  trouvé  en  Sicile  par  Philippi  qui,  le 
prenant  pour  un  Bulime  (à  cause  de  l'absence  de  tout  pli  dans 
l'ouverture),  l'appela  Bulimus  rupestris  et  le  décrivit  sous  ce 
nom  dans  :  Euuiii.  Mol!.  Sicile,  I,  p.  141,  pi.  VIII,  fîg.  15,  1838. 

L'année  suivante,  Rossaiasslhr  (Iconog.  fasc.  IX-X,  p.  25, 
pi.  xlix,  fig.  637  a-b)  le  plaça  dans  le  genre  Pupa,  où  il  est 
maintenu  par  le  consensus  omnium. 

Il  a  été  commis,  à  propos  du  Bulimus  rupestris  Philippi, 
quelques  erreurs  contre  lesquelles  il  est  bon  d'être  prévenu  : 

1°  Cantralne  (Malacol.  Médit,  et  litt.,  p.  140-141,  1840) 
prend  cette  coquille  pour  le  jeune  âge  de  son  Pupa  Philippii, 
mais,  contredite  par  les  faits,  son  opinion  n'a  pas  trouvé 
d'écho. 

2°  La  plupart  des  auteurs  lui  rapportent,  en  synonymie,  le 
Pupa  unicarinata  Potiez  et  Michaud,  qui  appartient  incontes- 
tablement aux  Phiiippiana,  ainsi  que  je  crois  l'avoir  bien 
démontré  ; 

3°  Les  anciens  auteurs  (Pfeiffkr,  K'uster,  etc.)  ont  accolé  à 
cette  espèce  le  Vertif/o  Dupoteti  Terver,  qui  en  esf  pourtant 
bien  distinct. 

(1)  Le  Pupa  rupestris  Kûster  (olim)  —  Pupa  vulcanica  Kiister,  signalé  par 
Paulucci  en  Sardaigne.  Kuster  l'indique  à  Nurri  et  Paulucci  à  Laconi,  deux 
localités  de  la  Sardaigne  centrale,  peu  éloignées  entre  elles. 


SÉANCE    DU    12    JUILLET    1910  153 

PUPA    DUPOTETI. 

Cette   coquille   a  été    trouvée  par   le   commandant    Dlpotet 
aux    environs    de    Bougie,    sur    le   chemin    qui   conduit   de    la 
Casbah  à   la  Marine,  aussi  sur  le  blockhaus  de  Ivalefa  et  lé  fort 
Clause!,    enfin    sur   les   rochers   qui   dominent   le  marabout  de 
Si-Aga-Bosgri,  près  du  fort  Bonack.  Le  commandant  la  remit 
à  Tekver,   qui  la    publia   sous  le  nom  de    Verligo  tlupotetiana 
(Catal.    Moll.   Nord  Afrique,  p.  32,  pi.  iv,  rig.  12  13,  1839),  la 
plaçant  dans  le  genre   Vertigo  à  cause  de  l'absence  de  tenta- 
cules intérieurs.  C'est  dans  ce  même  genre  que  l'a  maintenue 
BouRGUiGNAT  dans  son  Hist.  malacol.  d'Algérie,  II,  p.  96,  1864. 
Tous   les  autres  auteurs  la    maintiennent   dans  le   genre  Pupa 
(section  Torqnil/a)  à  cause  de  ses  affinités   si  nombreuses  avec 
le  Pupa  rupestris.  J'estime  qu'ils  sont  dans  le  vrai,  car  le  Pupa 
Dupoteti  vit  en   groupes   nombreux   sur   les  rochers  calcaires, 
tandis   que    le    Vertigo   recherche    les    endroits  humides  et  vit 
sons    les    pierres   et   les    feuilles    mortes.    Il    n'y    a    d'ailleurs 
aucune    analogie    entre    ce    Pupa     et     les    espèces    du    genre 
Vertigo.  Il  est  à  peu  près  certain  que  ses  tentacules  inférieurs, 
quoique    très    réduits,    à    cause    de    la    petitesse    de   l'animal, 
existent  comme  dans   les   autres   Pupa    et,  si  Terver  ne  les  a 
pas   vus,    c'est  qu'il  ne  les   a  pas   observés  avec    tout   le   soin 
nécessaire.  Dans  certains  Pupa,  ils  sont  très  petits.  C'est  le  cas 
chez    une   autre   espèce    beaucoup    plus  grosse   qui    habite    les 
mêmes  régions,  le  Pupa  Michaudi  Terver,  chez  lequel  les  ten- 
tacules inférieurs  sont  réduits  à  des  points  noirs.   Il  n'est  donc 
pas    étonnant  que  ces   tentacules,    chez   une  espèce   de  moitié 
plus  petite,    comme    le   Dupoteti,    n'aient  pas   été  aperçus  par 
l'observateur. 

J'ai  bien  précisé  la  localité  typique  de  cette  espèce,  car  sous 
le  même  nom  se  cachent  plusieurs  formes  distinctes,  par 
exemple  le  Pupa  eucyphogyra  Letourneux,  du  défilé  de  la 
Mazla,  près  Constantine,  et  le  Pupa  papieri  de  Hagënmù'ller,  du 
cap  de  Garde  à  Bône;  mais  elles  sont  si  voisines  du  Dupoteti, 
d'après  Margier,  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de  les  en  séparer.  Ce  savant 
spécialiste  m'a  fait  savoir,  à  ce  sujet,  qu'il  connaît  nue 
coquille  de  ce  groupe  dans  l'Algérie  occidentale,  sur  les  con- 
fins du  Maroc,  qui  appartient  à  un  groupe  d'espèces  étran- 
gères à  la  faune  hispanique,  se  rattachant  au  contraire,  à  la 
faune  de  la  Sicile.  C'est  un  habitat  remarquable,  pour  les  rai- 
sons  suivantes  :    le  Pupa   Dupoteti  Terver,   ai-je  dit,  est  très 


154  SÉANCE    DU     1*2    JUILLET    1910 

rapproché  du  Pupa  rupestris  Phil.,  espèce  spéciale  à  la  Sicile, 
en  admettant  même  qu'il  constitue  uue  espèce  réellement  dis- 
tincte. Le  Pupa  Dupoteti  établit  un  lien  entre  la  faune  de  la 
Sardaigne,  celle  de  l'Algérie  orientale  et  celle  de  la  Tunisie. 
Je  fais  cette  observation  parce  que  Bourguignat  (Malacol. 
Algérie,  1864)  a  nié  ces  analogies.  Il  a  fait  de  grands  efforts, 
publié  de  longues  listes,  pour  établir  qu'il  n'y  avait  aucune 
relation  entre  ces  deux  formes.  Il  s'est  assurément  trompé,  et 
les  découvertes  faites  en  Algérie  depuis  la  publication  de  cet 
ouvrage  ont  achevé  de  détruire  sa  théorie.  Celle-ci  rattachait 
l'origine  de  tous  les  Mollusques  algériens  à  la  faune  hispa- 
nique ;  or,  non  seulement  le  Pupa  Dupoteti  Terver,  mais 
encore  heaucoup  d'autres  espèces,  des  Clausilies,  des  Pomatias 
(que  Bourguignat  ne  connaissait  pas  en  1864),  des  Holienivar- 
tkia,  des  Acme,  beaucoup  d'Hélix  ne  peuvent  pas  se  rattacher 
à  la  faune  de  la  péninsule,  mais  sont  toutes  très  voisines  et 
souvent  identiques  à  des  espèces  de  la  Sicile. 

Le  Pupa  rupestris  Phil.  est  l'espèce  qui  a  servi  de  type  à 
Monterosato  pour  le  groupe  Rupestrellu,  qu'il  a  créé  (1)  et 
dont  font  partie  les  Pupa  scalari/ormis  Ben.,  de  Sicile,  (auquel 
on  doit  rattacher  le  Pupa  imicarinata  Pot.  et  Mien.,  et  le 
Pupa  brondeli  Bourg.,  dont  le  P.  cartennensis  Bourg,  ne  dif- 
fère pas),  Pupa  occulta  (Parreys)  Rossm.,  Pupa  refuga  West., 
nomala  West.,  de  Sicile,  ainsi  que  d'autres  formes  de  cette  île, 
d'Algérie  et  de  Grèce,  auxquelles  Monterosato  a  attribué  des 
noms  sans  les  décrire.  On  devra  probablement  l'attacher  à  ce 
groupe,  quand  on  le  connaîtra  mieux,  les  Pupa  punica  Let.  et 
Bourg.,  et  barattei  Let.   et  Bourg,  de  Tunisie  (Margier) 

Il  y  a  lieu  de  faire  remarquer  que  nous  n'avons  mentionné 
aucune  de  ces  espèces  dans  la  péninsule  hispanique.  Le  Pupa 
microdon  West.,  que  l'auteur  rapproche  du  Pupa  rupestris, 
appartient  au  groupe  du  Pupa  farin°si,  qui  est  un  groupe  tout 
à  fait  différent. 

^1)  Marchese    m  Montehosato,    Guiichiylie   terrestri    vrveuti   e   lossili    di   Monle 
Pellegrino,  1894. 


SÉANCE    DU    12   JUILLET    1910  155 


ÉTUDE  SUR  QUELQUES  ESPÈCES  DE  PUDIDJE 

DE  LA  SECTION   TORQVILLA  ET  DU 

GROUPE  DU  PUPA   FRUMENTUM  DE  DRAPARNAUD 


PAR 

Le    Commandant   CAZIOT 


Le  groupe  des  Frumentiana  est  spécial  au  centre  alpique.  Il 
commence  a  apparaître  aux  Carpathes  de  Transylvanie,  il  se 
rencontre  en  Roumanie,  Bosnie  et  se  poursuit,  sans  interruption 
dans  l'Autriche,  la  Hongrie,  l'Allemagne,  ITllyrie,  l'Italie,  la 
Suisse,  la  Belgique  et  l'est  de  la  France. 

Les  formes  du  nord  de  la  grande  chaîne  des  Alpes  nous 
semblent  plus  petites;  elles  ont  le  péristome  sinueux  au  voisi- 
nage de  la  lamelle  angulaire  et  sont  pourvues  d'un  bourrelet 
plus  ou  moins  proéminent  sur  le  bord  apertural. 

Les  formes  du  sud  ont,  en  général,  une  taille  plus  variable. 
Quelques-unes  atteignent  d'assez  grandes  dimensions,  le  péri- 
stome n'est  plus  sinueux;  il  est,  au  contraire,  courbé  régu- 
lièrement;   le    bourrelet  disparaît  ou  bien  est  très  peu  accusé. 

Plusieurs  formes  de  Frumentiana  sont  connues  depuis  long- 
temps; Ziegler  en  avait  admis  un  certain  nombre  que  Ross- 
màssler  a  fait  représenter  dans  son  Iconographie;  quelques- 
nues  ont  été  laissées  au  rang  de  variété  ou  bien  ont  été  mé- 
connues ou  prises  les  unes  pour  les  autres.  J'ai  tenté,  ci-après, 
de  les  circonscrire  et  d'indiquer  les  différences  qu'elles  offrent 
avec  le  type,  afin  que  les  malacologistes  puissent  les  distinguer 
plus  facilement. 

Pipa  minor  Rossm. 

Cette  forme  (je  n'ose  pas  dire  espèce)  a  été  méconnue  par 
les  auteurs  ;  Westerlund  ne  la  mentionne  même  pas  dans  son 
Synopsis  Mollusc.  de  1897.  Elle  a  été  considérée,  par  Rossmass- 
ler,  comme  une  variété  du  Pupa  frumentum  Drap.  Cet  auleur, 
dans  son  Iconog.  der  Land-  und  Susswass.  Mollusk.,  livr.  V-VI, 
p.  11,  donne  les  renseignements  suivants:  «  Pupa  frumentum 
var.  minor.  —  Testa  minor y  plicis  palatalibus  imper  fectis,  calio 
cervicis  nullo  »  ;    et  ajoute  :   «  J'ai   trouvé   cette    forme   entre 


156  SÉANCE    DU    12    JUILLET    1910 

Opeliena   et  Sessana,  sur   les  blocs  calcaires  et  près  Laibach. 
Parreys  me  Ta  envoyée  du  Saint-Gothard.  » 

Ces  renseignements  auraient  été  insuffisants  si  Rossmassler 
n'avait  pas  eu  l'idée  de  figurer  cette  coquille  (pi.  xxn,  fi  g.  311) 
sous  le  nom  banal  de  Pupu  frumentum  var. 

Ce  Pupa  se  distingue  du  type,  non  seulement  par  sa  taille 
(caractère  qui  a  peu  de  valeur),  mais  encore  par  sa  spire  fluette 
qui  lui  donne  le  galbe  du  Pupa  secale  (figuré  par  Rossmassler 
au  n°  317);  il  a  aussi  des  lamelles  columellaires  beaucoup  plus 
saillantes  et  les  pariétales  sont  plus  délicates  et  plus  enfoncées; 
il  n'a  pas  de  bourrelet  et  son  péristome  est  aminci. 

Les  uns,  comme  Pfeiffer,  l'ont  considéré  comme  synonyme 
du  Pupa  frumentum;  les  autres,  suivant  l'exemple  de  Starile, 
l'ont  considéré  comme  la  var.  illyrica  de  ce  même  Pupa. 
J'estime  que  cette  variété  illt/rica  peut  être  appelée  au  rang 
spécifique  et  qu'on  doit  considérer  le  Pupa  minor  comme  une 
simple  variété  de  ce  Torquilla. 

Pupa  callosa  Rossm. 

Rossmassler  (lcouog.,  liv.  I,  p.  82),  après  avoir  décrit  le  Pupa 
frumentum,  ajoute  :  «  Ziegler  sépare  du  Pupa  frumentum  une 
nouvelle  coquille  d'illyrie  qu'il  nomme  Pupa  callosa  ;  cette 
forme  manque  complètement  de  bourrelet  et  est  un  tant  soit 
peu  plus  grosse  et  plus  mince,  avec  un  sommet  plus  longue- 
ment atténué  et  des  lamelles  plus  minces  et  plus  irrégulières. 
Cette  forme  se  rapproche  pourtant  assez  du  type  pour  que  je 
ne  fasse  pas  une  espèce  nouvelle.  Je  la  rattache  au  Pupa  fru- 
mentum var.  illyrica.  Cette  variété  est  très  voisine  du  Pupa 
polyodon  »,  etc. 

Le  professeur  de  Thorand  représente  cette  coquille  (livr.  V-VI, 
pi.  xxin,  fig.  312),  du  côté  de  l'ombilic,  afin  de  montrer  sa 
ressemblance  avec  le  Pupa  polyodon. 

Les  auteurs  ont  rattaché  ce  Pupa  callosa,  tantôt  au  Pupu 
triticum  Ziegler,  tantôt  au  Pupa  adjunta  Ziegler  ;  malgré  sa 
parenté  avec  le  Pupa  pachygaslra  West,  (dont  elle  se  distingue 
néanmoins  par  ses  lamelles  plus  délicates  et  plus  enfoncées,  sa 
spire  plus  fusiforme  et  plus  régulièrement  atténuée  et  son 
ombilic  plus  fermé),  j'estime  que  Rossmassler  est  dans  le  vrai  et 
qu'il  faut  considérer  aussi  cette  forme,  sinon  comme  le  Pupa 
illyrica  lui-même,  du  moins  comme  une  de  ses  variétés. 


SÉANCE    DU    12    JUILLET    1910  157 


FUPA    TRITICUM. 


Ce  Pupa  figure,  pour  la  première  lois,  dans  un  ouvrage  de 
Porro  (Catalog.  conchyl.  terr.  fluv.  Europ.  arctiq.  1839).  Il  est 
reproduit  dans  le  Disp.  syst.  conchyl.  des  frères  Villa  (1841), 
mais  malheureusement  sans  diagnose.  Tout  ce  que  l'on  sait, 
c'est  que  cette  forme  est  de  Dalmatie.  Stabile  (Faun.  elvetica, 
p.  40,  fig.  25,  1845)  la  décrit  ainsi  : 

«  Coquille  ovale  allongée,  plus  ou  moins  cylindrique  :  ouver- 
ture ovale  subarrondie  ;  péristome  réfléchi  et  plissé  : 
H  —  10;  D  =  3  1/2  mm.   >-. 

D'après  la  figure  et  la  courte  diagnose,  ce  Pupa  parait  se 
rapporter  exactement  au  Pupa  callosa  de  Rossmassler  visé  plus 
haut.  Cette  supposition  se  change  en  certitude  lorsqu'on  voit  le 
même  auteur,  Stabile  (Moll.  terr.  et  fluv.  du  Piémont,  p.  95, 
1864),  donner  son  Pupa  Iriticum  comme  synonyme  du  Pupa 
frumentum  illyrica  Rossmassler,  qui  est,  précisément,  le  Pupa 
callosa. 

Par  suite  de  cette  confusion  de  Stabile,  le  Pupa  Iriticum  des 
auteurs  italiens  n'est  autre  que  le  Pupa  callosa  et  le  véritable 
Pupa  Iriticum  de  Ziegler  est  resté  pour  compte.  Mais  il  n'y  a 
pas  lieu  d'en  tenir  compte,  car  tous  ces  Torçuilla  sont  des 
illt/?'ica,  espèce  variable  comme  galbe,  comme  taille,  etc.  Le 
Pupa  triticum  a  été  aussi  figuré  dans  Chemnitz-Klster  (Conchyl. 
Cabinet,  pi.  v,  fig.  20-21). 

Pupa  adjuncta. 

Pupa  adjuncta  Ziegler  Mus.  test.  Rossmassler,  /.  infr.  cit. 
Pupa  frumentum  var.    elongata  Rossmassler,    1836,    Iconog., 
livr.  V-Vl,  p,  1,  pi.  xxiii,  fig.  213. 

«  Coquille  très  grosse,  cylindrique,  sans  callosité  ;  plis  très 
accusés.  Très  commune  parmi  les  amas  de  terre  et  les  brins 
d'herbes  près  le  passage  Saint-André,  aux  environs  de  Trieste; 
Ferlach,  en  Carinthie.    » 

Cette  forme  est  caractérisée  par  son  galbe  cylindrique  (ne 
s'atténuant  que  dans  la  région  voisine  du  sommet)  ;  son  ouver- 
ture en  forme  de  demi-ovale  régulier  ;  ses  lamelles  robustes  et 
ses  palatales  assez  allongées  et  régulières  :  enfin,  elle  n'a  pas 
de  callosité. 

Elle  a  été  réunie  au  Pupa  callosa.  Elle  en  est  pourtant  dis- 
tincte, car  elle  est    subcylindrique   au  lieu  d'être  fusiforme    et 


158  SÉANCE    DU    12    JUILLET    1010 

son  ouverture  est  plus  grande  et  plus  régulièrement  arrondie  ; 
néanmoins,  comme  M.  Margiër,  je  la  considère  comme  une 
variété  cylindracea  Rossm.  du  Pupa  illyrica  du  même  auteur. 

Pipa  polita. 

Pupa  frumentum  var  polita  (Westerlund,  1878,  Faune.  Europ. 
Moll.  extram.  Prod.,  p.  171). 

Le  Dr  Westerlund  a  très  bien  décrit  cette  forme  intéressante  : 
«  Coquille  brillante,  roussàtre,  très  finement  et  régulièrement 
striée,  ventrue,  conique  au  sommet  ;  dernier  tour  sans  callo- 
sité ;  ouverture  munie  de  11  plis  :  (5  palataux  ;  3  columellaires, 
dont  le  supérieur  petit,  dentiforme  ;  2  pariétaux,  le  médian 
comprimé,  l'inférieur  près  de  la  suture  petit,  mais  distinct  ; 
1  angulaire  dentiforme,  dans  le  haut,  encrassé. 

«H  =  5,7,;  D  =  2  V:imm->» 

Abondant  dans  la  vallée   du   Kanal,  rivière    de   Carinthie.  » 

Ce  qui  caractérise  surtout  cette  espèce,  c'est  la  présence 
d'un  troisième  pli  columellaire.  Si,  chez  les  Pupa,  les  palataux 
sont  variables,  les  pariétaux  sont  moins  sujets  à  modifications 
et  les  columellaires  sont  les  plus  constants. 

Ce  caractère  est  donc  important.  Si,  à  celui-ci,  nous  ajoutons 
ceux  mis  en  lumière  par  l'auteur,  on  se  trouve  en  présence 
d'une  coquille  possédant  des  signes  spécifiques  suffisants  pour 
être  maintenue  au  rang  d'espèce. 

Je  ne  sais  pas  pourquoi  le  Dr  Westerlund,  qui  a  décrit  cette 
variété  en  1878,  en  disant  même  qu'elle  méritait  d'être  élevée 
au  rang  d'espèce,  ne  la  plus  signalée  dans  son  Synopsis 
Molluscorum  extramarinorum  regionis  palaearcticae  de  1807.  Ce 
Synopsis  parait  d'ailleurs  inférieur  aux  travaux  antérieurs  du 
savant  auteur  suédois.  C'est  une  compilation  faite,  sans  criti- 
ques, dans  les  différents  auteurs  et  l'on  a  le  sentiment  qu'il  y 
a  inscrit  nombre  de  ces  soi-disantes  espèces  sans  les  avoir  vues 
ni  étudiées. 

Si  la  variété  polita  était  maintenue  au  rang  d'espèce,  je  pro- 
poserais de  la  baptiser  :  kanalensis  (1)  pour  ne  pas  la  con- 
fondre   avec  le   Pupa  polita   de    Risso,  que  j'ai  élevé  au   rang 

(1)  M.  Margier  m'a  t'ait  savoir  qu'il  possédait  cette  espèce,  déterminée  par 
le  Dr  Westerlund  lui-même,  des  environs  de  Serravalle  (Vénétie),  localité  peu 
éloignée  de  la  vallée  du  Kanal. 


SÉANCE    DU    12    JUILLET     1910 


159 


d'espèce  dans  ma  Faune  des  Alpes  Maritimes  et  de  la  princi- 
pauté de  Monaco,  parce  qu'elle  diffère  du  Pupa  variabilis  Drap, 
(dont  on  ne  la  considérait  que  comme  variété)  par  ses  dimen- 
sions constamment  plus  fortes,  un  galbe  plus  allongé,  par  la 
forme  de  son  ouverture  et  principalement  parce  qu'elle  vit 
toujours  en  colonies  séparées. 

La  liste  des  variétés  du  Pupa  frumentum  Drap,  a  été  établie 
ainsi  qu'il  suit  par  le  Dr  Westerlund  dans  son  Synopsis  Mollusc. 
extram.,  de  1897  : 


Var.  p.longata  Risso. 
illyrica  Rm. 
curta  Kstr, 

cylindracea  Z.  ap.  Rm. 
primula  W. 
pachygastra  Z.  ap.  Rm. 
apennica  Ch. 


Var.  hungarica  Kiui. 
bngeysiaca  Loc. 
rhodanica  Loc. 
rustica  (B.)  Loc. 
crimoda  (B.)  Loc. 
me  a  (B.)  Loc. 
nova  (B.)  Loc. 


Je  propose  de  la  modifier  ainsi  qu'il  suit  :  effacer  la  variété 
illyrica  qui  est  élevée  au  rang  spécifique,  Pupa  illyrica,  avec 
les  variétés  :  minor,  callosa,  cylindracea. 

Elever  au  rang  d'espèce  la  var.  polita  du  Pupa  frumentum 
en  la  baptisant  Pupa  kanalensis. 


Ouvrages  offerts 

PAR  M.    R.    BLANCHARD 


Archivum  zoologicum,  I,  n03  11,  12,  13. 

Blanchard  (Prof.  R.)  et  Dr  R.  Savignac.  Pseudo-parasitisme  des 
Oligochètes  chez  l'Homme.  A  propos  d'un  cas  nouveau  (Arch.  parasit., 
XIV,  p.  40-53). 

Borgert  (A.).Untersuchungen  iïberdie  Fortpflanzung  der  tripyleen 
Radiolarien,  speziell  von  Aulacantha  scolymantha  H.  Teil  I  &  II. 
(I.  Zool.  Jahrb.  Anal.  XIV,  1900,  p.  204-278,  pi.  xiv-xvm.  II  :  Arch. 
Prolislenk.  XIV,  1909,  p.  134-261,  pi.  xi-xvu). 

Ficalbi  (E.)  e  Fr.  Sav.  Monticelli.  Reperlorio  di  specie  nuove  di 
animali  irovati  in  Italia  e  descritte  in  publicazioni  italiane  e  fores- 
tière nell'  anno  1907.  (Monit.  Zool.  ital.  XX,  19  p.). 

Ghigi  (Prof.  Allessandro).  Raccolle  planctoniche  faite  dalla  R.  nave 
«  Liguria  »,  II,  I  Gtenofori.  (24  p.  1  pi.). 

Kkller  (Prof.  Dr  G).  Die  Tierbilder  der  altkretischen  Kunstperiode 
(Aus  der  Natur,  VI,  15  p.). 

Wilhelmi  (Dr  J.).  XIV  h.  Turbellaria  fur  1907  (Arch.  Nalurg.  1908, 
II.  26  p.). 


Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910. 


xxxv  —  13 


Séance  du   $5  Octobre    1910 

PRÉSIDENCE  DE  M.  PETIT,  MEMBRE  DU  CONSEIL 

.     La  famille  du  professeur  Oskar  Boettger,  de  Francfort,  fait 
part  de  son  décès. 

M.  A.  Mathiaux  remercie  du  prix  Secques  qui  lui  a  été 
attribué. 

M.  Iches  remercie  la  Société  de  l'avoir  délégué  au  Congrès 
scientifique  international  de  Buenos  Aires.  Il  rend  compte  de 
ce  Congrès  et  du  banquet  qui  Ta  suivi,  et  communique  les 
paroles  qu'il  y  a  prononcées  au  nom  de  la  Société.  Il  adresse 
un  article  du  journal  «  La  Prensa  »,  du  26  juillet  dernier,  qui 
décrit  ces  solennités. 

M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  et  des  Beaux-Arts 
adresse  le  programme  du  49e  Congrès  des  Sociétés  savantes, 
qui  s'ouvrira  à  Caen  le  18  avril  1911.  Les  mémoires  destinés 
à  ce  Congrès  devront  être  parvenus  avant  le  7  janvier  pro- 
chain, au  5°  bureau  de  la  direction  de  l'Enseignement  supé- 
rieur. Parmi  les  questions  du  programme  pouvant  intéresser 
les  membres  de  la  Société,  citons,  dans  la  section  des  sciences  : 
«  3°  Etude  régionale  de.  la  faune  française.  Division  à  adopter. 
—  4"  Etude  des  qualités  biologiques  des  eaux,  basée  sur  la 
considération  de  la  faune  des  Invertébrés  et  de  la  flore,  en 
vue  de  la  pisciculture.  —  G0  Etudes  sur  les  particularités  de  la 
faune  et  de  la  flore  des  côtes  de  Normandie.  —  15°  Du  rôle 
des  Insectes  et  spécialemeut  de  la  Mouche  vulgaire  dans  la 
propagation  des  maladies  contagieuses.  » 

M.  le  professeur  MoiNTICElli,  président  de  la  Société  des  na- 
turalistes de  Naples,  invite  la  Société  à  se  faire  représenter 
aux  fêtes  en  l'honneur  du  centenaire  de  la  mort  de  Cavolini. 
11  annonce  qu'à  cette  occasion  les  œuvres  du  grand  naturaliste 
italien  ont  été  réimprimées  en  un  volume  in-4°  de  40  feuilles, 
accompagné  de  40  planches,  tiré  à  200  exemplaires,  et  mis  en 
vente  au  prix  de  45  fr.  chez  Detkeu  et  Uocholl,  place  Plebis- 
cito,  à  INaples.  Ces  fêtes  ayant  eu  lieu  du  12  au  14  septembre 
dernier,  l'invitation  du  Comité  parvient  à  la  Société  trop    tard 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1910  161 

pour  qu'elle  puisse  s'associer  effectivement  aux  honneurs 
rendus  au  célèbre  savant.  Elle  charge  son  secrétaire  général 
d'en  exprimer  à  M.  Monticelli  tous  ses  regrets. 

M.  Petit  signale  le  départ  tardif  des  Martinets  ;  ils  ont 
quitté  Paris  et  ses  environs  du  o  au  8  août,  et  il  y  en  avait 
encore  un  petit  nombre  en  Bretagne  (région  de  Saint-Quay, 
Portrieux)  le  16  août.  Les  Hirondelles  ont  quitté  les  environs 
de  Paris  du  11  au  18  septembre.  Il  en  restait  en  Normandie  le 
20  septembre.  Vers  le  22  elles  ont  quitté  la  Gironde.  Le  15 
octobre  elles  étaient  encore  assez  nombreuses  dans  les  Deux- 
Sèvres. 

D'après  M.  Vignal,  la  chute  de  la  pointe  de  la  coquille  chez 
Bulimits  decollatus  est  due  à  ce  que  la  région  où  doit  avoir 
lieu  la  brisure  est  rendue  fragile  par  une  sécrétion  du  tortil- 
lon, avant  la  formation  de  la  cloison  qui  isole  l'extrémité  de  la 
coquille. 


Ouvrages  offerts. 


Bugnion  (Ed.).  La  cellule  sexuelle  et  le  déterminisme  du  sexe 
(Bull.  Soc.  Vaudoise  1910). 

Congrès  des  Sociétés  savantes  à  la  Soi  bonne.  Discours  prononcés  à 
la  séance  générale  du  Congrès  le  samedi  2  avril  1910  par  M.  E.  Babelon 
et  M.  E.  Pottier  (Paris,  Iwp.  Nat.,  1910,  39  p.). 

Gardner  (Nathaniel  Lyon).  Leuvenia^  a  new  genus  of  Flagellâtes 
(Univ.  Calif.  publ.  Bot.  IV,  p.  97-106,  pi.  xiv). 

Gurley  (Révère  Randolph).  Chapters  for  a  biological  empirical  psy- 
chology.  Chap.  IV-V  (Amer.  J.   Psychol.,  1910,  24'p.). 

Icard  (Dr.  Séverin).  Nouvelle  méthode  d'identification  en  histoire 
naturelle  [in  :  Rev.  Scien.,  13  août  1910). 

Kofoid  (Charles  Atwood).  A  revision  of  the  genus  Ceratoccrys,  based 
on  skeletal  morphology  (Univ.  Calif.  publ.  Zool.Yl,  p.  177-187). 

Lambert  dMarcelle)  et  Victor  Balthazard.  Le  poil  de  l'homme  et 
des  animaux  (Paris.  Steinhell,  232  p.,  34  pi.). 

Loppens  (K.).  Catalogue  des  Bryozoaires  d'eau  douce  avec  une  note 
sur  Victorella  pavida  (A an.  Soc.  malac.  Belgique,  XLIV,  p.  97-119). 

Loppens  (K.).  Fauna  aquatica  Europœ.  Les  Bryozoaires  d'eau  douce 
(Ann.  biol.lac,  IV,  23  p.). 

Loppens  (K.).  Note  sur  la  transpiration  chez  le  Chien  {Ann.  Soc, 
malac.  Belgique,  XLIV,  p.  26-28). 


162  SÉANCE  DU  25  OCTOBRE  1910 


LE  HUITIÈME  CONGRÈS  INTERNATIONAL  DE  ZOOLOGIE 


PAR 

M.     CAULLERY 


M.  le  secrétaire  général  vous  parlant  des  congrès  auxquels 
la  Société  a  été  appelée  à  participer,  comme  elle  m'a  fait 
l'honneur  de  me  comprendre  dans  sa  délégation  à  celui  de 
Graz  (8e  Congrès  international  de  zoologie)  et  que  je  suis  ce 
soir  le  seul  des  membres  présents  qui  y  ait  assisté,  je  vous 
demande  la  permission  de  vous  en  dire  quelques  mots. 

Nous  avons  reçu  à  Graz  un  accueil  empressé  et  cordial. 
559 personnes  ont  figuré  sur  les  listes  d'inscription,  et  si  l'on 
peut  avoir  quelque  regret,  c'est  que  le  nombre  des  Français  n'ait 
pas  représenté  une  plus  forte  proportion  du  total.  Avec  notre 
nombre,  c'est  aussi  la  part  de  la  langue  française  qui  diminue. 
L'allemand  surtout  et  même  l'anglais  y  ont'  une  place  plus 
considérable. 

Le  programme  comportait,  du  15  au  19  août,  des  séances 
générales  le  matin,  des  séances  de  sections  i'après-midi.  11  sec- 
tions avaient  été  établies  :  I  Cytologie  et  Protozoologie, 
II  Anatomie  et  Physiologie  des  Invertébrés,  III  Anatomie  et 
Physiologie  des  Vertébrés,  IV  Embryogénie,  V  Zoologie  expé- 
rimentale, VI  Géographie  zoologique  et  Paléontologie,  VII  Fau- 
nistique  et  Œcologie,  VIII  Symbiose,  Parasitisme  et  Parasites, 
IX  Systématique  générale  et  nomenclature,  X  Physiologie 
générale  et  Histologie,  XI  Psychologie  zoologique. 

La  pensée  des  organisateurs  avait  été  évidemment  de  per- 
mettre à  un  grand  nombre  de  congressistes  de  présenter  des 
communications  en  peu  de  jours.  Personnellement,  je  crois 
que  cela  ne  compense  pas  l'inconvénient  d'éparpiller  trop  les  au- 
diteurs, et  cela  conduit  à  l'impossibilité  pour  les  congressistes 
d'assister  à  des  sections  qui  sont  également  intéressantes  et 
qui  siègent  simultanément.  Il  y  a  là  un  écueil,  et  le  remède 
est,  d'une  part,  dans  une  question  de  mesure  dans  l'établisse- 
ment des  sections,  d'autre  part,  dans  une  discipline  plus  stricte 
pour  ne  pas  laisser  se  prolonger  chaque  communication  au 
delà  du  temps  réglementaire.  Une  communication  à  un  Con- 
grès ne  doit  pas  être  une  longue  conférence. 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1010  1G3 

Je  ne  puis  entrer  ici,  naturellement,  dans  le  détail,  ni  même 
dans  l'énumération  des  sujets  traités,  soit  aux  sections,  soit  aux 
séances  générales.  Je  fais  seulement  la  remarque  générale  que 
les  moyens  auxiliaires  de  la  démonstration,  tels  que  les  projec- 
tions lumineuses,  ont  été  très  employés  ;  les  organisateurs  avaieut 
pu  mettre  à  la  disposition  des  congressistes,  dans  les  diverses 
salles,  un  abondant  matériel. 

Les  congrès  ne  sont  pas  tout  entiers  dans  les  séances  ;  leur 
charme  et  peut-être  aussi  leur  utilité  est  davantage  dans  Ja 
réunion  momentanée  de  gens  qui  ont  beaucoup  à  se  dire  et  en 
ont  peu  l'occasion.  Celui  de  Graz,  à  cet  égard,  a  été  agréable; 
le  temps  l'ayant  favorisé,  et  Ja  ville  n'étant  pas  trop  grande, 
les  rencontres  étaient  faciles  et  fréquentes.  L'excursion  finale 
en  Dalmatie  à  bord  du  vapeur  Africa,  était  en  outre  une  cir- 
constance exceptionnellement  favorable,  mais  je  n'ai  pu  y 
prendre  part. 

Les  membres  du  congrès  étaient  conviés  à  visiter,  avant  son 
ouverture,  deux  laboratoires  qui  ofirent  l'un  et  l'autre  un  grand 
intérêt.  L'un,  la  Station  biologique  de  Lunz,  installée  dans  une 
aile  du  château  de  Seehof,  dans  la  vallée  de  TYbbs,  en  Basse- 
Autriche,  par  son  propriétaire,  M.  Kupelwieser,  est  conçu  pour 
des  recherches  de  biologie  générale  et  expérimentale,  sur  la  faune 
et  la  flore  des  eaux  douces.  Trois  lacs,  aux  altitudes  respectives 
de  500,  700  et  1  100  mètres,  offrent  des  conditions  de  milieu  très 
variées;  les  biologistes  trouventà  Seehof  une  hospitalité  empres- 
sée et  des  ressources  techniques  considérables,  en  particulier 
des  installations  très  bien  comprises,  pour  l'observation  pro- 
longée de  petits  animaux,  dans  différentes  conditions  de  tem- 
pérature. 

L'autre  laboratoire  mérite  toute  l'admiration  des  biolo- 
gistes. C'est  la  Biologische  Versuchsanstalt,  conçue  et  réalisée  à 
Vienne,  dans  l'ancien  Vivarium,  au  Prater,  par  M.  Hans  Przi- 
rram,  avec  quelques  collaborateurs  zoologistes  et  botanistes. 
Je  ne  parlerai  ici  que  du  côté  zoologique.  Si  je  n'ai  guère  eu 
de  surprise,  après  les  descriptions  et  les  travaux  que  j'en  avais 
lus,  je  n'ai  pas  éprouvé  moins  d'enthousiasme  à  la  vue  des  expé- 
riences en  cours.  Des  élevages  d'animaux  les  plus  variés  (petits 
Vertébrés,  Insectes,  Mollusques,  Invertébrés  divers,  terrestres, 
d'eau  douce  ou  marins),  sont  poursuivis  pendant  une  série  de  gé- 
nérations, dans  des  conditions  de  milieu  (température,  lumière, 
humidité)  déterminées.  Lors  de  notre  passage,  on  achevait  l'ins- 
tallation de  grandes  enceintes  à  température   constante   à  une 


164  SÉANCE  DU  25  OCTOBRE  1910 

fraction  de  degré  près  et  réglées  de  5°  en  5°  entre  0°  et  40° C. 
Comment  dépareilles  installations  permettent,  entre  les  mains 
de  biologistes  ayant  le  sens  de  l'expérience,  d'aborder  et  de 
résoudre  les  questions  de  biologie  du  plus  haut  intérêt,  c'est  ce 
que  prouve  la  liste  des  travaux  publiés  par  MM.  Przibram, 
Kammerer,  Megusar,  etc.  Des  Rats  blancs  vivant  depuis  plu- 
sieurs générations  à  la  température  de  35°  sont  fortement  mo- 
difiés (raréfaction  du  poil,  hypertrophie  des  testicules),  des  Lé- 
zards verts  subissent  un  mélanisme  accentué,  des  Lacerta  vi- 
vipara  deviennent  ovipares;  des  conditions  de  milieu  appro- 
priées inversent  la  reproduction  de  Salamandra  muculosa 
et  S.  atra.  Dans  une  ancienne  salle-citerne  en  sous-sol,  com- 
plètement obscure,  sont  acclimatés  divers  animaux  cavernicoles, 
et  le  Protée  des  grottes  de  la  Carniole  s'y  reproduit. 

C'est  là  le  véritable  champ  d'études  des  problèmes 
de  l'évolution,  de  l'hérédité  de  la  variation,  des  actions  du 
milieu,  et  vous  me  permettrez  de  regretter  vivement  que  la 
chaire  d'Evolution,  à  la  Sorbonne,  n'ait  pas  à  sa  disposition  un 
laboratoire  de  ce  genre.  Si  cette  lacune  existe,  croyez  que  ce 
n'est  pas  ma  faute  et  que  je  serais  particulièrement  reconnais- 
sant \  la  Société  de  l'aide  qu'elle  pourrait  maccorder  pour  la 
combler,  comme  je  m'y  essaye  avec  ardeur. 


Ouvrages  offerts. 


Man  (Dr.  J.  G.  de).  Ûber  eine  neue  Art  der  Gattung  Arele  Stimps. 
(Arch.  Nalurg.  1910,  p.  25-27,. 

Northumberland  sea  fi^heries  Gommittee.  Report  on  the  scientific 
investigations  for  the  year  1909,  and  to  june  15th,  1910.  Edited  by  pro- 
fessor  Alexander  Meek  (Newcastle  upon  Tyne,  1910,  47  p.). 

Olivier  (Ernest).  Larnpyrides  de  Misiones  nommés  et  décrits  {Revisl. 
Mus.  La  Plala  (2),  IV.  p.  8G-92). 

Revue  française  d'ornithologie,  n°  7,  7  nov.  1909. 

Rivera  (Manuel  J.).  Informe  sobre  los  laboratorios  de  entomologia 
agricola  de  Estados  Uuidos  i  de  Francia  (Santiago  de  Ghile,  Cervantes, 
1910,37  p.;. 

Rivera  (Manuel  J.).  La  introduccion  de  Insectos  nocivos  en  Ghile 
(Goncepcion,  Soulodre,  1910,  16  p.). 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1010  105 


LE  CONGRÈS  ORNITHOLOGIQUE  DE  BERLIN 


Le  30  mai  s'est  ouvert  à  Berlin  le  5e  Congrès  ornithologique 
international.  Ce  Congrès  a  eu  une  importance  toute  spéciale 
au  point  de  vue  de  la  protection  des  Oiseaux.  Il  y  a  été,  en 
effet,  constitué  un  Comité  international  permanent  pour  la  pro- 
tection des  Oiseaux,  comprenant  la  plupart  des  représentants 
des  gouvernements  étrangers  assistant  au  Congrès  et  un  cer- 
tain nombre  d'ornithologistes  qu'intéresse  cette  question  de 
protection.  La  France  sera  représentée  à  ce  Comité  par  M.  Me- 
negaux,  assistant  au  Muséum,  et  par  M.  Louis  Ternier,  déjà 
membre  du  Comité  ornithologique  international  permanent. 

A  la  suite  de  la  constitution  de  ce  Comité,  le  Congrès  a  pris 
les  résolutions  suivantes  que  nous  transcrivons  textuellement  : 

I.  —  «  Le  ôc  Congrès  ornithologique  international  proclame, 
comme  représentant  la  science  ornithologique  universelle,  la 
nécessité  absolue  de  protéger  tous  les  Oiseaux  et  spécialement 
les  espèces  poursuivies  pour  leurs  plumes  destinées  à  la  mode. 

Les  différents  Etats  établiront  une  réglementation  spéciale 
selon  leurs  nécessités  respectives. 

Le  Comité  permanent  international  pour  la  protection  des 
Oiseaux  est  prié  de  faire  les  démarches  nécessaires  pour  abou- 
tir à  une  convention  internationale  déterminant  les  moyens  de 
protection  pour  tous  les  Oiseaux,  et  en  premier  lieu  pour  ceux 
qui  sont  poursuivis  pour  leurs  plumes  ou  sont  en  butte  à  une 
destruction  irraisonnée. 

II.  —  Mesures  proposées  pour  protéger  les  Oiseaux  : 

1°  Lois  de  chasse  rationnelles,  spécialement  pour  la  chasse 
sur  mer,  ainsi  que  des  lois  particulières  pour  protéger  les 
Oiseaux  ; 

2°  Défense  d'exporter  et  d'importer  les  plumes  d'Oiseaux 
sauvages  au  service  de  la  mode  ; 

3°  Défense  de  trafiquer  desdites  plumes  excepté  dans  un  but 
scientifique  ; 

4°  Propagation  de  la  science  ornithologique  dans  tous  les 
milieux  : 


166  SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1910 

5°  Propagande  instructive  pour   les   personnes   officielles   et 
privées  occupées  de  la  protection  des  Oiseaux  ; 
6°  Instruction  de  la  jeunesse.  » 

* 

La  France  n'était  représentée  au  Congrès  de  Berlin  que  par 
deux  de  ses  nationaux. 

Le  Congrès  de  zoologie  de  Graz  avait  certainement  retenu 
bon  nombre  d'ornithologistes  qui  n'ont  pas  voulu  faire  deux 
déplacements  différents  au  cours  d'une  même  année.  Ne  serait- 
il  pas  possible  d'unifier  autant  que  possible  la  date  des  Congrès 
scientifiques,  ou  du  moins  de  faire  concorder  leurs  dates,  de 
façon  à  ne  pas  obliger  ceux  qui  désirent  assister  à  plusieurs 
Congrès  différents  dans  des  pays  limitrophes  à  effectuer  plusieurs 
déplacements  fatiguants  et  onéreux? 

L.  T. 


Ouvrages  offerts. 


Sauvage  (H.  E.).  La  partie  antérieure  du  pneumo-gastrique  et  du 
grand  sympathique  chez  le  Poisson  Lune  (Mem.  Soc.  A utun,  XXIII, 
4  p.). 

Sauvage  (H.  E,).  Les  organes  génitaux  urinaires  chez  le  Pleurodèle 
de  Walt  [Mém.  Soc.  Autun,  XXIII,  4  p.). 

Sauvage  (H.  E.).  Les  Tortues  du  terrain  jurassique  du  Boulonnais 
{Bull.  Soc.  Ac.  Boulogne,  IX,  5  p.). 

Versluys  (Dr.  J.).  Waren  die  Sauropoden  Dinosaurier  Pflanzen- 
fresser  ?  {Zool.  Jahrb.  Syst  ,  XXIX,  p.  425-450,  pi.  xvn). 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1910 


167 


SUR  LA  FAUNE  ICHTHYOLOGIQUE  DU  MAERL 


PAR 

Edouard   DANOIS 

La  faune  ichthyologique  du  maërl  comprend,  au  milieu 
d'autres  Poissons  qu'on  rencontre  sur  d'autres  fonds  (Soie», 
Callionymes,  Entelures,  etc.),  trois  espèces  qui  lui  [sont 
propres  : 

Lepadogaster  bimaculatus  Penuant  ; 

Gobius  Jeffreysi  Gùnther; 

Gobius  (Lebetm)  scorpioïdes  Collett. 

La  première  espèce  a  été  remarquablement  étudiée  par  mon 
maître  et  ami,  le  professeur  Guitel. 

Les  deux  Gobms  appartiennent  spécialement  aux  fonds  de 


Fig.  1.  —    Gobius  Jeffreysi,  Gùnther.  x  3. 

lÀtholhamnia.  Ils  n'ont  pas  été  encore  signalés  dans  la  faune 
française.  Ce  sont  des  animaux  rarissimes  en  Norvège  et  dont 
on  connait  quelques  stations  en  Angleterre. 

Les  échantillons  que  je  vais  décrire  ont  été  recueillis  à  la 
drague  sur  les  bancs  de  maërl  qui  occupent  une  partie  des 
estuaires  de  la  rivière  de  Morlaix  et  de  la  Penzé,  à  une  pro- 
fondeur de  cinq  à  huit  mètres.  Le  type  de  Gobius  scorpioïdes 
peut  être  considéré  comme  une  variété  locale. 

Gobius  Jeffreysi.     ' 

D  =  VI  — 9 ou  10;  A=  9  ou  10;  V  =  o;  P  =  14  ;  G  =  15. 
Rangée  d'écaillés  en  série  longitudinale  ==  25, ^ 


168 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    10 10 


Le  Gobius  Jeffreysi  a  le  corps  allongé,  la  tète  déprimée  et 
le  museau  poiutu.  Le  front  est  dépourvu  d'écaillés.  Les  yeux 
sont  grands,  presque  confluents,  l'espace  interorbitaire  étant 
pour  ainsi  dire  nul.  L'anus  est  en  avant  du  milieu  du  corps.  Les 
ventrales  présentent  une  membrane  antérieure. 

La  longueur  totale  est  de  35  millimètres. 

La  coloration   générale   est  grise,    avec   du  pigment  noir  et 


Fig.2.  —   Gobius  Jeffreysi,  face  inférieure.  X  2. 

orangé  :  le  pigment  est  principalement  ré- 
parti dorsalement,  il  suit  le  bord  des  écailles. 
La  ligne  latérale  présente  cinq  larges  taches 
noires,  pigmentaires,  très  nettes  :  la  plus 
grande  est  la  plus  rapprochée  de  la  pecto- 
rale. 

Les  dorsales  sont  grises  avec  des  bandes 
de  pigment  noir  transversales.  Le  deuxième 
rayon    de    la   première   dorsale   est  le   plus 
long.    Ces   nageoires    sont   fort  délicates  et  le  plus  souvent  en 
mauvais  état. 

Le  Gobius  Jeffreysi  a  été  trouvé  sur  les  côtes  de   Norvège  et 
des  Iles  Britanniques,  mais  on  en  connaît  peu  d'échantillons. 

Gobius   (Lebetus)    scorpioïdes    Collett. 

D  =  VI  —  0  ;  A=7;  P=18  ou  20;  V  =  o;  C  =  *+12-r- x. 

Rangée  d'écaillés  en  série  longitudinale  =28. 


Fig.  3.  —  Tète  de  Go- 
bius Jeffreysi,  face 
dorsale.   X  8.j 


Fig.  4.  —  Gobius  (Lebetus)  scorpioïdes  X  4.         j        ;-j 

Le  Gobius  scorpioïdes  a  le  corps  ramassé,  la   tète  aplatie,  le 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1910 


169 


museau  obtus.  Le  front  et  les  joues  sont  dépourvues  d'écaillés  J 
les  yeux  sont  grands  et  séparés  par  un  étroit  espace  interor- 
bitaire.  L'anus  est  en  arrière  du  milieu  du  corps.  Les  ven- 
trales ne  présentent  pas  de  membrane  antérieure  :  ce  caractère 
décida  Winther  à  créer  pour  le  G.  scorpioïdes  et  le  G.  orca  le 
sous-genre  Lebclus. 

La  longueur  totale  est  de  22  millimètres. 

Suivant  les  échantillons  examinés,  la  coloration  est  très 
variable.  La  livrée  décrite  par  Holt  d'après  les  échantillons 
anglais  est  totalement  différente  de  celle  des  échantillons 
armoricains. 

Un  anneau  clair,  blanchâtre,   en  avant  de   la  nageoire  cau- 


Fig.  5.  —  Gobius  (Lebetus)  scorpioides  face  ventrale  x  4. 

dale,  se  retrouve  cependant  chez  tous  les  individus.  D'une 
façon  générale,  la  tète  est  rose  violacée  avec  une  gorge  d'un 
beau  rouge  sang.  Le  corps  présente  une  teinte  claire,  tantôt 
rosée,  tantôt  jaunâtre  avec  des  anneaux  transversaux,  irrégu- 
liers, de  largeur  variable.  Ces  anneaux  ont  une  couleur 
bistre  ou  brun  rouge;  ils  sont  placés  à  la  hauteur  des  nageoires 
dorsales  ;  le  plus  souvent,  deux  anneaux  étroits  en  face  de  la 
dorsale  épineuse  et  un  anneau  plus  large  et  plus  coloré  en  face 
de  la  dorsale  molle.  Un  dernier  anneau  étroit,  sombre,  se 
trouve  à  la  base  de  la  caudale. 

La  première  nageoire  dorsale  est  la  plus  haute  ;  elle  est  en 
général  bleu  pâle  ou  blanche  avec  trois  bandes  orangées, 
transversales,  un  peu  obliques.  Holt  signale  chez  le  mâle  la 
présence  d'une  tache  bleue  sur  les  derniers  rayons  de  la  pre- 
mière dorsale  ;  nous  avons  rencontré  une  tache  analogue, 
noirâtre,  sur  deux  échantillons. 


170 


SÉANCE  DU  25  OCTOBRE  1910 


j  La  deuxième  dorsale  est  d'une  coloration  bleutée  avec  le 
plus  souvent  cinq  bandes  transversales  et  obliques,  orangées. 
Dans  nombre  d'individus  cette  nageoire  présente  à  l'extrémité 
de  ses  deux  premiers  rayons  une  tache  d'un  bleu  indigo. 
D'autres  échantillons  ont  en  plus  de  cette  tache  la  crête  de  la 
seconde  dorsale  bordée  de  bleu  noir.  Les  ventrales  et  l'anale 
sont  pigmentées  de  noir.  Les  pectorales  et  la  caudale  portent 
des  bandes  orangées.  Les  couleurs  sont  plus  vives  en  été,  au 
moment  de  la  reproduction.  Certains  individus  sont  presque 
entièrement  blancs,  ayant  perdu  toute  la  riche  coloration  du 
type  que  nous  venons  de  décrire. 

Il  existe  une  différence  dans  le  nombre  des  rayons  de  na- 
geoires entre  les  échantillons  décrits  comme  types  de  l'epèce 
et  ceux  du  Finistère  :  les  premiers  ont  8  rayons  à  l'anale,  les 
derniers  n'en  ont  que  7. 

La  présence  constaute  de  l'anneau  blanc  précaudal  nous  a 
empêché  de  créer  une  variété,  basée  sur  la  coloration  et  la 
formule  de  l'anale. 

Le  Gobius  scorpioïdes  est  rare  en  Norvège.  Fries,  Ekstrom, 
Sundevall  n'en  accusent  que  trois  échantillons  provenant  du 
Cattegat  et  du  Stavanger  Fjord.  Holt  en  signale  une  station  à 
Ballynakill  Harbour,  sur  fond  de  Lihothamnia. 


Mesures  de  3  échantillons  du  Gobius  Jeffreysi.  Gùnth. 

(en  millimètres). 


Longueur  totale 35 

—  sans  la  caudale 30 

—  de  la  tête 10 

—  du  museau 2 

Diamètre  de  l'œil • . . . .  2,5 

Espace  interorbitaire 0,1 

Largeur  du  corps • 5 

—       du  pédoncule  caudal . .  2,5 


2G 
23 

6 

2 

2 

0,1 
4,5 

2 


25 

20 
6 

2 

0,1 
k 

1,7 


SÉANCE    DU    25    OCTOBRE    1910 


171 


Mesures  de  15  échantillons  de  Gobius  scorpioïdes 
(en  millimètres) 


Longueur  totale 

—  snns  la  caudale 

—  de  la  tête. . . 

—  du  museau. . 

Diamètre  de  l'œil 

Espace  interorbitaire.. 

Largeur  du  corps 

Largeur    du     pédoncule 

caudal 


1 


21 

17 

5 

1,5 

1,5 

0,5 


22 
17,5 

5,5 
1,5 

1.5 
0,5 

3.5 


3 


22 

17,5 
5,5 
1,5 
1.5 
0,5 
3,5 


20 

16 

5 

1,5 

l.o 

0.5 

3 


20 

15 

5 

1,5 

1,5 

0.5 

3 


21 
17 

5 
1,5 
1.5 
0.5 

3 


19 
15 
4,5 
1  5 
1.5 
0.5 
3 


21,5 

17 
5 

1.5 
1,5 
0,5 
3 


9 

10 

20,5 

22 

15.5 

17,5 

5 

5,5 

1,5 

1,5 

1,5 

1,5 

0,5 

0,5 

3 

3,5 

9 

a 

11 


21 

17 

5 

1,5 

1,5 

0,5 

3 


12 


20 

15,5 
5 

î,5 
1,5 
0,5 
3 


13 


20 
15.5 

5 

1,5 

1.5 

0,5 
3 


14 


14 

11 

3 

1 

1 

0,2 

o 

1 


(1)  Les  deux  derniers  échantillons  ne  sont  pas  adultes). 


OUVRAGES  CONSULTES 


IIolt  et  Byrne.  —  Bristisb  aud  Irish  Gobies.  [Rep.  Sea  lui.  Fish. 
Ireland  1901  (Part  II.  App.  III). 

Fries,  Ekstrôm,  Sundevall.  —  Scandinavian  Fisb.es  (I.,  pp.  260-61). 

Guitel.  —  Descriptions  comparatives  des  L,epadogaster  bimaculatus 
Pennant  et  microcephalus  Brook.  (Arch.  Zool.  exp.  (4),  II,  1904,  p.  357 
495). 


15 

iii 

13 
10 

3 

1 

1 
0,2 

2 

1 


Ouvrages  offerts 

Caullery  (Maurice).  Titres  et  travaux  scientifiques  1891-1908.  (Laval, 
Barnéoud,  1908,  117  p.) 

Fauré-Fremiet  (E.).  Étude  sur  les  initockondries  des  Protozoaires 
et  des  cellules  sexuelles.   (Arch.  Anal.  micr.   XI,  p.  457-648,  pi.  xix- 

XXII.) 

Fauré-Fremiet.  Le  Myclerolhrix  tuamotaensis  (Trichorhynchus  tua- 
moluensis)  Balbiani.  [Arch.  Protislenk.  XX,  p.  223-238,  pi-  xiv.) 

Fauré-Fremiet  (E.),  André  Mater  et  Georges  Schaeffer.  Sur  la 
microcbiraie  des  corps  gras.  [Anat.  Anz.  XXXVI,  p.  596-598.    ■ 


Séance  dit  S  novembre  1910. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  COUTIÈRE,  PRÉSIDENT. 

«  Die  Natnrforschende  Gesellschaft  zu  Rostock  »  demande 
l'échange  des  publications  de  la  Société  avec  les Silziingsberichte 
und  Abhandlungen  der  Naturforschenden  Gesellschaft  zu  Ros- 
tock. N.  F.  Renvoyé  au  Conseil. 

M.  le  professeur  N.  de  Zograf  annonce  que  M.  R.  Blanchard 
est  nommé  grand-officier  de  Tordre  de  Saint-Stanislas,  M.  Cou- 
tière,  commandeur  de  Saint-Stanislas,  et  M.  Rorert,  chevalier 
de  Sainte-Anne  de  Russie. 

M.  P.  Paris  signale  les  deux  faits  suivants  :  «  1°  La  capture 
à  Nogent-les-Montbard  (Côte-d'Or),  le  23  novembre  1907, 
d'une  Genette  {Genetta  vulgaris  Cuv.).  C'est  la  première  fois, 
à  ma  connaissance,  que  cet  animal  a  été  capturé  dans  le  dé- 
partement de  la  Côte-d'Or.  2°  Depuis  quelque  temps,  les 
chasseurs  d'Oiseaux  de  proie  de  ce  département  emploient  au 
lieu  et  place  du  Grand  Duc,  et  avec  un  succès  au  moins  égal, 
un  Chat  domestique  empaillé.  » 

M.  Petit  signale  le  travail  remarquable  de  deux  Chimpanzés 
dressés,  dans  un  théâtre  parisien. 

M.  Benoit-Bazili.e  décrit  les  procédés  de  dressage  des 
animaux  sauvages.  C'est  uniquement  par  la  terreur  que  l'on 
dompte  les  bètes  et  c'est  seulement  à  coups  de  fouet  qu'on 
peut  les  faire  obéir,  même  les  plus  intelligentes.  L'emploi  de 
la  douceur  ne  donne  aucun  résultat.  La  question  de  personne 
n'est  pour  rien,  et  un  dompteur  peut  faire  immédiatement  répé- 
ter à  un  animal  dressé  par  un  autre  tous  ses  exercices,  à  la 
condition  de  faire  les  mêmes  gestes. 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 


173 


LES    GLANDES   LABIALES   DES   HYDROCORISES 


PAR 


E.  FAURÉ-FREMIET 


On  nomme  souvent  «  glandes  salivaires  »,  chez  les  Insectes, 
les  glandes  du  sixième  somite.  Cependant,  le  rôle  de  ces 
glandes,  même  lorsqu'il  n'est  pas 
adapté  à  une  fonction  très  spéciale 
et  bien  déterminée  comme  la  sécrétion 
de  la  soie,  est  fort  peu  connu,  et  sou- 
vent très  discutable.  Tel  est  le  cas  en 
particulier  des  glandes  du  sixième 
somite  des  Hydrocorises,  ou  glandes 
labiales  ;  secrètent-elles  un  produit 
venimeux  ou  un  liquide  digestif  ?  Quel 
est  dans  l'un  ou  l'autre  de  ces  cas 
le  rôle  d'une  autre  paire  de  glandes, 
celles  dites  maxillaires  ?  Ces  questions 
de  physiologie  entomologique  sont 
encore  sans  réponse.  Avant  de  les 
aborder,  il  est  d'ailleurs  nécessaire  de 
préciser  nos  connaissances  sur  l'ana- 
tomie  et  l'histologie  de  ces  organes. 
C'est  ce  que  j'ai  tenté  de  faire,  après 
Bugnon,  dans  un  mémoire  actuellement 
sous  presse,  et  dont  je  résumerai 
seulement  les  conclusions. 


Les  glandes 


Fig.  1.  —  Glande  labiale  de 
Naucoris  cimicoïdes  $  , 
montrant  la  glande  princi- 
pale hilobée,  la  glande  ac- 
cessoire repliée,  le  canal 
excréteur,  et  le  système 
trachéen. 


Structure  générale.  - 
labiaires     des     Hydrocorises     consti- 
tuent un  organe  pair, dont  chacun    est 

formé  par  une  glande  dite  principale,  bilobée,  généralement 
située  dans  le  thorax,  munie  d'un  canal  excréteur  qui  prend 
naissance  au  point  d'union  des  deux  lobes  et  se  rend  à  la 
«  pompe  salivaire  »,  petit  organe  aspirateur  très  bien  décrit 
par  Bugnon.  Le  canal  excréteur  reçoit  tout  près  de  son 
extrémité  glandulaire  un  canal  qui  met    en    communication  la 


174  SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 

glande    principale   avec    la    «  glande  accessoire  »  de  Bugnon, 
ou   mieux,   le   «  réservoir  »  de  Dufour. 

Glande  principale.  —  La  structure  de  la  glande  principale 
est  relativement  simple  :  ses  deux  lobes  sont  constitués  par  de 
grosses  cellules  vacuolaires  avec  un  ou  plusieurs  noyaux  du 
type  granuleux  homogène,  disposées  radiairement  autour  d'un 
canal  central  tapissé  de  petites  cellules  fusiformes.  Les  grandes 
cellules  vacuolaires,  seules  sécrétrices,  sont  entourées  par  un 
réseau  de  fibrilles  musculaires  qui  détermine  l'expulsion  du 
produit  d'élaboration  dans  le  canal  glandulaire. 

Mais,  si  ce  tableau  général  est  vrai  pour  toutes  les  espèces 
d'Hydrocorises,  la  disposition  varie  légèrement  suivant  ces 
mêmes  espèces. 

Chez Notonecta  il  existe  un  lobe  antérieur  et  un  lobe  posté- 
rieur intimement  unis  l'un  à  l'autre. 

Chez  Naucoris  il  en  est  de  même,  mais  le  lobe  postérieur  se 
termine  lui-même  par  un  lobule. 

Chez  Nepa  et  Belostoma  les  deux  lobes  sont  séparés  par  un 
canal  assez  long  et  le  lobe  postérieur  présente  à  sa  partie  anté- 
rieure deux  renllements  en  forme  de  vésicules. 

Or,  l'examen  histologique  montre  que  la  glande  principale 
est  le  siège  de  trois  sécrétions,  à  savoir  :  A)  une  substance 
grasse  ;  B)  un  produit  précipitable  par  l'alcool  et  colorable  par 
la  fuchsine  et  l'orange  G  ;  C)  un  produit  précipitable  par 
l'alcool  et  colorable  par  le  bleu  d'aniline. 

Ces  trois  produits  sont  expulsés  dans  le  canal  de  la  glande, 
et  le  jeu  de  la  pompe  salivaire  les  aspire  et  les  expulse  dans 
les  pièces  buccales,  en  même  temps  que  le  liquide  produit  par 
la  glande  accessoire.  On  trouve  ces  trois  produits  dans  les 
glandes  labiales  de  toutes  les  Hydrocorises,  et  ils  caractérisent 
donc  bien  le  liquide  sécrété  par  ces  glandes  ;  mais  il  est  inté- 
ressant de  constater  qu'ils  ne  sont  pas  toujours  produits  par 
les  parties  homologues  de  ces  mêmes  glandes,  c'est-à-dire, 
que  les  homologies  morphologiques,  si  faciles  à  établir  lors- 
qu'on compare  ces  organes  chez  les  diverses  espèces,  ne  se 
superposent  pas  aux  homologies  fonctionnelles.  En  effet  : 

A)  La  substance  grasse  est  produite  chez  Notonecta,  par  le 
lobe  antérieur  ;  chez  Naucoris,  par  la  région  terminale  du  lobe 
postérieur  ;  chez  Nepa,  par  les  renllements  vésiculaires  du 
canal    du    lobe    postérieur.    Cette    substance    est,    d'ailleurs, 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 


175 


variable  suivant  les  espèces.  Il  semble  que  ce  soit  une  graisse 
neutre  chez  Nepa  et  une  lécithine  (?)  chez  Notonecta. 

B)   La  substance  précipitable  par  l'alcool  et  Colombie  par  la 

Fig.  2. 


Fio.  3. 


Fig.  4. 


Glande  labiale  des  Hydrocorises.  —  Fig.  2.  chez  Naucoi'is  cimicoïdes  $.  —  Fig.  3. 
chez  Nepa  cinerea.  —  Fig.  4.  chez  Notonecta  glauca.  —  Le  produit  lipoïde  est 
coloré  en  noir. 

fuchsine  et  l'orange  est  produite  chez   les   trois   espèces   sus- 
citées par  le  lobe  postérieur. 

C)  La  substance  précipitable  par  l'alcool  et  Colombie  par  le 
bleu  d'aniline  est  produite  chez  Notonecta  par  le  lobe  posté- 
rieur, chez  Naucoris  et  chez  Nepa  par  le  lobe  antérieur. 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  —  14 


176  SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 

Glande  accessoire.  —  La  glande  accessoire  est  constituée 
par  une  sorte  de  sac  dont  la  paroi  est  formée  par  un  épithé- 
lium  plat,  garni  du  côté  interne  par  une  bordure  en  brosse, 
et  du  côté  externe  par  une  fine  membrane  basale  que  traver- 
sent de  nombreuses  ramifications  trachéennes  dont  les  termi- 
naisons sont  intracellulaires.  Les  cellules  de  cet  épithélium 
présentent  des  chondriochontes  basaux  ou  des  boules  et 
vacuoles  lipoïdes,  c'eft-à-dire  qu'elles  se  rapprochent  par  leur 
structure  d'éléments  excréteurs  (canalicules  du  rein,  tubes  de 
Malpighi).  Les  documents  font  défaut  quant  à  la  nature  chi- 
mique du  liquide  sécrété  ou  excrété  par  cet  organe. 

Il  résulte  de  ces  quelques  faits,  que  si  le  rôle  du  liquide 
produit  par  les  glandes  labiales  des  Hydrocorises  est  inconnu, 
sa  composition  est  singulièrement  complexe. 

Je  n'insisterai  pas  sur  la  structure  et  le  fonctionnement  de 
la  pompe  salivaire,  si  bien  décrite  par  Bugnon,  et  je  rappelle- 
rai seulement  qu'elle  est  constituée  par  des  replis  chitineux 
extrêmement  compliqués  de  la  base  du  labium. 

Conclusions.  —  La  glande  labiale  des  Hydrocorises  est  en 
réalité  composée  de  trois  glandes  distinctes  : 

A)  Deux  glandes  rhagiocriues  (Renaut)  dont  l'une  sécrète 
une  albumine,  et  l'autre,  peut-être,  une  globuline. 

B)  Une  glande  lipocrine. 

A  ces  trois  glandes  s'ajoute  un  organe  qui  semble  être 
un  organe  excréteur  élaborant  un  liquide  de  nature  indéter- 
minée. 


Ouvrages  offerts. 


Billiard  (G.).  —  Complément  à  la  note  sur  une  Bactérie  productrice 
de  couleur  verte.  (Bull.  Soc.  Bot.  France,  L VI,  p.  556-563). 

Marquordt  (Hans).  —  Untersuchungen  ûber  Allersverànderungen 
an  der  Drùsenschleiinhaut  des  Pferdemagens  (Bockenein,  1909,  33  p., 
8  pi.) 

Pellegrin  (Dr  Jacques).  —  Notice  sur  les  titres  et  travaux  scienti- 
fiques du  Dr  J.  Pellegrin.  (Paris,  Masson,  1910,  104  p.) 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910  177 


NOTE 
SUR  LE  COSMOPOLITISME  DES   ANIMAUX  D'EAU  DOUCE 

PAR 

Le    D'    N.    de    ZOGRAF 


C'est   surtout    parmi     les    animaux    ii   ertébrés      les  \ 

douces  qu'on    trouve  des  animaux   cosmopolites.     Le>    < 
cères,    les    Copépodes,    les    Rotateurs,    les    Protozoaires     des 
eaux  douces,  sont  pour  la  plupart  les  mêmes  en  Eurasie  et  en 
Amérique,  en  Afrique  et  en  Australie. 

Le  fameux  Kotateur  Trochosphœra  œquatorialis,  trouvé  par 
Semper  clans  les  eaux  douces  des  îles  Philippines  et  estimé 
comme  une  forme  spéciale  a  été  constaté  ensuite  en  Chine, 
en  Australie,  même  en  Amérique. 

Les  animaux  des  eaux  douces  ne  sont  pas  les  seuls  animaux 
cosmopolites.  On  en  trouve  assez  parmi  les  animaux  terres- 
tres. L'Homme  et  son  fidèle  Chien  présentent  un  exemple 
d'animaux  cosmopolites  au  plus  haut  degré.  Mais  ce  n'est  pas 
des  animaux  qui  se  répandent  sur  la  surface  du  globe  terrestre 
activement  ou  volontairement  que  je  veux  parler  dans  cette 
petite  note  ;  elle  est  destinée  aux  animaux  se  répandant  pas- 
sivement à  l'aide  des  forces  majeures. 

La  Russie  possède  une  quantité  de  formes  qu'on  doit  consi- 
dérer comme  cosmopolites  et  il  me  semble  que  le  cosmopoli- 
tisme de  certaines  de  ces  formes  habitant  la  Russie  peut  être 
expliqué  par  plusieurs  causes  ;  c'est  ce  que  je  viens  essayer, 
en  espérant  que  cet  essai  donnera  l'exemple  à  d'autres  zoo- 
logistes s'intéressant  à  la  question  du  cosmopolitisme  des 
animaux. 

Les  causes  du  cosmopolitisme  des  animaux  d'eau  douce  sont 
bien  différentes.  Ce  sont  les  phénomènes  géologiques,  les 
phénomènes  météorologiques,  les  phénomènes  biologiques, 
ainsi  que  quelques  phénomènes  accidentels,  imprévus. 

Je  commence  par  les  phénomènes  géologiques. 

On  sait  bien  que  pendant  l'âge  glaciaire  la  plus  grande 
partie  de   l'Europe  septentrionale  était  couverte  de  glace.  Le 


178  SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 

glacier  immense  de  l'Europe  septentrionale  couvrait,  selon 
Geikie  (1),  pendant  son  extension  maxima,  l'Irlande  et  presque 
toute  l'Ile  de  la  Grande-Bretagne,  en  laissant  ouverte  sa  partie 
méridionale  avec  la  Tamise  et  la  presqu'île  de  Cornouailles, 
la  mer  du  Nord  (allemande),  la  Hollande,  l'Allemagne  septen- 
trionale jusqu'à  Cologne,  aux  montagnes  de  Thuringe,  de  Saxe 
et  de  Bohème,  la  Pologne  russe  presque  jusqu'aux  monts  Car- 
pathes,  la  presqu'île  Scandinave,  la  Russie  septentrionale  et  cen- 
trale jusqu'à  Kiev  (sur  la  carte  :  3),  Toula  (4),  Voronej  (Voronest) 
(5).  Les  études  des  géologues  russes  nous  apprennent  que  ce  gla- 
cier s'étendait  au  delà  du  Volga,  en  couvrant  Saratov  (6')  jus- 
qu'aux steppes  des  Kirghises  (7).  Là,  les  limites  du  grand 
glacier  montent  au  nord  ;  leur  extension  n'est  pas  encore 
définie  dans  le  détail,  mais  on  pense  que  Geikie  avait  tort  en 
indiquant  que  la  partie  orientale  était  libre  de  glaces.  Peut- 
être  que  le  glacier  descendait  jusqu'aux  monts  Oural  [S). 

En  outre,  les  glaciers  de  la  Suisse  descendaient  au  delà  de 
Munich  en  le  couvrant  de  glaces,  s'étendaient  à  l'ouest  jusqu'à 
Lyon,  à  l'est  jusqu'aux  environs  de  Vienne,  au  sud  jusqu'aux 
alentours  de  Nice,  aux  lacs  de  l'Italie  septentrionale,  à  Vérone. 
Les  Pyrénées,  les  hautes  montagnes  d'Espagne,  quelques 
sommets  des  Carpathes,  des  Appennins,  étaient  couverts  de 
glace.  Le  mont  Caucase  était  tout  à  fait  enseveli  sous  les  glaces. 

Il  restait,  pendant  ce  maximum  du  grand  glacier  en  Russie 
d'Europe,  peu  de  localités  libres  de  glaces.  C'était  seulement 
la  partie  méridionale  du  pays,  couverte  à  présent  principale- 
ment par  des  steppes. 

Nos  géologues  supposent  que  cet  âge  glaciaire  a  été  inter- 
rompu par  une  ou  deux  périodes  d'un  refroidissement  moindre, 
après  lesquelles  les  glaciers  se  sont  avancés  de  nouveau  vers 
le  sud,  mais  ont  changé  leurs  frontières  en  ayant  une  exten- 
sion moindre  que  pendant  la  période  maxima  du  glacier. 

C'est  en    me    basant  sur  cette  théorie    que  j'ai  proposé  en 

1895  mon  hypothèse  sur  l'origine  des  lacs  de  la  Russie  d'Eu- 
rope (2),  acceptée  par  quelques  hydrogéographes  suisses  et 
allemands,  par  exemple  le  professeur  Zschokke  à  Bâle  et  le 
docteur  Steuer  à  Vienne. 

C'est  cette  même  hypothèse  qui  me  permet  d'expliquer  l'iden- 
tité des  potamofaunes  des  grands  fleuves  de  la  Russie  d'Europe, 

(1)  James  Geikie.  —  The  great  ice  âge  (Londres,   1894). 

(2)  Comptes-rendus  du  troisième  Congrès  international  de   zoologie  à    Leyde  en 

1896  (Leyde,  1896). 


Russie  d'Europe 

LÉGENDE 

1. 

Saint-Pétersbourg. 

13. 

Dvina  septentrionale. 

25. 

Serpoukhov. 

2. 

Moscou. 

11. 

Msta. 

26. 

Karkov. 

3. 

Kiev. 

15. 

llmène. 

27. 

Ya-Mal. 

A. 

Toula. 

16. 

Volkhov. 

28. 

Mougodjar. 

5. 

Voronej. 

17. 

Neva 

29. 

Nouvelle  Zemble. 

6. 

Saratov. 

18. 

Ladoga. 

30. 

Litlmanie. 

7. 

Steppes  des  Kirghises. 

19. 

Dniéstre. 

31. 

Vistule. 

8. 

Monts  Oural. 

20. 

Soukhona. 

32. 

Niémen. 

9. 

Volga. 

21. 

Provalnoïé. 

33. 

Kazan. 

10. 

Don. 

22. 

Houza. 

34. 

Ou  fa. 

11. 

Dniépre . 

23. 

Borjom. 

35. 

Gloubokoïé  ozero. 

12. 

Dvina  occidentale. 

24. 

Oka. 

36. 

Onega. 

180  SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 

Volga  (9),  Don  (10),  Dniépre  (//),  Dvina  occidentale  (13), 
Dvina  septentrionale  (13),  Msta(//)  avec  le  lac  Ilmène  (15)  et 
le  Volkhov  (16),  quoique  ces  fleuves  se  jettent  dans  les  mers 
Caspienne  (Volga — 9),  Noire  (Dniépre — //),  d'Azov  (Don  — 
10),  Baltique  (Dvina  occidentale  —  13),  baie  finnoise  (Neva)  — 
11 ',  avec  le  lac  Ladoga  (18)  dans  lequel  se  jelte  le  Volkhov), 
Blanche  (Dvina  septentrionale  — 13).  Le  Dniéstre  (19)  si  proche 
du  Dniépre,  mais  prenant  commencement  dans  une  localité 
différente,  dans  les  monts  Carpathes,  a  aussi  une  faune  tout  à 
fait  différente. 

Les  glaciers  ont  laissé  dans  la  Russie  du  nord-ouest,  ainsi 
qu'en  Finlande,  une  quantité  de  lacs,  de  marais,  couvrant  une 
surface  énorme.  On  ne  connaît  pas  encore  d'une  manière 
détaillée  ni  la  faune,  ni  l'hydrologie,  ni  les  conditions  météo- 
rologiques et  géologiques,  ni  le  nombre  absolu  de  ces  bas- 
sins, mais  nous  les  comptons  par  milliers  et  supposons  que 
leur  quantité  doit  dépasser  dix  mille  !  Le  sol  est  ici,  pour  ainsi 
dire,  imbibé  d'eau. 

Ce  sont  ces  masses  d'eau  qui  donnent  naissance  à  nos  fleuves 
les  plus  grands.  Si  vous  étudiez  la  carte  hydrologique  de  la 
Russie  d'Europe  même  superficiellement,  vous  voyez  que  la 
Dvina  occidentale  (13)  se  jetant  dans  la  Baltique,  le  Msta  (14) 
avec  rilmène  (15)  et  le  Volkhov,  se  jetant  dans  le  Ladoga 
(18),  débris  d'une  mer  qui  réunissait  la  Baltique  à  la  mer 
Blanche;  la  Dvina  septentrionale  (13),  dont  la  partie  supérieure 
se  nomme  Soukhona  (W)  et  prend  sa  source  dans  le  lac  Kou- 
benscoïé,  se  jetant  dans  la  mer  Blanche,  le  Volga  (9)  se  jetant 
dans  la  mer  Caspienne,  le  Dniépre  (//),  se  jetant  dans  la  mer 
Noire,  prennent  leur  source  dans  une  contrée  commune 
couverte  de  lacs,  de  marais  et  de  forêts.  Les  sources  du  Don 
(10)  ne  sont  pas  aussi  par  trop  éloignées  de  ce  pays. 

Les  bouches  de  la  Dvina  septentrionale  (13)  et  du  Dniépre 
(//)  sont  séparées  par  une  distance  énorme  de  18  degrés  de 
latitude;  les  flores  et  faunes  terrestres  de  leurs  bords  sont  tota- 
lement différentes,  et,  pourtant,  on  ne  trouve  pas  de  grandes 
différences  dans  leur  faune  potamologique. 

Mon  assistant  et  élève  M.  Voronkow  a  montré  que  le  plank- 
ton  des  fleuves  dépend  en  grande  partie  du  plankton  de  leur 
source.  Comme  les  sources  des  grands  fleuves  russes  ont  une 
origine  commune,  c'est  une  des  raisons  de  l'égalité  de  leur 
potamofaune.  Les  caractères  du  cours  de  ces  fleuves,  qui  par- 


0" 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910  181 

courent  un    pays    plat,  sont   aussi    presque   identiques,  ce  qui 
collabore  aussi  â  l'uniformité  de  leur  faune. 

Les  conditions  géologiques  peuvent  encore  aider  le  cosmopo- 
litisme des  eaux  douces  d'une  manière  différente,  et  je  vais 
essayer  de  le  montrer  par  un  exemple  assez  curieux. 

En  1909,  un  de  mes  jeunes  élèves,  M.  Stchégolev  (Stshe- 
olew),  en  étudiant  les  collections  apportées  par  l'étudiant  de 
l'Université  de  Moscou  Troïtzky,  de  Provaînoïé  (2/),  où  se 
trouvent  les  immenses  haras  des  troupes  cosaques,  a  trouvé  IA- 
bas  des  Hirudinées  très  intéressantes,  les  Trocheta  subviridis  de 
Moquin-Tandon.  Provaînoïé  présente  un  intérêt  particulier, 
parce  qu'il  est  placé  dans  les  steppes  vierges,  qui  n'ont  subi 
aucune  influence  de  la  culture,  aucun  changement,  et  les  Che- 
vaux paissent  dans  ces  steppes,  également  comme  l'ont  fait  les 
Chevaux  des  hordes  des  Ta  tares  Nogaïs  avant  la  conquête  du 
pays  par  la  Russie.  Ces  steppes  couvrent  un  espace  de  près  de 
30.000  hectares,  et  on  ne  trouve  presque  pas  d'autre  si  grande 
steppe  vierge  dans  la  Russie  méridionale,  où  les  steppes  sont 
à  présent  remplacées  par  des  champs  de  blé. 

M.  Stchegolkv  a  entrepris,  sur  ma  proposition,  une  révision 
de  la  distribution  zoogéographique  de  Trocheta  subviridis. 
Cette  dernière  a  été  signalée  à  Londres,  en  France,  en  Ligurie. 
M.  Apatry  l'a  trouvée  en  Hongrie,  mais  cette  trouvaille  lui  a 
paru  si  paradoxale,  qu'il  n'a  pas  voulu  la  regarder  comme 
Trocheta,  qu'il  a  même  commencé  de  mettre  en  doute  l'indé- 
pendance du  genre  Trocheta,  en  l'unissant  au  genre  Nephelis. 
Enfin,  on  la  trouve  à  Provaînoïé. 

Mais  si  on  consulte  la  carte  de  l'âge  glaciaire  de  M.  Geikie, 
on  voit  que  Londres  et  ses  alentours,  l'occident  de  la  France 
où  est  signalée  la  Trocheta,  la  Ligurie,  la  Hongrie  et  Provaînoïé 
sont  situés  dans  des  localités  libres  de  glaces  pendant  l'âge 
glaciaire.  Il  n'y  a  rien  d'impossible  à  ce  que  ce  cosmopolitisme 
s'explique  par  la  distribution  des  glaciers  pendant  l'âge  de  la 
glace.  On  peut  supposer,  ou  que  les  Trocheta  habitaient  avant 
l'Age  de  la  grande  glace  les  contrées  qui  ont  été  ensuite  cou- 
vertes de  glace,  ou  qu'elles  se  répandaient  pendant  l'âge  gla- 
ciaire dans  les  localités  libres  de  glace. 

Parmi  les  causes  météorologiques,  ce  sont  le  vent,  les  pluies 
et  les  inondations  qui  aident  le  plus  au  cosmopolitisme  des 
animaux  d'eau  douce. 

Le  vent  transporte  beaucoup  d'animaux  d'eau  douce,  surtout 
parmi  ceux  qui  habitent  les  petits  bassins  se  desséchant  pendant 


182  SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 

les  chaleurs  de  l'été.  Le  défunt  professeur  MARiON,de  Marseille, 
m'a  dit  que  pendant  le  sirocco  soufflant  de  l'Afrique  ou  peut 
rassembler  à  Marseille  la  poussière  provenant  de  l'Afrique  et 
cultiver,  en  mettant  cette  poussière  dans  l'eau  douce,  les 
Rotateurs  et  les  Protozoaires  africains.  Il  n'y  a  rien  d'impos- 
sible à  ce  qu'on  puisse  de  même  attraper  en  Afrique  la  pous- 
sière européenne.  J'ai  trouvé  dans  la  Bévue  scientifique  de 
1900  ou  de  1901  une  indication  sur  le  transport  de  la  poussière 
du  Sahara  dans  l'Europe  du  nord-ouest. 

Sur  la  rive  occidentale  de  l'Afrique  du  nord  soufflait  un 
ouragan  effrayant.  Il  apportait  du  Sahara  une  quantité  de 
poussière  si  énorme  que,  dans  le  journal  du  bord  d'un  navire 
passant  parallèlement  à  la  côte  occidentale,  on  lisait  que 
l'abondance  de  la  poussière  ne  permettait  pas  de  voir  de  la 
poupe  du  navire  ce  qui  se  faisait  à  son  avant. 

Ces  nuées  de  poussière  ont  rencontré  dans  l'Océan  Atlantique 
une  tempête  qui  se  dirigeait  du  sud-ouest  vers  le  nord-est. 
Cette  tempête  a  apporté  la  poussière  dans  l'Europe  du  nord- 
ouest,  et  le  lendemain  de  cet  ouragan  on  constatait  dans  les 
observations  météorologiques  de  Glasgow  et  de  Bruxelles  une 
poussière  extraordinaire,  contenant  les  cristaux  microscopiques 
d'une  variété  de  tourmaline  ne  se  trouvant  qu'au  Sahara. 

Je  cite  ce  phénomène  pour  montrer  quelles  routes  peuvent 
prendre  les  œufs  ou  même  les  animaux  dans  l'état  anabiotique 
pour  changer  de  patrie,  pour  être  transportés  d'une  localité 
dans  une  autre,  même  d'une  partie  de  la  terre  dans  une  autre. 

C'est  surtout  dans  la  Russie,  avec  ses  plaines  infiniment 
grandes,  que  les  animaux  peuvent  être  tranférés  par  le  vent. 
Nous  connaissons  des  cas  où  les  Oiseaux  des  steppes  de  l'Asie 
centrale  peuvent  être  transportés  par  les  vents,  soufflant  de 
l'orient,  en  Russie  centrale. 

Mais  retournons  aux  habitants  de  l'eau  douce.  Chaque  prin- 
temps, pendant  la  fonte  de  la  neige,  la  Russie  est  couverte  de 
mares  ou  de  flaques  d'eau.  Ces  mares  sont  extrêmement  riches 
en  population  d'une  vie  bien  extraordinaire.  Ce  sont  principa- 
lement des  Cladocères,  Copépodes,  Ostracodes,  Phyllopodes, 
Turbellariés,  Rotateurs  et  Protozoaires.  La  vie  de  tous 
ces  animaux  est  très  courte.  Si  on  étudie  plus  profondé- 
ment cette  vie,  principalement  leur  développement,  on  voit 
comment  la  nature  les  préserve  de  l'influence  fatale  de  l'été 
approchant.  Les  Rotateurs,  les  Tardigrades  ou  les  Nématodes 
libres  tombent  dans  l'état  d'anabiose.  Mais  la  plupart  des  orga- 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910  183 

nismes  des  mares  vernales  ne  possèdent  pas  cette  qualité  pré- 
cieuse et  ne  peuvent  se  défendre  de  cet  obstacle  si  sérieux 
pour  leur  existence,  que  par  un  développement  hâtif.  Mais 
quelquefois  cela  ne  les  défend  pas  du  péril,  et  parfois  les  cha- 
leurs commencent  si  tôt  et  deviennent  si  grandes  que  le  bassin 
se  dessèche  avant  que  les  animaux  aient  fini  leur  développe- 
ment. Alors  les  animaux  périssent  et  disparaissent  pour  long- 
temps. 

Ainsi,  par  exemple,  ont  disparu  les  Limnetis  brachyura  des 
mares  du  village  de  Viazovka  près  de  Moscou  (2),  depuis  le 
printemps  très  chaud  de  Tan  1903  et  mon  laboratoire  a  été 
privé  de  ce  matériel  pour  nos  travaux  pratiques  de  l'Univer- 
sité. Le  même  Crustacé  a  disparu  de  ma  propriété  de  Mytniki 
près  de  Rouza  (22)  après  le  dessèchement  d'un  petit  marais, 
où  on  le  trouvait  en  abondance. 

Mais  comment  la  nature  se  hâte  d'accomplir  les  processus 
du  développement,  c'est  ce  que  montrent  mes  études  sur  les 
Phyllopodes,  publiées  dans  le  Zeitschrift  fur  wissemchaftliche 
Zoologie  et  dans  la  Journal  biologique  (1).  Pendant  les 
aimées  à  printemps  chaud  et  sec,  les  noyaux  masculin  et  fémi- 
nin de  l'œuf  fécondé  ne  perdent  pas  le  temps  à  s'unir  dans  un 
noyau  de  division  et  accomplissent  le  processus  de  la  première 
division  séparément.  L'oocyte  ayant  besoin  d'une  grande  quan- 
tité de  vitellus  pour  l'alimentation  de  l'embryon,  engloutit  les 
cellules  voisines  de  l'ovaire,  celles  que  les  auteurs  allemands 
désignent  sous  le  nom  de  «  cellules  nutritives  »  (Niihrzellen), 
en  commençant  par  une  nutrition  plus  lente,  produite  par 
l'apposition  des  oocytes  aux  cellules  nutritives  et  par  l'imbibi- 
tion  de  leur  plasma  et  finissant  par  une  nutrition  plus  rapide 
en  avalant  des  cellules  entières  par  voie  phagocytaire.  C'est 
ainsi  que  se  fait  la  nutrition  des  œufs  chez  le  Chirocephalus 
Josephinse. 

Quand  les  mares  deviennent  sèches,  le  vent  soulève  la  pous- 
sière de  leur  fond  et  la  chasse  loin  du  lieu  de  leur  origine. 
Ce  ne  sont  pas  seulement  les  animaux  microscopiques  qui  sont 
chassés  par  le  vent,  ce  sont  souvent  les  animaux  visibles  à 
l'œil  nu.  Une  fois,  après  un  vent  assez  fort,  j'ai  trouvé  dans 
une  propriété  à  Mytniki,  dans  un  cuveau  rempli  d'eau,  un 
Limnetis  brachyura  flottant  sur   la    surface  de  l'eau.    L'animal 

(1)  N.  vo.\  Zograf.  Phyllopodenstudien,  [Zeitschr.  wiss.  Zool.  LXXXVI,  1907). — 
N.  de  Zograf.  Encore  un  cas  de  l'indépendance  des  noyaux  du  sperme  et  âe  l'œuf 
dans  un  œuf  lécondé  (Journal  biologique,  Moscou,  I,  1910). 


184  SÉANCE    DU    8    NOVF.MBKK    1910 

était  mort  et  sec,  mais  les  œufs  attachés  à  la  surface  intérieure 
des  valves  étaient  capables  de  vivre. 

J'ai  écrit  comment  la  poussière  avec  les  animaux,  leurs 
œufs  ou  embryons,  était  transportée  d'Afrique  à  Marseille  et 
probablement  plus  loin.  On  comprend  bien  que  si  les  ani- 
maux ou  leurs  œufs  trouvent  dans  le  nouveau  pays,  où  ils  sont 
transportés,  des  conditions  favorables,  ils  peuvent  s'acclimater 
et  former  un  nouveau  centre  de  propagation  de  l'espèce.  Ainsi 
l'espèce  peut  devenir  peu  à  peu  cosmopolite. 

Les  Phyllopodes  présentent  une  quantité  de  cas  d'un  cosmo- 
politisme des  plus  prononcé  probablement  d'une  origine  pa- 
reille. M.  Voronkov  m'a  apporté  de  Borjom  (Borshom)  {23),  en 
Transcaucasie,  des  Phyllopodes  bivalves  du  genre  Estheria, 
que  je  n'ai  pas  pu  déterminer  facilement.  J'ai  envoyé  ces  spé- 
cimens au  célèbre  carcinologiste  G.  0.  Sars  à  Christiania,  et 
le  savant  norvégien  m'a  appris  que  ces  Crustacés  étaient  des 
variations  de  Leptestheria  siliqua,  trouvée  jusqu'alors  dans 
l'Afrique  méridionale  près  de  la  ville  de  Cap.  Or,  la  distance 
de  Borjom  au  Cap  est  énorme  ! 

En  1904,  une  excursion  du  Cercle  des  étudiants  pour  les 
études  de  la  nature  de  Russie  a  trouvé  au  mois  de  mai  dans 
les  mares  au  bord  du  fleuve  Oka  (24),  près  de  Serpoukhov 
(25),  un  Phyllopode,  le  Chirocephalus  carnuntanus,  signalé 
jusqu'alors  en  Hongrie,  près  de  Presbourg.  Mon  élève  M. 
Martynov,  assistant  à  l'université  de  Varsovie,  a  apporté  en 
1905  de  Mandchourie  le  Phyllopode  Branchipodopsis  affinis 
signalé  jusqu'alors  en  Mongolie  occidentale.  Il  a  trouvé 
là-bas  aussi  VEstheria  tetracera,  connue  jusqu'alors  en 
Russie  a  Kharkov  (26').  En  1909.,  le  professeur  agrégé  de  l'uni- 
versité de  Moscou  M.  Jitkov  (Shitkov)  trouve  le  même  Crus- 
tacé  en  extrême  Sibérie  septentrionale  dans  les  lacs  de  la 
presqu'île  Ya-Mal  (27).  On  trouve  le  Slreptocephalus  auritas, 
décrit  par  Koch  en  Allemagne  centrale  et  en  même  temps  par 
Waga  dans  les  environs  de  Varsovie,  à  Saratov  (6)  et  dans  les 
steppes  Mougodjar  (Mugodshar)  (28),  au  sud  des  monts  Oural. 
Mais  tandis  qu'à  Saratov  on  rencontre  la  variété  minuscule  de 
Varsovie  décrite  par  Waga  sous  le  nom  de  Branchipus  torvi- 
cornis,  la  forme  de  Mougodjar  est  aussi  grande  et  forte  que  le 
Streptocephalus  auritus  d'Allemagne. 

Mais  on  trouve  parmi  les  mêmes  Phyllopodes  des  formes 
n'habitant  qu'une  certaine  localité  ou  des  contrées  ayant  un 
certain  climat.  Les  eaux  douces  arctiques  renferment  les  Phyl- 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910  185 

lopodes  bizarres  Polyartemia  forcipata,  décrits  dès  le 
xvme  siècle  par  0.  F.  Muller  dans  sa  «  Zoologia  danica  ».  On 
connaît  cette  forme  en  Norvège,  Suède  septentrionale,  a  l'île 
de  Nouvelle-Zemble  ($9),  à  la  presqu'île  Va-Mal  (27),  en 
Sibérie  orientale  dans  les  eaux  dépendant  du  fleuve  Yana. 
C'est  une  forme  circumpolaire  qui  suit  les  glaces  et  la  neige 
fondante. 

L'expédition  de  l'Académie  impériale  de  Saint-Pétersbourg, 
qui  a  exploré  le  fleuve  Yana,  a  rapporté  un  matériel  varié  et 
précieux  décrit  par  G.  0.  Sars,  qui  y  a  trouvé  une  quantité  de 
formes  locales  et  tout  à  fait  nouvelles  parmi  les  Phyllopodes, 
en  même  temps  que  les  formes  si  répandues,  comme  le 
Lymnetis  brachyura  et  la  Polyartemia  forcipata. 

Comment  doit-on  expliquer  ce  voisinage  des  formes  spéciales 
avec  les  formes  ordinaires,  vulgaires? 

Je  pense  que  l'explication  n'est  pas  trop  difficile.  La 
Polyartemia  est  une  forme  circumpolaire,  une  forme  habitant 
une  région  géographique  déterminée,  présentant  des  condi- 
tions climatériques  et  hydrographiques  identiques  à  peu  près. 

Le  Limnetis  est  une  forme  transportée  facilement  par  le  vent 
et  s'acclimatant  facilement  aux  conditions  inhabituelles.  Quant 
aux  formes  spéciales,  elles  se  sont  spécialisées  dans  un  pays  où 
les  lacs,  les  mares  et  les  flaques  ne  se  dessèchent  pas  totale- 
ment, restent  constants,  où  le  vent  ne  peut  pas  soulever  la 
poussière  et  la  transporter  dans  une  autre  région,  où  l'air  est 
pur  et  humide. 

Quant  aux  trombes  et  aux  typhons,  ils  produisent  le  même 
effet  que  le  vent,  en  remplaçant  souvent  la  poussière  par  l'eau. 
On  lit  souvent  les  histoires  des  pluies  de  Poissons,  de  Mol- 
lusques  et  d'Ecrevisses,  qui  sont  transportés  par  les  trombes 
avec  l'eau  dont  elles  se  composent.  Ce  type  de  transport  est 
presque  nul  en  Russie,  surtout  dans  ses  parties  septentrio- 
nales, où  on  connaît  bien  les  tempêtes  et  les  orages,  mais 
pas  les  trombes. 

Les  inondations  peuvent  être  aussi  considérées  comme  les 
causes  du  pèlerinage  des  animaux  d'eau  douce.  Dans  notre 
pays,  les  inondations  et  les  crues  sont  un  phénomène  ordinaire, 
surtout  pendant  le  printemps,  et  la  crue  de  la  Seine  de  l'an  1910 
se  répète  souvent  en  Russie  pendant  les  fontes  rapides  des 
neiges.  Dans  les  bouches  du  Volga,  qui  présentent  un  delta 
très  compliqué,  on  compte  des  centaines  de  bras  qui  ne  se 
réunissent  avec  le  fleuve  central  qu'au   printemps,  pendant  les 


186  SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910 

hautes  eaux.  Quand  le  fleuve  baisse,  ces  bras  rassemblent  une 
quantité  énorme  d'animaux  qui  y  périssent  souvent.  Quelque- 
fois les  inondations  des  fleuves  unissent  les  affluents  d'un  sys- 
tème aux  affluents  d'un  autre,  et  permettent  le  passage  libre 
aux  animaux.  Cela  se  voit,  par  exemple,  en  Russie  blanche  et 
en  Lithuanie  (30),  où  au  printemps  les  rivières  du  système  du 
Dniépre  [11)  s'unissent  avec  les  rivières  des  systèmes  de  la 
Vistule  (31)  et  du  Niémen  (32).  C'est  ici  qu'on  a  construit  les 
canaux  unissant  ces  fleuves. 

Les  canaux  sont  aussi  une  cause  de  transport  des  animaux 
d'eau  douce.  Le  Sterlet  Acipenser  ruthenus  et  le  Mollusque 
Dryssensia  polymorpha  nous  donnent  de  bons  exemples  d'un 
tel  pèlerinage.  Le  Sterlet  n'était  pas  connu  dans  la  Dvina  sep- 
tentrionale avant  la  construction  des  canaux  unissant  le  Volga 
à  ce  fleuve  boréal.  Ces  canaux  ont  été  construits  au  xvme  siècle 
par  Pierre  le  Grand  et  Catherine  II.  Maintenant  ce  Poisson  est 
bien  connu  dans  la  Dvina  et  ses  affluents.  Les  Dreyssensia,  si 
fréquentes  dans  la  Caspienne  et  dans  les  bouches  du  Volga,  ont 
trouvé  sur  le  fond  des  barques  transportant  les  marchandises 
par  le  Volga  une  habitation  commode  et  ont  été  tranportées  par 
les  canaux  unissant  le  Volga  avec  le  Ladoga  et  la  baie  fin- 
noise à  Saint-Pétersbourg  ;  l'eau  saumàtre  de  la  Baltique  leur 
a  fourni  des  conditions  suffisantes,  et  de  la  Baltique  elles  se 
sont  répandues  dans  les  fleuves  de  l'Allemagne.  On  suppose 
que  le  pèlerinage  a  suivi  peut-être  une  route  inverse.  Quelques 
savants  russes  regardent  à  présent  le  célèbre  «  Poisson  blanc  » 
du  Volga  (Stenodus  leucichthys),  non  comme  une  espèce  fixe, 
mais  comme  une  variété  du  jNelma  (Stenodus  nelmà)  des  fleuves 
de  la  Russie  arctique  et  de  la  Sibérie,  rentrée  par  les  canaux 
dans  le  bassin  du  Volga. 

Il  me  reste  encore  à  donner  quelques  exemples  de  propaga- 
tion des  animaux  d'eau  douce  par  l'aide  des  animaux.  On  con- 
naît bien  le  dessin  d'une  patte  de  Canard  transportant  le  Mol- 
lusque Cyclas  cornea,  qui  s'est  attaché  à  son  doigt.  On  cite 
dans  les  livres  même  populaires  de  pareils  cas.  Mais  ce  qui  est 
très  intéressant,  c'est  le  transport  des  habitants  de  l'eau  douce 
comme  des  parasites  temporaires.  M.  le  professeur  Faussec,  de 
Saint-Pétersbourg,  a  fait  une  étude  sur  le  parasitisme  tempo- 
raire des  JJnio,  qui  sont  transportés  par  les  Poissons  à  l'état 
de  larve  nommée  Glochidium.  M.  Blanchard  a  étudié  beaucoup 
d'Hirudinées  qui  sont  transportées  de  la  même  manière  comme 
parasites  temporaires. 


SÉANCE    DU    8    NOVEMBRE    1910  187 

L'été  passé,  M.  Livanov,  de  Kazan  (33),  a  trouvé  sur  un 
Canard  sauvage  des  exemplaires  de  Protoclepsis  Meyeri  Liv. 
trouvée  jusqu'alors  en  France  (Marne),  en  Suède  et  en  Russie, 
près  de  i'Oufa  (34)  ;  cet  été,  on  a  trouvé  dans  le  lac  Gloubokoïé, 
près  deRouza  (35), une  Protoclepsis  maculata,  trouvée  jusqu'alors 
à  Kœnigsberg  en  Prusse,  et  à  Yytégra,  au  bord  du  lac  Onega 
(36)  ;  la  Protoclepsis  tessclata,  pas  rare  aux  alentours  de  Moscou 
et  répandue  en  Europe,  est  trouvée  au  Chili  ;  la  Herpobdella 
stagimlis  en  Europe,  Syrie  et  au  Paraguay,  etc.  On  voit  comme 
ces  formes,  qui  se  nourrissent  en  partie  du  sang  des  Oiseaux, 
sont  largement  répandues  et  on  comprend  leur  cosmopolitisme. 

La  question  du  cosmopolitisme  des  animaux  d'eau  douce  est 
une  question  assez  compliquée  et  pas  étudiée  encore  suffisam- 
ment par  les  savants  zoogéographes.  Je  n'ai  pas  la  prétention 
de  faire  des  études  étendues  sur  ce  sujet  ni  de  donner  des 
explications  qui  peuvent  embrasser  toutes  les  formes  de  ce 
phénomène  ;  je  pense  seulement  que  c'est  un  sujet  digne  de 
l'attention  des  zoogéographes  et  d'études  plus  approfondies. 


Séance  du  22  Novembre  1910 

PRÉSIDENCE   DE  M.    VIGNAL,  TRÉSORIER. 

M.  le  président  adresse  les  félicitations  de  la  Société  à  MM. 
Francotte,  nommé  correspondant  de  l'Académie  des  sciences  ; 
E.  Perhoncito,  nommé  titulaire  d'un  prix  Montyon  ;  AMoPerron- 
cito,  titulaire  du  prix  Lallemand,  â  l'Académie  des  sciences; 
Robert,  membre  titulaire  de  la  Société  impériale  des  amis  des 
sciences  naturelles  de  Moscou. 

M.  Semichon  fait  une  communication  sur  la  structure  des 
papilles  œsophagiennes  des  Tortues  de  mer. 

M.  Tillier  décrit  les  pèches  qu'il  a  effectuées  au  large,  au 
cours  de  nombreuses  années  de  navigation,  notamment  de 
deux  voyages  autour  du  monde  en  navire  à  voile.  Cette  pêche 
ne  donne  de  résultat  que  dans  les  mers  chaudes  et  est  très  peu 
productive.  M.  Tillier  a  puprendre,  en  tout,  une  quarantaine  de 
Poissons  volants,  une  centaine  de  Bonites  et  Dorades,  quelques 
Requins,  un  Pilote,  trois  ou  quatre  Rémora  et  quelques  Anten- 
nariidés.  Une  ligne  est  restée  une  fois  7!  jours  à  la  traîne 
sans  prendre  un  seul  Poisson.  Les  Poissons  volants  ne  se 
prennent  guère  au  filet,  ni  à  la  ligne.  Un  trémail  tendu  sous 
le  beaupré  d'un  navire  n'a  donné  aucun  résultat.  Le  plus  sou- 
vent, au  cours  de  leur  vol  rectiligne,  ils  tombent  sur  le  pont, 
ou  pénètrent  dans  les  cabines  par  les  hublots.  La  Bonite  à 
ventre  rayé  (Pelamys)  et  la  Dorade  [Cor  y  phœna)  se  prennent  à 
la  ligne  de  traîne,  amorcée  avec  un  paquet  d'étoupes  enve- 
loppée d'un  chiffon.  Un  Poisson  artificiel,  soigneusement  imité, 
n'a  pas  donné  de  meilleurs  résultats  que  ce  grossier  appât.  Le 
Carcharias  se  pêche  avec  un  gros  émerillon  couvert  d'un  mor- 
ceau de  lard,  que  l'on  laisse  enfoncer  de  un  à  deux  mètres 
dans  la  mer  ;  quelquefois  le  Requin  tourne  toute  une  journée 
autour  de  l'hameçon  sans  l'avaler.  Les  Pilotes  (Naucrates  duclor) 
accompagnent  d'ordinaire  les  Requins  qui  ne  paraissent  pas 
faire  attention  à  eux.  Il  est  probable  que,  si  l'on  rencontre  ces 
animaux  ensemble,  c'est  parce  qu'ils  suivent  tous  deux  les 
navires.  M.  Tillier  a  vu  un  Pilote  suivre  pendant  deux  jours  un 
navire   sans  être   accompagné  d'aucun   Requin.  Le   seul   qu'il 


SÉANCE    DU    22    NOVEMBRE    1910  189 

ait  vu  pêcher  a  été  pris  avec  un  filet  à  main.  Les  Rémora 
sont  collées  par  leur  ventouse  aux  Requins,  notamment  au  voi- 
sinage des  nageoires  pectorales.  Mais  elles  lâchent  prise  le  plus 
souvent  pendant  qu'on  tire  le  Requin  de  l'eau  :  trois  ou  quatre 
seulement  sont  arrivées  avec  leur  hôte  sur  le  pont.  Quant  aux 
petits  Antennariidés,  on  en  prend  un  assez  grand  nombre  en 
mettant  un  petit  filet  à  la  traîne  dans  la  mer  des  Sargasses. 


Ouvrages  offerts 


Bartenbach  (K.).  Ueber  die  ResorptioDsfâhigkeit  der  lierischen  Haut 

fur  Jodkaliuni    in    verschiedenen    Salbengrundlagen  (Inaug.  Diss. 

mediz.  Fac.  Giessen,  1909,  74  p.) 
Belz  (E.).    Physiologische   und   klinische   Beobachtungen   ùber   die 

Rumination.  (Id.,  1909,  92  p.) 
Berg  (G.  Fr.).  Ueber  spontanés  Vorkommen  von  Enteritidis-Gârtner- 

Bacillen  bei  Mâusen  und  die  Bedeutung  des  Fleiscbfùtteruugsver- 

sucher  an  weisse  Mâuse.  (Id.,  1910,  30  p.) 
Boeckh  (H.).  Untersuchungen  ùber  die  Haut-Temperatur  derTiere. 

(Id.,  1910,  95  p.,  4  pi.) 
Boeckstegers  (G.).  Studien  ùber  die  Stickstofïverleilung  im  Urin  bei 

Milcbernahrung.  (Id.,  1910,  30  p.) 
Braun  (J.).  Das  Schraarotzertuin  des  Slrongylus paradoxus,  einehisto- 

logiscbe  Studie.  (Id.,  1910,  38  p.) 
Dammhahn    (K.).    Ueber    den    Gebalt  ungekeimter   und   gekeimter 

Pflanzensamen  an  peptolytiscben  Fermenten.  ([d.  1909,  19  p.) 
Dolz  (Fr.-W.).  Der  klinische  Nachweis  von  Traubenzucker  im  Harn 

der  Haustiere.  (Id.,  1910,  104  p.) 
Fischer  (W.).  Beitrag  zur  Kenntnis  der  Areolœ  ulerinœ  des  Schweines. 

(Id.,  1910,  40  p.) 
Friedmann  (A.).  Beitrâge  zur  Résorption  der  Analscbleimbaul.  (Id., 

1910,  69  p.) 
Greim  (W.)-  Ueber  Ascaris  megalocephala.  (Id.,  1910,  73  p.,  1  pi.) 
Klein  (J.  H.).    Ueber  Vorkommen  und  Herkunft  des  Inosit  im  Tier- 

kôrper.  (Id.,  1909,  53  p.) 
Hafjser    (Br.).    Die   Entwicklung   der    Lage   und    Anordnung    des 

Schweine-  und  Wiederkauerdarmes.  (Id.,  55  p.,  1  pi.) 
Joseph  (K.).  Zur  Kenntnis  der  congenitalen  Lageanoinalien  der  Niere. 

(Id.,  1910,  37  p.) 
Klein  (W.).  Beitrag  zur  Kenntniss  -der  Mycetes  placenta.     (Id.,  1910, 

32  p.) 
Kollmeyer  (Fr.).    Ueber  die  biologische   Diflerenzierung  von  Milch 

und  Milchweisskôrpein.  (Id.,  1910,  29  p.) 
Kuschel   (M.).    Vergleicbende  Untersuchungen  ùber   den   Wert  der 

verscbiedenen  Tôtungsmetboden  bei  Huuden...    (Id.,  1910,39  p., 

5  tabl.) 


190  SÉANCE    DU    22    NOVEMBRE    1910 

Lange  (Fr.  0.).  Ueber  die  Verwendbarkeit  des  mit  Kupfervitriol-  oder 
[    Formalinlosung  gebeizteu    Gelreides   zu  Fùlterungszwecken.   (Id., 
*  1909,  38  p.). 
Meier  (Fr.).   Ueber   den   Nukleinstofrwecbsel   des   Schweines.   (Id., 

1910,  35  p.) 
Mangubi-Kudrjavtzewa  (A.).  Ueber  den  Bau  der  venôsen  Sinus  der 

Milz  des  Menscben  und  /?/< esus- A ffen.  (Id.,  1909,  40  p.  1  pi.) 
Muhleck    (J.).    Unteisuchungen  liber   die  tâgliche  Harnmenge   der 

Hausliere.  (Id.,  1910,  55  p.) 
Muller  (E.).  Untersuchungen  ùber  die  normaleii  Tagestemperaturen 

der  Haustieren.  (Id.,  1910,  120  p.) 
Mu  lier  (H.).  Beitiâge  zur  Reaktion  des  Harns  der  Haussâugeliere. 

(Id.,  1910,  35  p.) 
Pommrich  (W).  Ueber  die  Elastizitâl  der  Arterien.  (Id.,  1910,  75  p., 

4  pi.) 
Schreck  (H.).  Der  kliniscbe  Naehweis  der  Gallenfarbstofle  im  Hun- 

deharn  und  dessen  Bedeutung.  (Id.,  1910,  61  p.) 
Schuttler  (Fr.).  Versucbe   ùber  die  Wirkung  des   Extractum    Digi- 

tahs  (tepi<ra£Mra-Digipuratum-bei  Tieren.  (Id.,  1909,  43  p.) 
Weber  (W.).   Ueber  die  Desinfektionswiskung  der  Aethrole.    (Id., 

1909,  16  p.) 
Weingeroff  (Frieda).  Ueber  die  Todesursacben  der  Neugeborenen  in 

den  ersten  Lebenstagen.  (Id.,  1910,  18  p.) 
Windrath  (H.).    Weiterer  Beitrag  zur   Frage   nacb  der  Verwertung 

von  tief  abgebautem  Eiweiss  im  tierisehen  Organismus.  (Id  ,  1909, 

21p.) 
Wolfstejn  (L.).  Das  spezifiscbe  Gewicbt  des  Harns  (1er  Haustiere. 

(Id.,  1909,  103  p.) 
Zirker  (O.j.  Die  nicbtorganisierten  Sedimente  im  Harne  gesunder 

Haustiere.  (Id.,  1910,  53  p.,  4  pi.) 
Zofina    (Scbifra).    Untersuebungen   zur     Harnsaùre-Ausscbeidung. 

(Id.,  1909,  26  p.) 
Thies  (A.).  Studie  ùber  die  Infusion  physiologiseher  Salzlôsungen. 

(Habililationsscbr.  mediz.  Fak.  Giessen,  1909,  44  p.) 
Engel  (H.).  Die  Zabne  am  Rostrum  der  Pristiden.  (Diss.  zur  Erlan- 

gung  der  Doktorw.  pbilos.  Fak.  Giessen,  1909,  47  p.) 
Houy  (R.).   Beitrage   zur  Kenntniss   der   Haftscbeibe    von   Echeneis. 

(Id.,  1909,  36  p.) 
Paul  (G.).   Petalosloma    minutum  Kef.  und   verwandte   Arten    nebst 

einigen   Bemerkungen  zur   Anatoinie  von   Onchnesoma  Sleenstrupi . 

(la.',  1909,  47  p.) 


SÉANCE    DU    22   NOVExMBRE    1910  191 


SUR  LES  PAPILLES  CORNÉES  ŒSOPHAGIENNES 

DES  TORTUES  DE  MER 

ET  EN  PARTICULIER  DE  THALASSOCHELYS  CARETTA  L. 

PAR 

Louis    SEMICHON 

L'œsophage  des  Tortues  de  mer  présente  un  revêtement  de 
papilles  cornées  à  pointes  aiguës,  qui  semble  avoir  été  signalé 
pour  la  première  fois  par  Caldesi  (1637).  Cet  auteur  les  dé- 
crivit comme  des  épiues  coniques,  larges  et  molles  à  la  base, 
dures  et  pointues  au  sommet,  revêtues  par  la  tunique  interne 
de  l'œsophage  et  remplies  d'une  chair  blanche  «  musculeuse  ». 
Meckel  (1817)  constata  au  contraire  qu'à  l'intérieur  des  papilles 
il  n'y  avait  «  pas  de  muscles  »  mais  seulement  des  vaisseaux 
originaires  de  la  tunique  conjonctive  et  probablement,  aussi, 
des  nerfs.  Carus  (1835)  signale  de  nouveau  les  papilles  œsopha- 
giennes chez  la  «  Caretta  »  adulte  (1).  Leydig  (1866)  confirma 
l'absence  des  muscles  et  la  présence  des  capillaires.  Il  recher- 
cha, sans  les  rencontrer,  les  «fibres  élastiques-»  dans  l'intérieur 
des  papilles. 

Milne-Edwards  signale  que  chez  beaucoup  de  Tortues  leur 
couche  cornée  est  épaissie.  Nuhn  (1886)  admet  que  les  épines 
étant  dirigées  en  arrière  ont  surtout  pour  effet  d'empêcher  le 
retour  des  aliments  vers  la  bouche. 

Plus  récemment  les  papilles  ont  encore  été  reconnues  par 
Hoffmann  (1890)  dans  les  genres  Spargis  et  Chelonia,  et  par 
Vaillant  (1896)  chez  Dermochelys  coriacea,  Chelonia  imbricata, 
Thalassochelys  caretta. 

Les  papilles  œsophagiennes  à  pointe  aiguë  constituent  donc 
un  caractère  commun  aux  Tortues  marines  (2).  Chez  ces  ani- 
maux, elles  ne  tapissent   pas   toute  la  surface  de  l'œsophage. 

(1)  Dans  le  commentaire  de  la  planche  sur  laquelle  sont  ligurées  celles  de 
Chelonia  esculenla. 

(2)  Et  à  certains  Squales  (Petjbrsen,  1908). 

Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  —  15 


192  SÉANCK    DU    22    NOVEMBRE    1910 

Elles  ne  sont  pas  tontes  de  même  grandeur,  mais  malgré  la 
différence  de  taille,  celles  (jiie  j'ai  observées  chez  Thalasso- 
chelys  caretta,  présentent  la  même  structure. 

Constitution  des  papilles  cornées.  —  Dans  la  région  qui 
porte  les  papilles  cornées,  l'épithélium  est  du  type  pavimen- 
teux  stratifié.  Au-dessous  de  lui  s'étend  une  couche  conjonc- 
tive analogue  au  derme,  puis  une  musculature  puissante. 

L'épidémie  n'est  pas  plus  épais  à  la  surface  des  papilles 
elles-mêmes  qu'au  fond  des  sillons  interpapillaires.  Au-dessous 
de  cet  épidémie,  tout  l'intérieur  de  la  papille  est  constitué  par 
du  tissu  conjonctif  lâche  parcouru  par  un  grand  nombre  de 
capillaires  dont  quelques-uns  ont  une  lumière  assez  larg'e, 
bien  que  leur  tunique  se  réduise  le  plus  souvent  à  une  seule 
assise  endothéliale.  Il  existe  des  fibres  élastiques  entrecroisées 
ou  groupées  de  différentes  manières  et  que  YOrcéine  permet 
de  caractériser  électivement.  Quant  aux  fibres  lamiueuses,  elles 
sont  relativement  épaisses  surtout  au  voisinage  immédiat  de 
l'épithélium  où  leur  trame  est  ordinairement  plus  serrée. 

Cette  description  s'applique  aux  diverses  pièces  que  j'ai  étu- 
diées et  qui  présentaient  chacune  des  papilles  de  dimensions 
variées.  La  proportion  des  divers  éléments  cellulaires  est  très 
différente  suivant  l'individu  (suivant  les  régions  d'une  même 
papille,  celle  proportion  varie  également,  mais  beaucoup 
moins).  Je  ne  suis  pas  suffisamment  renseigné  sur  les  circons- 
tances de  la  capture  de  ces  animaux  et  sur  la  façon  dont  les 
pièces  ont  été  prélevées,  puis  fixées,  pour  pouvoir  interpréter 
ces  différences.  Je  signale  cependant  que  les  leucocytes  acido- 
philes  sont  nombreux  dans  le  tissu  conjonctif  lâche  de  certains 
exemplaires,  landis  que  sur  un  autre  ils  ne  se  rencontrent  que 
dans  les  vaisseaux.  Enfin,  sur  des  pièces  qu'a  bien  voulu  me 
communiquer  le  D'  Pettit  (1),  ce  sont  des  Mastzellen  qu'on  trouve 
au  lieu  d'acidophiles.  11  ne  s'agit  certainement  pas  là  d'une 
erreur  de  coloration,  car  les  granulations  des  acidopliiles  sont 
plus  grosses  que  celles  des  Mastzellen.  La  présence  de  ces  der- 
niers éléments  est  intéressante. 

L'épiderme  est  séparé  du  derme  par  une  basale  ondulée.  La 
distinction  d'une  couche  cornée  et  d'une  couche  muqueuse  est 
partout  très  nette. 

Sur     les    pièces    bien     fixées,     les    éléments     profonds    qui 

(1)  Auquel  j'adresse  mes  très  vifs  remerciments. 


SÉANCE    DU    22    NOVEMBRE    1910  193 

reposent  sur  la  basale  sont  caractérisés  par  un  noyau  ovale 
dont  le  grand  axe  est  à  peu  près  perpendiculaire  à  cette  mem- 
brane et  par  un  cytoplasme  peu  développé.  A  ce  niveau,  les 
karyokiuèses  sont  assez  nombreuses  et  les  noyaux  sont  riches 
en  chromatine  (stratum  germinativum).  Les  cellules  situées 
au-dessus  de  cette  couche  se  distinguent  par  un  cytoplasme 
plus  développé,  et  leurs  noyaux  ne  présentent  pas  une  orien- 
tation déterminée  [stratum  fdamentosum).  Au  voisiuage  de  la 
couche  cornée,  les  noyaux  s'allongent  ou  s'aplatissent  parallè- 
lement à  la  surface  de  celui-ci.  En  même  temps  que  change 
l'orientation  des  cellules  et  celle  de  leurs  noyaux,  le  contenu 
de  ces  derniers  se  modifie  :  dans  la  zone  profonde,  ils  sont 
riches  en  chromatine  et  renferment  en  outre  un  nucléole  aci- 
dophile,  tandis  qu'ils  se  réduisent  dans  les  cellules  situées  au 
voisinage  de  la  couche  cornée. 

Celle-ci  débute  assez  brusquement.  Du  côté  de  la  lumière  de 
l'œsophage,  elle  est  très  nettement  limitée  à  la  surface  libre 
des  papilles.  Mais  à  la  base  de  celles-ci  et  dans  les  sillons  qui 
les  séparent,  la  couche  cornée  se  délite  en  petites  lamelles 
superposées  irrégulières  [stratum  disjonctum).  Sur  la  surface 
de  la  partie  saillante  de  la  papille,  la  couche  cornée  est  lisse 
et  presque  régulièrement  stratifiée. 

La  constitution  lamelleuse  de  la  couche  cornée  apparaît 
d'ailleurs,  en  divers  endroits,  jusque  dans  sa  partie  profonde, 
et  l'intervalle  de  ses  lamelles  se  distingue  parfois,  sur  les  pré- 
parations, par  une  teinte  spéciale.  C'est  le  violet  de  gentiane 
qui  donne,  à  ce  point  de  vue,  les  résultats  les  plus  nets.  Le 
carmin  d'indigo  combiné  avec  l'acide  picrique  (procédés  de 
Cajal  et  de  Borrei),  colore  également  en  bleu  vert  le  bord  des 
lamelles  cornées. 

A  aucun  niveau,,  dans  l'épithélium,  je  n'ai  ohservé  d'éléïdiue 
(ou  de  kératohyaline)  bien  que  j'aie  utilisé  le  picrocarmin  de 
Ranvier,l'hématoxylinede  Delafield  et  celle  d'Ehrlich.  Cette  cons- 
tatation s'accorde  avec  l'opinion  de  Ranvier  (1899)  qui  déclare 
que  l'éléïdine  manque  chez  les  Oiseaux  et  chez  les  Reptiles,  et 
qu'elle  peut  être  considérée  comme  propre  aux  Mammifères. 
Chez  ces  derniers,  le  même  auteur  avait  reconnu  (1883)  que 
l'épithélium  buccal  et  œsophagien  renfermait  de  l'éléïdine, 
comme  celui  de  la  peau,  tandis  que  certaines  formations  cor- 
nées, qui  se  distinguent  par  leur  dureté  (ongle  humain  et 
certaines  papilles  de  la  langue  du  Chat),  n'en  contiennent  pas. 
—  D'ailleurs   Unna    avait   déjà    (1876)     signalé    l'absence    de 


194  SÉANCE    DU    22    NOVEMBRE     1910 

stratum  granulosum  dans  l'ongle  humain  —  11  y  a  bien,  dans 
la  matrice  de  celui-ci,  une  couche  renfermant  des  granulations, 
mais  celles-ci  sont  beaucoup  plus  iines  et  cette  couche  est 
colorée  en  brun  par  le  picrocarmin.  D'après  Daiuer.  (1), 
Ranvier  admet  que  cet  aspect  grenu  résulte  de  la  section  des 
filaments  unilifs  modifiés  en  cet  endroit. 

Sur  mes  préparations  aussi,  je  constate  l'apparence  de  gra- 
nulations très  fines.  Mais  aucune  teinte  élective  ne  les  diffé- 
rencie. Quant  à  leurs  rapports  avec  les  filameuts  d'union,  je 
ne  puis  encore  me  prononcer,  car  il  ne  m'a  pas  encore  été 
possible  d'exécuter  des  coupes  assez  minces  pour  bien  observer 
ces  détails. 

Après  l'action  des  colorants,  les  différentes  parties  de  l'épi - 
thélium  des  papilles  œsophagiennes  se  distinguent  de  la  façon 
suivante  : 

Couche  muqueuse.  Couche  cornée. 

Noyau       Cytoplasme        Lamelles       Interstices. 

1°    Picrocarmin rouge  rouge  jaum  rouge. 

2°    Hémaloxyline bleu  gris  pâle  incolore         violet  pâle. 

„    (  Carmin  aluné )  . .        ,.  .  ... 

3°  \  r>.       .    ,.  rouge  bleu  pale  îaune  bleu  vert. 

(  Picro  indigo ) 

,    (  Hématoxvline )         •  ,  ■»  .■ 

4°  <  ,,,  .    , ,  ".  violet  rouge  vif        rouge  pale. 

(  Méthyleosine ) 

„    i  Hématoxyline )         .  , 

5°         .        :  violet  rouge  orange. 

(  Eosine  W.  Orange  G.  > 

G0     Violet  de  Gentiane . .  violet         violet  pâle  violet  violet  foncé. 

7°     Bleu  Unna bleu  violet  bleu  bleu  verdàtre. 

Bien  que  l'éléïdine  fasse  défaut  dans  la  couche  sous-jacente, 
aux  dépens  de  laquelle  elle  se  différencie,  la  matière  cornée 
des  papilles  œsophagiennes  se  comporte  donc  sensiblement 
comme  celle  de  l'œsophage  et  de  la  peau  des  Mammifères. 

* 
*  * 

De  ces  observations  sur  les  papilles  œsophagiennes  (2)  de  la 
Th.  caretta  L.,il  convient  de  retenir  les  faits  suivants  : 

Il  n'y  a  pas  a  l'intérieur  des  papilles  de  muscles  striés.  Ceux 
de  la  paroi  œsophagienne  ne  sont  pas  non  plus  disposés  de 
façon  à  orienter  les  papilles  dans  une  direction  déterminée. 
Ces   dernières   cèdent   passivement   à  la  pression  des  aliments 

(1)  Pratique  dermatologique,  p.  30  et  suivantes. 

(2)  L'examen  de  celles  d'un  œsophage  étiqueté  Chelone  mydas  montre  les  mêmes 
faits.  Mais  cette  détermination  n'est  peut-être  pas  exacte. 


séance  ni;  22  novembre   1910  195 

ingérés  dont  elles  entravent  la  dégurgitatiou  par  suite  de  leur 
forme  pointue. 

La  portion  du  derme,  riche  en  fibres  conjonctives  serrées, 
est  située  immédiatement  sous  l'épidémie,  et  relativement  très 
mince  par  comparaison  avec  la  peau  des  Reptiles  en  général 
et  des  Tortues  en  particulier.  La  plus  grande  partie  de  ce 
derme  est  du  tissu  lâche  et  pour  ainsi  dire  œdémateux.  On  n'y 
rencontre  pas  d'amas  lymphoïdes.  Entre  les  fibres  conjonctives 
et  les  fibres  élastiques,  les  éléments  cellulaires  sont  répartis 
irrégulièrement  et  sont  très  variables  suivant  les  individus  (ceci 
peut-être  parce  que  l'âge  et  les  circonstances  de  capture  étaient 
différents). 

L'épiderme  des  papilles  œsophagiennes  présente  les  mêmes 
caractères  que  celui  de  la  peau  des  Reptiles  et  cela  à  tel  point 
que  l'examen  d'une  portion  limitée  ne  permettrait  pas  de  l'en 
distinguer.  Par  contre,  nulle  part  chez  les  Mammifères  et  les 
Oiseaux  on  ne  rencontre  dans  le  stomodœum  quelque  chose  de 
semblable.  Cependant  il  y  a  des  papilles  coniques,  allongées 
et  pointues  qui  présentent  extérieurement  une  forme  analogue, 
dans  la  cavité  liuccale  des  Ruminants.  Mais  cette  similitude 
extérieure  par  convergence  laisse  subsister  les  structures  carac- 
téristiques de  la  classe  et  notamment  la  plus  frappante  :  les 
petites  papilles  dermiques  renfermant  des  vaisseaux  et  des  nerfs 
qui  manquent  chez  les  Reptiles  et  qui  sont  communes  aux 
téguments  des  Mammifères  et  des  Oiseaux  s'observent  à  la  face 
inférieure  de  l'épiderme  des  papilles  des  Ruminants  dans 
lequel  on  ne  retrouve  pas  la  stratification  parallèle  caractéris- 
tique des  Reptiles. 

Le  rétrécissement  qui  existe  à  la  base  de  beaucoup  de  pa- 
pilles a  pour  effet  de  permettre  la  libre  circulation  de  l'eau 
entre  ces  dernières.  Ainsi,  lors  des  mouvements  péristaltiques, 
la  contraction  des  parois  œsophagiennes  peut  avoir  un  effet 
double  :  progression  en  arrière  des  matières  solides,  retenues 
par  les  pointes  des  papilles,  et  retour  partiel  de  l'eau  vers  la 
bouche.  On  comprend  que  cette  disposition,  qui  tend  à  réduire 
la  dilution  des  sucs  digestifs,  soit  commune  aux  Tortues 
marines. 


t 


196  SÉANCE    DU    2*2    NOVEMBRE    1910 


TRAVAUX  CITÉS 


1637.  Galdesi.  —  Osservazioni  anatom.  intorno  aile  tartarughe 
(Firenze,  1687,  p.  25). 

1817.  Meckel.  —  Ùber  den  Darmkanal  der  Reptilien  (Deutsch.  Arch. 
Physiologie, -ç>.  199-232). 

1835.  Garus.  — Tabulée  anatomiam  couiparativam  illustrantes  (Lip- 
siee,  pars  IV  (1835),  pi.  v,  fig.  7). 

1866.  Leydig.  —Traité  d'histologie  comparée  (Traduction  française). 
Milne-Edwards.  —  Leçons  d'anatomie  et  de  physiologie  com- 
parées . 

1883.  Ranvier.  —  De  l'existence  et  de  la  distribution  de  l'éléïdine 
dans  la  muqueuse  buccoœsophagienne  des  Mammifères 
(C.  H.  Ac.  Set.,  XGVII,  p.   1377-79). 

1886.  Nuhn.  —  Lehrbuch  der  vergl.  Anatomie  (Heidelberg,  2e  édi- 
tion). 

1889.  Ranvier.  —  Traité  technique  d'histologie. 

1890.  Hoffmann.  —  Bronn's  Klassen  und  Ordnungen  des  Thierreichs 

(Abth.  III,  Reptilien). 
1896.  Vaillant.  —  Note  sur  l'appareil  digestif  et  le  développement  de 

la  Tortue  Luth  [C.  R.  Ac.  Sci,,  pp.  654-656). 
1899.  Ranvier.  —  Histologie  de  la  peau.  [Arch.  anat.  micr.  p.  51<>). 
1904.  Darier  (J.).  Pratique  dermatologique.  IV.  (Phanères  et  glandes. 

p.  30  et  suiv.). 
1908.   Petersen    (H.).  —  Beitrage  zur  Kenntnis  des  Baues  und  der 

Entwicklung  des  Selachierdarmes  [Jcna.  Zeitschr.  p.  619-652; 
pi.  xx-xxi  ;  4  fig.). 


Séance  du  13  décembre  1910. 
PRÉSIDENCE  DE  M    COOTIÉRE,  PRÉSIDENT. 

M.  Carlos  E.  Porter,  professeur  de  zoologie  générale  et 
appliquée,  directeur  du  Muséum  de  Valparaiso  (Chili),  assiste 
à  la  séance. 

L'Académie  des  sciences  de  Turin  fait  part  de  la  mort  du 
professeur  Angelo  Mosso,  sénateur  du  royaume  d'Italie. 

Le  Muséum  de  Berlin  demande  l'échange  des  Mitteilungen 
ans  dem  Zool.  Muséum  zu  Berlin  avec  les  publications  de  la 
Société. 

M.  le  recteur  de  l'Université  de  Paris  accorde  à  la  Société 
l'amphithéâtre  Richelieu,  à  la  Sorbonne,  pour  la  prochaine 
conférence  annuelle,  qui  aura  lieu  le  vendredi  21  février  1911. 

L'Institut  de  Cartilage  adresse  une  liste  de  souscription  pour 
le  monument  qui  sera  élevé  à  Tunis  en  l'honneur  de  Philippe 
Thomas,  inventeur  des  phosphates  de  l'Afrique  du  Nord. 

M.  le  président  adresse  les  félicitations  de  la  Société  à  M. 
Bataillon,  récemment  nommé  chevalier  de  la  Légion  d'honneur, 
à  M.  Brumpt,  lauréat  du  prix  Savignyà  l'Académie  des  sciences, 
et  à  ceux  de  nos  collègues  qui  ont  obtenu  des  récompenses  à 
l'Exposition  de  Bruxelles  :  MM.  Joubin  et  Roule,  qui  ont 
obtenu  des  grands  prix  ;  H  allez,  un  diplôme  d'honneur  ;  Anthony, 
Bonnet,  Bordas,  Boutan,  Calvet,  Germain,  Guiart,  Jourdan, 
Kuehler,  Kunstler,  Odin,  Pellegrin,  Robert,  Topsent,  des  mé- 
dailles d'or;  Gadeau  de  Kervjllë  et  Guitel,  des  médailles  d'ar- 
gent; Vaney,  une  médaille  de  bronze.  MM.  R.  Blanchard  et  Cou- 
tière,  ainsi  que  la  Société  elle-même,  avaient  été  mis  hors 
concours. 

M.  Caullery  fait  une  communication  sur  un  parasite  de 
Calanus    helgolandicus,    Ellobiopsis    Chattoni    qui    appartient 

probablement  aux  Péridiniens. 

M.  Chatton  fait  part  des  résultats  de  ses  recherches  sur  un 
parasite  de  l'estomac  du  Mouton,  découvert  Tan  dernier  en 
Tasmanie.  Ce  parasite  existe  chez  tous  les  Moutons  et  toutes 
les  Chèvres  des  abattoirs  parisiens.  Il  est  localisé  dans  la  mu»- 


198  SÉANCE    1)1     13    DÉCEMBRE    1910 

queuse  glandulaire  de  la  caillette,  où  il  se  présente  sous  forme 
de  kystes  mesurant  jusqu'à  600  a  de  diamètre.  Ces  kystes, 
dont  la  paroi  est  formée  par  une  unique  cellule  géante  (proba- 
blement la  cellule-hôte  infestée)  revêtue  d'une  bordure  en 
brosse  sur  sa  face  externe,  contiennent  un  très  grand  nombre 
de  germes  ftisiformes.  Ces  germes  représentent  des  schizo- 
zoïtes,  et  le  parasite,  Gastrocystis  Gilruthi  n.  g.,  n.  sp.,  devra 
vraisemblablement  rentrer  dans  le  groupe  des  Coccidies- 
Grégarines. 


Ouvrages  offerts. 


Caullery  (Maurice).  Ellobiopsis  Chaltoni  n.  g.  n.  sp.,  parasite  de 
Calanus  helgolandicus  Glaus,  appartenant  probablement  aux  Péridi- 
niens  (Bull.  sci.  France-Belgique  (7),  XLIV,  p.  201-216,  pi.  v). 

Chatton  (Edouard).  A  propos  de  Rhynckomonas  luoiliœ  Patton,  Fla- 
gellé parasite  de  la  Lucilie  sérénissime  (Bull.  Palhol.  exotique,  III, 
p.  363-365). 

Chatton  (Edouard).  Essai  sur  la  structure  du  noyau  et  la  mitose 
cbez  les  Amœbiens.  Faits  et  théories  (Arch.  zool.  exp.  (5),  VI,  p.  267- 
337). 

Chatton  (Edouard).  Le  kyste  de  Gilruth  dans  la  muqueuse  stoma- 
cale des  Ovidés  (Arch.  zool.  exp.  Noies,  (5).  VI,  p.  cxiv-cxxiv). 

Chatton  (Edouard).  Paradinium  Poucheti  n.  g.  n.  sp.,  Flagellé  para- 
site d'Acarlia  Clausi  Giesbrecht  (Copépode  parasite).  (C.  B.  Soc.  biol. 
LXIX,  p.  341-342). 

Chatton  (Edouard).  Protozoaires  parasites  des  branchies  des  Labres  : 
Amœba  mucfcola  Chatton,  Trichodina  labrorum  n.  sp.  Appendice: 
parasite    des  Trichodines  (Arch.  zool.  exp.  (5),  V,  p.  239-266,  pi.  ni). 

Chatton  (Edouard).  Sur  l'existence  de  Dinoflagellés  parasites  cœlo- 
miques.  Les  Syndinium  chez  les  Copépodes  pélagiques  (C.  B.  Ac.  Sci. 
10  oct.  1910).  " 

Chatton  (Edouard)  et  B.  Collin.  Sur  un  Acinétien  nouveau  com- 
mensal d'un  Copépode,  Bhabdophrya  trimorpha  n.  g.  n.  sp.  (Arch. 
zool.  exp.  JSoles,  (5),  V,  p.  cxxxviii-cxlv). 

Janbt  (Charles).  Note  sur  la  phylogénèse  de  l'Insecte  (Rennes, 
Simon,  1909,  15  p.). 

Janet  (Charles).  Sur  la  morphologie  des  membranes  basâtes  de  l'In- 
secte (Mèm.  Soc    ac.  Oise,  1909,  2  p.). 

Janet  (Charles) .  Sur  la  parthénogenèse  arrhénotoque  de  la  Fourmi 
ouvrière  (Mém.  Soc.  ac.  Oise,  1909,  7  p.). 

Janet  (Charles).  Sur  un  Nématode  qui  se  développe  dans  la  tête  de 
la  Formica  fusca  (Mém.  Soc.  ac.  Oise,  1909,  2  p.). 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1010  109 


RÉVISION    DES    FORAMINIFÈRES 


PAR 


E.  FAURÉ-FREMIET 
Préparateur  au  Muséum  d'histoire  naturelle 

I.  —  Le  genre  Haplophragmium, 

La  famille  des  Lituolides  comprend  un  certain  nombre  de 
formes  arénacées  polythalames  dont  les  loges  sont  disposées 
en  séries  linéaires  (Reophax)  ou  spiralées.  Le  test  de  ces  der- 
nières peut  être  constitué  par  des  grains  de  sable  très  fins  et 
l'intérieur  peut  être  \aby v\nthiq\ie  (Trocham?ni?ia,  Cyclammina), 
ou  par  des  grains  de  sable  plus  gros,  et  l'intérieur  en  être 
non  labyrinthique  (Haplophragmium) .  On  peut  ainsi  distinguer 
dans  cette  famille  deux  séries  parallèles  ;  mais  dans  l'un  et 
l'autre  cas,  les  grains  de  sable  sont  unis  par  un  ciment  très 
faiblement  calcifié,  contenant  jusqu'à  15%  de  carbonate  de 
fer,  et  renferment  très  peu  ou  pas  de  chitine. 

J'étudierai  dans  cette  note  les  formes  spiralées  de  la  série 
non  labyrinthique  dont  le  Reophax  difflugiformis  est  la  forme 
initiale.  Celles-ci  sont  réparties  par  les  auteurs  dans  les  deux 
genres  Haplophragmium  (formes  libres)  et  Placopsilina  (formes 
fixées). 

Cette  classification  est-elle  valable?  Non,  car  les  deux 
espèces  connues  du  genre  Placopsilina  présentent  au-dessous 
de  leur  revêtement  arénacé  une  membrane  chitineuse  qui  est 
en  opposition  avec  le  caractère  que  je  considère  comme  le 
plus  essentiel  chez  les  Lituolides,  et  doivent  de  ce  chef  être 
éliminées  de  cette  famille  pour  prendre  place  dans  un  groupe 
de  chitino-arénacés  qui  fera  l'objet  d'une  prochaine  note.  Reste 
donc  le  genre  Haplophragmium. 

D'après  Brady,  ce  genre  comprend  seize   espèces  distinctes. 

Toutes  ces  espèces  sont-elles  valables  ?  Posons-nous  d'abord 
une    autre    question  :   toutes    font-elles    bien    partie  du   genre 


200 


SÉAISCK    DU    13    DÉCEMBRE    19  H) 


Haplophragmiam?  Non.  Nous  devons  éliminer  les  Haplophrag- 
minm  scitulum  et  turbinatum  de  Bhady  qui  appartiennent  aux 
chitino-arénacés  et  dont  nous  reparlerons  à  propos  de  ce 
groupe,  ainsi  que  H.  foliaceum  qui  s'y  rattache  également, 
H.  fontinense  Terquem  ,  qui  semble  bien  n'en  être  qu'une 
variété. 

Il  reste  donc  un  certain  nombre  de  formes  à  enroulement 
ditaxique  :  H.  aglutinans  d'Orb.,  pseudospirale  Williamson, 
calcareum  Brady,  tenuimargo  Brady  et  curris  Parker  (lesquels 


Fia.  1.  —  Polygone  de  variation  de  Haplophragmium  latidorsatum  (position  de 
la  bouche  par  rapport  au  plan  d'enroulement,  exprimée  par  des  fractions  à 
droite  et  à  gauche).  Total  de  120  exemplaires  recueillis  aux  Açores  (Princesse 
Alice). 

se  rattachent  sans  doute  à  //.  foliaceum)  et  emaciatum  Brady, 
formes  que  malheureusement  je  n'ai  pas  entre  les  mains. 

Puis  les  H.  rotulaium  Brady,  latidorsatum  Bornemann, 
canariense  d'Orbiguy,  glomeratum  Brady,  globigeriniformis 
Parker  et  Jones,  turbinatum  Brady,  anceps  Brady. 

Chez  toutes  ces  espèces,  le  ciment  qui  lie  les  particules 
arénacées  du  test  renferme  du  carbonate  de  fer  qui.,  souvent, 
ne  se  trouve  pas  encore  dans  la  dernière  loge  formée.  Les 
loges  sont  toujours  globuleuses,  la  forme  surbaissée,  et 
recouvrante    de    celles    de    H.    scitulum    sexpliquant    par    la 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910 


201 


membrane  intérieure  chitineuse  qui  élimine  cette  espèce  de 
la  famille  des  Lituolides.  C'est  à  peine  si  l'on  pourrait  distin- 
guer  H.   canarienne  des  espèces  voisines  par  la  forme  légère- 

68, 


Fig.  2 


Haplophragmium  latidorsatum,  total  de  150  exemplaires 
recueillis  aux  îles  Fœroer  (Princesse  Alice). 


ment  bombée  en  casque  des  loges.  Quels  sont  donc  les  carac- 
tères difiérentiels  de  ces  espèces  si  nombreuses? 


202 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    lï)IO 


r 


Li-. 


/i 


* 


*A 


Ut 


1°  Le  mode  d'enroulement,  plus  ou  moins  régulier,  plus  ou 

moins  symétrique  ; 
<î^^  2°     Les     éléments 

t  constitutifs  du  test  aré- 

nacé. 

3°  La  taille. 

Or,  il   est  facile   de 

voir  en  comparant  les 

individus  d'une  même 

espèce  pris   au  môme 

endroit  ; 

1°  Que   la   taille    est  extrêmement    variable    (les    recherches 

faites  sur  les  Protozoaires   en  général    montrent   qu'elle   peut 


Fig.    3.    —     Haplophragmium   latidorsatum, 

total    de    19  individus    recueillis   au    S.-E. 
du  Portugal  (Princesse  Alice). 


Fig.  4.  —  Haplophragmium  latidorsatum,  total  de  52  individus 
recueillis  dans  le  golfe  de  Gascogne  (Travailleur). 


varier  dans  de  sensibles  mesures  suivant  les  conditions  du 
milieu  pour  un  orga- 
nisme unicellulaire,  a  for- 
tiori pour  un  organisme 
constitué  par  une  série  de 
loges  dont  le  nombre 
n'est  pas  déterminé); 

2°  Que  la  nature  des 
éléments  du  test  dépend, 
dans  une  certaine  me- 
sure,  de    la    nature    du 


Fig.  5.  —  Haplophragmium  latidorsatum, 
total  de  37  individus  recueillis  au  N.-O. 
du  Spitzberg  (Princesse  Alice). 


fond  sur  lequel  vit  l'espèce  arénaçée  considérée. 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910 


208 


3°  Que  le  mode  d'enroulement  lui-même  est  extrêmement 
variable,  eu  fonction  de  facteurs 
indéterminés  ou  peut-être  très  sim- 
ples et  d'ordre  mécanique  :  aggluti- 
nation d'un  grain  de  sable  plus  gros 
que  les  autres  p.  ex. 

Ayant  eu  à  ma  disposition  un 
grand  nombre  d'exemplaires  de 
quelques  espèces  d' Haplophragmium 
dragués  dans  des  lieux  divers  par 
le  «  Talisman  »_,  le  «  Travailleur  » 
et  la  «  Princesse  Alice  »,  j'ai  pu 
dresser  le  polygone  de  variation  du 
caractère  différentiel  le  plus  impor- 
tant, le  plus  typique,  à  savoir  le 
mode  d'enroulement.  C'est  sur  le 
résultat  de  ces  recherches  que  je 
me  fonde  pour  réviser  les  espèces 
décrites  dans  ce  genre. 

J'ai   pris    l'espèce   la    plus    com- 
mune, H.  latidorsatum,  et  j'ai  noté 
soigneusement  le  nombre  des  indi- 
vidus   symétriques,   c'est-à-dire  en- 
roulés en  spirale  régulière,   et  chez 
lesquels  l'ouverture   buccale,  le  cy- 
tostome,  est  juste  au-dessus  du  plan 
deuroulement    qui    le    partage   en 
deux,    ce    que   j'ai    noté  '/,     sur 
les  graphiques  ;  puis  les  individus 
dont    l'enroulement    du    test    se 
trouve  être  plus  ou  moins  dissy- 
métrique,  l'enroulement    se  fai- 
sant soit  vers  la  droite,  soit 
vers  la  gauche    du   plan  de 
symétrie  ;    c'est  ce   que  j'ai 
noté    sur    le    graphique    en 
portant  à  droite  et  à  gauche    a 
des  formes  symétriques  (72), 
les    nombres  2/s,    1    et  7  4 
qui  expriment    la    propor-    Fig.    6.     —     Haplophragmium     lalidorsatum 

tion  dans  laquelle  le  cvtos-      (petUe  forme)-  Total  de  112  illdividus  ™- 

,/?   .,  J  cueillis    daDS    le    golfe    de    Gascogne    (côte 

tome  est  dejete  en  dehors       d'Espagne^.  [Travailleur). 


204 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910 


\o% 


du  plan  de  symétrie,  ou  enfin  l'indication  :  latéral  (lat.)  lorsque 
la  bouche  est  franchement  sur  le  côté.  L'enroulement,  dans  ce 
cas,  peut  être  très  irrégulier. 

Il  suffit  d'examiner  les  graphiques  pour  constater  qu'ils  sont 
remarquablement   symétriques,    même  lorsque  le  nombre   des 

individus  examinés  est  très  faible. 
Le  nombre  des  formes  dissymé- 
triques à  droite  et  à  gauche  est  très 
sensiblement  égal,  mais  le  rapport 
de  leur  nombre  à  celui  des  formes 
symétriques  varie  considérablement 
suivant  chaque  cas.  Nous  voyons, 
en  effet,  le  l'apport  du  nombre  des 
formes  symétriques  au  nombre  total, 
passer  de  06  °/0  à  50  °/0  et  descendre 
jusqu'à  10  °/0. 

Nous    voyons   surtout   (pie,   pour 
cette  même  espèce,  l'aspect  du  po- 
lygone est  très  variable,  car  il  peut 
être    trimodal    et   tendre   à    devenir 
bimodal,    l'espèce   présentant    trois 
formes  d'équilibre  séparées  au  point 
de    vue    fréquence    par    une    pro- 
fonde   dénivellation ,    ou    bien    uni- 
modal,   la   forme   symétrique    étant 
la  forme   d'équilibre  unique    autour 
de  laquelle    oscillent  les 
formes      dissymétriques 
d'autant     moins      no  m  - 
breuses  que    leur  carac- 
tère est  plus  accentué. 

Que  penser  de  ce  fait? 
Devons-nous  faire  autant 
d'espèces  d 'Haplophra- 
gmium  que  nous  avons  dressé  de  polygones?  Ce  serait  folie 
pure  ;  et  nous  devons  en  conclure  seulement  que  les  carac- 
tères d'enroulement  sont  extrêmement  variables,  ce  que 
l'on  savait  déjà,  mais  (pie  leurs  courbes  de  variation,  diverses 
suivant  les  lieux  mais  toujours  régulières,  indiquent  l'influence 
de  conditions  diverses  sur  cette  variation,  la  répartition  des 
diverses  formes  prises  dans  un  lieu  donné  n'étant  pas  purement 
quelconque  et  traduisant  un  certain  équilibre  dans  la  forme  de 
cette  espèce. 


W; 


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Fjg.  7.  —    Haplophragmium  canariense.  Total 

de  120  individus  recueillis  à  Svartisen  (Prin- 
cesse Alice). 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910  205 

Mais  il  y  a  une  autre  conclusion  à  dégager.  L' Hapluphrag- 
mium  canarienne  qui  diffère  si  peu  de  VA.  latidorsatum  quant 
à  l'aspect  des  loges  est  surtout  plus  régulier  que  celui-ci,  et 
son  polygone  de  variation  (fig.  7)  est  unimodal.  Et  justement 
nous  voyons  que  dans  un  cas  (fig.  6)  celui  de  //.  latidorsatum 
peut  le  devenir  ;  si  nous  n'avons  pas  homologué  l'espèce  de  la 
ligure  6  à  celle  de  la  figure  7,  c'est  uniquement  à  cause  de  sa 
petite  taille.  H.  canarienne  étant  généralement  deux  fois  plus 
gros.  Mais  il  me  semble  qu'en  réalité  cette  dernière  espèce 
ue  peut  être  considérée  que  comme  une  variété  de  //.  lati- 
dorsatum que  nous  savons  si  variable  (1).  Il  existe  d'ailleurs  une 
petite  espèce,  H.  naniim  de  Brady,  qui,  ne  différant  de  //.  cana- 
riense  que  par  la  taille  (caractère  infiniment  variable  suivant 
les  milieux),  me  semble  n'être  qu'une  variété  de  celui-ci.  Or, 
elie  ne  diffère  de  V H.  latidorsatum  de  la  figure  G  que  par  son 
test  légèrement  aplati,  ce  qui  ne  signifie  peut-être  rien  et  deman- 
derait d'ailleurs  à  être  étudié  biométriquement 

Voyons  maintenant  les  formes  de  H.  latidorsatum  à  poly- 
gone tri  modal  ou  bimodal.  Il  est  facile  de  voir  qu  il  n'y  a 
qu'une  différence  de  degré  entre  ces  formes  à  enroulement  de 
moins  en  moins  régulier  et  //.  globigeriniformis  dont  le  poly- 
gone serait  toujours  bimodal.  Cette  dernière  espèce  ne  peut 
|kis  être  considérée  autrement  que  comme  variété  de  H.  lati- 
dorsatum. Quant  à  //.  glomeratum  de  Brady  qui  englobe  dans 
son  test  des  fragments  de  Foraminiières  en  même  temps  que 
des  grains  de  sable,  il  est  de  toute  évidence  qu'il  en  faut  faire 
à  peine  une  variété  de  H.  globigeriniformis  dont  il  ne  diffère 
point  autrement. 

Reste  H.  rotulatum  que  je  n'ai  point  observé  et  H.  anceps. 
Je  n'ai  pu  étudier  cette  espèce  et  savoir  si  elle  ne  renferme 
point  un  ciment  chitineux,  auquel  cas  elle  devrait  par  sa  forme 
rejoindre  les  Gaudryina  dont  je  parlerai  plus  tard.  Au  cas  où 
elle  serait  un  véritable  Haplophragmium,  elle  apparaît  comme 
une  simple  exagération  de  la  variété  globigeriniformis^  ainsi 
d'ailleurs  que  les  espèces  du  genre  Verneuillina  classées  à  tort 
parmi  les  Textularides 

En  résumé,  un  certain  nombre  à' Haplophragmium  étant  éli- 
minés   pour  être    situés  dans  un   autre   groupe,   on   voit  que   le 

(1)  J'ai  constaté  depuis,  chez  //.  canariens';  la  présence  d'uni'  cuticule,  peut-être 
chitineuse.  Celle-ci  expliquerait  la  forme  des  loges,  qui  n'est  pas  absolument  sphé- 
ruleuse  chei  cette  espèce,  et  la  rapprocherait  alors  de  //.  scitulum  dans  le  groupe 
des  chitino-arénacés. 


206 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910 


nombre  des  espèces  appartenant  à  ce  genre  sensu  stricto  doit 
être  considérablement  réduit,  puisque,  laissant  de  côté  H.  rotu- 
lattim  et  H .  anceps  que  je  n'ai  point  étudiés,  les  //.  canariense , 
nanum  et  globigerinifùrmis  apparaissent  comme  des  variétés 
pures  et  simples  d'une  espèce  déjà  très  variable  :  Haplophrag- 
mium  latidorsatum. 


QUELQUES    OBSERVATIONS    SUR    LE    DÉVELOPPEMENT 
WEDWARDSIA  BEAUTEMPSI  QUATR. 


PAR 


W.   WIETRZYKOWSKI 

Note  présentée  par  M.  L.  Garreta. 


Au    mois   de   septembre   de  l'année  courante,  j'ai   fait   à  la 
station    biologique    de    Roscoff    quelques    observations  sur    le 


C 


Fia.  1.  —  «  Fusionnement  »  complet  des  blastomères  du  stade  quatre  :  a,  œuf,  1  h. 
matin.  —  6,  stade  quatre,  1  h.  25  m.  matin.  —  c,  «  fusionnement  »  complet, 
1  h.  42  m.  malin.  —  d,  stade  seize,  2  h.  matin  (Oc.  4.  Obj.  A.  Zeiss.  Ch.  claire 
Abbe). 

développement  des  Edwardsia.  Je  voudrais  résumer  briève- 
ment les  résultats  auxquels  je  suis  arrivé  jusqu'à  présent  à  ce 
sujet. 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910  207 

Environ  deux  heures  et  demie  après  la  fécondation,  l'œuf 
commence  à  se  segmenter  et  forme  immédiatement  quatre 
blastomères  sans  passer  par  le  stade  de  deux.  Ces  blastomères 
sont  absolument  égaux  et  très  nettement  séparés  les  uns  des 
autres.  Vingt  minutes  après  cette  première  division,  il  se  pro- 
duit un  phénomène  très  particulier  et  qui  est  d'une  généralité 
absolue  pour  ces  animaux.  Les  sillons  très  prononcés,  qui 
séparent  les  blastomères,  commencent  à  s'atténuer,  les  contours 
généraux  à  s'arrondir,  les  blastomères  à  devenir  de  moins  en 
moins  distincts  et  finalement  l'embryon  devient  absolument 
sphérique  sans  traces  apparentes  de  segmentation  ni  de  cloi- 
sons séparatrices. 

Cet  état  n'est  que  de  courte  durée  :  quinze  à  vingt  minutes  ; 
après  on  voit  les  blastomères  réapparaître,  d'une  façon  assez 
rapide,  mais  cette  fois  au  nombre  de  huit  :  chaque  blastomère 
du  stade  précédent  s'étant  subdivisé  en  deux  par  une  cloison 
équatoriale. 

Ce  phénomène  a  été  observé  sur  tous  les  œufs  très  nombreux 
mis  en  expérience  et  il  parait  être  absolument  normal  et  pro- 
pre à  l'animal.  En  effet,  les  œufs,  provenant  de  pontes  diffé- 
rentes, étaient  mis  dans  des  conditions  d'éclairage,  de  tempé- 
rature etc.,  variées  et  cependant  le  phénomène  se  reproduisait 
avec  une  régularité  parfaite. 

Je  me  propose  dans  un  travail  plus  étendu  d'étudier  la 
question,  pour  savoir  jusqu'à  quelles  limites  est  poussé  ce  fu- 
sionnement. Je  mentionnerai  seulement  ici  l'intéressante  expé- 
rience faite  à  ce  sujet  par  mon  ami  le  Dr  J.  S.  Alexandrowicz 
qui  a  placé  les  œufs  fécondés  dans  une  solution  extrêmement 
diluée  de  bleu  de  toluidine.  Les  œufs  se  sont  fortement  colo- 
rés sans  qu'il  y  ait  une  altération  quelconque  dans  la  marche 
générale  du  développement  jusqu'à  des  stades  très  avancés. 
Or,  au  moment  du  «  fusionnement  »  complet  des  quatre  blas- 
tomères, on  pouvait  remarquer  assez  nettement  à  la  surface  de 
l'embryon  deux  lignes  en  croix,  plus  claires  que  les  parties 
environnantes.  Ces  lignes  correspondaient  exactement  à  l'empla- 
cement des  cloisons  séparatrices  des  blastomères  primitifs.  On 
peut  donc  supposer  qu'il  ne  s'agit  pas  ici  d'un  «  fusionnement  » 
à  proprement  parler,  mais  d'un  resserrement  des  blastomères 
avant  le  passage  du  stade  quatre  au  stade  huit. 

La  segmentation  ultérieure  poursuit  sa  marche  normalement. 
Cependant  on  constate  quelquefois  le  même  «  fusionnement  » 
de  huit  blastomères  suivi  de  la  division  en  seize,  mais  plus  sou- 

Ball.  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.,  1910.  xxxv  —  lu 


'208 


SÉANCE    DU    13    DÉCEMBRE    1910 


vent  on  observe  des  «  fusionnements  »  partiels.  Les  blastomères 
au  stade  huit  se  fusionnent  par  paire,  chaque  paire  étant  consti- 
tuée de  cellules  issues  du  même  blastomère  du  stade  précédent. 
On  obtient  ainsi  quatre  blastomères  au  lieu  des  huit  primitifs, 
et  vingt  minutes  après  on  a  seize  blastomères. 

Ce  «  fusionnement  »  partiel  est  loin  d'être  aussi  général  que 
le  «  fusionnement  »  complet  du  stade  quatre.  Le  «  fusionne- 
ment »  partiel  s'observe  aussi,  mais  encore  plus  rarement, 
dans  les  stades  seize  et  trente-deux  et  encore  toutes  les  paires 
de  blastomères  ne  se  «  refusionnent  »  pas. 

La  segmentation  aboutit  à  la  formation  d'une  blastula  sans 
polarité  visible.  L'endoderme  se  forme  par  bourgeonnement 
unipolaire.  La  larve  se  couvre  de  cils   vibratiles  et  se   met  à 


e 


Fig.  2.  —  «  Fusionnement  »  partiel  de  blastomères  du    stade  huit  :  a,  stade  huit, 

2  h.  40  m.  matin.  —  b,  «  fusionnement  »    partie],  3  h.  matin.   —    c,  stade  seize, 

3  h.  17  m.  matin  (Oc.  4.  Obj.  A.  Zeiss.  Ch.  claire  Abbe). 


nager  très  activement.  Elle  s'allonge  et  à  l'extrémité  anté- 
rieure se  munit  d'une  houppe  de  cils  plus  grands  que  ceux 
qui  couvrent  le  reste  de  la  larve.  A  l'extrémité  postérieure  se 
forme  une  invagination  ectodermique  profonde  qui  se  met  en 
communication  avec  la  cavité  endodermique  déjà  constituée. 
Finalement  l'endoderme  forme  huit  plis  longitudinaux  ou 
cloisons. 

Les  larves  ainsi  constituées  vivaient  un  mois  dans  l'aquarium 
sans  changer  de  forme  ni  pousser  de  tentacules.  C'est  à  ces 
stades  que  j'ai  dû  arrêter  mes  observations. 


Séance  du  27  décembre,    1910. 

PRÉSIDENCE    DE    M.   TROUESSART,   ANCIEN    PRÉSIDENT 

M.  T.  J.  Ponting,  lieutenant,  92  Punjabis,  Mandalay,  Upper 
Burma,  lndia,  propose  à  la  Société  d'acquérir  un  jeune  Ours 
de  8  mois,  qu'il  a  capturé  dans  la  jungle. 

M.  Delorme,  licencié  ès-sciences,  demeurant  22,  avenue  de 
Clichy,  à  Paris  (18e),  est  présenté  par  MM.  Chatfcou  et 
Hérouard. 

Un  journal  quotidien  ayant  annoncé  récemment  le  retour 
des  Hirondelles  dans  le  Puy-de-Dôme,  notamment  dans  les 
greniers  de  la  mairie  de  Combronde,  le  13  décembre  dernier, 
M.  Petit  a  demandé  des  renseignements  complémentaires  à 
M.  le  maire  de  Combronde,  qui  lui  a  répondu  :  «  Le  fait 
publié  par  les  journaux  de  la  présence  des  Hirondelles  à  Com- 
bronde est  bien  exact.  Mais  elles  ne  sont  pas  restées  ;  elles  ont 
séjourné  seulement  pendant  la  journée  du  13  courant.  C'étaient 
sans  doute  des  retardataires  qui  gagnaient  le  midi.  11  yen  avait 
cinq  ou  six...  L'hôtel  de  ville  est  installé  dans  un  ancien  châ- 
teau qui  domine  toute  la  ville,  et  par  ce  fait  se  trouve  être  un 
point  de  repère  pour  les  Hirondelles  de  passage.  » 

L'ordre  du  jour  appelle  le  dépouillement  du  scrutin  pour 
l'élection    du    Bureau    et    du    tiers    sortant    du   Conseil. 

MM.  Brément,  Kollmann  et  Reyckaert  sont  nommés  scruta- 
teurs. 

Sur  135  votants,  ont  obtenu,  comme  : 


Président R.  Kgebler,  130 

,  . ,                                      (  A.  Dollfus,  134 

Vice-présidents J  L    Roule>  m 

Secrétaire  général . .  A.  Robert,  133 

,    .  \  P.  de  Beauchamp,    129 

Secrétaires ,  E    Chatton,  131 

Trésorier L.  Vignal,  135 


VOIX. 


210 


SÉANCE  DU  27  DÉCEMBRE  1910 


Archiviste-bibliothécaire 

Membres  du   Conseil  pour  1911. 


Il  y  a  de  plus  cinq  bulletins  nuls,   pour  défaut  de  signature 
sur  l'enveloppe  extérieure. 


L. 

Germain, 

134 

A. 

Bavay, 

130 

L. 

.loUBIN, 

131 

J. 

Pellegrin, 

134 

E. 

Trouessart, 

133 

Ouvrages  offerts 

Brôlemann  (H.  W,).  Polydesmiens  pyrénéens  [Bull.  Soc.  Sci. 
Toulouse,  XLIil,  1910,  p.  61-84,  5  pi.). 

Brôlemann  (H.  W.).  Biospeoiogica.  Syiuphyles,  Pselaphognathes 
Polydesrnoides  et  Lysiopétaloides  (Myriapodes).  (Arch.  Zool.  exp., 
(4),  V,  p.  339-378,  pi.  iv-vil.) 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1010  211 


ARCHILOA  RIVULARIS  n.  g.  n.  sp. 
TURBELLARIÉ    ALLŒOCŒLE    D'EAU    DOUCE 

PAR 

P.  de   BEAUCHAMP, 

Préparateur  à  la  Faculté  des  sciences  de  Paris. 

Le  sous-ordre,  assez  peu  homogène,  des  Rhabdocœles 
Allœocœles,  est  actuellement,  comme  on  le  sait,  divisé  en  trois 
groupes  (voir  von  Graff,  1907-08)  :  les  Cyclocoeles,  peu  nom- 
breux et  exclusivement  d'eau  douce;  les  Holocœles,  assez  riches 
en  espèces,  mais  exclusivement  marins  à  l'exception  de  Pla- 
giostoma  Lemani  (du  Plessis),  dont  j'ai  eu  l'occasion  de  parler 
ici  même;  enfin  les  Crossocœles,  également  marins  avec  une 
forme  d'eau  douce  (d'ailleurs  douée  d'une  abondante  synony- 
mie), Otomesosto?na  auditivum  (du  Plessis)  (1).  C'est  au  même 
groupe  que  se  rapporte  l'espèce  nouvelle  dont  il  va  être  ques- 
tion, différente  de  la  précédente  par  de  nombreux  caractères 
qui  ressortiront  de  sa  description  (2).  Avant  celle-ci,  nous 
exposerons  brièvement  les  conditions  où  elle  a  été  rencontrée 
et  qui  rendent  assez  vraisemblable  son  origine  marine  récente. 

A  2  km.  à  l'est  de  Saint-Jean-de-Luz  (Basses-Pyrénées),  en 
suivant  la  côte  vers  Guéthary,  la  falaise  est  interrompue  parla 
petite  anse  où  se  trouve  la  propriété  d'Etchébiague,  un  peu 
au  delà  du  calvaire  d'Archiloa  auquel  j'emprunte  le  nom  géné- 
rique. Là  viennent  tomber  deux  ruisseaux  qui  se  réunissent  en 
un  bras  long  d'une  centaine  de  mètres,  complètement  séparé 
de  la  mer  en  temps  ordinaire  par  une  digue  de  sable  et  de 
galets  à  travers  laquelle  l'eau   filtre  jusqu'à   celle-ci  ;   elle  est 

(t)  Je  suis  étonné  que  von  Guaff,  dans  son  relevé  général  de  l'éthologie  des 
Rhabdocœles,  n'ait  point  compris  îe  genre  Monocelis  parmi  ceux  qui  peuvent  vivre 
en  eau  saumàtre  :  j'ai  personnellement  trouvé  plusieurs  fois  des  représentants  de  ce 
genre  dans  des  eaux  à  salure  très  variable,  notamment  à  Roscoff  (Finistère)  et  au 
Grau  du  Roi  (Gard). 

(2)  Hallhz  (1910)  propose  une  classification  différente  :  il  écarte  le  genre  Oloplana, 
qui  était  le  type  de  la  seconde  famille  de  Crossocœles,  du  genre  Monocelis  qui  cons- 
titue la  première,  pour  le  réunir  aux  Bothrioplanidés  (Cyclocœles),  avec  son  genre 
nouveau  Bolhriomolus  ;  il  ne  parle  pas  à'Otomesostoma  qu'il  reporte  sans  doute 
des  Otoplanidés  aux  Monocelididés.  C'est  en  tout  cas  à  cette  dernière  famille  qu'ap- 
partient Archiloa. 


212  SÉANCE   DU    27    DÉCEMBRE   1910 

.donc  parfaitement  douce.  Mais  il  arrive  de  temps  en  temps 
qu'à  la  suite  d'une  tempête  coïncidant  avec  une  forte  marée, 
une  brèche  s'ouvre  dans  la  digue  mettant  en  communication  la 
partie  terminale,  assez  profonde,  avec  la  mer,  et  que  des 
paquets  d'Algues  arrachées  y  soient  même  refoulées.  Il  y  a 
une  différence  de  niveau  assez  sensible  entre  l'embouchure  des 
deux  ruisseaux  et  cette  partie  terminale,  de  sorte  que,  dans  la 
partie  moyenne,  l'eau  court  sur  un  lit  de  cailloux  aux  points 
les  plus  resserrés,  et  que  l'eau  salée  n'y  peut,  sinon  parvenir, 
au  moins  séjourner.  C'est  en  cet  endroit  qu'Arc/nloa  rivularis 
se  trouve  en  grande  abondance  sous  les  cailloux  facilement 
accessibles  ;  quelques  individus  jeunes  peuvent  être  pris  au 
filet  fin,  nageant  jusque  dans  la  fosse  terminale.  Le  reste  de  la 
faune  ne  m'a  paru  comporter  que  des  espèces  franchement 
d'eau  douce,  notamment  pour  les  Mollusques  ;  j'en  excepte  une 
Némerte  intéressante  dont  je  poursuis  l'étude  avec  mon  ami 
M.OxNERet  qui  vit  avec  le  Turbellarié.  Par  contre,  le  fond  et  les 
bords  sont  tapissés  d'Entéromorphes  ;  on  sait  d'ailleurs  que  ces 
Algues,  sans  s'écarter  jamais  beaucoup  de  la  mer,  peuvent 
vivre  en  des  points  en  communication  très  médiate  avec  elle 
et  où  l'eau  est  douce  de  façon  à  peu  près  permanente. 

Archiloa  remonte  jusque  dans  l'embouchure  des  deux  ruis- 
seaux, où  elle  est  mélangée  à  Planaria  gonocephala  Ant.  Dugès 
et  Poli/celis  nigra  (Millier);  je  n'ai  pu  la  retrouver  plus  haut 
sur  leur  cours,  ce  qui  peut  tenir  simplement  au  changement 
de  faciès  :  ils  courent  à  travers  des  prés  et  des  bois  sur  un 
fond  purement  vaseux,  sans  aucun  caillou  sous  lequel  chercher 
l'animal-,  je  n'ai  rien  trouvé  dans  la  vase.  Les  Entéromorphes 
ne  remontent  pas  plus  haut  non  plus.  Je  l'ai  cherché  en  vain 
dans  les  ruisseaux  de  l'intérieur  des  terres.  D'autre  part,  dans 
les  fossés  et  marais  du  Socoa,  où  la  faune  marine  pénètre  à 
chaque  grande  marée  et  où  vivent  de  façon  permanente  cer- 
taines espèces  saumâtres  comme  Sphœroma  serratum,  je  n'ai 
pu  trouver  que  des  Rhabdocœles  d'eau  douce,  les  ubiquistes 
Macrostomwnappendiculatum  (0.  Fabr.)  et  Stenostomum  leucops 
(Ant.  Dug.)  ;  les  pierres  y  manquent  d'ailleurs  également. 

Archiloa  rivularis  est  un  petit  Turbellarié  long  de  4  à  5mm, 
blanchâtre  et  translucide;  sa  forme  est  lancéolée  (tig.  1,  .4), 
plus  courte  et  plus  aplatie  que  dans  la  plupart  des  Monocelis, 
genre  avec  lequel  sont  ses  affinités  les  plus  étroites.  Après  fixa- 
tion au  sublimé,  on  voit  eu  général  l'extrémité  céphalique 
séparée  par  une  constriction  comme  on  l'observe  en  pareil  cas 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


213 


-l/C 


-i\ 


-/-yLy-Vy&f 


^ 


P) 


c 


Fig.  1. —  Archiloarivularis  n.  g.  n.sp. 
A,  vue  d'ensemble,  x  40.  i",  intestin; 
o£,  otocyste;  ov,  germigène  ;  p,  pé- 
nis ;  ph,  pharynx  ;  /,  testicules  ;  v, 
vagin  ;  w,  vitellogène  ;  c?  ?.  orifice 
copulateur  commun;  Ç  orifice  de 
ponte.  B,  détail  de  l'extrémité  du 
pénis.  C,  de  Totocyste.  D,  coque  ou- 
verte d'un  œuf  éclos. 


chez  Monocelis  balanocephala 
(Bôhmig)  et  d'autres  espèces 
voisines.  Le  revêtement  ciliaire 
est  uniforme  sur  tout  le  corps  : 
pas  de  fossettes,  d'oreillettes 
ni  de  soies  céphaliques  comme 
chez  Ototyiesostoma,  Otoplana 
et  Bothriomolus.  Les  rhabdites 
sont  abondants,  de  nombreuses 
glandes  muqueuses  s'ouvrent 
sur  l'extrémité  céphalique  ;  la 
caudale  est  couverte,  surtout 
sur  la  face  ventrale,  de  papilles 
adhésives,  et  peut  s'aplatir  et 
s'étaler  pour  faciliter  l'ancrage 
comme  dans  Monocelis  lineata 
entr'autres  (von  Graff,  pi.  m, 
fig.  24)  ;  à  ces   papilles  abou- 


214  séance,  nr  27  décembre  1910 

tissent  de  petits  bouquets  de  glandes  qui  y  déversent  la  sécré- 
tion gluante.  Mentionnons  de  suite  l'otocyste  (ot),  caractère 
constant  chez  les  Oossocœles  bien  qu'exceptionnel  chez  les 
autres  Rhabdocœles,  qui  est  enchâssé  dans  l'extrémité  anté- 
rieure du  cerveau  ;  il  n'existe  aucune  trace  d'yeux  â  son  voisi- 
nage, non  plus  que  de  pigment  dans  le  reste  du  corps.  L'oto- 
lithe  (lig.  1,  c)  est  flanqué  de  deux  petites  pierres  accessoires 
comme  dans  beaucoup  d'espèces  voisines. 

Le  tube  digestif  comprend  un  intestin  (i)  s'étendant  du  cer- 
veau à  l'extrémité  inférieure  et  dont  les  bords  sont  ondulés 
plutôt  que  franchement  lobés  (le  caractère  crossocœle  est  aussi 
peu  marqué  que  possible),  et  un  pharynx  (ph)  conforme  par 
contre  au  type  général  du  groupe  :  c'est  un  «  pharynx  plica- 
tus  »  en  forme  de  tube  court  ou  de  clochette,  aussi  complètement 
libre  dans  sa  gaine  qu'un  pharynx  de  Triclade,  car  il  est  formé 
dun  repli  annulaire  du  parenchyme  avec  des  couches  muscu- 
laires développées  sous  ses  faces  libres  et  non  d'une  masse 
musculaire  compacte  en  majeure  partie  noyée  en  lui,  comme 
c'est  le  cas  général  des  Rhabdocœles  vrais.  Il  est  dirigé  obli- 
quement, de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant,  vers  la  bouche 
située  sensiblement  au  milieu  du  corps.  Je  n'ai  pas  de  données 
précises  sur  le  système  nerveux,  ni  l'appareil  excréteur. 

L'appareil  génital  est  malheureusement  difficile  à  étudier, 
le  développement  de  ses  parties  étant  très  inégal  suivant  les 
moments,  et  son  étude  a  laissé  subsister  quelques  lacunes  et 
quelques  incertitudes.  J'en  ai  néanmoins  pu  reconnaître  avec 
assez  de  précision  les  caractères  principaux,  qui  légitiment  l'éta- 
blissement d'un  genre  nouveau,  et  que  je  vais  énumérer  briè- 
vement sans  entrer  dans  les  détails  histologiques.  Dans  le 
genre  Monocelis,  les  travaux  les  plus  récents  (voir  Ada  Midel- 
burg,  1907,  et  von  Graff,  pi.  xxx,  fig.  17)  ont  fait  admettre  la 
présence  générale  de  deux  orifices  femelles  :  l'un  en  dessous  de 
l'orifice  mâle,  qui  est  le  vrai  orifice  de  ponte,  la  vulve  primi- 
tive, l'autre  au-dessus,  où  aboutit  la  «  bursa  seminalis  »  à  paroi 
musculeuse,  qui  arrive  comme  l'autre  à  Toviducte  commun  et 
sert  à  la  copulation.  Primitivement,  l'un  ou  l'autre  de  ces  ori- 
fices avait  seul  été  vu  dans  la  plupart  des  espèces,  ce  qui  avait 
induit  von  Graff  à  scinder  ce  genre  en  deux,  Automolos  et 
Monotus,  suivant  la  disposition  réciproque  des  orifices  des  deux 
sexes.  Le  genre  nouveau  Ârchiloa  sera  caractérisé  par  le  fait 
qu'à  partir  de  cette  disposition  fondamentale,  l'orifice  Ç  supé- 
rieur et  l'orifice  çf  se  sont  fusionnés,  la  poche  séminale  s'ou- 


SÉANCE  DU  27  DÉCEMBRE  1910  215 

vranl  dans  la  gaine  du  pénis  qui  devient  un  véritable  atrium 
commun,  disposition  inconnue  jusqu'à  ce  jour  chez  les  formes 
voisines,  où  quand  un  orifice  9  es^  confondu  avec  l'orifice  çf , 
c'est  l'orifice  primitif,   existant  seul  d'ailleurs  le  plus  souvent. 

La  disposition  des  glandes  génitales  elles-mêmes  est  peu 
caractéristique  :  les  testicules  petits  et  globuleux  (te)  sont  au 
nombre  d'une  quarantaine  dans  la  partie  supérieure  du  corps, 
entre  le  pharynx  et  le  cerveau  ;  les  germigènes  (ov)  forment 
deux  petites  masses  allongées  de  part  et  d'autre  de  l'insertion 
du  pharynx  sur  l'intestin,  les  vitellogènes  (vi)  deux  bandes 
latérales  s'arrètant  au  quart  supérieur  et  au  quart  inférieur  du 
corps,  très  profondément  incisées  et  lobées  sans  pourtant  se 
dissocier  en  follicules  séparés.  Je  n'ai  pu  m'assurer  formelle- 
ment ni  de  l'existence  d'une  enveloppe  propre  autour  des 
gonades,  ni  même  de  celle  de  conduits  évacuateurs  individua- 
lisés, qu'il  m'a  été  impossible,  malgré  des  recherches  minu- 
tieuses, de  retrouver  sur  les  coupes,  C'est  d'ailleurs  un  cas 
assez  fréquent  chez  les  Allœocœles,  bien  que  non  chez  les 
voisins  les  plus  immédiats  de  notre  forme. 

L'orifice  9  indépendant  (fig.  1,  A)  est  situé  sur  la  face 
ventrale  au  tiers  inférieur  du  corps  à  peu  près,  et  l'orifice 
commun  à  mi-chemin  entre  lui  et  la  bouche.  De  ce  dernier, 
qui  est  une  courte  fente  longitudinale,  part  un  canal  vestibu- 
laire  (fig.  2)  qui  se  dilate  rapidement  en  une  vaste  cavité 
arrondie,  entourée  d'une  double  couche  croisée  de  fibres  mus- 
culaires (l'interne  parait  n'exister  que  dans  la  partie  dorsale). 
A  son  intérieur,  nous  trouvons  le  pénis  (p),  qui  s'écarte  fort  du 
type  habituel  chez  Monocelis  :  au  lieu  d'être  court,  conique, 
inerme  ou  pourvu  d'un  tube  chitineux  ou  d'une  couronne  de 
spicule=>,  il  forme  un  long  tube  hérissé  de  petits  crochets  à 
pointe  dirigée  vers  sa  base  (fig.  1,  B),  qui  s'invagine  en  doigt 
de  gant,  les  crochets  passant  par  conséquent  à  l'intérieur  du 
canal  éjaculateur,  et  au  repos  se  trouve  rétracté  et  plus  ou 
moins  replié  dans  l'atrium  génital  (la  fixation  au  sublimé  en- 
traine en  général  sa  dévagination).  La  seule  Monocelis  qui 
possède  quelque  chose  d'analogue  est  M.  unipunctata  (0.  Fabr.) 
qui  a  aussi  un  pénis  long  et  échinulé.  Il  serait  intéressant  de 
rechercher  dans  cette  espèce  l'existence  et  les  rapports  de  la 
poche  séminale  dont  la  figure  de  Jensen  (1878,  reproduite  par 
von  Graff,  pi.  xxiv,  fig.  14  ;  je  n'ai  pu  me  procurer  la  descrip- 
tion de  M.  Schultzr,  1851)  ne  montre  aucune  trace  ;  il  se  peut 
que  certaines  des  espèces  actuelles  du  genre  Monocelis,  qu'une 


21 6 


SÉANCE  DU  27  DÉCEMBRE  1910 


étude  plus  étendue  conduira  sans  doute  à  démembrer,  doivent 
rentrer  dans  Archiloa. 

A  sa  partie  proximale,  le  pénis  s'élargit  en  un  bulbe  (bp) 
entouré  d'une  musculature  propre  et  tapissé,  au  lieu  de  la 
cuticule  différenciée  en  crochets,  par  des  cellules  très  hautes 
à  contenu   granuleux  :  elles  élaborent  la   sécrétion   accessoire 

ibdocceles  ;   la 
salement 


a  contenu  granuleux  :  eues  élaborent  la  sécrétion  ac( 
spéciale  bien  connue  dans  tous  les  pénis  de  Rhabdocce 
vésicule  séminale  proprement  dite  (vs)  est  placée  latén 


Fig.  2.  —  Archiloa  rivularis  n.  g.  n.  sp.  Vue  latérale  schématique  de  la  région 
génitale,  reconstruite  d'après  les  coupes.  Mêmes  lettres  et  :  bp,  bulbe  du  pénis; 
cd,  canaux  déférents  ;  ge,  glandes  éosinophiles  de  l'orifice  Ç  ;  Ip,  ligament  du  pénis  ; 
od,  germiducte  ;    oo,  ootype  ;  vd,  vitelloducte  ;  vs,  vésicule  séminale. 

à  ce  réservoir,  et  entourée  d'une  musculature  distincte  moins 
forte  que  la  sienne  ;  par  un  étranglement  traversant  la  paroi 
de  l'atrium,  elle  communique  avec  un  autre  renflement,  à  paroi 
peu  individualisée  du  parenchyme  adjacent,  qui  est  évidem- 
ment le  point  où  aboutissent  les  canaux  déférents  (cd).  Un 
certain  nombre  de  cellules  glandulaires  s'insèrent  sur  l'atrium 
à  ce  niveau.  Mentionnons  enfin  une  sorte  de  ligament  qui 
s'étend  de  la  base  du  pénis  à    la   paroi   supérieure  de   l'atrium 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1010  217 

où  il  s'insère  dans  une  dépression  :  il  est  creux  et  transversa- 
lement ridé  de  façon  régulière.  Je  n'ai  pu  encore  me  rendre 
compte  avec  précision  de  ses  rapports  et  de  son  rôle,  qui  est 
sans  doute  la  rétraction  du  pénis. 

C'est  auprès  de  son  point  d'attache,  au  plafond  de  la  cavité 
atriale,  que  vient  s'ouvrir  la  poche  séminale  (y),  pour  laquelle 
le  nom  de  vagin  serait  d'ailleurs  beaucoup  plus  approprié. 
C'est  un  large  conduit  revêtu  d'une  cuticule  basophile  plissée 
qui  proémine  dans  la  cavité  en  hautes  papilles.  Sa  musculature 
est  très  développée  et  comprend  une  couche  longitudinale 
interne  et  une  couche  circulaire  externe  ;  l'épithélium  semble 
n'être  représenté  que  par  des  cellules  isolées  situées  plus  pro- 
fondément et  envoyant  des  prolongements  difficiles  à  voir  dans 
la  couche  sous-cuticulaire  :  disposition  connue  en  beaucoup  de 
points  chez  les  Platodes  (et,  comme  je  l'ai  montré,  chez  les 
Rotifères),  et  notamment  dans  la  poche  séminale  des  Mono- 
celis  d'après  Midelburg  [«  Epithelium  eingesenkt  »]. 

Le  vagin  se  dirige  en  haut,  puis  se  recourbe  en  avant  et  vient 
déboucher  dans  une  vaste  cavité  que  j'appellerai  ootype  (oo), 
dont  la  structure  est  un  des  points  qui  me  sont  restés  le  plus 
obscur  :  parfois  elle  se  réduit  à  un  très  petit  espace  libre  immé- 
diatement sous-jacent  à  la  gaine  du  pharynx  ;  le  plus  souvent 
elle  est  extrêmement  dilatée,  formée  d'une  partie  médiane  où 
débouche  le  vagin  et  de  deux  sacs  latéraux  qui  le  contournent 
et  reviennent  presque  au  contact  en  arrière  de  lui.  En  avant, 
elle  est  limitée  par  une  couche  assez  épaisse  de  petites  cellules 
conjonctives  stratifiées,  mais  en  arrière  elle  n'a  pour  ainsi  dire 
pas  de  parois  propres.  Elle  est  toujours  alors  remplie  d'une 
substance  anhiste,  finement  granuleuse  et  prenant  assez  faible- 
mement  le  lichtgrûn,  dans  laquelle  est  creusée  une  cavité  con- 
centrique plus  ou  moins  développée  ;  cette  substance  est  re- 
présentée en  grisé  dans  la  figure  2.  Il  m'est  impossible  de 
faire  aucune  hypothèse  sur  son  rôle  et  sa  nature  ;  il  ne  parait 
pas  y  avoir  à  proximité  de  glandes  assez  développées  pour  la 
sécréter.  C'est  évidemment  dans  la  même  cavité  qu'aboutissent 
les  germiductes  et  vitelloductes  ;  j'ai  aperçu  les  premiers  sur 
le  vivant  (fîg.  1,  A),  mais  comme  je  l'ai  dit,  je  n'ai  pu  les 
retrouver  sur  les  coupes  et  les  ai  indiqués  arbitrairement  sur 
la  fîg.  2  (od  et  vd). 

La  communication  de  l'ootype  avec  l'orifice  9  inférieur  est 
presque  aussi  difficile  à  voir  ;  je  crois  pourtant  l'avoir  observée 
sûrement  sous   forme   d'une    lacune   bordée  par  des  tractus  du 


2  IN  SÉANCE  DU  27  DÉCEMBRE  1010 

parenchyme  qui  contourne  dorsalement  l'atrium  ;  la  partie  ter- 
minale du  canal  est  seule  individualisée,  sans  musculature 
d'ailleurs,  mais  entourée  d'une  collerette  de  glandes  à  petits 
grains  prenant  l'éosine  avec  intensité  {gè).  Tous  les  points  dou- 
teux de  cette  description  de  l'appareil  9  —  qui  paraissent 
d'ailleurs  difficilement  susceptibles  d'une  autre  interprétation  — 
ne  pourront  être  éclairés  que  par  l'étude  d'animaux  en  pleine 
activité  de  ponte  où  l'on  pourra  observer  les  voies  de  passage 
des  produits  génitaux.  Il  se  peut  qu'il  y  ait  encore  une  poche 
utérine  virtuelle  au-dessous  de  l'orifice  inférieur,  comme  le 
figure  Jensen  chez  Mon.  unipunctata. 

Je  n'ai  en  effet  pu  observer  aucun  individu  renfermant  des 
œufs  dans  les  voies  génitales  :  à  Saint-Jean-de-Luz  même,  je 
n'en  avais  trouvé  aucun  et  les  individus  que  j'avais  rapportés 
à  Paris  ont  pondu  à  un  moment  où  il  m'était  impossible  de 
m'occuper  d'eux;  j'ai  trouvé  fixés  aux  parois  du  bocal  des  œufs 
ovoïdes  mesurant  175  x  150  [j_,  à  coque  brune,  mais  mince  et 
transparente,  qui  s'ouvrent  régulièrement  par  un  clapet  pour 
laisser  sortir  l'embryon  (fig.  1,  D).  Comme  on  pouvait  s'y 
attendre  pour  une  forme  d'eau  douce,  l'animal  n'éclot  pas  à 
un  stade  très  précoce,  avec  une  forme  globuleuse,  comme  chez 
Monocelis  hyalina  van  Beneden  et  Bothriomolus  constricttts 
Hallez,  les  deux  seuls  Crossocœles  sur  le  développement  des- 
quels nous  ayons  des  données,  mais  avec  l'aspect  et  les  princi- 
pales différenciations  de  l'adulte.  Tous  sont  morts  très  rapi- 
dement dans  mon  bocal.  Après  la  ponte,  les  organes  copula- 
teurs  d'Archiloa  régressent  en  quelques  jours  complètement, 
même  le  pénis,  si  différencié  (tandis  qu'un  rudiment  des  go- 
nades même  subsiste),  et  l'on  n'en  retrouve  aucune  trace  sur 
les  coupes,  ce  phénomène  peut  contribuer  à  expliquer  les 
lacunes  dans  ma  description  des  voies  génitales  ;  il  s'en  suit  un 
raccourcissement  de  la  région  caudale,  qui  reporte  la  bouche 
vers  le  tiers  inférieur.  Puis  les  animaux  succombent,  sans  qu'on 
puisse  dire  si  c'est  un  phénomène  normal  ou  dû  à  la  captivité. 


OUVRAGES  CITÉS 


1907-08   Graff  (L.  von).    Turbellaria    Rhabdocœlida   [Brontïs  Ovdn. 

und  Kl.  des  Thierr.,  IV,  Leipzig). 
1910     Hallez  (P.).  Un  nouveau  type  d'Alloïocœle,  Bothriomolus  cons- 

trictus  n.  g.  n.sp.  (Arch.Zool.Eocp.,  (5),III,p.611-64,pl.xvni-xx). 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


219 


1878    Jensen  (0.   S.).    Turbellaria    ad  litora   Norvegise    occidentalis 

(1  vol.  fol.,  91  p.,  8  pi.,  BergeD). 
1907     Midelburg  (Ada).   Zur  Kenntniss  der  Moaocelididee.   [Zeilsehr. 

wiss.  Zool.,  LXXXIX,  p.  81-108,  pi.  vi). 
1851     Schultze  (M.).  Beitrâge  zur  Nalurgeschichte  der  Turbellarien 

(1  vol.  in  4°,  78  p.,  7  pi.,  Greifswald). 


SUR  LA  TERMINAISON  DU  TUBE  DIGESTIF  DES  ÏXOBIBJE 


PAR 


G.    BLANC, 

Préparateur  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris. 

L'anatomie  interne  des  Ixodidœ-  a  fait  l'objet  de  nombreuses 
études   et  les  différents  auteurs   qui  en   ont  traité  ne   sont  pas 


Fig.  1.  —  Rectum  d'Ornithodorus  moubata  $  avec  ses  trois  diverticules.  — 
E,  estomac;  0,  oviductes;  TC,  tube  de  communication;  TM,  tube  de  Malpighi  ; 
Du  diverlicule  antérieur  récliné  à  droite  ;  Z)2  et  D3,  diverticules  postérieurs. 

tombés   d'accord  sur   les  relations  qui  existent   entre  l'estomac 


220 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


et  l'organe  que  les  uns  appellent  rectum  et  qui  pour  les  autres 
est  une  vessie  urinaire. 

Sans  vouloir  donner  une  liste  complète  des  auteurs,  il  suffira 
de  citer  Treviranus,  Leydig,  Heller,  Pagenstecher,  Norden- 
skiold,  etc.,  parmi  ceux  qui  admettent  une  communication  ; 
Brandes,  Wagner,  parmi  ceux  qui  la  nient. 

Récemment,   la  démonstration  du  rôle  important  joué  par 

E 


Fig.  2.  —  Rectum  d'Argas  persicus  Ç  avec  ses  deux  diverticules  contournés  et 
remplis  de  sang.  —  TC,  tube  de  communication  ;  R,  rectum  ;  TM,  tube  de  Mal- 
pighi  ;  Dd,  diverticule  droit;  Dg,  diverticule  gauche  ;  S,  sang. 

ces  Acariens  dans  la  transmission  des  maladies  infectieuses, 
telles  que  les  spirochétoses  et  les  babésioses,  a  attiré  pins  par- 
ticulièrement l'attention  sur  eux.  Et  avec  les  nouvelles  études, 
les  mêmes  divergences  d'opinion  se  sont  rencontrées. 

Bonnet  (1),  dans  un  travail  très  consciencieux,  arrive  à  cette 
conclusion   que  «  le  tube  digestif  (des  Ixodidv)   est  un  organe 


(1)    A.  Bonnet.    Recherches   sur   l1anatomie    comparée    et  le  développement  des 
Ixodidés  (Thèse  de  doctorat.  Lyon,   1907,    p.  67-91) 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


221 


aveugle  sans  communication  avec  le  rectum  ou  vésicule  excré- 
trice ».  Le  professeur  R.  Blanchard  (1)  reprend  cette  idée  et 
propose  d'appeler  urodoque  cette  vésicule,  cependant  que 
Stephens  et  Christophers  (2),  Newstead  (3)  figurent  un  tube  de 
communication.  Tout  dernièrement  enfin,  Castellani  et  Chal- 
mers(4)  posent  la  question  sans  la  résoudre. 

J'ai  eu  l'occasion  d'étudier  au  la- 
boratoire de  parasitologie  du  pro- 
fesseur R.  Blanchard  un  grand 
nombre  d'Ixodidœ,  et  j'ai  pu  me 
convaincre  que  bien  réellement  le 
tube  digestif  de  ces  Acariens  com- 
munique avec  Je  rectum,  et  de  là 
avec  l'extérieur. 

L'on  sait  que  la  famille  des  Ixo- 
didœ  se  divise  en  deux  sous-fa- 
milles, les  Ixodinap  et  les  Argnsinœ, 
représentées,  la  première  par  les 
genres  où  le  rostre  est  terminal, 
la  seconde  par  ceux  où  il  est  ven- 
tral. 

Chez  les  Argasi?ia3,  la  communi- 
cation entre  l'estomac  et  le  rectum 
est  très  visible,  et  c'est  justement 
ce  groupe  qu'ont  plus  particulière- 
ment étudié  les  auteurs  qui  arrivent 
à  cette  conclusion  :  Pagenstecher, 
Stephens  et  Christophers,  etc.  Chez 
les  Ixodinse,  au  contraire,  il  est  beaucoup  plus  difficile 
de  mettre  cette  communication  en  évidence,  et  c'est  en  se 
basant  sur  l'étude  de  cette  sous-famille  que  Wagner,  Brandes 
et  surtout  Bonnet  ont  attribué  à  la  famille  entière  des  Ixodidœ 
un  tube  digestif  aveugle. 

La  divergence  d'opinion  tient  donc  surtout  à  la  différence  du 
matériel  d'étude. 


Fig.  3.  —  Coupe  longitudinale 
du  rectum  et  du  tube  de  com- 
munication chez  A.  persicus  Ç  ; 
lettres,  même  signification  que 
dans  les  figures  précédentes. 


(1)  Blanchard  (R.).    L'Insecte  et   l'Infection  (1er  fascicule:  Acariens,  p.  35-36. 
Paris,  1909). 

(2)  Stephens  et  Christophers).    The  practical    study  of  Malaria  and  other  Blood 
parasites  (Third  édition.  London,  1908). 

(3)  Newstead  (II.).  On  the  External  Anatomy  of  Ornithodoros  mouhata  Murray 
{Lioerpool  school  tropical  medicine.  Mémoire  XVII,  p.  "21-25,  pi.  iv). 

(i)  Castlllani   et  Chalmebs.  Manual  of  tropical  medicine    p.  463-166.   London, 
1910). 


222 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


J'ai  étudié  com- 
me Argasinse  :  Or- 
nithodorus  Savi- 
gnyi  (Audouin), 
0.  moubata  (Mur- 
ray),  Argas  per si- 
ens Fischer  de 
Waldheim. 

Comme  Ixodi- 
_  M  nse  :  Ixodes  hexa- 
'  I  »  g  omis  Leach,  Ixo- 
des ricinus  (Lin- 
né), Rhipicephalus 
sanguineus  (  La- 
treille),  Dermacen- 
tor  reticnlatus  (Fa- 
bricius),  Esema- 
physalis  concimicft 
Koch(l). 


TC 


Fie.  4.  —  Rectum  ^  Ixodes  hexagonus  Ç  ;   mêmes  lettres 
que  précédemment. 


Fia.  5.  —  Coupe  longitudinale  du  rectum  et  de  l'esto- 
mac de  Ixodes  Ç  ;  mêmes  lettres.  On  voit  un  tube 
de  Malpighi  déboucher  dans  le  rectum. 


a)  Argasinse. — 
Chez  Ornithodo- 
rus,  de  la  partie 
médiane  de  l'esto- 
mac part  un  tube 
étroit,  de  80mm  de 
diamètre,  long  de 
lmm200  qui,  pas- 
sant au-dessus  des 
organes  génitaux, 
va  se  jeter  à  la 
partie  médio-ven- 
trale  du  rectum  ; 
celui-ci  est  formé 
de  trois  lobes  sen- 
siblement égaux 
dont    l'un,    supé- 

(1)  Je  tiens  à  remer- 
cier ici  M.  le  Dr  Brumpt 
qui  m'a  communiqué  la 
plupart  des  espèces  que 
j'ai  eues  à  ma  disposi- 
tion, et  qui  m'a  fait  pro- 
fiter de  sa  grande  expé- 
rience pour  tout  ce  qui 
concerne  l'élevage  des 
lxodidie. 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


223 


rieur   ou  plus   exactement   antérieur,  est  médian   par   rapport 
aux  deux  autres  postérieurs  (fig.  1). 

Chez  Argas  le  tube  de  communication  est  plus  court,  160  \l 
environ,  il  aboutit  à  la  partie  antérieure  du  rectum  plus  ou 
moins  dilaté  par  le  sang  ingéré  et  auquel  font  suite  deux  tubes 
aveugles  tantôt  minces,  de  la  longueur  du  rectum  proprement 
dit,  tantôt  affectant  des  formes  contournées  et  pouvant  prendre 
une  extension  considérable  lorsqu'ils  sont  gorgés  de  sang  (fig.  2). 

En  faisant  gorger  des  Argas  à  jeun  depuis  un  certain  temps, 
j'ai,  par  des  dissections  journa- 
lières, pu  assister  au  passage 
progressif  du  sang  de  l'estomac 
dans  le  rectum.  Dans  les  cas 
que  j'ai  examinés,  ce  passage 
se  faisait  le  10e  jour  environ 
après  la  piqûre. 

En  élevage,  ces  animaux  dé- 
posent sur  le  papier  contenu  dans 
le  tube  qui  les  renferme,  des 
traces  noires  de  sang  digéré. 

En  coupes  en  série,  longitudi- 
nales et  transversales,  on  trouve 
un  canal  bordé  d'un  épithélium 
non  plasmodique  comme  celui 
de  l'intestin ,  mais  constitué 
par  des  cellules  à  gros  noyau 
ovale,    à    contours    peu    précis, 


analogues    à    celles    du    rectum 


Fig.  6.  —  Rectum  de  Rhipicephalus; 
mêmes  lettres. 


(fig.  3). 

(3)  Ixodinse.  —  Chez  Ixodes  (fig.  4),  un  diverticule  médian 
de  l'estomac  vient  s'accoler  au  rectum,  qui  mérite  bien  ici  son 
nom  de  vésicule  excrétrice.  Il  est  sphérique,  sans  expansions 
latérales  et  rempli  généralement  de  cristaux  de  guanine.  Chez 
les  femelles  adultes,  malgré  de  très  nombreuses  dissections, 
je  n'ai  trouvé  qu'une  seule  lois  du  sang  dans  le  rectum. 

Les  Ixodes  gorgés,  que  l'on  garde  en  élevage,  ne  défèquent 
pas  de  sang  comme  les  Argas,  mais  de  la  guanine.  Les  femelles 
pondent  (1)  bientôt  des  œufs  en  grande  quantité,  maigrissent; 


(1)  A  condition  toutefois  qu'on  les  laisse  se  détacher  elles-mêmes  de  l'animal  sur 
lequel  elles  sont  fixées.  Bien  des  fois  M.  Brumpt  a  constaté  ce  fait  sur  ses  élevages  : 
on  retire  l'animal  avant  sa  replétion  totale,  il  meurt  sans  pondre. 


Bull,  de  la  Soc.  Zool.  de  Fr.  1910. 


XXXV 


22ï 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


leur  tégument  est  sillonné  de  plis  profonds  et  présente  par 
endroits  des  plaques  jaunâtres  de  guanine  vue  par  transparence; 
bientôt  elles  meurent,  tuées  par  la  lithiase.  Par  contre  les 
nymphes,  les  adultes  jeunes,  les  mâles,  se  comportent  comme 
des  Argasinse  et  défèquent  du  sang.  La  communication  entre 
l'estomac  et  le  rectum  garde  sa  fonction  physiologique  qu'elle  a 


TC 


Fig.  7.  —  Coupe  longitudinale  du  rectum  et  du  tube  de  communication 
chez  Rhipiçephahis  ;  mêmes  lettres.  —  G,  guanine. 

perdue  chez  la  femelle  gorgée.  M.  Brumpt  a  eu  l'obligeance 
de  me  faire  assister  à  ce  phénomène  sur  des  nymphes  de 
Dermacentor  et  sur  de  jeunes  mâles  iï Hœmaphysalis. 

Sur  des  coupes  en  série,  on  retrouve  le  tube  de  communica- 
tion (fig.  o)  court,  500  [X  de  long  sur  240  de  large,  à  lumière 
très  étroite,  constitué  par  un  épithélium  à  cellules  mal  diffé- 
renciées, dont  les  noyaux  sont  pressés  et  plus  petits  que  ceux 
des  tubes  de  Malpighi. 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBUE    1010 


225 


Rhipicephalus  (fig.  6  et  7)  présente  à  peu  près  les  mêmes 
dispositions  générales,  le  canal  est  plus  long,  la  lumière  est 
plus  large  et  sur  les  coupes  elle  se  montre  perméable. 

A  l'aide  de  ces  quelques  exemples  pris  chez  les  Argasinx 
et  chez  les  lxodi/uv,  nous  arrivons  à  cette  conclusion  que  dans 
la  famille  des  Ixodidœ  la  disposition  terminale  du  tube  digestif 
rentre  dans  le  cas  général.  Si  physiologiquement  il  peut 
arriver  que  la  communication  entre  l'estomac  et  le  rectum  soit 
suspendue,  anatomiquement  elle  persiste  toujours. 


LE  PLANKTON  DE  LA  BAIE  DE  LA  HOUGUE 


PAR 


E.   FAURÉ-FREMIET 


Infusoires    ciliés 


La  baie  de  la  Hougue,  largement,  ouverte  au  vent  d'amont 
et  parcourue  par  de  forts  courants  de  marée,  présente  un  plank- 
ton  identique  dans  ses  grandes  lignes  à  celui  de  la  Manche. 

Des  pêches  effectuées  au  mois  de  novembre  en  divers  lieux, 
soit  aux  environs  du  laboratoire  de  Saint-Vaast,  soit  vers  le 
large,  m'ont  donné  les  formes  suivantes  : 

Dinoflagellates    :       Peridinium  divergens  (assez  abondant), 

Ceratium  fusas  (peu  abondant), 
Gymnodinium  spirale  (rare), 
Prorocentrum  micans  (peu  abondant),  ainsi 

que  quelques  Polykrikos; 
Codonella  ventricosa  var.  major , 
—  —         var.  minov, 

Strombidium  marinum  sp.  nov., 
Coleps  fusus  ; 

Formes  larvaires  :     Plutei  (assez  nombreux), 

Cyphonautes    compressas    (  Membrampora 

pilosa)  (très  abondant), 
Mitraria  (peu  abondant), 
Larves  d'Acéphales  (très  abondantes)  ; 

Formes    adultes    :     Sagilta  (indéterminées), 

Oïkopleura  dioïca  (assez  abondant). 

J'ajouterai  que  les  Copépodes  sont  très  abondants  (ces  orga- 
nismes sont  étudiés  avec  le  plus  grand  soin  par  le  Dr  Semichon, 


226 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    l!MO 


je   ne  les  énumère  donc  pas),  et  que  j'ai   rencontré   quelques 
rares  Cydippes. 

Ces  résultats  sont,  on  le  voit,  conformes  à  ceux  de  la  «  Plank- 
ton  Expédition  »  qui  a  traversé  la  Manche  à  la  même  époque 
de  Tannée  1883. 


SUR    DEUX    INFUSOIRES    PLANKTONIQUES 


PAR 


E.   FAURÉ-FREMIET 


J'ai  trouvé  dans  le  plaukton  de  la  haie  de  la  Hougue,  outre 
les  deux  formes  que  j'ai  déjà  décrites  de  Codonella  ventricosa 
(sur  lesquelles  je  reviendrai  une  autre  fois),  deux  Infusoires 
intéressants. 

L'un  est  le  Çoleps  fums  de  Lachmann,  trouvé  par  cet  auteur 

sur  les  côtes  de  Norvège  et  très  bien 
décrit.  Cette  espèce  est  plus  allongée  que 
le  Coleps  hirtus,  et  présente  la  forme 
d'un  cigare  ;  l'extrémité  antérieure  est 
amincie,  les  dents  formées  par  les  pièces 
du  dernier  verticille  de  la  cuticule  sont 
acérées  ;  l'extrémité  postérieure  se  ter- 
mine par  une  pointe  aiguë.  L'ornemen- 
tation des  pièces  de  la  cuticule  est  très 
simple  (fig.  1)  et  comporte  seulement 
quatre  prolongements  en  forme  de  dents 
du  bord  épaissi.  Les  cils  sont  rares.  La 
natation  de  l'Infusoire  est  très  rapide. 

L'autre  espèce  (fig.  2)  n'a  pas  encore, 
je  crois,  été  décrite.  C'est  un  Strombi- 
dium  que  je  propose  de  nommer  mari- 
num  (sp.  nov.).  Cet  Infusoire  est  ovoïde, 
avec  l'extrémité  antérieure  tronquée 
par  le  péristome  qui  peut  s'ouvrir  lar- 
gement en  s'incurvant  au  dehors,  et  l'ex- 
trémité postérieure  se  termine  en  une  pointe  aiguë  sur  le  côté 
de  laquelle  on  découvre  l'anus.  Le  péristome  porte  une  frange 
ad  orale,  composée  de  30  membranelles,  fermée  sur  elle-même 
extérieurement,  mais  dont  une  extrémité  descend  intérieure- 
ment au  fond  du    cytostome.  Il  n'existe  pas  de   vacuole   excré- 


Fîg.  1.  —  Coleps  fusus 
Lachmann. 


SÉANCE    DU    27    DÉCEMBRE    1910 


•227 


trice,  mais  le  lieu  où  se  trouve  celle-ci  chez  les  autres  espèces  de 
ce  genre,  situé  au  point  où  le  cytostome  s'enfonce  brusquement, 
est  le  siège  de  mouvements  ondulatoires  assez  curieux  et  dont 
le  rôle  m'échappe. 

Le  noyau  est  sphérique,  accompagné  d'un  petit  micronucleus. 
Le  cytoplasma  présente  la  structure  fîlaire  que  j'ai  décrite  chez 
les  Stentor  et  les  Nassula. 

Le  Strombidium  marinum  nage  avec  une  très  grande  vitesse, 


Fig.  2.  —  Strombidium  marinum  n.  sp. 

aussi  bien  en  avant  qu'en  arrière,  en  traçant  un  parcours  héli- 
coïdal. Il  se  nourrit  de  proies  volumineuses  telles  que  des 
Diatomées. 

Le  Coleps  fusas  comme  le  Strombidium  marinum  sont  très 
difficiles  à  retrouver  dans  le  plankton  fixé,  car  ils  sont  toujours 
altérés  dans  leur  forme  par  les  réactifs. 

Ce  sont  deux  Infusoires  intéressants  à  comparer  parce  que, 
appartenant  à  deux  groupes  différents,  ils  paraissent  aussi  bieu 
adaptés  l'un  que  l'autre  à  la  vie  pélagique  tant  par  la  vivacité 
de  leurs  mouvements  que  par  la  faculté  de  s'attaquer  à  de 
grosses  proies,  ou  de  les  ingérer  purement  et  simplement. 


ESPECES  ET  VARIETES  NOUVELLES 

DÉCRITES  DANS  LE  BULLETIN  DE  1910 


Reptile. 
Oligodon  Herberti  var.  EberhardU  nov.  var.  Pellegria 30- 

Mollusques. 
Pupa  kanalensis  nom.  nov.  Caziot. . 158 

Insectes. 

Hylophilus  callanganus  Pic 61 

Hylophilus  [Olotelus]  brevissimus  Pic 61 

Physcius  longipennis  Pic 60 

Crustacés. 

Aplostoma  magellanica  Ghatton  et  Brément 82 

Aplostoma  sacculus  Chatton  et  Brément 86 

Rotifère. 
Dipleuchlanis  n.  subgen.  de  Beauchamp 122 

Vers. 

Archiloa  n.  gen .  de  Beauchamp 214 

Archiloa  rivularis  de  Beauchamp 211 

Cephalogonimus  européens  Blaizot 34 

Protozoaire. 

Strombidium  marinum  Fauré-Fremiet 226 


TABLE    DES    MATIÈRES 

PAR     ORDRE     ALPHABÉTIQUE     D'AUTEURS 


PAGES 

Beauchamp  (P.  de).  Arckiloa  rivularis  n.  sp.,  Turbellarié  Allœo- 

cœle  d'eau  douce 211 

Beauchamp  (P.   de).    Dipleuchlanis  n.  subgen.  pour  Euchlanis 

propalula  Gosse 122 

Beauchamp   (P.   de).    Sur  la  présence    d'un    hérnocœle    chez 

Dinophilus 18 

Benoit- Bazille  (H.)  La  pratique  simplifiée  de   la  microphoto- 
graphie en  histoire  naturelle 77 

Blaizot  (L.).  Un  nouveau  Trématode,  Cepkalogonimus  europœus, 

parasite  intestinal  de  Rana  esculenta  L 34 

Blanc  (G.).  Sur  la  terminaison  du  tube  digestif  des  Ixodidce.. . .      219 
Gaullery  (M.).  Le  huitième  Congrès  international  de  zoologie.       162 
Caziot  (E.).  Etude  de  quelques  Pupa(Philippii,  Savii,  Mùhlfeldli, 
rhodin,  obscurci,  ventilatoris,  rupestris  et  Dupoteli)  de  la  section 

des  Torquilla 147 

Caziot   (E.).    Etude  sur  la  dispersion  géographique   des  Pupa 

polyodon  Drap.,  ringlcula  Mich.  et  montserralica  Fagot 94 

Caziot  (E.).  Elude  sur  Yflelix  solilaria  Poiret 114 

Caziot  (E.).  Etude  sur  quelques  espèces  italiennes  de  la  section 

Eulola  Hartmann  et  du  groupe  de  Y  Hélix  Orsinii  Porro 137 

Caziot  (E.).  Etude  sur  quelques  espèces  de  Pupidœ  de  la  section 

Torquilla  et  du  groupe  du  Pupa  frumentum  de  Draparnaud  . .       155 
Chatton  (Edouard)  et  Ernest  Brément.  Sur  trois  Ascidicoles  du 
genre    Aplostoma    Ganu    :    Aplostoma  magellanica  n.  sp.,   ..4. 
hibemica  (T.  et  A.   Scott),  A.  saccuhcs  n.   sp.  (Note  prélimi- 
naire)   : 80 

Danois  (E.).  Sur  la  faune  ichthyologique  du  maërl 167 

Fauré-Fremiet  (E.).  Acidalbumines  et  réactifs  fixateurs 16 

Fauré-Fremiet  (E.j.  A  propos  d'une  note  de  M.  AldoPerroncito 

sur  le  réseau  de  Golgi  des  cellules  spermatiques. 9 

Fauré-Fremiet  (E.).  La  glande  labiale  des  Hydrocorises 173 

Fauré-Fremiet  (E.j.  Le  plankton  de  la  baie  de  la  Hougue 225 

Fauré-Fremiet  (E.).  Le  tentacule  de  la  Nocliluca  miliaris 8 

Fauré-Fremiet  (E.).  Révision  des  Foraminifères.  —  I.  Le  genre 

llaplophragmium — 199 

Fauré-Fremiet  (E.).  Sur  deux  Infusoires  planktoniques «:      226 

Hallez  (Paul).   La   question  de  la  nomenclature  des  Némertes 
d'eau  douce 62 


TABLE  DES  MATIÈRES  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE  D'AUTEURS      231 


PAGES 


Joubin  (L.).  Plan  de  travaux  océanographiques  à  exécuter  dans 
les  stations  maritimes,  adopté  à  Monaco  par  la  Commission 
de  la  Méditerranée  le  l«  avril  1910,  texte  rédigé  par  L.  Joubin.       107 
Kollmann  (Max).  Notes  sur  les  fonctions  de  la  glande  lympha- 

I    tique  des  Scorpiomdes 25 

Ollivier  (Françoise-Marie).  Richard  Bowdler  Sharpe .        32 

Paris  (Paul).  Un  cas  d'hybridation  entre  Loup  et  Chien 58 

Pellegrin    (Jacques).    Description   d'une    variété   nouvelle   de 

YOligodon  Herberti  Boulenger,  provenant  du  Tonkin 30 

Perroncito  (Aldo).  A  propos  de  quelques  considérations  de  M. 

Fauré-Fremiet  sur  mes  études 101 

Pic  (Maurice).  Divers  Coléoptères  exotiques  nouveaux  ou  peu 

connus 60 

Raspail  (Xavier).  Eclosion  d'un  œuf  étranger  dans  le  nid W\ 

Semichon  (L.).   Sur   les   papilles  cornées    œsophagiennes  des 
Tortues  de  mer  et  en  particulier  de  Thalassochelys  caret  ta  L. . .       191 

Schlegel  (C).  Notes  sur  la  pêche  à  Roscoff 125 

Schlegel  (C.)  et  Mme  Schlegel.  Sur  un  procédé  d'anesthésie  et 

de  fixation  des  animaux  contractiles 116 

Simroth  (H.).  Quelques  remarques  sur  la  locomotion  des  Gasté- 
ropodes           10 

T.  (L.).  Le  Congrès  ornithologique  de  Berlin 16o 

Wietrzykowski  (W.).  Quelques  observations  sur  le  développe- 
ment de  Edwardsia  Beautempsi 206 

Zograf  (N.  de).  Note  sur  le  cosmopolitisme  des  animaux  d'eau 
douce 177 


TABLE 

PAR     ORDRE    DE    MATIÈKES 


PAGES 

Liste  des  membres v 

Liste  géographique  des  membres xxm 

Liste  des  membres  décédés  pendant  l'année  1909 xxvm 

Bureau  et  Conseil  pendant  l'année  1910 xxix 

Liste  des  présidents  depuis  la  fondation  de  la  Société xxx 

Prix  Malotau  de  Guerne  (règlement) xxxi 

Prix  P.  Secques  (règlement) xxxni 

Séance  du  11  janvier  1910 1 

—  25  janvier 15 

—  15  lévrier 17 

22  février  (17e  assemblée  générale  annuelle) 39 

—  8  mars 75 

22  mars 93 

12  avril 99 

26  avril 103 

—  10  mai 106 

—  24  mai 119 

—  14  juin 121 

—  28  juin 123 

—  12  juillet 144 

—  25  octobre 160 

—  8  novembre 172 

—  22  novembre 188 

—  13  décembre 197 

27  décembre 209 

Le  Secrétaire  général,  gérant, 
A.  ROBERT. 


RENNES 

IMPRIMERIE     BREVETÉE    FRANCIS     SIMON 


MBL  WHOI    LIBRARY 


UH    1A3 


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